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Plutôt que dire « dans ta face », regarde la Sienne !

Zabou the terrible - vendredi 05/03/2021 - 07:01

            Face de chien, face de rat ! Prends ça dans ta face ! Il faut dire que nous ne sommes pas tendres avec les qualificatifs que nous adjoignons au mot « face » tant le visage, c’est la première chose en général que l’on voit chez une personne, ce qui nous la révèle, l’endroit où, quand elle ne porte pas le masque, elle se révèle un peu à nu.  

Dans le petit monde chrétien, est-ce vraiment mieux ? Le pape François critique souvent les « faces de carême » ou, meilleure expression encore « les faces de piment de vinaigre » ! Mais là, ce ne sont pas des insultes, c’est plutôt ce qui est à éviter à tout prix. De fait, le chrétien est celui qui vit illuminé de sa foi à l’intérieur même de sa vie, au creux et au cœur de son existence. Elle n’est pas un pesant fardeau, elle est lumière dans son existence : le chrétien est donc appelé à délaisser là toute tristesse et à vivre transfiguré !

Chassons les nuages noirs de nos visages et regardons vers Sa face afin de rayonner de Lui ! 

 

https://www.podcastics.com/podcast/episode/plutôt-que-dire-«-dans-ta-face-»-regarde-la-sienne-68453/

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Utilisation problématique d’internet et troubles liés à internet en Suisse

Theologeek - lundi 11/01/2021 - 13:33

L’utilisation des médias numériques est un des plus grands défis éducatifs et sociaux. L’évolution très rapide des technologies et des mœurs rendent difficiles difficile la compréhension des enjeux. Des troubles et utilisations problématiques apparaissent. Et de plus en plus de parents cherchent de l’information ou de l’aide sur la consommation des écrans de leurs jeunes.

En fin novembre dernier, le GREA a publié le rapport du groupe d’experts « Cyberaddiction » (2018–2020), mandaté par l’Office fédéral de la santé publique pour analyser l’utilisation problématique d’internet.

Le rapport est accompagné d’un Guide pour les professionnels sur les usages des écrans APAN (2020). Ce guide propose un schéma pour penser l’utilisation des écrans, autour de 4 temps (cyclique):

  1. Avant: valeurs, normes, règles
  2. Pendant: espace à soi
  3. Après: conséquences objectives, positives ou négatives
  4. Narration: avec les pairs ou les parents

Ci-dessous, mes notes / résumé de ce rapport.

Introduction & terminologie

Définition des troubles liées à Internet (TLI):

  • Autour de « dépendance » (réseaux sociaux, jeux vidéo, pornographie, achats et jeux d’argent).
  • Donc pas: harcèlement, haine, fake news, radicalisation, pédopiégage, etc.

Terminologie:

  • Intérêt grandissant (débat de société bien présent, nombre croissant de publications scientifiques), mais pas encore de terme reconnu, ni définition admise, ni critère de diagnostique officiel
  • Ici: « utilisation problématique d’internet » et « troubles liés à internet » (TLI)
  • Termes utilisés par ailleurs: usage problématique d’internet (UPI), la dépendance à internet, la cyberdépendance, la cyberaddiction, l’utilisation excessive, risquée ou pathologique d’internet, l’addiction aux jeux vidéo, l’addiction aux écrans, l’utilisation addictive des réseaux sociaux, l’usage pathologique d’internet, le trouble lié aux réseaux sociaux, l’hyperconnectivité et bien d’autres encore.
  • Ce sont les applications et non le média qui provoquent l’addiction. Donc addiction comportementale sur internet, non pas à internet. L’activité peut être en ligne ou hors ligne.
  • Addiction comportementale (vs lié à une substance).

Pour le jeu vidéo, des critères de diagnostic sont clairements définis → seuls les jeux vidéos entrent dans la catégorie des pathologies à ce jour (depuis 2013 dans le DSM‑5, 2019 dans la CIM-11)

  • Aspect positif: facilitation de la recherche, du diagnostique, de l’admission des patients et de la prise en charge par les assurances, ainsi que de la perception pulique
  • Danger: focalisation sur les jeux vidéos aux détriments d’autres TLI (p.ex. réseaux sociaux), risque de pathologisation d’une activité déjà stigmatisée, risque de focalisation sur l’activité et non les comorbidités, critères encore trop vagues.
Problématique Évolution de l’usage problématique d’internet

Données de l’Office fédéral de la statistique, Santé, 2017, sur l’usage problématique d’Internet:

  • 3.8% des plus de 15 ans touchés (270’000 personnes)
  • Hommes (4.3%) > femmes (3.3%)
  • Suisse romande (5.8%) > suisse alémanique (3.1%) > Tessin (2.9%)
  • Milieu urbain > milieu rural
  • Étrangers (5.8%) > ressortissants suisses (3.2%)

Remarques:

  • L’absence de consenssus sur les critères rend difficile les comparaisons et évolutions, et il y a encore peu d’études longitudinales
  • Il ne s’agit pas de diagnostiques, mais d’auto-évaluations
  • Plus de la moitié des experts ont constatés une augmentation dans les consultations sur ces thématiques
Comportement en ligne et troubles liés à internet chez les jeunes
  • Les jeunes sont en permanence dans 2 espaces: physique, virtuel.
  • 99% des jeunes on un smartphone, perçu comme une extension vitale du moi.
  • D’abord consommation passive (vidéo, musique) puis (inter)active (jeux, messages)
  • Les jeunes expérimentent les aspects positfs et négatifs de manière plus intense que les adultes.
     
  • Les jeunes sont conscients qu’il faut des règles et des limites. Ils recourent plus souvent que les adultes à des stratégies de régulation.
  • Près d’un quart des 9–16 ans ont essayé — en vain — de passer moins de temps en ligne au cours du mois précédent
  • Parmi les 15–16 ans, près de la moitié à souffert au moins une fois par semaine des effets négatifs d’une utilisation trop intensive d’internet. Ces effets sont perçus comme problématiques pour une personne sur 10.
     
