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Ma métamorphose — un ministère nourri par mes passions et mes besoins

Theologeek - mercredi 12/12/2018 - 15:13

Je suis passé par une révolution copernicienne pendant mon stage. Ou plutôt une métamorphose, parce que c’était des choses que j’avais déjà en moi. Mais je n’osais pas les laisser sortir. Je suis arrivé à la conclusion suivante: mon ministère doit être nourrit par mes passions et mes besoins, et non pas les attentes des autres.

Ça semble peut être égocentrique, mais c’est au contraire la seule manière qui me permette de rencontrer authentiquement mes contemporains et l’Évangile. Les deux ensemble. Et accessoirement de ne pas dépérir dans le ministère.

Comme une histoire vaut mille concepts…

Je n’aurais pas pu rêver meilleure place de stage. J’ai commencé en mars 2017 dans une paroisse formidable, avec une équipe extraordinaire, mais vraiment extraordinaire, et un maître de stage parfait pour moi: expérimenté, sage, bienveillant, ouvert. Une paroisse dynamique, avec du monde, des activités pour les familles. Et une grande créativité et liberté. Notamment je suis arrivé juste au moment où la paroisse avait le projet de transformer l’église de Vennes pour en faire un truc cool, et j’ai eu l’honneur d’y participer: on a viré les bancs pour y mettre des canapés, ré-imaginé les cultes dans ce contexte, proposé des activités comme des soirées de jeux de société (et c’est même pas moi qui ai proposé!).

Et pourtant malgré tout ça, je suis passé par une phase dépressive. Il y avait différents facteurs, bien sûr. Mais un d’eux: le fait que j’avais l’impression du toucher des doigts à quelque chose à quoi j’aspire profondément, mais sans y être pleinement. Par exemple, je trouvais qu’on passait trop de temps à se préoccuper des gens qui sont là, et pas assez de ceux qui ne sont pas encore là. Pour moi on aurait pu être plus radicaux dans notre réflexion sur les cultes. On aurait du se poser plus la question de comment faire des liens avec les gens du quartier. Mais on passait le gros de notre temps à se préoccuper des réactions des paroissiens: cette église est là leur, ils y sont attachés. Ces cultes sont les leurs, ils y sont habitués. Heureusement — mais heureusement ! — que l’équipe pastorale dans laquelle j’étais est beaucoup plus sage que moi. J’aurais été seul maître à bord à ce moment, j’aurais probablement fait péter la paroisse.

Mais j’ai réalisé deux choses à ce moment là:

  1. Il y a un ministère qui consiste à accompagner les changements. Pour cela il faut respecter les rythmes des gens, avancer avec audace mais aussi avec prudence et délicatesse. Et ça prend du temps. Beaucoup de temps. Heureusement, il y a de nombreux ministres très doués dans ce domaine !
  2. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est pas mon ministère. En tout cas pas maintenant.

J’ai réalisé, à travers ce stage, que j’ai besoin d’orienter radicalement mon ministère vers les gens qui ne sont pas encore là. Je ne dis pas que tout le monde doit faire ça. Mais moi si. Et j’ai réalisé que c’est pas juste une question d’envie, mais c’est une question de vie. Ou de mort. Si je n’explore pas cette voie, je suis frustré (probablement je frustre les gens autour de moi), je m’épuise, je dépéris. J’en souffre, ma famille souffre que je souffre. Je n’aurais pas pu tenir.

***

En parallèle à tout ça, au milieu de ma frustration dans mon ministère, j’ai vécu une soirée qui m’a profondément marqué. C’était il y a un peu plus d’un an maintenant. Un ami m’a invité à un GN, dans lequel on a rencontré 2 chrétiens parmi les organisateurs. Et on a proposé de se voir une fois pour prier pour l’un de nous qui n’allait pas très bien. Et c’est ce qu’on a fait…

On s’est retrouvé les 4 pour une soirée. Je ne connaissais quasiment pas les 2 autres, mais on a tout de suite connecté en mangeant nos grillades sur le balcon de notre hôte: mêmes centres d’intérêts, même références à la culture geek, même humour foireux. Et puis après le repas, avant de prier, on a partagé un peu plus en profondeur sur les choses qu’on vivait. Et là aussi, on se comprenait dans nos préoccupations: les même joies et peines d’être jeunes papas, les difficultés professionnelles, une certaine rupture ecclésiale et aspiration à quelque chose d’autres. Et on a prié ensemble. Et là, Oh. My. God.

Quand on prie dans un contexte comme ça, ça rajoute une intensité de malade à ce qu’on vit. Intensité à laquelle on ne goûte pas si:

  • On fait juste une soirée grillades, déconne et discussion mais sans prier
  • On prie sans avoir fait ripaille avant

Mettre explicitement Dieu au milieu d’un moment comme ça, c’est comme balancer une étincelle au milieu d’un lac de nitroglycérine.

