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C'est quand le printemps ?

Zabou the terrible - mardi 19/03/2019 - 23:56

Frêles bourgeons tendres, fauchés trop tôt : 

Cruauté incompréhensible, l’arbre demeure sous le choc… 

Où sera le fruit ? Personne ne pourra les remplacer. 

 

Arbres noueux, courbés sous le vent du scandale, 

Penchés, comme voûtés, par des poids lourds, 

Certains, tordus, se rabougrissent.

Où sera le fruit ? Il est temps d’élaguer. 

 

Pourtant demeure vivace la sève, 

Flot incessant, presque tempétueux,

qu’on voit poindre, toujours et partout, 

Et ce, jusqu’à l’extrémité des plus sévères blessures. 

 

La Parole de Dieu comme fleuve de leur vie, 

Parcourant l’arbre des racines jusqu’à la cime, 

Du tronc à la plus lointaine et oubliée foliole.  

N’a-t-on pas oublié que, sans elle, point de fruit ? 

Il est temps de la redésigner, de la laisser nous revivifier. 

 

Mais, en ces temps, le jour s’est longuement obscurci, 

La cathédrale de verdure s’est faite trop sombre

Son feuillage, pourtant dense, est devenu trop mêlé : 

Où respirer si la lumière ne nous est pas donnée ? 

 

Je l’avoue, je le crains, 

Il ne s’agit pas ici que de procès, 

Il ne s’agit pas ici que d’histoires d’humains et de condamnables hommeries, 

Il s’agit bien ici de la réussite de la mission de notre vie ; 

Il s’agit bien de réussir à désigner Celui qui nous fait vivre, 

Celui qui donne la vigueur à chaque arbre de Son peuple, 

Qui, alors, balance harmonieusement sous le souffle de l’Esprit, 

Et n’est plus courbé, atterré, par le vent mortifère des scandales et silences accablants. 

 

Comment continuer à parler de Celui que mon coeur aime, 

Si nous laissons les ronces brouiller les canaux de communication vers le Ciel ? 

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État d’urgence ecclésial

koztoujours - mardi 19/03/2019 - 13:31

Coup après coup, nous avons enchaîné les désillusions. Mais si le phénomène médiatique a un effet d’accumulation, il entretient aussi un effet insidieux de balayage. En quinze jours à peine, la condamnation du cardinal Barbarin a balayé de notre actualité le documentaire sur les abus commis sur les religieuses, qui en avait chassé la condamnation du cardinal Pell et, avant elle, le sommet contre les abus au Vatican, qui avait balayé les révélations du livre Sodoma. Certains pourraient conseiller d’en profiter. 

Le conservatisme et la capacité d’inertie d’une institution bimillénaire s’en accommoderaient bien, les réflexes défensifs de ceux qui se découvrent minoritaires et se sentent assiégés y porteraient volontiers. Mais si nous ne sommes pas du monde, si nous voulons lire encore sans rougir l’Évangile que nous aimons, si nous voulons l’offrir demain, notre devoir est de garder de chacun de ces coups une mémoire brûlante.

Il n’est plus possible de laisser perdurer le système ecclésial actuel. Si cette phrase vous paraît péremptoire, entendez sœur Véronique Margron évoquer une « guerre » contre ce que ce système a d’abusif, lisez Mgr Dominique Lebrun, écoutez le père Hans Zollner. Ce responsable de l’organisation du sommet pour la protection des mineurs au Vatican a soutenu avec calme, dans le documentaire sur les religieuses abusées, que « la structure de l’Église a quelque chose de fermé, qui donne le pouvoir aux hommes, aux prêtres, d’une façon absolue et au-delà de tout ce qui est permis ». Dans une conférence prononcée à Madrid, il ne craint pas de pointer « l’institution, l’organisation de l’Église, qui a permis pendant des décennies, sinon des centaines d’années, cette prolifération du mal et cette dissimulation du mal ». Prenons-nous la mesure de ces paroles ? -Pouvons-nous les entendre sans effroi ?

Nous devons en tirer les conclusions nécessaires quant à la représentation des femmes, à l’existence de contrepoints au pouvoir ordinaire dans l’Église, à la responsabilité des évêques en son sein. Nous vivons des temps nouveaux où l’Église doit accepter d’apprendre du monde. Il ne s’agit pas d’accuser encore prêtres et évêques. Je sais ce que je leur dois. Mais nous sommes en plein état d’urgence ecclésial. La révolte qui habite les cœurs et les entrailles des fidèles de toutes sensibilités ne peut pas rester lettre morte.

Chronique du 12 mars 2019 unsplash-logoSean Ang

L’article État d’urgence ecclésial a été écrit par Erwan Le Morhedec pour Koztoujours.

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