  • Parmi les 16–25 ans, 4.6% ont constatés des symptomes de manque importants si ils ne sont pas allés en ligne de puis un moment.
  • Environ la moitié des jeunes entretient un rapport ambivalent avec internet (tantôt positif, tantôt négatif).
Différence spécifique au genre:

Différences d’utilisation:

  • Jeux vidéo: ⅔ des adolescents jouent tous les jours, contre 11% des adolescentes.
  • Réseaux sociaux: les filles consomment plus de contenus en lien avec la mode, l’alimentation et la beauté, et sont confrontées à des représentations de genre très stéréotypées.
  • Les femmes utilisent plus internet pour gérer leurs émotions, et les hommes d’avantage comme un outil.
  • Les jeunes femmes ressentent plus de pression sur internet que les jeunes hommes (peur de rater qqch, d’être exclue)
  • Elles ont plus souvent tenté en vain de passer moins de temps en ligne (27% contre 18%)
  • Les jeux en lignes sont le principal vecteur d’actes de harcèlement touchant les garçons.
  • Plus grande prévalence d’achats compulsif et addiction aux achats chez les femmes
  • Plus grande prévalence de consommation excessive de pornographie et jeux vidéo chez les garçons

Même prévalence des problèmes chez hommes et femmes, mais ce sont quasi exclusivement des patients de sexe masculin qui sont pris en charge.

Pourquoi? Deux hypothèses:

  1. L’hypothèse liée à la perception: Plus grande stigmatisation des jeux en ligne → plus de mères qui expriment une inquiétude et une incompréhension face aux jeux vidéos en lignes, souvent perçus comme violents.
    Alors qu’une adolescente qui passe beaucoup de temps à « parler avec ses copines » et « s’intéresser à des trucs de filles » sera perçue comme « normale » (le rapport ajoute: « bien que ces observations soient préoccupantes du point de vue des questions de genre. »).

  2. L’hypothèse lié au traitement alternatif: il y a beaucoup de femmes dans le système de soin concernées par les TLI, mais qui sont suivies/traitées pour autre chose.
    Les symptômes lisé aux TLI ne sont pas évoqués, et donc pas traités, contrairement à d’autres problèmes (estime de soi, troubles alimentaires, harcèlement).

Évolutions et défis actuels Évolutions en matière de jeux vidéo et de jeux de hasard en ligne
  • Démocratisation des smartphones, augmenation du streaming
  • Reconnaissance de la valeur culturelle, sociétale et dévelopementale des jeux vidéos

Exemple de Fortnite: jeu gratuit, monnaie interne, marketing et publicité au sein du jeu, micro-transactions (paiement réel pour du contenu virtuel intra-jeu), loot boxes (coffret au contenu aléatoire, acheté avec de la monnaire réelle ou virtuelle), utilisation d’outils psychologiques par les dévs pour optimiser la secrétion de dopamine

  • 12% des enfants/jeunes ont dit avoir dépensé trop d’argent (32% garçons, 11% filles pour les 15–16ans)
  • Loot-boxes / pay-to-win: certains pays les assimilent à des jeux d’argents. Les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux. La suisse débat.

La zone grise entre jeux vidéo et jeux d’argent gagnera en importance. D’autant plus préoccupant avec la légalisation des jeux d’argent en ligne en 2019, et donc les vastes campagnes publicitaires qui y sont liées.

eSport: de plus en plus de jeunes s’entrainent pour faire du sport virtuel à titre professionnel.

Évolutions technologiques dans le domaine des réseaux sociaux
  • Tendance aux espace semi-publics: contributions effacées après un certain temps.
  • 3 jeune sur 4 sont présents quotidiennement sur snapchat et instagram.
  • TikTok est la plateforme la plus appréciée parmis les plus jeunes
     
  • YouTube Kids a été lancé en 2019, avec filtres pour: moins de 4 ans, 4 à 7 ans, et plus.
  • L’utilisation et les repercussion de ce genre de plateforme pour calmer les enfants n’ont pas encore été étudiées sur le plan scientfique.
     
  • Accroissement des mécanismes qui récompensent la présence, punissent l’absence, et augmentent la pression à dépenser de l’argent, ou passer plus de temps: visionnement automatique, autoplay (nouvelle vidéo lancée à la suite de la précédente), streaks (récompense pour jours d’utilisation consécutifs), guildes, etc.
Tableau clinique, comorbidités et autres formes d’addiction

Facteurs favorisant l’addiction: difficiles à évaluer. Notamment:

  • récompenses intégrées
  • interactions sociales

Comorbidités: Les TLI peuvent être à l’origine d’autres maladies; les TLI peuvent être un symptôme d’autres maladies (p.ex. handicap physique ou mental)

  • symptômes dépressifs (1 personne sur trois)
  • épisodes suicidaires
  • angoisse et troubles anxieux
  • trouble du déficit de l’attention

Nouveaux phénomènes, comme le retrait social pathologique (hikikomori): retrait dans un monde en ligne. Troubles associés: épuisement généralisé, dépression, phobie sociale, autisme atypique.

Addictions avec/sans substances: renforcement mutuel:

  • Les jeunes qui jouent 1–5 heures par semaine à des jeux vidéo sont bien moins nombreux à consommer des substances psychotropes que ceux qui ne jouent pas
  • Les jeunes qui jouent +30 heures par semaine sont largement plus nombreux à consommer des substances psychotropes.
Lire le rapport (PDF, 27 pages)

 

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Et les ordinateurs se mirent à prier… C’est aussi ça, l’Esprit de Noël !

Theologeek - mardi 22/12/2020 - 14:31

Seigneur,
tu es le créateur de l’univers,
toi qui t’es né !

Quand nous croyons en toi, seigneur,
nous te louons pour l’enfant de Noël,
tu as permis de le trouver.

