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Pour aller plus loin, l’ancrage en profondeur

Zabou the terrible - jeudi 03/12/2020 - 00:08

Podcast disponible à partir de 7h15 sur  https://www.podcastics.com/podcast/episode/pour-aller-plus-loin-l’ancrage-en-profondeur-53957/ 

 

            Aujourd’hui, nous fêtons saint François-Xavier, l’un des cofondateurs de la compagnie de Jésus ayant vécu au xvies. qui est aussi un immense missionnaire parti en extrême Orient, notamment au pays du soleil levant. Sa vie est toute une histoire, faite de rencontres – avec les différents peuples mais aussi spécialement avec Ignace à Paris… et avec le Seigneur ! – ; sa vie est aussi écoute du souffle de l’Esprit qui peut emmener loin, si loin…. Il reste à savoir l’écouter et ceci est encore valable aujourd’hui. 

 

            Car, si le pape François nous invite souvent à suivre le mouvement même de notre foi qui est d’être disciple missionnaire, il n’empêche qu’être envoyé, cela ne peut se faire, se vivre sans notre ancrage le plus profond dans le Seigneur. 

 

            St François-Xavier en savait quelque chose : aussi souhaitais-je simplement vous proposer une de ses prières à vivre aujourd’hui encore. 

 

« Mon Dieu, je vous aime ! 

Ce n'est pas pour le ciel que je vous aime ni parce que ceux qui ne vous aiment pas, vous les punissez du feu éternel. 

A la croix, mon Jésus, vous m'avez pressé sur votre cœur. 

Vous avez enduré les clous, le coup de lance, le comble de la honte, les douleurs sans nombre, la sueur et l'angoisse, la mort ... Tout cela pour moi, à ma place, pour mes péchés. 

Alors, ô Jésus très aimant, pourquoi donc ne pas vous aimer d'un amour désintéressé, oubliant le ciel et l'enfer, non pour être récompensé, mais simplement comme vous m'avez aimé ? C'est ainsi que je vous aime, ainsi que je vous aimerai : uniquement parce que vous êtes mon roi, uniquement parce que vous êtes mon Dieu. Ainsi soit-il. »

 

 

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Enguirlandons joyeusement !

Zabou the terrible - mercredi 02/12/2020 - 00:17

En version audio par ici à partir de 7h15 mercredi https://www.podcastics.com/podcast/episode/enguirlandons-joyeusement-53626/ 

 

            Ici ou là les décorations de Noël commencent à se mettre en place : parfois plus lentement en raison du confinement, parfois avec plus de désir et d’intensité au vu de notre besoin de douceur. Même dans la petite salle des professeurs de Lettres de mon lycée, quelques guirlandes ont fait leur apparition… peut-être aussi pour nous aider à lutter contre l’absence de chauffage. 

 

            Il est vrai que ces décorations semblent aussi parfaitement inutiles… elles ne servent à rien sinon à mettre un peu de couleur dorée, de scintillements, de lumière, de chaleur et expriment sans doute, même derrière le cœur de l’athée le plus militant ou de l’agnostique à tendance consumériste, une soif de croire en un temps meilleur, de regarder vers le mieux, en termes chrétiens, on dirait certainement une soif d’espérance qui habite le cœur de l’homme. De fait, ces décorations réjouissent l’œil et le cœur et viennent poser le pas de côté nécessaire pour temporiser certaines duretés du quotidien. 

 

            J’aime bien l’idée également que ces décorations viennent rehausser la beauté d’un lieu, le mettre en valeur. Pourtant, dans le langage courant, quand on parle de s’enguirlander cela a le sens très clair d’une bonne vieille et franche engueulade. Et s’il était bon d’en profiter de ce temps de pose de guirlandes pour apprendre à s’enguirlander les uns les autres non de réprimandes mais bien de compliments, d’une mise en valeur de l’autre, de ses belles qualités qui ne sont propres qu’à lui ? En tout cas, ces guirlandes ne peuvent que rehausser la personne et j’ose croire qu’elle en deviendra plus lumineuse. 

 

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6 types de personnalités pour gérer le stress et rétablir la communication

Theologeek - vendredi 14/08/2020 - 23:37

La ProcessCom®, ou Process Communication Management, ou PCM, est une typologie de personnalités, et un modèle de communication basés sur les besoins psychologiques des différents types, et les états de stress qui sont générés quand ces besoins ne sont pas satisfaits.