En plus de m’avoir fait un bien fou, rencontrer des gens formidable, et débloquer des trucs profonds (plusieurs des choses qu’on a partagé et pour lesquelles on a prié à l’époque ont bougé d’une manière phénoménale depuis), j’ai eu une révélation: plus je suis moi-même, plus ce que je vis spirituellement est fort.

Çà paraît assez évident dit comme ça.

Pourtant, en paroisse, je dois continuellement m’adapter: à des gens qui ont des références culturelles qui ne sont pas les miennes (j’ai entendu quelqu’un aujourd’hui parler de sabat mater, j’ai cru que c’était une insulte en contre-pétrie), en général à des tranches d’âges qui ne sont pas la mienne, et donc des préoccupations qui ne sont pas les miennes. Pour m’adapter, je dois me mettre sur off, comprendre leurs attentes, et apprendre leur langage. En plus d’être fatiguant, c’est assez improductif. Car ça ne permet pas de présenter l’Évangile en dehors de la culture majoritaire dans la paroisse. Et ça ne me nourrit pas. Je fais des choses auxquelles je ne participerait pas si je ne devais pas les animer.

Et là, ça m’a frappé.

Si je veux être un bon pasteur, je dois reconnaître que je suis un geek, et l’assumer dans mon ministère. Plus je suis en phase avec moi et mon côté geek, plus le ministère sera un lieu de ressourcement et pas d’épuisement. Et plus je permettrai à des geeks de découvrir — peut-être — quelque chose de l’Évangile. Pas dans le langage de leur grand-mère, avec la musique de leur grand-mère, les références de leur grand-mère et les activités de leur grand-mère. Mais dans leur langage à eux. Parce que c’est aussi mon langage à moi.

L’Évangile doit s’inculturer, donc il doit aussi se dire et se vivre dans la culture geek. De la même manière que — après moult débat — il a été décidé qu’on ne demandait pas aux grecs du 1e siècle de devenir juif avant de devenir chrétien, mais qu’ils pouvaient être des chrétiens grecs. À côté des chrétiens juifs.

Et pour ça, le meilleur moyen, c’est que je sois à la fois pasteur, et geek. Que je ne doive pas éteindre l’un pour être l’autre.

***

Une fois cette prise de conscience faite, il s’est passé un long processus de maturation intérieure, et de circonstances extérieures, qui m’ont amené à être aujourd’hui pasteur suffragant à St-François St-Jacques, à Lausanne.

Au niveau intérieures, différentes étapes. J’ai commencé à me demander: « Si j’étais libre des contingences ecclésiales, qu’est-ce que je ferais? Quel forme aurait mon ministère rêvé? » Et puis lors d’une retraite d’une semaine en silence, j’ai réalisé, et ça m’a frappé, que je suis libre. Le Christ me dit « suis-moi », la question n’est pas: « est-ce que je peux suivre cet appel? » —  je suis libre de le faire. Rien ne me retient. La question c’est: est-ce que j’ose suivre cet appel? Parce que oui, si ça m’amène à des endroits qui ne sont plus compatibles avec les formes organiques de mon Église par exemple, j’ai un choix à faire. Entre mon appel et ma sécurité. Et intérieurement, j’ai fait ce choix.

Heureusement je n’ai pas eu à trancher, parce qu’au niveau des circonstances extérieures, il s’est passé plusieurs choses — sur lesquelles je ne vais pas trop m’étendre. En gros j’ai découvert le Centre St-Jacques à Lausanne, et mon rêve de paroisse geek a commencé à prendre forme dans un lieu spécifique. Et mon Église a été formidable à bien des niveaux pour me soutenir et m’encourager dans cette voie. Et puis quand j’ai parlé de mon rêve à plusieurs personnes, ça a fait tilt, et je me retrouve avec des gens motivés  et compétents à mes côtés. Et des projets ont germés. Et ont commencé à se réaliser.

***

Alors je vais continuer à vous en parler, dans les temps qui viennent. Vous raconter l’histoire de l’émergence d’une paroisse pour geeks (mais pas que), mes réflexions, mes obstacles, etc.

Pour commencer, je vais vous donner un exemple qui illustre cette métamorphose ministérielle: l’histoire de la naissance du premier weekend holygames.

***

Cette métamorphose a été douloureuse, mais j’en suis reconnaissant. Et si je ne suis qu’au début de cette aventure, et que je sais qu’ils y aura de nombreuses difficultés, je suis plein d’espérance.

Je me sens aligné, entre mes passions, mes besoins, mon ministère.

Et toi, comment est-ce que tu vis le lien entre tes passions, tes besoins, et ton activité principale?

 

 

 

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Ceux qui ne sont pas encore là

Theologeek - mercredi 12/12/2018 - 12:56

Je suis passé par une métamorphose ministérielle durant mon stage. Ça a été assez pénible, d’ailleurs. Une des manières dont j’en parle fréquemment, c’est en disant que je suis maintenant appelé à être pasteur de ceux qui ne sont pas encore là. Le temps est venu d’expliciter un peu cette expression.