Dans les ténèbres de la séparation,
nous te louons pour nous-mêmes,
mais nous sommes libres,
nous sommes dans la joie de notre vie.

Nous te prions pour les couples
où l’amour est plus grand que les cieux.

Le seigneur,
nous te louons pour la naissance,
et la résurrection de la résurrection.

Amen.

Cette prière a été générée par un ordinateur.

Et oui, j’ai entraîné mon ordinateur à prier !

Vous allez voir, il y a encore un tout petit peu de boulot pour arriver à des prières complètement cohérentes. Du moins aussi cohérentes que celles de votre ministre moyen. Mais c’est tout de même un bond en avant vers la résolution de la crise des vocations !

L’intelligence artificielle avance à grand pas, non seulement dans la puissance de ce qu’elle peut faire, mais aussi dans la facilité d’utilisation. Si bien que n’importe qui peut générer des recettes de pizzas (et les pizzas qui vont avec), des noms de jeu de société, ou compléter la Parole de Dieu. Et pendant qu’on s’amuse dans le bac à sable avec les jouets qui nous sont donnés, toutes les données de nos vies sont passées à la moulinette pour nous vendre des pubs toujours plus ciblées, en enrichir les éleveurs de robots.

Bref.

La chose importante est la suivante: on peut générer artificiellement des prières.

Comment ça marche?

En utilisant des réseaux de neurones récurrents, pardi !

Un petit paquet python vient rendre cela tout simple: textgenrnn. Comme le dit sa description: « entraînez facilement votre propre réseau neuronal générateur de texte, quelle que soit sa taille ou sa complexité, à partir de n’importe quelle source de texte, en quelques lignes de codes. » textgenrnn utilise TensorFlow, un outil open source d’apprentissage automatique développé par Google.

Ça peut paraître compliqué, mais en fait c’était tout simple. J’ai suivi bêtement ce tuto: How to Quickly Train a Text-Generating Neural Network for Free.

Comme fichier d’entraînement, j’ai extrait le contenu du liturgiciel, et balancé le tout dans un fichier texte d’environ 2’000 lignes (une prière ou un texte liturgique par ligne). Je ne peux pas vous donner le fichier pour vous amuser, car il n’est pas sous licence libre, à ma connaissance.

Et voici les paramètres d’entrainement que j’ai utilisés:

model_cfg = { 'word_level': True, # set to True if want to train a word-level model (requires more data and smaller max_length) 'rnn_size': 128, # number of LSTM cells of each layer (128/256 recommended) 'rnn_layers': 3, # number of LSTM layers (>=2 recommended) 'rnn_bidirectional': True, # consider text both forwards and backward, can give a training boost 'max_length': 8, # number of tokens to consider before predicting the next (20-40 for characters, 5-10 for words recommended) 'max_words': 10000, # maximum number of words to model; the rest will be ignored (word-level model only) } train_cfg = { 'line_delimited': True, # set to True if each text has its own line in the source file 'num_epochs': 50, # set higher to train the model for longer 'gen_epochs': 5, # generates sample text from model after given number of epochs 'train_size': 0.8, # proportion of input data to train on: setting < 1.0 limits model from learning perfectly 'dropout': 0.0, # ignore a random proportion of source tokens each epoch, allowing model to generalize better 'validation': False, # If train__size < 1.0, test on holdout dataset; will make overall training slower 'is_csv': False # set to True if file is a CSV exported from Excel/BigQuery/pandas }

Et en quelques minutes, l’ordinateur s’est mis à genoux, à levé les mains au ciel, et a commencé à prier et louer le Seigneur.

Merveille, miracle, alléluia !

Bon. Vous allez voir (ci-dessous), les résultats ne sont pas entièrement convaincants. Et ils doivent être sélectionnés: il y a beaucoup de choses qui ne veulent vraiment rien dire, parmi des choses qui ne veulent pas dire grand choses et des choses qui veulent presque dire quelque chose.

Mais il y a quelques perles, et du potentiel. Ou potencloud.

Quelques résultats

Voici quelques extraits sélectionnés à la main. Je laisse la mise en force telle qu’elle, pour respecter le génie syntaxique propre de ma machine.

  • dieu notre père , nous voulons aimer . tu as pleuré avec les autres la parole , dans le tronc . ouvre nos doutes , tu nous parles : — nous permet de transmettre . nous te le demandons par jésus — christ qui vit et règne avec toi et le saint — esprit , aux siècles des siècles . amen .

  • seigneur , ta parole est comme le chemin de dieu de dieu de ton esprit , de toute ta vérité et de toute ta force . que toute ta force de ta venue de ton amour , de nous , de ta parole

  • seigneur , tu es notre dieu , tu es l ’ amour de dieu . nous te louons pour les enfants , et les parents , les adultes et les larmes , les larmes et les beautés . prépare — les à les parents , pour les et les croyants de tous les temps , nous chantons !

  • seigneur , nous te prions pour l ’ eglise evangélique réformée du canton de vaud , je vous installe dans la charge de pasteur / de diacre du service communautaire de … … … … … … … … …

    (Ici, l’officiant-artificiel a choppé la bureaucratite. Ce qui partait d’une belle intention spirituelle finit en discours institutionnel tellement ennuyant que même le disque dur s’est endormi au lieu de l’enregistrer.)

  • seigneur , tu nous entends prier : seigneur , fais de nous des bâtisseurs d ’ amour . seigneur jésus , tu nous as dit  » la paix soit avec vous ! aimez — vous les uns les autres comme je vous ai aimés . » mais les enfants s ’ expriment sur la terre une fois au bien ou à y arriver . aide — nous , avec toi et en ton , ta guérison dans ses bras , afin que les hommes et les hommes se mettent en eux maintenant .