Je trouve particulièrement intéressant de voire comment différentes personnalités gèrent le stress de manières très différentes. Découvrir cette approche m’offre une clé de lecture formidable pour relire mon game over récent: nous sommes entrés dans un cercle vicieux d’escalade du stress, dont nous n’avons pas réussi à sortir.

TL;DR:

Qu’est-ce que la PCM?

Fondée dans les années 1970 par Taibi Kahler, psychologue américain en analyse transactionnelle, en lien avec le recrutement d’astronautes pour la NASA, pour éviter d’envoyer des bombes à retardement dans l’espace. Elle met l’accent sur les comportements en situation de stress de ces différentes personnalités, et les manières de sortir des impasses de communications en inversant la spirale de stress.

L’idée générale est d’identifier son profil, identifier le profil de cellui avec qui la communication est difficile, identifier son niveau de stress, et utiliser un canal de communication adapté.

Les types de personnalité

La PCM identifie 6 types de personnalité:

  • Travaillomane (thinker): logique, organisé, responsable,
  • Persévérant (persister ou believer): engagé, observateur, consciencieux,
  • Rebelle (rebel ou funster): créatif, ludique, spontané,
  • Promoteur (promoter ou doer): adaptable, charmeur, plein de ressources,
  • Empathique (empathetic ou harmoniser): chaleureux, sensible, compatissant,
  • Rêveur (dreamer ou imaginer): réfléchi, imaginatif, calme

Chaque type a :

  • Des besoins psychologiques spécifiques
  • Un canal de communication privilégié
  • Une perception du monde propre
  • Une gestion du stress particulière (causes, réactions, stratégies pour le gérer)
  • Un style de leadership et un environnement qui lui convient mieux

Ces six types se retrouvent en chacun de nous, plus ou moins développés. Ils peuvent être représentés sous la forme d’un immeuble — ou d’une pyramide — chaque étage étant plus ou moins large. Le type dominant étant appelé « la base ». Au-dessus de la base se trouve « la phase active »: le type de personnalité qui caractérise l’instant présent.

La phase peut être le même que la base, mais pour différentes raisons peut être un autre type de personnalité. La base reste présente, et nous en gardons les traits. Mais nous allons habiter et développer fortement la phase pendant la période en cours.

La base est acquise, construite pendant l’enfance avant ses 7 ans, en fonction de la stratégie qui a le mieux fonctionné pour nous. Elle peut évoluer. L’ordre des personnalités est plus ou moins figé. Mais nous pouvons développer les autres types: plus ils sont développés (plus l’étage est large), moins ils vont demander d’énergie pour être utilisés (il faut prendre l’ascenseur pour monter plus haut dans l’immeuble)

Typologie des personnalités

(Les canaux de communications sont détaillés plus bas)

Le type Travaillomane est logique, organisé, responsable. Il a besoin d’un environnement structuré, d’être félicité pour ses compétences. Il déteste le chaos.

  • Besoins psychologiques: reconnaissance de son travail et de ses compétences; être structuré (dans l’organisation du temps notamment)
  • Perception du monde: par la pensée, sous l’angle de l’analyse: questions, faits, logique
  • Canal de communication: informatif / interrogatif
  • Question existentielle: suis-je compétent?

Le type Persévérant est engagé, observateur, consciencieux. C’est une personne de principes, de valeurs. Il aime pouvoir donner son avis.

  • Besoins psychologiques: reconnaissance de son travail et de ses opinions
  • Perception du monde: par la pensée, sous l’angle des opinions et valeurs
  • Canal de communication: informatif / interrogatif
  • Question existentielle: suis-je digne de confiance?

Le type Rebelle est créatif, ludique, spontané. C’est un bout-en-train, il a besoin d’un environnement stimulant et ludique. Il n’aime pas les tâches répétitives.

  • Besoins psychologiques: interactions ludiques
  • Perception du monde: par la ré-action (j’aime, je déteste)
  • Canal de communication: émotif / ludique
  • Question existentielle: suis-je acceptable?

Le type Promoteur est adaptable, charmeur, plein de ressources. C’est un·e fonceur, il vit de défis et d’actions. Il ne supporte pas ce qui manque de concrétude.

  • Besoins psychologiques: excitation, défis, sensations fortes
  • Perception du monde: par l’action (défis, résultats)
  • Canal de communication: directif
  • Question existentielle: suis-je vivant?