Quand on bosse en paroisse, on peut classer les gens en 2 catégories:

  • Ceux qui sont là
  • Ceux qui sont pas là

(Pour ceux que ça intéresse, il existe un critère de démarcation rigoureux pour distinguer précisément ces deux catégories. Je vous l’expose brièvement ci-dessous. Pour ceux qui veulent d’autres manières de classer les gens — parce que classer les gens c’est important — voir l’excellente Esquisse de sociologie paroissiale de nôtre persifleur préféré 1)

Ces dernières années, j’ai eu l’impression que le gros du travail paroissial est de s’occuper des gens qui sont là. Pour plusieurs raisons, la principale étant qu’ils sont là. C’est eux qu’on voit, c’est eux qu’on entend, c’est eux qui participent, aident, font des remarques, ont des demandes, votent aux assemblées, etc. Et donc ils ont une certaine tendance à prendre la plus grande part du gâteau du temps ministériel.

C’est une impression, et probablement que je noirci un peu le tableau. Mais dans mon expérience de paroisse, le gros des réflexions tourne autour d’eux, ces gens qui sont là. De quoi ont-ils besoin? Quelles sont leurs attentes envers nous? Comment est-ce qu’ils réagiront si on apporte tel ou tel changement? Et alors il faut prendre le temps de leur expliquer, de les rassurer, de faire des compromis pour faire des demi-changements.

D’un autre côté, il y a ceux qui ne sont pas là. Mais eux ils ne sont pas là. Alors on s’en occupe aussi en église, mais pas en paroisse: on fait confiance aux Œuvres™ pour ça. On a plein d’œuvres formidables issues de l’Église qui font un travail merveilleux pour prendre soin de ceux qui ne sont pas là. Et je suis fier d’appartenir à une Église pour qui ces choses ont importantes! Dans la déontologie de ces œuvres, il y a en général un principe assez clair: on ne prend pas soin des gens pour les récupérer. Ce serait du prosélytisme, contraire à la gratuité de l’Évangile. Donc ceux qui ne sont pas là restent dans la catégorie des gens qui ne sont pas là.

Il me manque un truc

Avec ça le problème pour moi, c’est que j’ai une conviction fondamentale dont je n’arrive pas à me décrotter:

Si l’Évangile est une bonne nouvelle,
alors cette nouvelle doit être partagée.

Il en va de la cohérence de mon ministère (mais je suis parfois un peu psycho-rigide quand il est question de cohérence, ma femme prie pour ça depuis longtemps, la pauvre). Si l’Évangile n’est pas partagé, c’est que ce n’est pas une bonne nouvelle. S’il n’est pas reçu comme tel, c’est que ce n’est pas une bonne nouvelle. (Dans un monde idéal où la présentation de la nouvelle est bonne, s’entends.) Et si l’Évangile n’est pas une bonne nouvelle, ça ne m’intéresse pas, mais alors vraiment pas. Je préfère ouvrir un stand de crêpes.

Et il y a un enjeu apologétique: vu de l’extérieur, si les chrétiens pensent avoir une bonne nouvelle mais qu’ils ne la partagent pas comme telle, c’est que soit:

  • ils n’y croient pas, donc pourquoi j’y croirais moi?
  • ce n’est pas une bonne nouvelle, donc pourquoi je m’y intéresserais?
  • c’est des connards™, donc pourquoi je les fréquenterai?

Et avec ça, j’ai une deuxième conviction fondamentale dont je n’arrive pas à me décrotter non plus, qui est à la fois profondément réformée, et assez contre-culturelle:

L’expérimentation de l’Évangile
crée la communauté.

(J’aurais du dire « la prédication de l’Évangile » pour rester dans un champ lexical plus réformé, mais ça ne suffit plus aujourd’hui.)

On ne peut pas être chrétien tout seul. Lorsqu’on est baptisé « en Christ », on entre dans une grande famille, et sans cette famille et tout ce qui va avec (de joie et de frustration), on passe à côté d’un gros morceau de l’Évangile. La spiritualité n’est pas une affaire privée individuelle uniquement, mais aussi de tout un tas de relations.

Le mot « communauté » résonne bien différemment selon les oreilles dans lesquelles il tombe. Je l’entends au sens de relations inter-personnelles soutenues, inclusives, sur une certaine durée. Pour certain·e·s, « communauté » évoque bastion, exclusivisme, repli identitaire, diabolisification du monde, etc. Par pour moi.

La communauté en question n’est évidemment pas forcément la paroisse (qui est de toute façon elle-même composée de plusieurs sous-communautés). L’expérimentation de l’Évangile n’implique pas forcément l’absorption dans la paroisse telle qu’elle est aujourd’hui. Ça peut. Mais ça peut aussi ne pas.

