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La théologie du corps à #Madrid11

La théologie du corps à #Madrid11

Les jeunes présents aux Journées Mondiales de la Jeunesse de Madrid pourront découvrir la Théologie du Corps. 

En effet, une exposition organisée par l'Institut Jean-Paul II mettra en regard les catéchèses de Jean-Paul II avec les oeuvres de Michel-Ange exposées dans la Chapelle Sixtine.

De plus, Christopher West et Mike Mangione donneront au Palaceo Municipal de Congresos deux conférences d'introduction à la théologie du corps (dans le programme officiel, elles, contrairement aux délires privés de Michael Voris) que les anglophones ne sauraient manquer ! A voir les 16 & 17 août.  

Tout ça, ça me donne envie de vous laisser méditer avec un peu de Benoît XVI (extrait du discours pour le 30e anniversaire de l'Institut Jean-Paul II) 

Peu de temps après la mort de Michel-Ange, Paolo Veronese fut convoqué par l'Inquisition, accusé d'avoir peint des figures inappropriées autour de la Dernière Cène. Le peintre répondit que dans la chapelle Sixtine également, les corps étaient représentés nus, de façon peu respectueuse. Ce fut précisément l'inquisiteur qui prit la défense de Michel-Ange à travers une réponse devenue célèbre : « Ne sais-tu pas qu'il n'y a rien dans ces figures qui ne soient de l'esprit ? ».

[...] En effet, loin de s'opposer à l'esprit, le corps est le lieu où l'esprit peut habiter. A la lumière de cela, il est possible de comprendre que nos corps ne sont pas une matière inerte, lourde, mais qu'ils parlent, si nous savons les écouter, le langage du véritable amour. Le premier mot de ce langage se trouve dans la création de l'homme. Le corps nous parle d'une origine que nous n'avons pas conférée à nous-mêmes. « C'est toi... qui m'as tissé au ventre de ma mère » dit le Psalmiste au Seigneur (Ps 139, 13).

[...] Les corps d'Adam et d'Eve apparaissent, avant la chute, en parfaite harmonie. Il y a en eux un langage qu'ils n'ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. Nous comprenons alors que, dans l'amour, l'homme est « recréé ».[...] La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s'ouvre : la beauté intégrale, l'univers de l'autre personne et du « nous » qui naît dans l'union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l'amour ouvre vers Dieu, source de l'amour. L'union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, tant que l'homme et la femme deviennent également un seul esprit.

 

C'est ainsi que s'ouvre un chemin dans lequel le corps nous enseigne la valeur du temps, de la lente maturation dans l'amour. Dans cette lumière, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n'est pas un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l'amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d'engendrer la vie et d'accueillir généreusement la vie nouvelle naissante.

Il est certain que le corps contient également un langage négatif : il nous parle de l'oppression de l'autre, du désir de posséder et d'exploiter. Toutefois, nous savons que ce langage n'appartient pas au dessein originel de Dieu, mais qu'il est le fruit du péché. Lorsqu'on le détache de son sens filial, de son lien avec le Créateur, le corps se rebelle contre l'homme, il perd sa capacité de faire transparaître la communion et devient le terrain de l'appropriation de l'autre. N'est-ce pas là le drame de la sexualité, qui demeure aujourd'hui renfermée dans le cercle restreint de son corps et dans l'émotivité, mais qui en réalité ne peut s'accomplir que dans l'appel à quelque chose de plus grand ?

[...]A ce propos Jean-Paul II parlait de l'humilité du corps. Un personnage de Claudel dit à son bien-aimé : « de cette promesse que mon corps t'a faite je suis impuissante à m'acquitter », et se voit répondre : le corps « se dissout mais la promesse qu'il m'a faite ne se dissout pas » (Le soulier de satin, Jour III, scène XIII). La force de cette promesse explique que la Chute n'est pas la dernière parole sur le corps dans l'histoire du salut. Dieu offre à l'homme également un chemin de rédemption du corps, dont le langage est préservé dans la famille. La famille, voilà le lieu où la théologie du corps et la théologie de l'amour se mêlent. Ici, on apprend la bonté du corps, son témoignage d'une origine bonne, dans l'expérience d'amour que nous recevons de nos parents. Ici l'on vit le don de soi dans une seule chair, dans la charité conjugale qui allie les époux. Ici, l'on fait l'expérience de la fécondité de l'amour, et la vie se mêle à celle d'autres générations. C'est dans la famille que l'homme découvre sa capacité à être en relation, non comme un individu autonome qui se réalise seul, mais comme fils, époux, parent, dont l'identité se fonde dans le fait d'être appelé à l'amour, à être reçu par les autres et à se donner aux autres.

[...] La liturgie de l'Ascension chante cette histoire de la chair, qui a péché en Adam, et a été assumée et rachetée par le Christ. C'est une chair qui devient toujours plus pleine de lumière et d'Esprit, pleine de Dieu. C'est ainsi qu'apparaît la profondeur de la théologie du corps. Celle-ci, lorsqu'elle est lue dans l'ensemble de la tradition, évite le risque de superficialité et permet de saisir la grandeur de la vocation à l'amour, qui est un appel à la communion des personnes dans la double forme de vie de la virginité et du mariage. 

 
 

 
 

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Car tous ont péché...

La presse se fait l'écho d'un livre du journaliste Ekke Overbeek indiquant que Karol Wojtyła, futur Pape Jean-Paul II (et aujourd'hui Saint Jean-Paul II) aurait avant son élection pontificale, en tant qu'archevêque de Cracovie, eu connaissance de témoignages de faits de pédo-criminalité (la presse ne relaie ni le nombre ni la nature des faits) et n'aurait pas apporté la réponse appropriée (à savoir le signalement des faits aux autorités civiles et le déclenchement d'une enquête canonique aboutissant au renvoi à l'état laïc des malfaiteurs).