Le type Empathique est chaleureux, sensible, compatissant. Il prend soin des autres et de l’ambiance. Il a besoin d’une atmosphère chaleureuse, et de se sentir aimé.

  • Besoins psychologiques: reconnaissance de sa personne, stimulation sensorielle
  • Perception du monde: par les émotions
  • Canal de communication: nourricier
  • Question existentielle: suis-je aimable?

Le type Rêveur est réfléchi, imaginatif, calme. Iel pense en profondeur, a besoin de temps et de recul, et donne parfois l’impression d’être dans la lune. Iel n’aime pas être mis sous pression.

  • Besoins psychologiques: solitude, temps pour soi, introspection
  • Perception du monde: par l’in-action (imagination)
  • Canal de communication: directif en mode récepteur
  • Question existentielle: suis-je voulu?

Il s’agit d’une typologie comme il en existe beaucoup. Ce qui me semble intéressant, plus que ces 6 types, c’est ce qui vient ensuite. Principalement la manière donc chacun de ces types gère le stress, et communique.

Deux niveaux de stress

Quand les choses se passent bien, que les différentes parties ne sont pas sous stress, la relation est une relation de coopération [++] (j’ai de la valeur, tu as de la valeur). Le stress va créer de la mé-communication, soit dans un rapport de domination [+–] (j’ai de la valeur, tu n’en a pas), soit de soumission [–+] (je n’ai pas de valeur, tu en as).

Lorsque nos besoins psychologiques ne sont pas satisfaits, nous allons essayer de les combler par des comportements inadaptés à la situation. Nous dysfonctionnons, soit en [+–] (Parent) soit en [–+] (Enfant), et nous mé-communiquons.

La PCM distingue deux niveaux de stress.

Le premier niveau de stress

Au premier niveau de stress, nous entrons dans des automatismes (drivers) stéréotypés. Nous perdons la capacité d’agir selon les besoins de la situation présente. Nous créons et entretenons des situations de mé-communications.

Chacun des six types de personnalité gère le stress différemment à ce niveau:

  • Le type Travaillomane essaie d’être parfait (driver Enfant): « si je suis parfait, j’ai de la valeur ». Pinaille sur des détails.
  • Le type Persévérant critique les autres (driver Parent), se focalise sur le négatif.
  • Le type Rebelle pédale dans la semoule (driver Enfant), râle, ne comprend plus, pousse les autres à faire à sa place.
  • Le type Promoteur n’apporte aucun soutien (driver Parent), lève la barre, méprise les faibles
  • Le type Empathique se sur-adapte (driver Enfant), essaie de faire plaisir aux autres
  • Le type Rêveur se replie (driver Enfant), se coupe des autres, ne termine pas ses tâches
Le deuxième niveau de stress

Au deuxième niveau de stress, nous portons un masque. On ne voit plus la personne, uniquement les dysfonctionnements. Il y a une vraie urgence de satisfaire les besoins psychologiques.

Il y a trois masques:

  1. L’attaquant [+/–] contrôle (Travaillomane) ou part en croisade (Persévérant)
  2. Le blâmeur [+/–] manipule (Promoteur) ou reproche (Rebelle)
  3. Le geignard [–/+] se replie sur lui (Rêveur) ou s’auto-sabotte (Empathique)

Plus en détail, les six types de personnalité tentent ainsi de gérer le stress de niveau 2:

  • Le type Travaillomane sur-contrôle, devient tyrannique, hyper-exigeant, méprisant, ne délègue pas.
  • Le type Persévérant part en croisade, n’écoute plus, coupe la parole, impose ses opinions
  • Le type Rebelle blâme les autres, se déresponsabilise, fais preuve de mauvaise foi
  • Le type Promoteur manipule, humilie, crée des tensions (défis négatifs), prends des risques trop grands
  • Le type Empathique s’auto-sabotte, fais des erreurs stupides, entre dans des comportements boulimiques
  • Le type Rêveur disparaît, attends passivement, se fait oublier
Tableau synoptique des types de personnalité PCM Les canaux de communication

Un canal de communication inclut:

  • L’attitude corporelle (non-verbal, 70%)
  • Le choix des mots (verbal, 10%)
  • Le ton de la voix, le volume, le rythme, etc. (para-verbal, 20%)

