« le désir homo ne rencontre pas l'autre en vérité »

Publié dans : Amour et Sexualité

témoignage sur l'homosexualité

Après une expérience homosexuelle longue de plusieurs années, Audrey est aujourd'hui mariée... avec un homme. A l'heure du débat sur l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe, elle a accepté de nous faire part de son témoignage, pour nous aider à comprendre une réalité mal connue.

Peux-tu nous raconter brièvement ton parcours ? Comment es-tu venue à avoir des relations homosexuelles ? Qu’est-ce qui t’a amenée à vouloir changer de vie ?

Aussi loin que je peux remonter, j'ai toujours été attirée par les femmes. Je dis les femmes et non les filles: quand j'étais petite, je n'avais pas trop de copines, je détestais les "jeux de filles", je les trouvais souvent cucul, et je préférais de loin les jeux de et avec les garçons.

Les mères de mes ami(e)s, ou les maîtresses de l'école, par contre, je les adorais. Pas toutes, évidemment, mais certaines, je rêvais d'elles la nuit. Sans que cela soit le moins du monde sexuel au départ d'ailleurs, c'était plus sur le mode "c'est exactement comme ça que je veux être quand je serai grande". Avec le recul, aujourd'hui, je trouve frappant de remarquer que déjà, un certain nombre de constantes étaient là : des femmes très belles, très tristes, en général divorcées ou malheureuses dans leur couple.

A l'adolescence, cette attirance pour les femmes a continué, en se transformant. Je me suis rendu compte que les images que j'avais en tête, qui n'étaient pas sexualisées pendant ma période de latence, me faisaient de l'effet. Je n'ai pas tout de suite pensé que j'étais homosexuelle. Pendant plusieurs années, je me suis dit que je devais être un homme dans un corps de femme. J'ai accepté, résignée, les transformations de mon corps sous l'effet de la puberté, tout en masquant mes formes et en adoptant un look résolument androgyne.

Très peu de petits amis durant toute cette période. J'étais mal dans ma peau, du coup assez solitaire. J'ai perdu ma virginité avec un inconnu de mon âge en 4e lors d'un voyage scolaire, sans désir et sans même penser que je pouvais dire non.

A 15 ans, une nouvelle est arrivée dans ma classe. Elle était plus âgée, avait redoublé plusieurs fois.Appelons-la Nathalie. Très vite une amitié passionnée et exclusive nous a liées. Elle sortait d'une histoire de trois ans avec un type qui l'avait trompée sans cesse. Je le signale parce que c'est toujours comme ça que mes amours homosexuelles ont commencé, par une sorte de compassion qui s'enflamme.

Un soir, j'étais chez elle, je lui massais les épaules et ça a fini par déraper : nous avons couché ensemble. Je me suis quasi enfuie juste après, je me souviens encore du mal au ventre d'angoisse que j'avais. L'histoire a duré pile un an. Mais pour elle, il n'y avait aucune ambiguité: on était copines, on se "donnait de la tendresse", mais on n'était pas ensemble. Je n'avais le droit de le dire à personne, et surtout, cela ne l'empêchait pas de sortir avec des garçons. J'en ai bavé pendant un an, mais j'avais trop peur de la perdre pour dire non. J'ai vécu cette année là pleine de culpabilité, sachant que moi j'étais homosexuelle et en ayant l'impression de l'utiliser elle qui, pensais-je, ne l'était pas.

Au bout d'un an, je suis tombée brutalement et follement amoureuse d'une autre. En l'espace de deux heures, j'ai quitté Nathalie sans aucun remords ni regrets. Avec Virginie, c'était différent. Elle m'assumait très bien, nous étions un couple aux yeux de tous ses amis. Mais malgré ca, il y avait le même sentiment de montagnes russes perpétuelles. Des disputes hystériques suivies de retrouvailles passionnées. C'est allé très loin. Je pense que ça aurait pu mal finir, on se serait entretuées, vraiment.

Elle m'a quittée du jour au lendemain, de la même façon que j'avais quitté Nathalie pour elle. Plus aucune nouvelle d'une minute à l'autre. J'ai cru mourir. Je me suis plongée dans le milieu lesbien. J'ai enchainé les aventures. Petit à petit, j'ai retrouvé un équilibre. J'adorais cette vie-là, sans attaches. J'ai fait mon coming-out à ma famille - ils n'étaient pas ravis, mais ont accepté - et dans mon boulot, ce qui n'a posé aucun problème: dans le milieu culturel, c'est presque un poncif! Le milieu lesbien, je l'ai vite trouvé étouffant. J'ai donc élargi mon rayon, j'adorais séduire des femmes qui n'avaient jamais pensé coucher avec une femme. Bref, tout allait "bien".

Puis je suis de nouveau tombée amoureuse avec cette fois l'envie de construire quelque chose. Une femme extraordinaire, mère de deux enfants, abandonnée par son mari. Durant trois ans nous avons vécu quelque chose de très beau. Mais au fond de moi, il y avait quelque chose de triste. J'aimais vraiment cette femme et je la désirais profondément - en fait j'ai rarement eu des sentiments aussi forts pour qui que ce soit. Mais  je sentais que quelque chose n'allait pas. Plus exactement, il y avait une frustration énorme: cette impossibilité de ne faire qu'une. Nous passions notre temps à tourner autour de cette impossibilité-là. Quand j'ai lu le terme d'«amour non comblant» sous la plume de Philippe Ariño, j'ai senti que c'était très juste: ça dit bien à la fois que l'amour homo est effectivement une forme d'amour, avec encore une fois des sentiments qui peuvet être vraiment très puissants et profonds, mais qui ne comble pas, quelles que soient les qualités personnelles des membres du couple.

