Les affaires récentes ont suscité des débats sur la gouvernance de l'Église... à ma gauche, certains considèrent que l'Église a atteint une taille trop importante pour être encore humaine et, prenant l'exemple de Paul qui - à leurs dires - considérait une ville acquise dès que quelques chrétiens s'y trouvaient, ils appellent à ce qui ressemble beaucoup plus aux "églises de maison" qu'à l'Église catholique ; à ma droite, d'autres prônent un centralisme absolu, allant jusqu'à dénoncer à Rome les pratiques de leurs pasteurs.
Si l'Eglise est un corps, reconnaissons que tous ses membres ne sont pas dans l'unité. Les uns se réclament de la psychologie et demandent une approche pastorale ; les autres revendiquent une théologie dogmatique et exigent l'affirmation puissante d'une vérité objective. Jamais on n'a plus entendu de par chez nous cette phrase, répétée comme un slogan, d'Église « dans le monde, mais pas du monde ».
Même chez mes amis sacristains, Jean-Baptiste met les uns et les autres dos à dos pour en déduire, un peu facilement à mon goût, que l'Eglise aurait une vision à long-terme qui l'empêcherait d'osciller au rythme de la marée. Et le même jour, par hasard, David tacle gentiment les théologiens du dimanche (dont je suis..)..
Partout on parle de communication. L'Église fait pâle figure dans ce domaine, on l'a bien compris. Elle est loin d'être la seule : l'État a bien du mal avec ses administrés. A l'ère des médias, qui devraient pourtant les rendre plus proches de chacun, jamais ces institutions n'ont été perçues plus étrangères à nos préoccupations.
Les médias, avec la rapidité des nouvelles communications, sont devenus de simples routeurs. Ils ne médiatisent plus. Auparavant, une déclaration pontificale n'avait d'écho que pour ceux à qui elle s'adressait ; aujourd'hui, les médias la catapultent à tous. Impersonnelle car générale, elle condamne plus qu'elle ne féconde, bien malgré la volonté de son émetteur.
Lorsque j'étais enfant, on nous enseignait que les dinosaures étaient tellement énormes qu'ils avaient un second cerveau au niveau du pied, pour assurer leur mobilité, le "cerveau central" jouant un rôle de supervision. Quand j'étais enfant, l'info circulait moins vite et l'on ne pouvait se dispenser de ce deuxième cerveau pour interpréter dans le concret de nos vies la parole reçue. Un pied de dinosaure n'imaginerait pas une seconde se passer de sa tête : l'Eglise n'est pas plus appelée à être un mille-pattes
Quand je serai plus vieux, j'espère que l'on parlera plus de relation et moins de communication. Aucune institution, fût-ce l'Eglise, n'aime. Seuls les hommes et les femmes peuvent aimer. Vous êtes le visage du Christ pour vos frères. Alors, plutôt que d'espérer vainement une révolution de la com' du Vatican, pourquoi ne pas oser une révolution plus profonde encore ? La révolution de l'amour.

Commentaires
Excusez d'avance le caractère un peu décousu de ce billet :)
Ah ben oui mais alors forcément.
Ha.
au gré d'un lien cliqué, je découvre que j'avais taclé... il n'y avait pas de sous entendu vers ce site, hein? ;)
David, je ne dis pas que tu me visais, je dis que je me suis senti concerné (mais pas piqué pour autant). Je suis d'accord avec toi (et E. S., si c'est bien du frère-journaliste que tu parles) qu'il faut une certaine compétence pour publier un ouvrage en théologie.
Reste que je suis contre la relégation de toute parole aux experts... ce qui rejoint d'ailleurs un billet très intéressant d'Aliocha. Pour reprendre une image déjà utilisée ici, je suis d'accord que l'établissement des cartes revient aux cartographes. Mais qu'on n'oublie pas que la cartographie reste un regard (limité) de la réalité qu'elle représente et que d'autres approches sont possibles. Qu'un bon vieux schéma en dit parfois autant, voire plus, qu'une carte IGN : parce qu'il va à l'essentiel.