Donc en résumé:

  • Si l’Évangile est une bonne nouvelle il doit être partagé
  • Si l’Évangile est partagé il doit créer de la communauté

Mais alors il me manque un truc, dans un ministère qui s’occupe principalement de ceux qui sont là, ou qui s’occupe de ce qui ne sont pas là mais sans chercher à les faire venir.

Ceux qui ne sont pas encore là

J’ai péniblement cheminé autour de cette problématique. Ça m’aura même valu une phase dépressive parce que malgré le fait que j’étais dans des paroisses formidables avec des gens extraordinaires, j’étais à côté de mon appel.

Et donc mon appel, actuellement, c’est de m’occuper radicalement des gens qui ne sont pas encore là. Quand je dis « radicalement », c’est au sens radical de « la racine »: c’est la racine de mon ministère. Les autres choses que je fais — avec les gens qui sont là par exemple — je les fais avec la perspective des gens qui ne sont pas encore là. C’est à dire que les gens qui sont là ne devraient pas être ceux dont je m’occupe, mais ceux qui avec moi s’occupent de ceux qui ne sont pas encore là. En théorie.

Bref, mon appel est de me tourner vers ceux qui ne sont pas encore là.

Pas pour en faire des membres de mon église parce-que-sinon-on-est-en-perte-de-vitesse-et-qu’alors-notre-avenir-financier-est-incertain. Pas pour remplir les paroisses parce qu’avant-elles-étaient-remplies-et-que-c’était-mieux-avant. Pas pour mon égo parce que j’ai besoin d’avoir de l’influence sur les gens. Mais parce que l’Évangile est une sacrément bonne nouvelle qui doit rayonner. Et que quand cette bonne nouvelle est vécue ça donne des choses imprévisibles. Qui rentreront probablement pas dans les paroisses traditionnelles, mais créeront peut-être des communautés bizarres, surprenantes, passionnées et passionnantes.

Et depuis que je reconnais ça, je me sens mieux. Une métamorphose. J’ai retrouvé de la joie dans mon ministère, un sens de défi et de passion. Et je me sens super à ma place dans mon Église que j’aime encore plus qu’avant2.

Ok, mais concrètement, qu’est-ce que ça veut dire?

C’est là que les choses deviennent fun, bien sûr. Et que ça crée des complications aussi, bien sûr.

Mais ça c’est pour une autre fois.

Appendix: du critère de démarcation entre les Ceux qui sont là et les Ceux qui sont pas là.

En paroisse, on peut classer les gens en 2 catégories:

  • Ceux qui sont là
  • Ceux qui sont pas là

La démarcation principale entre ces deux catégories est finalement assez proche de celle proposée par Popper pour la science: la falsification. En science — selon l’approche poppérienne — une proposition est scientifique si elle est falsifiable (ou réfutable, pour ceux qui parlent mieux français). À savoir si l’on peut imaginer une expérience qui montre que la proposition est fausse. Si l’on ne peut pas envisager un tel cas, alors la proposition est irréfutable, donc pas intéressante scientifiquement.

En paroisse, la falsification marche comme suit: quand on fait quelque chose de différent™, on sait avec la plus haute certitude que des gens vont râler. Nous expliquer que c’est faux, qu’ici on fait quand même pas comme ça: « on n’applaudit pas à l’église », « un culte sans Notre Père n’est pas un culte », « un baptême ça ne se fait pas à la bombe à eau », « c’est dangereux de mettre le feu au sapin de noël pour illustrer la surabondance de l’amour de Dieu », etc.

Or, pour dire « c’est faux », il faut être là. C’est à dire que les Ceux qui sont pas là peuvent bien dire que c’est faux, mais comme ils ne sont pas là, on ne les entends pas. On a donc un critère de démarcation rigoureux pour séparer en paroisse entre les Ceux qui sont là, et les Ceux qui ne sont pas là, et qui s’énonce ainsi: une personne rentre dans la catégorie Ceux qui sont là si on peut imaginer une activité qui la pousserait à dire que « c’est faux » de faire ainsi.

(Bien sûr on me rétorquera: « oui mais avec le cas du sapin de Noël en feu, on peut imaginer que l’église finisse en feu, et donc que même des Ceux qui sont pas là disent que c’est faux. Il nous faut donc à l’évidence soit (a) considérer que des gens qui ne sont pas là entrent dans la catégorie des Ceux qui sont là (ad absurdum), soit (b) abandonner ce critère de démarcation. » À ceci je réponds simplement: en toute probabilité les gens sus-mentionnés iront plutôt démonter une tringle à rideaux afin de s’en servir comme bâton pour faire griller des cervelas depuis leur balcon sur le clocher enflammé de l’église. Ayant la bouche pleine, ils ne pourront rien dire.)