J'ai entamé une psychanalyse. Je ne comprenais vraiment pas ce qui m'arrivait,pourquoi j'avais cette tristesse : j'assumais très bien le fait d'être lesbienne, mon entourage ne posait aucun jugement sur moi, et du côté de ma compagne c'était pareil. J'avais un lien très fort, quasi-parental, avec ses deux enfants. Même si nous sommes toujours restées discrètes sur la nature de notre relation envers les enfants : nous pensions toutes les deux qu'ils n'avaient pas à savoir si nous couchions ensemble ou pas, parce qu'ils étaient bien petits et digéraient tout juste le départ du papa. Et puis je me suis rendue compte que dans mes trois histoires sérieuses et dans les multiples rencontres d'un soir, il y avait un peu toujours le même schéma. Une femme triste, souvent "mater dolorosa". Timide et effacée, avec laquelle je pouvais jouer au pygmalion. Et dont je tombais raide dingue en me disant que c'était la femme que j'aurais voulu être. Au bout de trois ans, je l'ai quittée, parce que je sentais que malgré tout l'amour que nous avions, je resterai insatisfaite, et que finalement elle qui n'avait connu que des relations non-satisfaisantes avec des hommes, je l'empêchais d'accéder à une relation vraiment épanouissante avec un homme qui pourrait être un beau-père pour ses enfants. Ca a été très dur.

Après, j'ai eu une période de "latence" pendant plusieurs années. Je me concentrais sur ma psychanalyse, qui a beaucoup plus vite avancé dès que j'ai cessé de coucher avec des femmes. Je m'étais peu à peu faite à l'idée du célibat, ça ne me faisait plus peur. J'étais résignée : j'avais compris que j'étais trop blessée dans mon histoire pour arriver à fonder un couple avec un homme et une famille, et je ne voulais plus de cette insatisfaction profonde avec les femmes, même si paradoxalement mon désir me portait exclusivement vers elles.

Et puis un jour j'ai rencontré un homme avec lequel je suis devenue amie. Petit à petit nous sommes tombés amoureux. Pour moi ça a été un cataclysme intérieur : je ne comprenais pas comment c'était possible.

Te reconnais-tu sous le qualificatif de « personne homosexuelle » ? A l’époque ? Maintenant ? Pourquoi ?

A l'époque, oui, évidemment, je me qualifiais de lesbienne,et j'en étais fière ! Aujourd'hui, je préfère dire que je suis une personne qui a un désir homosexuel. Il ne s'agit pas de jouer sur les mots ou de renier un passé d'homosexuelle active, pas du tout, j'assume ce passé ! Il ne s'agit pas non plus de dire que je suis une "ex-lesbienne" ou que j'ai été "guérie" de l'homosexualité. Ma blessure homo (car oui c'est une blessure) est toujours là. Je sais que j'aurai ce désir en moi a priori toute ma vie. Quand je dis que je suis une personne qui a un désir homo, je veux dire par là que ma blessure ne me résume pas. C'est évident que cela prend une grande place, mais je ne suis pas que ma blessure :)

Qu’est-ce qui t’a paru insatisfaisant dans tes expériences avec des personnes du même sexe ? Que manquait-il ?

La grande question :) C'est ce qu'il y a de plus en plus difficile à saisir. La force des sentiments, elle est là et bien là. Le désir, il est là aussi. En fait il ne manque qu'une chose: l'incarnation dans l'altérité. Derrière cette formulation un peu pompeuse il y a une réalité très concrète: une insatisfation profonde qui se mue en une sorte de frénésie, de rage. Beaucoup de couples homos que j'ai fréquenté trompent cette insatisfation par une surconsommation d'objets (maisons-musées, boulimie de voyages, d'achats) un peu comme si il fallait toujours avoir plus faute de pouvoir être plus. Avec mes compagnes successives, c'est dans la sexualité que cette démesure se faisait jour: besoin d'aller toujours plus loin, de se posséder toujours plus à travers divers schémas de soumission (SM, urophilie, consommation de porno,etc). Ca pour le coup, je peux témoigner que la dimension SM chez moi était complètement liée à mon désir homo: avec celui qui est devenu mon mari, en 15 ans je n'ai jamais été tentée par tout ça! Et j'ai vu ça très souvent chez d'autres couples homos. Ce n'est pas que les personnes homos soient plus infidèles, violentes ou perverses que les autres. C'est la spécificité de ce désir qui bute dans sa cage étroite de la non-incarnation qui fait que la sexualité homo a quelque chose qui rejoint la recherche de "toujours plus de sensations fortes" que l'on trouve dans différentes formes de toxicomanie. Je sais que ce que je dis là risque de faire hurler, mais c'est la stricte vérité. Et ça n'enlève rien au fait qu'il se passe aussi beaucoup de belles choses dans les couples homos.

D'autres "choisissent" sans toujours s'en rendre compte des histoires compliquées, avec une personne déjà engagée ailleurs, ou qui n'assume pas son homosexualité, de façon à trouver une bonne raison à cette insatisfaction qui ne les oblige pas à y regarder de plus près dans la nature de leur désir. Certaines jouent aussi inconsciemment ou non la provocation, essayant de provoquer des réactions homophobes qui leur prouvent que le problème vient de la société et pas de leur blessure ! Tout cela dépasse bien entendu le cadre de la "communauté" homosexuelle : tous ces comportements, on les retrouve également chez les hétéros qui ne s'aiment pas eux-mêmes. Accuser le monde ou la société de ses maux, c'est pas homo, c'est humain !

Chez d'autres couples, chacun à son tour, chaque membre du couple tombe en dépression, l'autre le sauve, et tombe en dépression à son tour, attendant d'être sauvé. Même si dans ce type de couple, il y en a souvent plus ou moins un qui déprime et l'autre qui le "soigne", certains alternent.