  • seigneur , tu m ’ as saisi , et je brûle dans ta faiblesse . accorde — moi ta main , et prends en moi notre cœur , pour que la foi dans la terre , dans la vérité , dans le souffle de notre vie . dans la personne de l ’ égoïsme , ma vie et je serai o mon vie et ta toute ta place est ton fils … et dans tout ce qu ’ il / elle est au milieu de nous . c ’ est l ’ heure où monte tout se donne pour les autres quand nous sommes des milliers qui ne sont pas de toutes tes pensées . donne — nous maintenant la paix et la paix s ’ embrassent qui se .

  • dieu notre père , tu viens vers nous dans la nouveauté et nous allons toi qui nous connais . merci pour ton eglise qui nous sommes fort . seigneur , pardonne — nous .

  • seigneur , nous te demandons de toi , et tu nous as élevés , tu nous as envoyé ton fils pour qu ’ il nous conduise à la parole de ton royaume . au moment de la croix , il a accepté d ’ avancer , et personne n ’ y pensent qu ’ un instant .

  • donne — nous des yeux pour voir la splendeur de ta promesse afin que nous puissions partager l ’ amour , la vie , la compassion . toi qui es un enfant qui voudrais qui te .
    le vieillard qui revient vers la source première entre aux autres .
    dieu de calme et de beauté dieu qui nous ont enfants en jésus , tu nous donnes une grande liberté pour que nous puissions partager l ’ amour , la vie , la compassion . dieu notre père , nous t ’ invoquons

  • seigneur , je ne te vois pas , tu es là . tu viens au — devant de nous , pour que nous recevions ta présence au mystère de ton amour . seigneur , nous te demandons d ’ éclairer cette foi et de son espérance .

  • seigneur , tu nous connais ! ”
    seigneur , tu as promis de nous aider tels que nous sommes , au nom et pour lamour , tu es — tu es et dieu tu nous fais vin de la mort , tu nous offres ta force , et ton amour .
    à toi . fais de moi ce qui aime et qui je fait . je t ’ aime l ’ amour de dieu . — l ’ amour est là

    (Tu nous fais vin de la mort! Changer la mort en vin, c’est plus profond qu’il n’y parait.)

  • seigneur , nous te prions comme des enfants qui ont confiance en leur père . tu nous connais , nous avons subi ton peuple . par sa résurrection , il était la mort à la vie . je crois en jésus qui parlait de lui — même comme un ? il y a un temps de rayons ,

    (« Nous avons subi ton peuple. » Oh oui, oh oui ! C’est tellement vrai et bien dit.)

  • seigneur , je ne suis pas meilleur que tous les autres , et je prétends te donner au monde pour la justice qui nous fait vivre .

  • seigneur dieu , nous croyons que mystérieusement tu fais concourir toutes choses et que nous sommes à cette question . on se moque de moi , car il donne tout . et ii est celui qui est plus là , s ’ est vrai ta présence et le ressuscité ouvre tout ce que tu nous donnes en abondance

  • seigneur , nous te rendons grâce et chantons ta sagesse , nous te bénissons pour les résurrection de toi , pour ta parole dans l ’ ecriture . nous te prions pour que ce matin elle est devenu : nous nous souvenons que dieu nous sauve , par jésus — christ , notre seigneur , accorde et renouvelle

    (On sent l’influence artificiello-barthienne.)

  • seigneur , nous te disons merci pour ce pain et ce vin , fruits de la terre et du travail des humains , dont tu fais pour nous la nourriture qui annonce le monde à venir . que la paix du seigneur soit avec nous tous ! accueillons le christ vient sur nous . amen .

  • seigneur dieu , tu nous as donné de partager un même pain consumer , . si nous croyons que tu es tout de nous , et qu ’ il nous guide et nous éclaire . donne — nous la volonté d ’ être , plutôt que de pauvres , sans crainte , d ’ être grâce , communion

Remarques
  • On y est pas encore, mais à mon avis avec un peu de temps et d’effort, on pourrait avoir des résultats intéressants.

    Il faudrait certainement bidouiller un peu les paramètres de configuration.

    Et améliorer le fichier source: nettoyer le fichier du liturgiciel (par exemple il y a toutes les liturgies d’installation qui changent de ton). Avec un dataset plus large on pourrait aussi spécialiser l’apprentissage de prières d’invocation, illumination, repentance, etc.

  • Les prières se prêtent particulièrement bien à ce genre d’exercice. En particulier dans une culture d’église où l’on apprécie le mysticisme sémantique: des mots dont le sens n’est pas aussi important que les émotions qu’ils évoquent et suscitent. « Nous te louons pour les enfants, et les parents, les adultes et les larmes, les larmes et les beautés ». Ça veut rien dire, mais ça marche.

    Ça marche, parce que le langage religieux est hautement métaphorique. Tout langage est métaphorique, certes:

    la métaphore n’est pas simplement une figure de style, mais une caractéristique essentielle de la pensée humaine.

    En église, cependant, on cultive les métaphores, qu’elles soient au niveau des mots (Dieu est un roc, Jésus est un berger, l’église est un corps) ou au niveau des histoires (des paraboles aux lectures typologiques — ou allégoriques ou autres — des histoires de la Bible). Les métaphores nécessitent un effort d’interprétation (qu’il soit explicite ou intuitif) qui les rend potentiellement parlantes pour un grand nombres de situations diverses.

    Or une assemblée est un conglomérat de situations diverses, qui viennent toutes chercher une parole spécifique pour avancer (ou reculer). Quand on entend un mot flou mais évocateur, on va l’appliquer à sa situation propre et l’entendre d’une manière toute spécifique à soi. Ce qui fait que le même mot peut parler différemment à des gens très variés.

Dans ce contexte, les maladresses de l’intelligence artificielles peuvent devenir des brèches qui laissent passer un peu de lumière divine. Au milieu d’un tas de bullshit. Pas si loin d’un célébrant humain, finalement.