  1. Et je dis ceci avec le plus grand respect et la plus grande sincérité. Ca faisait un moment que ce blog était sur le point de ressusciter (plus à ce sujet bientôt), et Nicolas Friedli — avec sa lucidité, sa langue fourchue et le modèle inspirant qu’il est — a joué un rôle de catalyseur. Je lui dois beaucoup, sur ce point comme sur d’autres. Je suis d’ailleurs d’ailleurs d’avis de le canoniser pour en faire le premier saint réformé du web romand: St-Persifleur. En attendant, je m’engage à lui dédier mon 17e fils pour qu’il le forme à son école.
  2. Tout ce que je dis est, ce me semble, parfaitement en phase avec nos Principes constitutifs. En tout cas les PC permettent une telle interprétation, qui n’est pas la seule. Par exemple « 3. (L’EERV) est communauté de prière, de partage et d’espérance rassemblée autour du Christ par la proclamation de la Parole et la célébration des sacrements. » Et « 5. Elle reçoit du Christ la mission de témoigner de l’Évangile en paroles et en actes. Elle accomplit cette mission dans le canton de Vaud, auprès de tous et sans discrimination. 6. Elle reconnaît que tous les baptisés sont responsables de cette mission selon la vocation et les charismes reçus de Dieu. »
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Le danger mortel de la louange contemporaine

Theologeek - jeudi 09/04/2015 - 12:25

Le mouvement contemporain de louange et adoration (praise & worship) est une réelle bénédiction pour l’Église. Que personne n’en doute. Notamment, il rend facilement accessible une approche de Dieu émotionnelle, mystique, en complémentarité à l’approche rationnelle plus commune en modernité. Personnellement, par exemple, c’est grâce à des temps de louange que j’ai appris à reconnecter avec mes émotions.

Mais ce mouvement amène avec lui son lot d’effets pervers, et parmi ceux-ci, le risque de tuer l’adoration. Aussi paradoxal que cela puisse paraître. Je m’explique.

À force d’appeler systématiquement et exclusivement les blocs de chants des « moments de louange » ou « d’adoration », on crée dans la tête des chrétiens une équivalence entre « chant » et « louange / adoration ». Adoration = Chant. Chant = Adoration. Du coup si je veux adorer Dieu, je dois chanter. Et si je chante, c’est pour louer Dieu.

Premièrement, donc, on donne l’idée que le chant ne sert qu’à adorer Dieu. D’où que la plupart des chants contemporains sont adressés à Dieu. Le fait de chanter à Dieu, de prier en chantant, est certainement attesté dans les Écritures. Par exemple « Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; … chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. » (Col 3.16) Ou encore: « Et ils chantent … le cantique de l’agneau, en disant: Tes œuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu tout-puissant! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations! » (Apo 15.3)

Ce faisant, on passe sur toutes les autres dimensions du chant. Par exemple: « Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels. » (Col 3.16) Ou encore: « Et ils chantent le cantique de Moïse. » (Apoc 15.3, cf. Dt 31.30–32.47) Le chant peut être adressé à soi-même (« Mon âme, bénit l’Éternel »), aux autres chrétiens pour exhorter ou enseigner, ou aux nations — pour leur chanter les louanges de Dieu, comme un grand nombre de psaumes, ou pour les interpeller. Bref, on perd une grande partie de la dimension performative du chant, sur nous ou les autres.

Et même lorsque l’on chante en s’adressant à Dieu, c’est donc principalement sur le mode de la louange et de l’adoration. Et on a perdu d’autres modes, par exemple celui de la complainte — le fait d’apporter à Dieu sa souffrance et son épuisement.

Bien sûr, on peut trouver (heureusement!) des chants contemporains qui rentrent dans toutes ces autres catégories que j’ai mentionnées. Mais il s’agit d’exceptions. Et je discute ici surtout de ce qui est véhiculé par le fait d’appeler « temps de louange » ce qui est en réalité un « temps de chant. »

Mais plus important, on donne l’idée que l’adoration et la louange se limitent au chant. D’une part, et c’est la moindre, on cloisonne la louange au fait de chanter à Dieu. Pratiquement, dès que l’on veut vivre un temps de louange, on pense musiciens. Et s’il n’y a pas de musiciens? On est bien embêté. On ne développe pas la louange par nos prières, ou la capacité de prier les psaumes ou d’autres textes de la Bible, ou tout autre moyen corporel ou artistique d’exprimer notre louange à Dieu.

D’autre part, et c’est beaucoup plus grave, par notre terminologie confuse entre « chant » et « louange / adoration », on tend à cloisonner l’adoration au fait de chanter à Dieu. Mon adoration, c’est de chanter à Dieu, et si possible vivre quelqu’expérience mystique de sa présence, culminant peut être dans un chant en langues. Et non pas de vivre une vie totalement consacrée à lui — émotion, volonté, pensée.