D'autres enfin décident de nier, plus ou moins consciemment, cette idée de non-incarnation dans l'altérité en faisant comme si elle était là, cette altérité. Et ils "jouent" à papa-maman en essayant de réécrire la réalité. Ce sont elles/eux qui se font inséminer ou trouvent une mère porteuse. J'ai vécu ça avec ma dernière compagne: nous aurions tant voulu que ses enfants soient les nôtres.

L’apprentissage de la sexualité est loin d’être évident pour tout un chacun : le vivre avec une personne du sexe opposé, vers lequel ton désir spontané ne te poussait pas, n’a pas  dû être sans difficulté ? Qui ou qu’est-ce qui t’a aidé ?

Ben en fait, ça a pas été dur du tout! Quand j'ai réalisé que j'étais amoureuse d'un homme, j'ai réalisé aussi que je le désirais. Les choses se sont passées très naturellement. Faire l'amour avec qqun de l'autre sexe, c'est très différent, en fait, quand on aime. Ca s'est vraiment fait tout seul.

Y a t-il un lien entre ce parcours personnel et ton parcours spirituel ? Si oui, le chemin que tu as suivi est-il accessible à des personnes non-croyantes ?

Il y a au moins un lien de temporalité : ça s'est fait en parallèle. Quand en psychanalyse, on découvre que fondamentalement on se déteste, qu'on est persuadé sans toujours qu'on est une personne mauvaise voire diabolique, c'est très dur. Si je n'avais pas eu la certitude d'être aimée de Dieu et que finalement, puisque Dieu m'aimait, c'est bien que je devais valoir quelque chose, j'aurais sans doute eu plus de mal. Je connais pas mal d'autres personnes avec la même blessure et la même expérience que moi qui ont fait le même choix que moi de renoncer à la pratique homosexuelle, mais ce sont toutes des personnes croyantes. Il en existe sûrement qui ne le sont pas, mais je n'en connais pas personnellement.

Et puis, il faut se méfier de l'idée de "chemin accessible". Non, une psychothérapie ne suffit pas toujours, même si ça en aide beaucoup, pour peu que le thérapeute n'ait pas la tentation de vous aider à vous enfermer dans l'idée que la seule solution est de vivre votre homosexualité. Ma psychanalyste n'a jamais porté de jugement moral sur ma vie; par contre, elle m'a aidé à comprendre que l'homosexualité fait partie intégrante du développement de toute personne, que la plupart du temps ce n'est qu'une étape souvent même pas consciente, mais que certains restent bloqués sur cette phase pour tout un tas de raisons, et que ces raisons ont bien plus à voir avec une souffrance énorme qu'avec une simple histoire de "goûts" sexuels.

Ma chance a été de pouvoir plonger en profondeur dans mon histoire et de trouver les causes d'un désamour total de moi-même qui ne me permettait pas d'aimer autrement qu'en voulant être l'autre.Je le dis avec beaucoup d'humilité : le fait d'avoir pu dépasser ma blessure et fonder une famille aimante, c'est une grâce pure. Je ne l'ai pas plus méritée que quiconque.

Te reconnais-tu dans la parole de l'Eglise sur la sexualité ? dans la théologie du corps (autopromo :p) ?

Complètement. L'Eglise a des intuitions incroyables. Juste quelques bémols : si je trouve les écrits de Jean-Paul II sublimes, si je suis une grande admiratrice de Xavier Lacroix, je me reconnais moins dans les ouvrages de Tony Anatrella, qui nie que deux homos puissent former un couple et qui parle de duo ou de paire, et récuse le terme d'amour. Je préfère de loin la définition d'Ariño quand il parle d'amour non-comblant. Chez Anatrella, ce que je n'aime pas, c'est le manque d'amour avec lequel il parle des personnes, même si plusieurs de ses intuitions sont très bonnes.

Selon toi, le désir homosexuel est-il fondamentalement identique au désir hétérosexuel ? Sinon, en quoi est-il différent ?

Le désir entre un homme et une femme qui s'aiment est très différent du désir entre deux personnes de même sexe qui s'aiment. C'est très paradoxal: un homme et une femme se savent différents et savent également que leur union ne les fera pas Un durablement, mais l'amour physique entre eux les statisfait en faisant grandir leur différence. Dans un couple de femmes, l'absence de différence est omniprésente et obsédante, et la gémellité frustrante. Dans un couple homme-femme qui s'aime vraiment, on se rend compte que même si on essaie (surtout au début) des positions improbables ou des gadgets type sex-toys, on les abandonne vite car là n'est pas l'essentiel. Dans un couple de femmes, la recherche quasi scientifique du plaisir maximal devient obsédante car elle est le seul marqueur de l'incarnation. On se dit que plus le plaisir sera grand, plus on sera incarnées puisqu'on ressentira davantage. Mais ça devient rapidement une escalade, du coup.

Et puis le désir homo ne rencontre pas l'autre en vérité. On se ment ensemble. Ce n'est pas un jugement moral, parce qu'encore une fois si on fait ça ce n'est pas parce qu'on est quelqu'un de mauvais, pas du tout. C'est juste qu'on est enfermé dans cette gémellité des corps. Toi c'est moi et moi c'est toi. Cela existe aussi chez les couples homme-femme, bien entendu. Mais la différence des sexes ouvre un horizon infini, et l'on peut dépasser, en aimant vraiment, ces tentations là. Dans un couple de même sexe, ce qui est très injuste, c'est que quelle que soit la valeur des gens qui le compose, l'horizon est bouché.

Comment qualifierais-tu la « culture gay » ?