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[URGENT] Petite Église MOURANTE recherche GRAND-PARENTS

Theologeek - jeudi 17/12/2020 - 08:54

Petite Église MOURANTE recherche URGEMMENT des GRANDS-PARENTS pour lui permettre de se renouveler.
Un engagement plein de sens dans un milieu riche en tradition, en profondeur humaine, et bien intégré dans le tissu social.
Si intéressé, contactez le·a pasteur·e de votre domicile.

Les Églises réformées historiques meurent, pour cause de stérilité. Elles n’enfantent presque plus: de moins en moins de baptêmes, de catéchisme, de familles, de jeunes ministres. Les quelques « enfants » qui arrivent ne restent souvent pas longtemps. Les paroisses vieillissent sans parvenir à se renouveler.

Contrairement à une idée répandue dans ces Églises, pour sortir de cette situation, il ne faut pas plus de jeunes, ou de jeunes familles. Il y en aurait encore largement assez pour permettre à l’Église de redevenir fertile.

Non, pour survivre, les Églises historiques vieillissantes ont désespéramment besoin de plus de grands-parents.

Explications.
Puis cri du cœur.

Le rôle des parents

Le rôle des parents est de faire et d’élever des enfants. Ils veillent au bon développement des enfants en assumant le gros de la vie de famille. Et pour cela, ils sont seuls responsables des choix qu’ils prennent pour leur famille.

Le rôle capital des grands-parents

Beaucoup de jeunes parents ne survivent que grâce à l’aide salutaire des grands-parents. Selon Pro famila, plus de la moitié des petits enfants sont gardés par leurs grands-parents pendant l’activité professionnelle des parents. Garde des enfants, aides pratiques, sages conseils. Amour inconditionnel. Loué soit Dieu pour les grands-parents!

En devenant parents, les enfants offrent la possibilité à leurs parents de devenir grands-parents. En acceptant de devenir grands-parents, les parents aident leurs enfants à être parents.

Si la relation parents–grands-parents est extrêmement féconde et nécessaire, elle est aussi très fragile. Certaines attitudes de part et d’autre peuvent facilement la détruire. Notamment (mais pas uniquement), si les grands-parents veulent rester parents: faire l’éducation des petits-enfants à la place des parents, prendre des décisions pour eux, donner des conseils et des avis non-sollicités. Dans ces cas-là, bien souvent les parents coupent simplement le lien avec les grands-parents. C’est une question de survie pour elleux.

Les grands-parents — et la pilule n’est pas facile à avaler — n’ont pas leur mot à dire dans l’éducation des enfants (leurs petits-enfants). Ils ont eu leur temps pour élever les parents actuels. Les grands-parents n’ont pas de « droit » sur leurs petits-enfants, et n’en ont plus sur leurs enfants qui sont devenus adultes. Leurs responsabilités est de faire de la place, et — s’ils le souhaitent — d’aimer et soutenir.

Autrement dit, les grands-parents doivent « mériter » l’influence qu’ils peuvent exercer sur les parents et les enfants. Par leur bienveillance, leur écoute, leur capacité à démontrer qu’ils veulent sincèrement le bien-être des enfants.

Et s’ils sont de bons grands-parents, bienveillants, capables de lâcher prise et faire de la place, s’ils ont un bon héritage auquel les parents aspirent — ils peuvent être confiants que les parents vont les solliciter: pour de l’aide, de sages conseils, du soutien. De l’amour. C’est une question de survie pour elleux.

Quand les parents refusent de devenir grands-parents

Et c’est là que le bât blesse souvent dans les Églises réformées historiques. Beaucoup de parents restent dans une posture de parents: ils veulent encore décider pour la génération suivante. Ils restent des grands parents, mais ne deviennent jamais des grands-parents.

Dans ce contexte, les enfants qui cherchent à devenir parents — des adultes responsables capables d’enfanter, de porter du fruit — ne trouvent pas de place. La seule place qui leur est offerte est de rester enfants. Résultat: iels coupent la relation, et partent dans un environnement plus accueillant. Iels vont enfanter ailleurs. Et iels n’ont pas le choix, c’est une question de survie pour elleux.

NB: pour celleux qui n’ont pas saisi la dimension métaphorique des propos, il n’est pas réellement question ici d’enfants, de parents, de grands-parents ou d’enfanter. Ce n’est pas une question d’âge, ou de reproduction biologique. Mais de posture relationnelle.

Grâce à Dieu, il y a quelques grands-parents formidables dans les Églises historiques. Parfois ce sont des ministres, parfois iels sont dans les lieux de pouvoir, parfois ce sont de « simples » paroissiens. Parfois iels sont âgés, parfois iels sont jeunes. De manière générale, vous pouvez être sûr que si des enfants s’impliquent à un endroit au point de devenir parents et porter du fruit, c’est qu’il y a des grands-parents dans le coin. Merci à elleux, iels font vivre l’Église !

Dans Les fils de l’homme, quand l’humanité devient stérile, elle a la décence de sombrer dans le chaos. Quand l’Église devient stérile: elle continue comme si ce n’était pas important.

Malheureusement, de mon expérience — partagée par beaucoup trop d’autres enfants qui cherchent à devenir parents dans les Églises historiques —, beaucoup des parents actuellement en situation de pouvoir n’arrivent pas à passer à la posture de grands-parents. Certain·e préfèrent que les enfants restent enfants — voire même quittent l’Église — plutôt que de les voir devenir des parents. Allez savoir pourquoi.

À moins que les parents actuels ne passent rapidement dans une posture de grands-parents pour faire de la place aux nouveaux parents, l’Église restera stérile. Et elle finira par mourir.

Au contraire, si les grands parents actuels arrivent rapidement à faire de la place aux nouveaux parents qui arrivent, l’Église redeviendra peut-être fertile.