Il y a 4 canaux de communication principaux:

  • Nourricier — pour apporter du réconfort. Parle d’émotion et ressenti, de manière calme, souriante, détendue, tournée vers l’autre. Le canal privilégié de l’Empathique.
  • Informatif ou Interrogatif — pour transmettre de l’information. Parle de faits, opinions, questions, de manière calme, sans émotion, sobre, le corps rigide. Le canal privilégié du Persévérant et du Travaillomane.
  • Émotif ou Ludique — pour transmettre des sentiments. Parle par onomatopées et mots expressif (« wouah ! » « super », « génial »), de manière enthousiaste, avec une gestuelle dynamique. Le canal privilégié du Rebelle.
  • Directif — pour dire à l’autre quoi faire. Incite à l’action par la pensée, avec des verbes impératifs, de manière calme, sans menace ni colère, ni émotion particulière. Le canal privilégié du Promoteur (et du Rêveur).

Et un cinquième canal, l’Interruptif — pour couper court à un état de crise, face à une situation en stress profond. C’est une injonction ferme et bienveillante, qui fait appel aux sens: « écoute », « regarde-moi », « respire », « bois un verre ».

Une bonne communication prend en compte le type de l’autre, notamment:

  • Son besoin psychologique essentiel
  • Sa perception du monde (pensée, action, émotion, ré-action, in-action)
  • Le canal de communication privilégié
  • Le degré de stress de la personne

La communication se pense sous forme d’offre de l’émetteur, et d’acceptation de cette offre par le récepteur. L’acceptation ou non se manifeste immédiatement dans le langage non verbal.

Par exemple, pour le canal Directif, en situation de coopération: une directive est donnée, sans menace, sans colère, avec un « s’il vous plait » ou pas. Par exemple: « poses le rapport sur mon bureau. » La directive est reçue sans émotions par la partie pensante: « Ça marche », « tout de suite ».

En cas de stress, de l’agressivité est présente chez l’émetteur, sous formes de micro-expressions, émotions ou paroles catégoriques (« il faut impérativement », « vous ne devez pas »). Le récepteur peut alors ne pas bien réagir à cet ordre, sois dans une posture de soumission, soit de rébellion.

Résumé des canaux de communication Identifier son profile

Pour se faire un profil détaillé et rigoureux, il faut répondre à un questionnaire avec quelqu’un de formé dans la méthode. Mais s’il faut passer par un expert pour identifier les phases actives de nos proches, la méthode ne sert à rien.

On peut commencer à identifier son profile à partir des choses présentées jusqu’ici, notamment:

  • Dans quelles caractéristiques est-ce que je me retrouve?
  • Qu’est-ce qui me mets sous stress? Quels sont mes besoins psychologiques?
  • Comment est-ce que je réagis au stress?
  • Comment est-ce que je communique spontanément? Émotions, faits, opinions, imagination, action, réactions?

Cela permet déjà de se faire une idée sur sa phase active, ou celles des gens de son entourage.

Pour aller plus loin

Dans cet article, vous trouvez mes notes et synthèses de choses que j’ai lues à différents endroits. Ce n’est qu’une introduction. Il y a beaucoup plus. Notamment, comment communiquer plus précisément pour chaque type selon son niveau de stress. Comment identifier son profile, et celui des autres. Etc.

De plus, je n’ai aucune expérience en PCM, et j’y ai sûrement glissé des erreurs.

Pour lire ou regarder des choses plus sérieuses, vous pouvez voir par exemple:

Petite mise en perspective spirituelle

Derrière les besoins psychologiques se cache une « question existentielle ». Un besoin fondamental. La PCM prise comme outil de management pourrait laisser penser que la satisfaction des besoins de la personne est de la responsabilité de son environnement.

Spirituellement, théologiquement, nos besoins fondamentaux (être aimé, voulu, accepté, compétent, digne de confiance, vivant) ne peuvent trouver de satisfaction réelle que dans la Source de tout amour et de toute vie. Beaucoup l’appellent traditionnellement Dieu, mais vous l’appelez peut-être autrement.