Essentiellement du cul... Les sites gays ne parlent d'ailleurs que de ça. Après, le fait que dans le monde de la culture il y ait beaucoup de thèmes gays, même portés par des gens qui ne le sont pas, ça me paraît tout à fait normal : l'art, c'est une évasion du réel. Et en la matière, on s'y connaît sacrément bien ;)

De nos jours, la société pousse les personnes ressentant des attirances envers les personnes de même sexe à « assumer » voire « revendiquer » leur homosexualité. Dans une sorte d’accusation de « contre-nature » renversée, elle fustige ceux qui affirment qu’il est possible de poser un autre choix. Qu’en penses-tu ?

En fait ce qui me gêne profondément dans ce que dit la société aujourd'hui en nous poussant à assumer une "identité" homosexuelle, c'est que pour moi c'est de l'homophobie. Le père qui jette son fils dehors parce qu'il est homo et le militant LGBT qui veut m'empêcher de faire une analyse ou d'aller dans un groupe de prière de guérison disent rigoureusement la même chose, l'un pour s'en plaindre, l'autre pour s'en féliciter, mais c'est finalement que « tu n'es qu'un pédé » (ou une gouine). Encore une fois, ma sexualité, ma blessure ne me résument pas.

Que penses-tu des revendications actuelles du « mariage pour tous » ?

Je suis contre. Pour moi, derrière la revendication de "l'égalité des droits", il y a l'idée que si Dieu ou la nature a fait que nous ne pouvons pas avoir d'enfants entre personnes de même sexe, le fait que la loi le décrète fera bouger les frontières du réel. C'est un leurre absolu. Si la loi passe, les revendications LGBT ne s'arreteront pas pour autant. Même si la loi donnait toute satisfaction à toutes les revendications, y compris la PMA et la GPA, les LGBT revendiqueraient encore, se tourneraient contre les églises devant les tribunaux. C'est la nature du désir homo que de vouloir absolument que la réalité s'adapte à lui.

C'est bien pour ça, d'ailleurs, que ces revendications trouvent un écho aujourd'hui, dans notre société: collectivement, nous avons tous du mal avec la réalité. Les militants LGBT ne sont que le symbole d'un monde où l'on rêve, grâce à la technologie, de se faire tout seul. C'est ce qui me gêne, chez beaucoup d'anti-mariage pour tous : certains se battent contre les homos, pas pour le bien commun. Le bien commun, ça supposerait par exemple que, en plus de ne pas autoriser de "mariage gay", on repense sérieusement la question du divorce, que l'IAD1 soit interdite. Parce que quand on autorise l'IAD chez les couples homme-femme, là aussi on trafique la filiation. Or, je n'ai pas entendu beaucoup de voix, sauf un peu à l'intérieur de l'Eglise, faire bloc contre cette disposition quand elle est passée. Il y a un gros risque aujourd'hui de faire des personnes homosexuelles des boucs émissaires à qui on refuserait des « aménagements du Réel » qu'on permet à d'autres. Ce n'est pas acceptable.

En revanche je suis pour une amélioration du PACS, notamment en ce qui concerne la protection des personnes en cas de séparation, ce qui actuellement peut se faire par simple recommandé.

« Père Jonathan » ou Philippe Ariño ?

Philippe Ariño, sans aucun doute :) quand j'ai découvert son site cet été, j'ai eu l'impression de lire mon inconscient à livre ouvert à travers ses fameux "codes"2. Ce mec-là a tout compris.

 
 

Commentaires

Portrait de Jibitou

 Très beau et très touchant témoignage sur l'amour "comblant".

Merci.

Portrait de Anonyme

Merci de ce témoignage qui me permet de mieux connaître cette réalité et le fait que ce désir homo reste...

je suis mariée à un "ancien" homo qui me l'avait caché... je l'ai appris de manière détournée par une tierce personne.

Le choc a été extrêmement violent (mariage fondé sur un mensonge et la non confiance....)

je n'arrive pas à pardonner et mon mari (atteint d'un sida "dormant", ce que je savais par contre ) ne s'aimant pas ne peut ni m'aimer ni aimer nos filles (ses brutalités verbales, son mépris  et ses violentes colères sont un enfer)

une séparation ne me semble pas possible (il m"en laissera porter la responsabilité en tout cas) car je crois quand même à notre mariage, fondé il y a 18 ans sur le Christ.

Mais comment, moi, puis-je changer mon regard sur lui, mieux le comprendre ?

Comment pardonner lorsque il n'y a pas reconnaissance de la faute (je parle de m'avoir cacheé son homosexualité vécue) ni de  demande de pardon...

Merci de votre aide

une maman (car suis-je réellement épouse ?) bien seule

Portrait de OW

Bonjour Madame.

Vous arriverez à pardonner quand vous saisirez mieux qui est Dieu, ce qu'est le péché et son étendue dans votre vie, quelle est la portée du sacrifice de Jésus pour vous-même et à quel point Dieu vous aime pour vous pardonner toutes vos infidélités. Et ceci concerne chaque personne, même le Pape !

La Parole de Dieu déclare que nous n'avons pas à combattre la chair et le sang (la nature humaine de votre mari, son caractère, sa mentalité, etc) mais les dominations et puissances spirituelles. Ce sont des esprits de révolte, de haine et de colère haïssant Dieu, fuyant la lumière et la vérité. Ces choses-là se combattent par la prière (dialogue avec Dieu puis proclamation de sa Parole) au moyen de votre foi en Lui (confiance en qui il est et ce qu'il dit), de votre espérance en Lui (promesses de délivrance / attente patiente) et surtout de votre amour pour Dieu ET DONC de votre mari par voie de conséquence (aimer Dieu c'est aimer son prochain, quel qu'il soit, quoi qu'il fasse).