Un cri du cœur pour les parents actuels qui ont fait leur temps

Chers parents des Églises historiques,

MERCI de nous avoir enfanté, éduqué, d’avoir supporté nos âneries et nos caprices, et d’avoir réussi à nous transmettre quelque chose du merveilleux trésor de l’Évangile de Jésus-Christ.

Nous sommes à une étape critique de la vie de l’Église, et je crois que vous avez un rôle capital à jouer. Je ne peux pas vous forcer à jouer ce rôle, bien sûr. Et je ne suis personne pour vous conseiller de le prendre. Mais je vous en supplie: prenez-le avant qu’il ne soit trop tard.

Nous vous offrons une opportunité formidable: celle de devenir des grands-parents. Nous avons terriblement besoin de vous. Nous avons besoin de vos conseils, de votre sagesse, de votre expérience, de votre bienveillance, de votre aide, de votre amour.

Mais nous avons aussi besoin de place; d’avoir le droit de tenter des choses et de faire des erreurs; de prendre des responsabilités et des risques; d’être impliqués dans les processus et d’être entendus; de proposer de nouvelles méthodes et approches.

Alors s’il vous plaît, acceptez que les choses changent. La culture change, les méthodes d’éducation changent — l’ecclésiologie et la missiologie (la manière de vivre l’Église et la mission) changent aussi.

Les mots, les rythmes, les formes — la coquille — changeront peut-être. Mais le fond, le sens, la puissance — l’amande — c’est la même que celle que vous nous avez fait goûter: le Christ.

Acceptez que votre rôle et vos responsabilités changent.

Lâchez prise.
N’ayez pas peur.
Faites confiance.

Vous n’êtes pas menacés par l’arrivée de la génération suivante. Leurs tentatives qui se soldent en échecs ne sont pas des menaces pour vos réussites — elles s’appuient sur vos acquis. Leurs réussites ne sont pas des critiques de vos échecs — ce sont aussi vos réussites, puisque sans vous iels ne seraient pas là où iels en sont.

Personne ne vous volera votre place — personne d’autre que vous ne peut la prendre. Nous voulons simplement prendre la nôtre. Et pour ça vous devez prendre la vôtre.

L’Église de Jésus-Christ est assez grande pour nous tou·te·s.

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«Quand on joue au jeu des trônes, soit on gagne, soit on meurt» — l’erreur de Cersei Lannister

Theologeek - mercredi 16/12/2020 - 07:15

Je ne me souviens pas énormément de ma lecture de la série du Trône de fer en 2011. Je l’ai abandonné au milieu du tome 5, noyé dans un univers où tout est beaucoup trop gris pour moi… Ce que Tolkien lui-même reproche à Martin, d’ailleurs.

Mais je me souviens de quelques éléments, dont cette phrase incroyable de Cersei Lannister, assez au début de la saga: « when you play the game of thrones, you win or you die. »

Quand on joue au jeu des trônes,
soit on gagne,
soit on meurt.
Cersei Lannister

Cette phrase de Cersei m’accompagne depuis longtemps, mais elle a pris une dimension nouvelle ces dernières années. Depuis quelque temps, j’ai eu l’occasion de mieux observer comment les relations humaines sont transformées par les jeux de pouvoir présents à différents endroits de la vie en société, et l’hostilité qui en résulte. Même si l’hostilité n’est pas aussi crûe que dans Game of Thrones.

Et avec cette expérience, je vois maintenant que Cersei a tort.

Le Trône crée le Jeu Quand on joue au jeu des trônes,
soit on gagne,
soit on meurt.
Cersei Lannister

Quelle manière remarquable de dire la violence terrible au sein des luttes de pouvoir qui ravagent Westeros.

Un trône vide, plusieurs revendications, une guerre civile sans pitié.

Mathématiquement, c’est inévitable. Si à la fin il ne peut rester qu’un personne sur le Trône, alors tout le monde est nécessairement en guerre avec tout le monde. Toute alliance créée dans ce contexte est forcément temporaire, illusoire. Un·e allié·e est fondamentalement un danger, une menace. À la fin, il n’en restera plus qu’un·e.

En conséquence, beaucoup de gens meurent. Si tu es encore vivant·e, et que tu n’es pas insignifiant, tu restes une menace potentielle, et la meilleure manière de te neutraliser définitivement c’est de te tuer. Quand on entre dans le Jeu des Trônes avec la volonté de gagner, c’est ce qu’on dit implicitement aux autres: je souhaite que tu te soumettes à moi, ou que tu meures. On passe du mariage au massacre en un claquement de doigts.

Le Trône du Fer devient un objet symbolique. Son existence même — indépendamment de qui est assis dessus ou même de si quelqu’un est assis dessus — est la condition de départ d’un Jeu sans pitié. Le fondement d’une nécessaire et radicale compétitivité dans les relations humaines en société, et de la violence qui en résulte.

Il n’empêche que Cersei a tort.

Un Trône de Fer, des Trônes de Fer?

Bien sûr, la violence de nos sociétés n’est pas aussi crûe que sur Westeros.

Et c’est probablement le talent de Martin d’arriver à révéler cela de manière certes exagérée — mais tellement plausible. Même si je trouve que Cersei est une connasse finie, je la comprends si bien. J’ai en moi tout ce qu’il faut de retor pour devenir une Cersei — ou un Balon, un Théon, un Tyrion. Je n’ai peut-être pas les compétences ou la force pour faire ce qu’iels font, mais je suis taillé dans le même bois qu’elleux. Je peux ressentir les émotions et faire les choix qui les motivent à faire ce qu’iels font.

Et j’observe ça non seulement en moi, mais dans les fonctionnements autour de moi.