Si nous cherchons à combler nos besoins d’amour, d’acceptation, de sécurité, etc. dans celleux qui nous entourent — notre famille, nos collègues — nous nous mettons en double situation d’échec. D’une part, nous imposons sur les autres une exigence qu’iels n’ont pas la capacité de combler. C’est une pression impossible. D’autre part, nous nous vouons à recevoir ce dont nous avons besoin qu’en quantité et en qualité insatisfaisante. Et donc à être en déficit pour donner aux autres. Nous risquons de vivre comme des mendiant·e·s, qui se jettent des miettes parmi pour survivre.

Nos besoins profonds ne peuvent être comblés réellement qu’en puisant dans la Source. Alors notre coupe débordera, et nous serons à même de mieux faire face à celleux qui ne peuvent pas nous donner ce dont nous avons besoins et qui ne sont pas prêt à se remettre en question. Nous pourrons « chercher à aimer plutôt qu’à être aimé, chercher à comprendre plutôt qu’à être compris ».

Bien sûr, nous avons besoins les uns des autres. Et besoins de nous respecter mutuellement. Et pour une partie, la Source nous donne ce dont nous avons besoin à travers notre entourage. Mais plus nombreux nous sommes à aller puiser à la Source, plus nous pouvons donner autour de nous, et plus la collectivité est dans l’abondance.

Personnellement, quand j’ai commencé à me sentir rejeté, je n’ai pas eu le réflexe d’aller chercher de manière profonde à la Source l’acceptation dont j’avais besoin et que mon entourage professionnel était incapable de me donner. Si je l’avais fait, j’aurais peut-être pu travailler à baisser le niveau de stress global, plutôt qu’à l’augmenter.

Ces éléments sont au cœur de l’épitre aux Éphésiens. Par exemple, dans cette merveilleuse phrase du premier chapitre (il ne s’agit que d’une phrase en grec):

3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ!

4 En lui, Dieu nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour, 5 il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ. C’est ce qu’il a voulu, dans son amour, 6 pour que nous célébrions la gloire de sa grâce, dont il nous a comblés dans le bien-aimé.

7 En lui, par son sang, nous sommes rachetés, pardonnés de nos fautes, conformément à la richesse de sa grâce. 8 Dieu nous l’a accordée avec abondance, en toute sagesse et intelligence. 9 Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, conformément au projet bienveillant qu’il avait formé en Christ 10 pour le mettre à exécution lorsque le moment serait vraiment venu, à savoir de tout réunir sous l’autorité du Messie, aussi bien ce qui est dans le ciel que ce qui est sur la terre.

11 En lui nous avons été désignés comme héritiers, ayant été prédestinés suivant le plan de celui qui met tout en œuvre conformément aux décisions de sa volonté 12 pour servir à célébrer sa gloire, nous qui avons par avance espéré dans le Messie.

13 En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile qui vous sauve, en lui vous avez cru et vous avez été marqués de l’empreinte du Saint-Esprit qui avait été promis. 14 Il est le gage de notre héritage en attendant la libération de ceux que Dieu s’est acquis pour célébrer sa gloire.

Dans la Source, en Christ, nous sommes comblés (« bénis de toute bénédiction »):

  • Dieu nous a choisi — nous sommes voulus (Rêveur)
  • Pour être ses enfants adoptifs — nous sommes acceptés (Rebelle)
  • C’est ce qu’il a voulu dans son amour — nous sommes aimés (Empathique)
  • Il nous rend « saints et sans défauts » — nous sommes dignes de confiance (Persévérant)
  • Il nous a marqué de l’Esprit, qui nous équipe (cf. chapitre 6) — nous sommes compétents (Travaillomane)
  • Il nous ressuscite avec le Christ (cf. chapitre 2) — nous sommes vivants (Promoteur)

Ici, en contemplant le mystère de l’amour de Dieu en Christ, l’Évangile répond à nos besoins existentiels. Toute la dynamique de l’épitre aux Éphésiens est de dire: puisque la Source nous a comblé en Jésus-Christ (c’est tous les chapitres 1 à 3), alors nous pouvons déborder sur d’autres (chapitres 4 à 6).

Ce n’est pas une manière de dire que la PCM n’est pas utile, bien au contraire. Mais plutôt qu’en étant enracinés et nourris spirituellement, nous serons d’autant plus à même de prendre en compte les besoins psychologiques des autres, diminuer leur stress et rétablir une communication saine et coopérative.

Quizz

Si vous avez lu jusqu’ici, et si vous me connaissez un peu, êtes-vous capables de deviner ma base, et ma phase active?

Plus important: est-ce que vous vous retrouvez dans ce profile? Quelle est votre base?