Je vous recommande vivement de contacter le pasteur Gilles Boucomont qui connait bien ces questions de blessures profondes liées à l'homosexualité et peut-être serait-il opportun aussi de passer par un séminaire des " Murs de mon coeur " pour vous aider au pardon, vous-même, votre mari ou en couple.

Vous vous doutez bien qu'énormément de personnes sont dans votre cas ou une situation de couple approchante, où la communication est devenue très difficile et j'ai donc bon espoir pour vous. Comme le cite la Bible, Dieu n'est pas un homme pour mentir mais il est fidèle à ses promesses de guérison.

Bon courage, persévérez !

Portrait de Anonyme

merci de votre réponse... anonyme ! mais que je trouve bien brutale

cela aurait été bien de signer car vous avez l'air de faire autorité en la matière

Portrait de OW

Excusez-moi si cela vous a paru brutal. Et non, je ne fais pas du tout autorité en la matière, je suis juste un chrétien qui connait sa Bible un minimum et qui participe activement au corps de Christ. La seule autorité que je reconnaisse est celle venant de la Parole de Dieu.

Je répondais en fait principalement à la question de pardonner, qui pour moi est d'abord une affaire personnelle, indépendante de la personne qui devrait vous demander pardon. S'il fallait attendre que les autres vous demandent pardon pour pouvoir "faire un deuil" et guérir d'une amertume, on pourrait attendre bien longtemps et gâcher une bonne partie de sa vie. Finalement, prendre sa vie en main et être libre revient à pardonner constamment aux autres et ne plus vivre en fonction de ce qu'ils font ou ne font pas. Bien évidemment, cela ne dispense pas les coupables de demander pardon car il en va de leur propre guérison, en plus d'aider leurs victimes. Mais il est très difficile de cerner toute l'étendue de sa culpabilité pour pouvoir véritablement se repentir et changer de comportement (ça doit forcément aller avec) ; il n'y a que le Saint-Esprit pour conduire cela de manière efficace et entière. C'est donc en réalité moins difficile de pardonner, de faire le premier pas pour "libérer" le coupable, que de demander pardon pour une faute à cause du poids de la culpabilité et de la honte (armes de l'ennemi). Cela n'est pas forcément vrai lorsqu'on n'a pas la conscience tout à fait tranquille ou bien lorsqu'on est animé par un désir de vengeance, ce qui alors demande une repentance des deux côtés !

Personnellement j'ai réalisé cela dans ma situation d'enfant de parents divorcés, profondément blessé par l'absence d'un père et par le dénigrement des hommes par ma mère. Je ne pouvais pas pardonner cet acte de divorce, restant ainsi enfermé dans l'enfance, avec un tas de prétextes d'y rester et craignant les femmes au point d'avoir replié toute ma sexualité sur moi-même. Mais j'ai fini par lâcher prise et par pardonner pour pouvoir repartir dans la vie sans traîner tout ce tas de boue, même si c'est encore difficile aujourd'hui. C'est le passage au stade d'adulte, bien tardif parfois quand les bons repères familiaux manquent...

Dans votre cas, j'essaie de me mettre à votre place selon ce que je connais des femmes et je peux tout à fait comprendre ce sentiment affreux d'avoir été trahie. Tout ce que je peux vous conseiller, puisque c'est à vous que j'écris, c'est de faire le premier pas, de débloquer la situation, de décider de lui pardonner, d'être cohérente avec ce choix dans vos pensées et vos actes et si vous y arrivez, de lui dire que vous pardonnez. En tous cas, si vous êtes véritablement fondée sur le Christ, appelez-Le à l'aide !

Portrait de Polydamas

 

Je n'ai pas l'impression que mon précédent commentaire soit passé.

Madame, pour le travail dont parle Anonyme, un travail avec un psychothérapeute (quelle que soit son école), à l'instar d'Audrey est idéal. Tout orienter autour de Dieu est nécessaire mais pas suffisant, il faut aussi habiter sa douleur, travailler et laisser ressortir tous les sentiments éprouvés. Et pour ça rien de mieux qu'un thérapeute.

Sinon, je n'aime pas le titre, parce que ce n'est pas le désir homo qui ne rencontre pas l'autre, mais le désir tout court. Hétéro ou homo, le désir est plutôt fondé sur l'imaginaire, l'amour sur la réalité.

Portrait de Incarnare

@ OW :
- j'ai modifié votre commentaire pour que ce ne soit pas une conversation entre Anonymes :) (sans révéler votre identité pour autant)
- attention à ne pas répondre à l'expression d'une souffrance particulière par une remarque générale ou théorique (même fondée bibliquement). 

@Anonyme:
- Madame, merci de votre témoignage.
- Si nous sommes de tout coeur avec vous, je ne suis pas sûr que les commentaires d'un billet permettent un échange approfondi sur votre situation personnelle (ils n'offrent pas la confidentialité ni la respiration nécessaires à une telle conversation)

Portrait de Philippe Ariño

 Tout simplement un grand merci ! ;-)

C'est BON d'être compris.

 

Philippe Ariño

Portrait de ANEMAIDE

Madame. Votre témoignage me touche car bien que mon mari ne soit pas homosexuel mais au contraire macho, je souffre de vivre la même situation; Au début de notre rencontre il semblait très épris et ayant vécu 2 unions difficiles avant lui j'y ai beaucoup cru. Mais là où je métonne, c'est que je suis persuadée que mes deux premiers maris avaient des tendances homosexuelles très fortes mais refoulées. Pour le troisième je ne sais pas puisque je le trouve très macho. Tous les trois se sont mal comportés avec moi, faisant preuve de critiques acerbes, de rejets, de violences verbales, de dénigrements qui m'ont mené à de sérieuses dépressions et à des tentatives de suicide.