Les Jeux des Trônes pervertissent et transforment les relations humaines. Dans une société, une association ou une institution qui a des rôles de pouvoir — des Trônes de Fer — si facilement le rôle en vient à cacher l’humain — ou l’humain se cache derrière le rôle. On se retrouve avec des relations instutionnelles, instrumentalisées, déshumanisées. Ce qui pourrait se résoudre autour d’une chope de bière et en se prenant dans les bras prend des proportions phénoménales et doit se résoudre par la violence — ne serait-ce que la violence d’une décision autoritaire. Il y a des gagnants et des perdants. Des partis claniques imprécis se créent autour d’intérêts partagés — ou impression d’intérêt partagés — et se mettent en marche vers les lieux de pouvoir, les petits Trônes de Fer… Les autres clans sont moqués, leurs arguments carricaturés, leur humanité oubliée.

Dans ce contexte, dès qu’il y a un Trône, tout le monde a un agenda. Quand on se retrouve autour de la table pour partager un repas, on a pas forcément d’agenda. Quand on se retrouve dans un Jeu de Trônes, dans une assemblée politique qui va voter un budget — on a un agenda. Je me cache derrière mon rôle si ça peut augmenter mes chances de gagner. Et chacun·e devient soit un allié qui peut m’aider, soit un ennemi qui peut barrer ma route, soit quelqu’un d’insignifiant.

L’autre devient un pion — à utiliser, à ignorer ou à combattre.

À nouveau, je l’ai vu en moi, et autour de moi. Ce n’est pas qu’il y a des bons et des méchants. Et surtout pas que je suis un bon et les autres sont des méchants.

C’est qu’il y a un Jeu, et ce Jeu nous transforme. Inévitablement.

En moi, j’ai vu cette transformation quand — passionné par un projet dans le contexte d’un Jeu — je mettais les gens que je rencontrais dans des cases: « allié potentiel ». « Attention, danger ». « Pas d’intérêt ». Des pions dans ma stratégie. Je voyais ça en moi, et ça me dégoûtait, et je luttais contre — mais c’était là.

Et je l’ai vu autour de moi de manière particulièrement douloureuse dans l’incapacité à recevoir la souffrance exprimée au sein d’un Jeu des Trônes. Des gens qui sont par ailleurs des champions de l’accueil de l’autre et de l’accompagnement de la douleur (accompagnement à longueur d’année de malades, de mourants, d’endeuillés — formés pour le faire, plein d’expérience et d’humanité, capables par ailleurs de dire des paroles bienfaisantes et libératrices), mais qui dans le Jeu des Trônes répondent de manière inhumaine aux cris de souffrance des victimes du Jeu: en les ignorant, en les attaquant, ou en les instrumentalisant.

Dans un jeu d’échec, on a pas d’état d’âme pour les pions qui meurrent. L’attention focale est sur la partie qui se joue, pas les pièces en elle-même.

Et même si on peut vibrer intérieurement avec le pion, on ne peut pas le dire publiquement si on ne veut pas perdre le Jeu. L’histoire de Jésus face à Ponce Pilates l’illustre si bien: le Jeu est plus fort.

Si tu joues, tu gagnes, ou tu meurs. Pas de place pour autre chose.

Est-ce que Cersei aurait quand même raison?

Quand on ne joue pas, on meurt

Est-ce qu’il est possible de sortir du Jeu ?

Dès que l’institution, le politique, la bureaucratie s’en mèle, je ne vois pas comment faire autrement. Comme dit, je l’ai vu en moi. Et j’ai vu des gens tourner subitement, quand ils sont passés d’une position sans pouvoir à un poste institutionnel — un petit Trône. Tout d’un coup, c’est une autre persona qui se révèle et prend les commandes.

Quelle alternative, s’il y en a ? Comment être dans le Jeu sans y jouer?

J’ai pourtant l’impression d’avoir essayé de ne pas rentrer dans le Jeu des Trônes. Notamment, j’ai essayé (avec plus ou moins de succès) de:

a. Dire la vérité: j’ai affiché mon agenda dès le début, clairement, pour qu’il n’y ait pas de manipulation. J’ai ouvert et appelé à la discussion. Pour offrir aux gens la possibilité de dire « non » ou « ça ne m’intéresse pas ». J’ai dit mes besoins et appelés les autres à en faire autant. Pour essayer d’amener la discussion à un niveau humain.

b. Chercher la liberté: j’ai pensé mon agenda pour qu’il empiète le moins possible sur celui des autres. Que ma liberté ne crée pas de l’esclavagisme chez les autres, mais plus de liberté. Mon but ici était d’essayer d’éviter un jeu de domination compétitive (« pour que je monte tu dois descendre »), mais jouer un jeu coopératif (« si je gagne, tu gagnes aussi, et réciproquement »).

c. Oser l’authenticité et la vulnérabilité: je me suis donné le droit de pleurer (littéralement) dans des conseils agressifs, de reconnaître mes torts et responsabilités dans une culture où on ne le fait pas (à part dans le contexte protégé de la liturgie du dimanche), de demander de l’aide, d’aller boire des chopes et prendre des gens dans les bras, etc. Afin d’essayer de ne pas rentrer dans des rapports de force; tenter de faire tomber les masques, casser les relations institutionnelles pour essayer de vivre des relations humaines.

Mais j’ai quand même été pris dans le Jeu des Trônes. En fait, mes tentatives de déjouer le Jeu ont été utilisés par celleux qui jouent avidement pour m’attaquer — et j’ai perdu. Game Of Thrones Over. Et avec moi, quelques pions de plus sacrifiés…

Si je me souviens bien, c’est un peu le destin de Ned Stark. Et c’est d’ailleurs dans le contexte de la mort de Ned que Cersei sort cette phrase magistrale.

Est-ce qu’il y a une manière de Jouer qui peut transformer le Jeu? Je ne sais pas. On dirait plutôt qu’au contraire:

Quand tu refuses de jouer au Jeu des Trônes,
tu meurs.

Et alors, est-ce qu’il faut ré-entrer dans le Jeu, et chercher à gagner, quitte à tuer celleux que je perçois comme mes adversaires?

Jouer pour gagner, en respectant les règles intrinsèques du Jeu?