De fait, on risque même de détacher l’adoration du Christ et de son œuvre rédemptrice en nous. Théologiquement, le Christ a révolutionné l’adoration: plus de rites, plus de sacrifices, plus de temples ou de lieux saints, plus de système de prêtrise (Jean 4, 19–24). Il est l’Adorateur, celui dont la vie était entièrement consacrée à Dieu, pleinement soumise et libre en lui. Et nous, chrétiens, par notre baptême, nous sommes unis au Christ. Notre adoration, c’est de nous efforcer par l’Esprit à ce que nos vies reflètent le Christ et son adoration. C’est tellement plus que chanter, même si chanter en fait partie. Si bien que l’on considère les 30mn de « louange et adoration » pendant le culte comme notre culte d’adoration. Et non plus l’écoute et l’application de la prédication, l’eucharistie, la manière dont on salue celui qui est assis à côté de nous, ou notre manière de conduire pour venir au culte. Mon adoration pendant la semaine, c’est si je prends un moment avec un CD de louange dans ma chambre. Et non pas le fait de veiller sur mes pensées et mes paroles, de témoigner de l’amour à mes voisins, ou de travailler comme pour le Seigneur. On risque bien de cloisonner l’adoration à un petit, tout petit, domaine de la vie: le chant.

Ainsi, la terminologie contemporaine risque bien de tuer l’adoration, de faire de l’Église un peuple de chanteurs plutôt qu’un peuple d’adorateurs.

Le chant est plus que la louange et l’adoration.

La louange et l’adoration sont plus que le chant.

Et si au lieu de parler de « temps de louange » on parlait simplement de « temps de chant », puisque c’est de ça qu’il s’agit?

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Évangéliser dans le contexte de la sécularisation

Theologeek - vendredi 27/02/2015 - 13:08

Quelle est la tâche de l’Église dans une société sécularisée? Comment envisager l’évangélisation dans un tel contexte? « Evangelism in the Context of Secularisation » est article de Lesslie Newbigin, paru en hollandais en 1990 dans Kerk en Theologie1 et republié en 1994 dans A Word in Season: perspectives on Christian World Missions2. Ce qui suit est un résumé / traduction / paraphrase de l’article.3

La sécularisation

L’idée que le progrès et la science moderne allaient éliminer progressivement toute croyance religieuse a été largement abandonnée. Le siècle passé a été le témoin d’une grande croissance de nombreuses spiritualités en Occident: traditions orientales, résurrection d’anciennes religions païennes, l’énorme popularité de l’astrologie, etc.

Mais laissant de côté ces mouvements qui apparaissent comme religieux dans le sens où ils affirment des réalités qui ne peuvent pas être soumises à l’investigation des sciences empiriques, il est clair qu’il y a même dans les sociétés les plus sécularisées des forces qui ont un caractère religieux dans le sens où elles ont un statut de dogme, qui exige une adhésion totale. De nombreux chrétiens ont accueillis à bras ouvert la sécularisation comme une forme de libération rendue possible par l’Évangile, comme un espace libre de tout contrôle religieux ou idéologique, qui laisse la place à l’individu d’exercer en toute liberté sa propre rationalité et moralité.

Pourtant, les dogmes ne disparaissent pas simplement parce qu’on bannit le terme. Il est évident que les enfants des écoles occidentales sont amenés à accepter certaines croyances à propos des origines et de l’histoire humaines façonnées par certaines hypothèses. On apprend, non pas dans les classes d’éducation religieuse, mais de science, histoire ou littérature, que la vie humaine peut être comprise et gérée de manière satisfaisante sans référence aucune à Dieu. Et ceci est enseigné non comme une croyance, mais comme un fait. On apprend que ce dont les humains ont besoin pour bien vivre est le corpus de connaissance fiable produit par les sciences, et non pas les révélation et grâce offertes par Dieu. Tel est le dogme qui contrôle la vie publique, bien distinct des opinions que les individus sont libres de choisir pour eux.

Mais ce dogme est insuffisant pour satisfaire les aspirations humaines. S’il n’y a pas de réponses aux questions qui nous intéressent — pourquoi tel événement m’est arrivé? À quoi sert la vie humaine? — les gens se tournent vers l’astrologie, les plaisirs immédiats du divertissement, de la drogue, du sexe et de la violence gratuite. Nous avons besoin d’idoles pour remplir l’espace vacant crée par l’abandon du Dieu vivant. Au final, notre société n’est pas séculière, mais païenne, une société dans laquelle hommes et femmes donnent leur allégeance à des non-dieux.

La société sécularisée n’est donc pas un espace neutre et libre dans lequel nous pouvons projeter le message chrétien. C’est un territoire occupé par d’autres dieux. Nous avons à faire à des principautés et pouvoirs.

Qu’est-ce que l’évangélisation dans un tel contexte?