 Aujourd'hui je suis un peu lasse de ma vie mon mari me méprisant, m'injuriant, avant d'être aimable et même gentil !!! Je m'unis à Dieu, pratique, lis des lectures édifiantes pour demander la grâce de tenir .... Pardonner ? j'y ai pensé mais ce serait alors un pardon perpétuellement renouvelé et je me suis même demandé si je n'étais pas coupable de maintenir une situation qui "oblige" mon mari a étre un être violent ?

Je vous comprends très bien et je vous plains de tout mon coeur mais vivant la même chose je n'ai aucune solution à vous proposer....

Bien à vous.

Portrait de Polydamas

J'ai fait une lecture commentée de ce témoignage sur mon blog ici-même : http://abimopectore.over-blog.com/article-les-homosexuels-nous-montrent-la-voie-112420750.html

Portrait de toto

qu'il y ait de plus en plus de témoignage est une excellente chose mais le problème c'est que si on y parle toujours de "blessure", on ne dit jamais de quoi il s'agit :

un étouffement psychologique ? causé par quoi ? au contraire une trop grande solitude ? d'où l'absence d'éducation à l'altérité ? absence du père de la mère ? des deux ? des atouchements qui ont donné lieu à un mépris de soi (comme pour la plupart des acteurs/actrices porno) 

Ce n'est pas par curiosité malsaine, c'est pour comprendre (et prévenir)

Portrait de toto

 je voulais dire : qu'est-ce qui a causé ce désir homosexuel ?

je ne demande pas en quoi l'homseualité ets une blessure mais on lit souvent "c'est causé par une blessure"

Portrait de Incarnare

toto : elle résulte souvent de nombre de facteurs indépendants, particulières à chaque personne et conjuguées avec une capacité de résilience plus ou moins importante. Je ne veux pas parler à la place d'Audrey sur son cas, par respect de son intimité.

Je vous renvoie en revanche à la lecture du dernier bouquin de Philippe Ariño, qui a rencontré nombre de personnes qui lui ont également confié leur témoignage, et qui en fait une analyse approfondie (même si non "universitaire")

Portrait de rodolfo

Je suis impressionné par ce témoignage, en fait très incarné (je suis moi-même homosexuel).

A Anonyme, qui évoquait son mari homosexuel. La situation que vous vivez n'est pas exceptionnelle. Mon père était lui-même homosexuel, ma mère a donc en quelque sorte été "trompée". Peut-être vous faudrait-il vous séparer pour que chacun puisse se reconstruire, je crois qu'il est possible  de se séparer de son conjoint pour homosexualité tout "en restant dans l'Eglise".

Portrait de C.

Je ne crois pas une seule seconde à cette histoire, montage se voulant subtil pour accréditer la thèse qu'un homo peut "redevenir" hétéro - Ouaf Ouaf Ouaf . Même ma pauvre maman a compris que c'est seulement dans ses rêves.

Portrait de Incarnare

C., je vous rassure (ou pas) : l'histoire d'Audrey est tout ce qu'il y a de plus véridique et réel. Aucune subtile manipulation.

En lisant bien ce témoignage, vous verrez qu'elle n'est pas "redevenue" hétéro, au sens d'une sorte de "guérison" magique.

Son désir 'spontané' reste orienté en direction des personnes de même sexe. Mais, après avoir vécu cette expérience à fond et constaté qu'elle n'était pas comblante ; après pas mal de psychanalyse et à la faveur de la rencontre avec celui qui est devenu son mari, elle a décidé librement de vivre une autre histoire. 

Que vous ne puissiez la lire sans rejet radical devrait vous interroger. 

NB : J'ai accepté de répondre une fois à l'accusation de manipulation. Sa répétition serait blessante, tant pour moi qui édite ce site, que pour Audrey dont vous niez l'histoire, et je supprimerai sans scrupule tout commentaire qui irait plus avant dans ce sens. 

Bonne journée.

Portrait de Polydamas

@Toto:

Cherchez pas, quiconque a eu des parents est blessé. C'est plus ou moins important, c'est plus ou moins inconscient, ça concerne tel ou tel sujet, mais on l'est tous. Pour la bonne et simple raison que notre affectivité est très fragile et touchée par le moindre accroc. Ça ne veut pas dire que ça nous conditionne, ça ne veut pas dire qu'on ne peut rien en faire, ça veut juste dire qu'on est tous plus fragiles qu'on veut le laisser penser.

Portrait de Rodolfo

Relisant le témoignage d'Audrey, j'ai envie de lui poser une question. A quel moment s'est-elle tournée vers Dieu ? Elle ne dit pas avoir suivi le catéchisme, auquel un retour à l'Eglise à l'âge adulte s'expliquerait naturellement. Quel a été le déclic ? Je comprends la souffrance qui a pu l'amener chez le psychanalyste, mais à quel moment a-t-elle senti que cela ne suffirait pas ?

Portrait de Audrey

@Rodolfo: Je n'ai pas découvert brusquement la foi à l'âge adulte. Elevée dans un milieu chrétien, je connaissais la religion, mais j'avais une trop mauvaise estime de moi-même pour répondre à l'appel de Dieu. La psychanalyse m'a aidée à répondre à cet appel, dans ce sens que le travail analytique vous aide à comprendre que ce que vous ressentez n'est pas d'abord bon ou mauvais mais "est" tout court, mais qu'ensuite donner telle ou telle réponse à ce que vous désirez dépend en bonne partie de vous.
Fondamentalement, il ne s'est pas agi d'aller vers la foi pour "guérir", car je n'ai jamais pensé que je puisse fondamentalement changer mes structures psychiques, avec ou sans analyse. Il s'agit au contraire de laisser Dieu venir à soi, et lorsqu'on accepte de se laisser aimer vraiment, la perspective change. Je ne sais pas si je suis claire?