Mais c’est pourtant là que se situe l’erreur de Cersei.

Quand on joue, on perd

Et si l’erreur de Cersei se situait dans le fait d’absolutiser le Jeu des Trônes? Et si le fait de gagner au Jeu des Trônes, c’était en fait une défaite?

On rentre dans le Jeu des Trônes pour se battre pour quelque chose de beau, protéger des êtres aimés, préserver un mode de vie, un héritage culturel ou environnemental. Personne ne joue le Jeu des Trônes premièrement pour le plaisir du Jeu.

Par contre une fois qu’on est dans le Jeu, on oublie sa motivation première qui nous pousse à y entrer. On est prit par la frénésie de la victoire, la peur de la mort. Je n’ai plus le choix: je tue, ou je meure. Les autres deviennent des pions.

Alors même si on gagne, on a perdu. On a tué nos adversaires, mais on s’est renié soit même. On s’est déshumanisé. On est plus digne du bout de Paradis symbolique qu’on essayait de protéger ou de créer. On fait partie du problème, sous une nouvelle forme.

On entre dans le Jeu parce qu’on est humain.
Et on se déshumanise pour avoir une chance de gagner le Jeu.

Autrement dit:

Quand tu joues au Jeu des Trônes,
que tu meures ou que tu vives,
tu perds.

Donc si je résume, les issues du Jeu des Trônes:

  1. Ne pas jouer le Jeu, c’est mourir
  2. Jouer le Jeu, c’est perdre

Comment gagner?

Finir le Jeu en détruisant le Trône ?

Je n’ai pas vu la série (donc je ne connais pas la fin de l’histoire), et je ne connais pas assez le lore de Game of Thrones pour savoir s’il y a une réponse offerte par Martin par endroit. Ou à travers Martin, les auteurs étant souvent des canaux pour que quelque chose de plus grand se révèle. Ou si Game of Thrones est simplement un constat d’impossibilité de faire autrement.

Est-ce qu’à la fin le Trône de Fer est détruit?

Et s’il est détruit, est-ce que c’est la fin du Jeu ? Est-ce qu’un monde sans Trône est possible, ou est-ce qu’un autre Trône prend sa place?

Je peux imaginer, quand un Trône de Fer se trouve au milieu d’un Chant de Glace et de Feu, qu’à un moment soit il fonde, soit il gèle.

Je peux imaginer, s’il y a un bout de réponse, que ce soit quelque chose d’extérieur à Westeros, d’outre-monde: peut-être les Marcheurs du Nord, une menace extérieure qui pousse Westeros à s’unifier? Mais ce n’est qu’une alliance (temporaire) de plus. La victoire des marcheurs du Nord, alors? Et le Jeu ne mène qu’à la ruine? (mais il me semble avoir vu des choses sur internet autour du fait qu’Arya tue le Roi des Marcheurs, ce qui rend cette piste plus difficile…) Ou alors Dænerys et la puissance extraordinaire de ses dragons? Est-ce qu’elle s’assied sur un Trône qu’elle aura fait fondre auparavent? Le Jeu des Trônes n’existe que si les forces en Jeu sont à peu près égales?

Ou au contraire, toujours autour de Dænerys, que la solution soit quelque chose d’intérieur à Westeros, d’enfoui, de caché qui se révèle enfin: la lignée des Targaryen? Le Trône était au cœur d’un Jeu meurtrier, parce qu’il attendait le Retour de la Reine véritable? Ou d’un roi, ou d’autre chose — autour de l’identité cachée de Jon Snow peut-être?

Peut-être que la solution est dans Ned Stark, ce personnage honorable injustement sacrifié, et dans son héritage? À travers Arya, Bran, Jon Snow — et je ne sais plus s’il y en a d’autres?

Ou peut-être qu’il n’y a pas de réponses… Peut-être qu’au final sur Westeros, tout est gris — et noir et blanc — et tiède — et chaud et froid — et qu’on est heureux de pouvoir fermer le livre éteindre la TV pour retrouver l’horreur du Jeu des Trônes dans le monde réel, parce qu’elle au moins est apprivoisée, domestiquée et mieux cachée.

Vous pouvez me dire dans les commentaires s’il y a une réponse dans la série TV. Et aussi à quel point je suis complètement à côté de la plaque avec mes hypothèses. Et si ça vaut la peine de regarder la série.

Mourir pour gagner

Si ne pas jouer c’est mourir, et que jouer c’est perdre alors peut-être que la solution est là: pour gagner, il faut mourir.

La saga des évangiles (Un Chant de la Terre et du Ciel?) va dans ce sens: un personnage refuse de jouer le Jeu des Trônes; il choisit de rester humain et de traiter les autres comme des humains plutôt que comme des pions. De servir plutôt que d’asservir. En conséquence de quoi, il meurt, sous les mains de celleux qui jouent au Jeu des Trônes de Fer (p.ex. Ponce Pilate, mentionné plus haut). Jusque-là, c’est l’histoire de Ned Stark.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là: ce personnage est ressuscité (mais pas juste réanimé à la Martin), et il s’assoit sur un autre trône, un Trône de Gloire. Il montre ainsi les règles d’un nouveau Jeu que nous pouvons jouer (cf. Hébreux 12, 1–3). Un jeu où le but n’est pas de tuer pour gagner seul le Trône de Fer et dominer, mais de devenir humain pour gagner ensemble le Trône de Gloire et servir.

Peut-être que pour gagner, il faut accepter de perdre au Jeu du Trône de Fer quand c’est nécessaire. Cela signifie refuser ce qui nous déshumanise dans le Jeu — et donc accepter d’être en conflit et de souffrir, parce qu’à moins d’être insignifiant, cela nous arrivera nécessairement.

Et faire confiance qu’en faisant ainsi, même si on meurt, on gagne.

Quand tu refuses de jouer au Jeu des Trônes de Fer
tu meurs,
Mais tu gagnes.

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