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Les Principes du Pingouin — petit manuel de survie

Theologeek - lundi 03/08/2020 - 21:07

« Quels sont les points communs entre pasteurs et pingouins? »

  1. Les pingouins ont un air très digne — et en même temps parfaitement ridicule
  2. Ils sont sensibles à la chaleur
  3. Ils sont menacés par des ennemis dangereux
  4. Ils sont relativement sans défenses
  5. Ils ont un instinct de retour à la maison
  6. Quoi qu’il leur arrive, les pingouins gardent la tête haute

Un bouquin qui compare les pasteurs et les pingouins — j’ai tout de suite su que c’était écrit pour moi. N’empêche, il a traîné dans ma bibliothèque pendant des années… Et puis grâce à une pandémie et un burn-out j’ai trouvé du temps pour lire — et effectivement c’était pour moi — et pour maintenant.

The Penguin Principles1 est un petit livre de 80 pages qui présente des situations de ministères fictives pour illustrer 6 principes que les auteurs ont appris dans leurs ministères réels. Tout ça dans un subtil mélange de réalisme brutal, de confiance en Dieu et d’humour.

Mes notes de lecture ci-dessous. Mais avant cela, quelques effets de cette lecture pour moi actuellement:

  • Mon expérience actuelle de l’Église est partagée par d’autres. Je ne suis pas seul. C’est bête, mais dans un burnout il y a toujours cette petite voix qui dit: « est-ce que c’est moi le problème? » Alors oui, en partie. Mais manifestement, pas uniquement. Et peut-être même pas principalement.

  • Elle me ramène à une anthropologie réaliste calvinienne, qui reconnaît que tout être humain est profondément pourri… pas juste certains qui sont méchants, « eux », alors que « nous » on est du bon côté. J’avais fonctionnellement mis de côté cette anthropologie parce qu’elle n’est pas tout à fait dans l’ère du temps. Mais pratiquement c’est la seule que je connaisse qui éclaire correctement la réalité.

  • Elle me ramène à une vision plus réaliste de l’Église. J’aspire à une église qui est un lieu d’humanité, d’humanisation. Mais la réalité est plus brutale, plus aliénante.

  • Ces principes poussent à regarder la réalité en face. Ce qui mène à deux choses, parce que la réalité est double: planifier, et prier. Planifier, pour faire face et prendre en compte de manière lucide à ce merdier2 qu’est la réalité humaine. Prier, pour faire face et prendre en compte la merveilleuse réalité divine. L’une sans l’autre ne mène à rien.

  • Au nombre de fois que le mot « réalité » revient ci-dessus, je vois que ces dernières années je me suis trop focalisé sur la vision, l’idéal à atteindre, ou l’exigence de l’évangile.

Mes notes, ci-dessous, retranscrivent peut-être une partie du contenu du livre. Pas de la forme, cependant, qui est à la fois légère et sérieuse.

Avant-propos

Notre culture comprend un nombre important de personnes qui aiment faire culpabiliser les autres et trop peu d’adultes qui peuvent rire d’eux-mêmes et de leurs faiblesses. La dimension la plus visible de ce déséquilibre est la surabondance d’adultes qui tirent un plaisir considérable d’une grande variété d’efforts pour faire culpabiliser leur pasteur d’être moins que parfait. (p. 7)

Celleux qui sont sans fautes et sans le moindre défauts de charactères feraient mieux de ne pas lire ce livre — leur innocence est à protéger.

Ce livre est pour les autres, qui:

  • croient que l’humour est un don de Dieu,
  • sont suffisement mature pour rire d’elleux-même,
  • préfèrent chercher de la sagesse plutôt que des coupables,
  • aiment l’église malgré ses défauts,
  • aiment Dieu et ses enfants.
Préface

Parallèles pingouins / pasteurs:

  • Dignité et ridicule: la tâche est glorieuse, mais le travail au quotidien est souvent risible.
  • Sensible à la chaleur: besoins de mécanismes pour se rafraîchir.
  • Ennemis perfides qui rôdent: celleux qui vivent longtemps sont celleux qui apprennent à marcher prudemment.
  • Sans défenses: à part agiter les ailes peuvent pas faire grand chose; veulent pas blesser les gens.
  • Instinct de retour: les pingouins se repèrent en suivant le soleil (sun); ils sont perdus dans les jours de brouillards. Les pasteurs suivent le Fils (Son), et tournent en rond dans les jours spirituellement brouillardeux…
  • Gardent la tête haute: quoiqu’il arrive, leur dignité vient d’ailleurs.