Portrait de rodolfo

Merci pour votre réponse.

Portrait de Joe

Merci Audrey pour votre témoignage, éclairant. Si seulement le monde pouvait vous entendre et ainsi peut-être mieux ...comprendre.

J'ai peur néanmoins que comprendre soit vain malgré tout. Car derrière la bataille pour le mariage homo que mènent certains lobbys (pas seulement homosexuels, loin de là, disons plutôt "sous couvert"), c'est en réalité une bataille menée contre ce qui se rattache au christianisme en général qui est méthodiquement déconstruit par "l'esprit des lumières", épris de libertés individuelles et fortement dominant en Europe et notamment dans ses instances.
La liberté de "l'individu" prime aujourd'hui sur celle de la "personne".

Finalement le mariage en lui-même, ils s'en moquent bien en réalité.

Sur l'IAD, l'Eglise vous rejoint naturellement. En effet, et pour les raisons profondes que vous invoquez, l'Eglise n'est pas favorable au fait que les couples utilisent ces techniques pour avoir des enfants.
Un prêtre nous en parlait comme d'une situation potentielle d'excommunication, dans la mesure où le couple, dans sa volonté "farouche" (naturellement compréhensible) d'outrepasser sa possibilité physique de donner la vie PEUT se mettre en situation de rester sourd à la volonté du Père s'il n'y a pas un discernement long et profond en vérité.
Or dans son amour infini le Père n'abandonne aucun de ses enfants, nous rencontrons ainsi des couples qui après avoir connu l'immense souffrance, la sensation d'injustice, de ne pouvoir engendrer la vie, découvrent d'autres manières d'incarner (comme vous dites) leur amour, notamment par leurs engagements dans le monde, par l'adoption, etc.
Ces couples trouvent une manière nouvelle d'être fécond, une manière nouvelle d'être "l'image de Dieu au milieu des hommes", et cette fidélité, cette confiance, cette obéissance faite au Père rend leur amour peut-être plus fort encore. C'est un chemin difficile.

Portrait de Anonyme

bonjour,
Si vous me le permettez, je vais vous livrer un avis peut être "moralement incorrect" ou "politiquement incorrect".
Je crois au pardon, je crois à l'amour, et peut être même qu'à ma façon je crois en Dieu.
Mais surtout je crois en l'homme.
S'il est vrai qu'une élévation spirituelle va vous aider, que peut être même vous rapprocher de Dieu vous permettra de pardonner à votre mari, je reste convaincu que sur cette terre chacun doit porter sa part, et pas plus que sa part.
Vous avez la votre, votre mari à la sienne.
Je n'ai aucun jugement à porter sur qui que ce soit. Chacun ment, chacun triche, chacun à un moment se trouve confronté à la difficulté insurmontable d'affronter le vérité et préfère s'esquiver. C'est une question de courage certes, mais aussi parfois de survie sociale, morale, et même tout simplement physique.
Alors oui votre mari vous a menti, et oui vous pouvez essayer de lui accorder votre pardon.
Mais d'une part ce pardon ne peut intervenir et ne servira que s'il le demande,puisque ce n'est qu'alors que vous pourrez passer à la suite (la "faute" aura été effacé et ne durera plus) et d'autre part rien ne vous oblige à porter plus que votre part.
Ce que j'essaie de vous dire, c'est que je crois profondément que chacun à le droit de ne pas être tout le temps fort et irréprochable, vous comme lui d'ailleurs, parce que cette imperfection fait partie de notre nature; Il y a un idéal dont nous cherchons à nous approcher, mais rien ne nous oblige à toujours souffrir, toujours subir et toujours refuser de s'épanouir.
Par contre, chacun à le devoir d'assumer ses défaillances et ces moments où il n'aura pas été irréprochable.
Ce n'est pas parce que quelqu'un est défaillant que l'on doit accepter de subir les conséquences de sa faiblesse, sans limite et sans fin.
Je crois que vous devez penser à vous, voir si votre quotidien vous satisfait, et faire ce qu'il faut pour que disparaisse la douleur qui transparait dans vos mots.
Parmi tous nos devoirs, nous avons celui, essentiel, d'essayer d'être heureux et de nous épanouir dans le présent, sans rechercher systématiquement le martyr. Chacun à sa voie, mais pour ceux qui ont choisi une voie séculière et "laïque", les joies matérielles, les plaisirs de la vie sont tout aussi importants que la recherche spirituelle.
Il n'est pas absolument nécessaire de toujours choisir la voie la plus difficile, celle qui demande le plus de sacrifice, la plus noble, la plus abrupte.
Parfois, un petit chemin ombragé, bordé de fruitiers et le long duquel court un ruisseau auquel on peut s'abreuver permet aussi d'arriver en haut, sans s'exposer inutilement aux brûlures du soleil, à la faim et à la soif.
Après cela, je vais me permettre une question, à laquelle bien sur vous ne me devez aucune réponse, mais que vous devez par contre examiner en votre fore intérieur :
Pourquoi souffrez vous de cette situation ?
est ce la violence verbale dont peut faire preuve votre mari ? Est ce du sentiment que provoque en vous son ancienne homosexualité ? S'agit il de dégout ? de peur de le voir y replonger ? de colère parceque vous avez été mal informée sur l'homme à qui vous avez accordé votre confiance ?
Qu'est ce qui, au plus profond de vous même, vous rend cette situation inacceptable ?
Regardez aussi ce qui vous empêche d'avancer, ce qui bloque vos décisions. vous évoquer, en la repoussant, l'hypothèse d'une séparation, mais vous expliquer aussi que le maintien de cette situation n'est pas tolérable. double contrainte dont il va falloir vous échapper.
Quels sont les obstacles objectifs à vos décisions ?
Recherchez vraiment la cause initiale de votre malaise, regardez là, acceptez là, et ne perdez pas de vue que vous avez le droit de ne pas être une sainte, de penser à vous, d'avoir même de "mauvaises pensées", n'en déplaise aux hypermoralistes de tout bord (et Dieu sait s'il y en a en ce moment, des gens qui, pleins de certitudes, disent ce qui est bien et ce qui est mal !)
Alors vous saurez sans doute ce que vous devez faire, quelles sont les limites de ce que vous voulez accepter, quelle route vous devez suivre et avec qui vous voulez la suivre.