Pour nos contemporains acquis au dogme de la sécularisation, l’Église est une association volontaire de gens qui veulent promouvoir certaines valeurs pour eux-mêmes et la société. Ces valeurs sont affaire de choix personnel, pas des faits que tout le monde doit accepter. Et donc le succès de ces valeurs dépend du nombre de ses adhérents. L’évangélisation est l’effort de l’Église de répondre à son déclin en recrutant de nouveaux membres. Il en découle une certaine anxiété pélagienne: il est impératif que nous réussissions, sinon nous sommes perdus.

Au contraire, jamais dans ses lettres Paul n’appelle l’Église à un devoir d’évangéliser. L’Évangile est une réalité tellement puissante qu’il ne peut se taire à son propos: « Malheur à moi si je n’évangélise! » (1 Cor 9, 16) Et il semble considérer que cette réaction est partagée par les fidèles. Pourquoi cela?

La première évangélisation du Nouveau Testament est l’annonce par Jésus que le Royaume de Dieu s’est approché. Il ne s’agit pas d’une nouvelle ecclésiale, mais mondiale, publique. Ce n’est pas une question de « valeur », mais de « fait ». C’est une grande nouvelle, qui exige une réponse immédiate. Les gens accourent, mais il semble que le Règne de Dieu ne soit pas ce qui était attendu. Il y a du rejet, trahison, condamnation, et finalement mort. Désespoir et suicide. Mais ce qui semblait la fin devient le nouveau commencement: le tombeau est vide, Jésus est ressuscité, la mort est vaincue — Dieu règne après tout ! En résulte une explosion de joie qui ne peut être gardée secrète: tout le monde doit l’entendre. Il n’y a pas besoin d’appeler les gens à évangéliser: si ces choses sont vraiment vraies, elles doivent être annoncées!

Au contraire, beaucoup de nos communautés se sont confortablement installées dans la société. L’Évangile a été domestiqué par notre culture. Nous avons accepté, silencieusement, le dogme qui contrôle la vie publique. L’histoire « réelle » est celle qui est enseignée à l’école, à savoir l’interprétation de l’histoire depuis notre temps et place dans l’histoire. La Bible est un des petits éléments de cette histoire. Son but, s’il en est un, est la création demain d’une société un peu meilleure que celle d’aujourd’hui, ou l’accomplissement de mes ambitions personnelles avant que je ne décline dans la sénilité. Cette histoire passe à côté du but véritable. Le sens de l’histoire a été raconté une fois pour toutes dans les événements que le Nouveau Testament raconte. Si, fidèles à nos meilleures traditions, nous adhérons à cette histoire comme notre histoire, alors nous vivons en décalage par rapport à la société. Et ce décalage posera des questions, tout comme la plupart des prédications du livre des Actes sont des réponses à des interrogations.

« Il semble que si l’Église vit fidèlement selon la véritable histoire, le dialogue sera initié non par l’Église, mais par celui ou celle qui sent la présence d’une nouvelle réalité, et qui veut en savoir plus sur son secret. »

La manifestation d’une réalité nouvelle

Comment cette nouvelle réalité sera rendue visible? Il semble qu’il y ait trois éléments principaux: une vie partagée, des actions, et des paroles.

Premièrement, une vie partagée dont le cœur est la louange du Dieu Trinitaire, créateur et sauveur. La première réponse des disciples après la résurrection de Jésus est qu’ils retournent à Jérusalem, plein de joie, et loue constamment Dieu dans le temple (Luc 24, 51). Au sein des souffrances et horreurs du monde, une communauté qui vit selon l’histoire racontée par Dieu déborde d’espérance, de joie et de louange. Une communauté qui vit joyeusement de l’amour de Dieu devient une communauté de laquelle un amour véritable déborde sur les voisins. Une telle communauté est la principale herméneutique de l’Évangile.

Deuxièmement, la présence d’une nouvelle réalité sera rendue visible par des actes. L’annonce du Royaume par Jésus était immédiatement suivie d’actes de guérisons et libérations. Ces actions sont mues par la seule compassion, sans condition. C’est l’amour de Dieu en action. Dans une communauté remplie de l’Esprit, ces actions découlent naturellement. Et avant tout, il s’agit des gestes des membres dans leurs tâches quotidiennes. Même si l’Église entreprend de telles actions de guérison et libération en tant qu’Église, elles sont secondaires par rapport aux actes des membres individuels. Il s’agit d’actions qui découlent de la vie nouvelle en Christ, pas de moyens d’attirer des nouveaux membres, ou de justifier l’Église aux yeux de la société. Il ne s’agit pas non plus de l’Église qui s’aligne sur le programme de paix et justice de la société, sans quoi elle ne devient plus qu’un des nombreux agents de la société, au lieu d’être signe et avant-goût de la réalité nouvelle, pointant vers Jésus crucifié et ressuscité en qui seul nous trouvons la paix et la justice de Dieu.