Il est évident que vous avez un choix à faire. Ce qui doit guider votre choix, c'est votre épanouissement.Ce n'est de toute façon qu'en étant épanoui qu'on peut apporter autour de soir la joie et le bonheur. La situation de votre mari vient d'ailleurs l'illustrer je crois.
Afin d'être bien clair, je ne suis en train de vous pousser ni à une séparation, ni à une reconstruction. J'essaie seulement de vous amener à voir que, quelle que soit la décision que vous prendrez, il faudra la prendre pour de bonnes raisons, c'est à dire des raisons qui vont dans le sens de votre épanouissement personnel et qui ne seront pas appuyés sur les jugements, en particulier ceux d'autrui.
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise voie dans l'absolu. Il n'y a que ce que vous allez choisir de faire, pour vous, pour votre épanouissement personnel et celui de vos enfants. Pour le reste, la phrase est simpliste mais tellement vraie : les conseilleurs ne sont pas les payeurs. J'ajouterai que chacun à sa voie, et que notre devoir est de respecter cette voie, pourvu qu'elle soit vraie.
Je vous souhaite de retrouver la joie et la sérénité dans une vie matérielle autant que spirituelle.

Portrait de Anonyme

bonjour,
je suis l'auteur du message 22, j'ai oublié de précisé en en tête qu'il s'agissait d'une réponse à anonyme du message N° 2.
L'erreur est réparée, bonne journée et amitiés à tous

Portrait de Anonyme

Je n'ai pas bien compris le passage entre le témoignage (Moi, j'ai vécu ceci, je n'ai pas bien vécu mon désir homosexuel, il me manquait quelque chose) à la généralité (le désir homosexuel ne rencontre pas l'autre en vérité).

Peut-être que le désir homosexuel d'Audrey ne rencontre pas l'autre en vérité. Mais rien ne permet d'affirmer que cette assertion se vérifie pour TOUTES les personnes qui éprouvent un désir homosexuel. On retrouve dans cet article les mêmes faiblesses que chez Philippe Arino : on passe de l'expérience personnelle à la prétention de dire la vérité du désir de tous les autres. Quelle prétention ! Puisque la rencontre de l'altérité vous importe, peut-être seriez-vous bien inspiré de ne pas prétendre définir la vérité du désir de personnes que vous ne connaissez pas et dont vous ne pouvez pas prétendre pénétrer l'intériorité. Rencontrer l'autre en vérité, c'est aussi laisser la place à la parole de l'autre, donc aussi à celui qui dit que l'homosexualité n'est pas forcément le refus de l'altérité, à celui qui dit que le couple et l'amour homosexuel impliquant la différence, l'altérité, sont possible.

Portrait de Anonyme

Ce témoignage ne représente que votre vie et heureusement !
D.ieu a créer l'homme et la femme à son image.
L'homosexualité et l'hétérosexualité ainsi que la bisexualité (à mon avis qui résume tout simplement ce témoignage) sont des créations de D.ieu car la diversité humaine dans tous les domaines est le fondement de la perpétuité de la race humaine.
L'hypocrisie veut qu'on oublie les personnes bisexuelles car finalement c'est elles qui gênent le plus.
La vie construite de deux femmes existent et p-e épanouissant. La vie à deux est une vie complexe, je pense que les hétérosexuels en savent quelque chose au vu du nombre des divorces.
Dire qu'il n'y a pas d'altérité (car elle n'est pas que sexuel) entre deux femmes est totalement absurde, du simple fait que deux femmes sont des êtres à part entière avant tout et deux personnes différentes donc il y a altérité sur l'éducation, le milieu sociale d'où on vient, les désirs, les plaisirs, les épreuves.
Ce témoignage est malheureusement réducteur comme toujours, toujours à rechercher ce qui est bien dans une sexualité et ce qui est mauvais dans l'autre. C'est comme si on lisait le témoignage d'une femme noire qui devenue blanche témoigne d'une vie plus simple car finalement c'est plus facile à vivre dans la majorité des individus, rien d'étonnant la dedans mais terriblement triste.
D.ieu a crée avant tout la complexité des relations humaines et sa diversité afin de perpétuité la race humaine et non uniquement l'hétérosexualité (ce qui est aussi réducteur).
Mais je ne suis pas chrétienne et je pense que nous devons penser dans un ensemble, un global, à l'Humain dans D.ieu et de D.ieu dans l'Humain. La question est de savoir ce qui relève de l'être humain et du moyen qu'on dispose pour améliorer l'Humanité, dans un monde où la diversité est la règle.
Bon continuation,

Portrait de Sophia

Bravo !!!...

J'ai adoré lire votre article. Je n'ai pas grand chose à rajouter mais je tenais à vous féliciter

Portrait de Anonyme

bonjour ,
j ai trouvé le temoignage d 'Audrey aussi touchant qu 'encourageant
est il possible que je puisse communiquer plus personnellement avec elle par mail ?
Merçi

Portrait de Incarnare

Bonsoir, je lui fais parvenir l'adresse mail que vous avez entrée pour saisir votre commentaire.

Bien cordialement

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