Finalement, la présence de la nouvelle réalité est attestée par des paroles. L’Église doit parler, annoncer, prêcher. Jésus prêchait et a enseigné à ses disciples de prêcher. Les actions ne sont pas suffisantes, elles ne sont pas explicites. La prédication est une explication des actions, et les actions sont le témoignage que la prédication est vraie. Les paroles sont vides si elles ne viennent pas d’une communauté qui témoigne en action, mais elles sont nécessaires pour raconter l’histoire dans laquelle Jésus tient la place centrale.

5 points sur l’évangélisation

1. L’Évangélisation n’est pas l’effort des croyants pour lutter contre la décroissance de l’Église.

C’est le partage de la bonne nouvelle que Dieu règne — bonne nouvelle pour ceux qui l’acceptent, mauvaise nouvelle pour ceux qui la rejettent. L’évangélisation doit être libérée de l’anxiété pélagienne que tout dépend de nos efforts. Dieu règne, son règne est révélé et rendu efficace dans l’incarnation, le ministère, la mort et la résurrection du Christ. Plus l’on comprend ce fait, plus l’on devient confiant pour partager cette réalité.

2. L’évangélisation dans la société sécularisée s’appuie sur la communauté locale.

Il y a de nombreuses autres formes: évangélisation de masse à la Billy Graham, littérature, télévision, cours et formations, etc. Ces choses sont auxiliaires. Certaines peuvent être importantes, mais elles restent auxiliaires. La communauté est le lieu où l’histoire est racontée, méditée, appliquée aux événements contemporains pour qu’ils soient réellement compris. En partageant les sacrements, nous sommes insérés efficacement dans cette histoire, dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

3. Une tâche fondamentale est de former les membres à devenir agents du Royaume dans les différents domaines de la vie publique dans laquelle ils sont insérés.

Ce travail à la frontière est difficile, sans cesse nouveau, et les membres de la communauté doivent être mis en marche pour être capables de penser et discuter la manière dont leur foi chrétienne affecte leur vie quotidienne dans la société. À cet endroit se trouve l’interface entre l’Église et le monde, à cet endroit se joue la confrontation entre l’ancienne et la nouvelle création. En vivant à la lumière de la véritable histoire, des différences de comportement doivent apparaître, et des questions jailliront. « Pourquoi est-ce que tu fais cela? Pourquoi est-ce que tu te comportes ainsi? » Ici commence l’évangélisation.

Pour l’instant, ce genre de confrontation est relativement rare, parce que les Églises ont accepté que la foi est une affaire privée, pour laisser le secteur public contrôlé par une autre histoire.

4. Les membres doivent donc être formés à participer à ce dialogue.

Chacun doit être équipé pour rendre compte de sa foi, expliquer l’histoire chrétienne et son importance pour la vie de tous les jours. Cette explication ne sera pas complète sans une invitation à venir et voir, à faire partie de la communauté qui vit selon cette autre histoire, et apprendre ce que cela change. Ici se trouve l’appel à la conversion, qui n’est pas uniquement une conversion de la volonté ou du cœur, mais aussi une conversion de la pensée, un appel à voir les choses d’un œil radicalement différent, y comprit les choses de la vie de tous les jours.

5. Vers une société chrétienne?4

L’évangélisation n’est pas juste une conversion individuelle, pas juste un moyen de croissance d’Église, pas juste prêcher et agir pour changer la société. Et ce n’est certainement pas un moyen de ressusciter la chrétienté en Europe, avec l’Église en position de pouvoir. Mais l’évangélisation pourrait mener à quelque chose de différent: une Europe qui soit une « société chrétienne », pas dans le sens où elle est dirigée par l’Église, ni dans le sens où tout le monde est chrétien. Une « société chrétienne » serait une société qui, après que des chrétiens aient pris sérieusement à bras le corps les conséquences (bonnes et mauvaises) de la modernité et leur aient confronté l’histoire chrétienne, serait telle que ceux qui occupent des positions d’excellence dans tous les domaines seraient façonnés dans leur vie publique par l’histoire chrétienne. Une société dans laquelle la véritable histoire a une place dans le domaine public.

Que ceci soit le projet de Dieu ou non pour notre continent, notre tâche est la même. Dieu nous a confié une bonne nouvelle, la nouvelle qu’il règne. Cette nouvelle doit devenir le point de départ de toute pensée, et notre évangélisation un débordement de cette foi joyeuse. Qui sait, peut-être Dieu a‑t-il en réserve pour notre pauvre vielle Europe sécularisée une naissance nouvelle au 21e siècle?

  1. Lesslie Newbigin, « Evangelisatie in de Context van Secularisatie » dans Kerk en Theologie 41(4), 269–277, 1990.
  2. Lesslie Newbigin, A Word in Season: Perspectives on Christian World Missions, Jackson, E. (eds.), Wm. B. Eerdmans, Grand Rapids, 1994.
  3. L’image de couverture est tirée de Neo-Paganism.
  4. Ce point est peut-être celui sur lequel Newbigin est le plus contesté.
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