Les principes qui suivent ne s’applique pas uniquement aux pasteurs. Il s’agit de traits humains → ils s’applique à tous ceux qui travaillent avec des humains.

Avez-vous été « largué » dernièrement ? Vous êtes-vous retrouvé avec la frustration, la culpabilité, le doute de soi et la colère de l’expérience ? Alors le temps est venu pour vous d’arrêter de vous apitoyer sur votre sort, de vous redresser avec dignité, de lever le nez en l’air et de vous dandiner dans la bataille avec le Pingouin de Paroisse. (p. 13)

1. Le Principe des 5 %

Malgré toutes les belles choses que nous professons, à tout moment donné, dans tout groupe de l’Église, moins de 5% des gens fonctionnent avec une motivation purement chrétienne. Les 95% restants demandent : « Qu’est-ce que j’ai à y gagner ? (p. 17)

L’Église n’est pas un groupe de gens biens intentionnés, bienveillants, qui ne cherchent qu’à servir leur prochain en témoignant de l’amour de Dieu.

Un jour quelqu’un demanda à un pasteur:

– ­Combien avez-vous de membres actifs dans votre église?
– 100, répondit le pasteur. 50 pour moi, 50 contre moi.

Luther aurait écrit:

Les défauts d’un prédicateur sont vite espionnés. Qu’il soit doté de dix vertus et n’ait qu’un défaut, et ce défaut éclipsera et obscurcira toutes ses vertus et ses dons, tant le monde est mauvais en ces temps. (cité p. 19)

Celui qui désire l’oreille du public doit supporter la bouche du public. (p. 19)

Ce n’est pas qu’il y a deux catégories de gens: les bons et les mauvais. Et qu’il y aurait 5% de « bons » et 95% de « mauvais ». Mais 100% d’entre nous opère de manière égocentrique 95% du temps.

Qu’est-ce qu’on peut en faire? Pas grand-chose, à part en être conscient. Permet d’avoir un peu de détachement quand on est face à toutes les petitesses de la vie d’église… Et de remercier Dieu pour les 5%.

Ce regard lucide sur la nature humaine permet aux Pingouins de Paroisse de se dandiner à travers la vie, le cœur tourné vers Dieu et les ailes ouvertes pour embrasser leurs compagnons. (p. 27)

L’important: au lieu de désespérer pour les 95%, rendre grâce à Dieu pour les 5% !

2. Le Principe de la Perspective Inverse

La plupart du temps, dans le monde de l’Église, les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être. (p. 28)

Ce que les gens disent ne reflète généralement pas ce qu’on pense ou ressent réellement. Les actions envoient un message plus fiable.

Quand quelqu’un vous dit « oui », ça ne veut pas forcément dire « oui ».

De manière générale, souvent:

  • On ne dit pas ce qu’on pense, on ne pense pas ce qu’on dit
  • On entend généralement ce qu’on a envie d’entendre, et on ignore le reste
  • Les succès sont parfois des échecs, les échecs des succès
  • Les temps difficiles peuvent être les plus profonds
  • Parfois on fait plus en faisant moins
  • Rendre service ne rend pas toujours service
  • Les déserts peuvent être des lieux d’abondance
  • etc.

Pingouins de Paroisse, avancez lentement, prudemment. Écoutez au-delà des mots que les gens prononcent. Recherchez à décrypter le message derrière le message. … Essayez de rester alignés aux voies paradoxales de Dieu. (p. 36)

3. Le Principe de la Friction Ecclésiastique

Il y a des frictions dans l’église qui brûlent énormément d’énergie, consomment des heures interminables, étouffent la créativité, entravent le progrès. Et donc ça chauffe souvent pas mal. (p. 41)

Conseils sans fins, discussions mal organisées qui ne produisent pas de résultats… Plus il y a de gens qui s’impliquent pour faire avancer une bonne idée en église, plus cela va lentement.

L’inefficacité des conseils est généralement proportionnelle à leur taille.

Quand tu frottes trop d’idées nouvelles dans une paroisse, tu es généralement celui qui se fait brûler. Les paroisses sont comme des élastiques: il y a une limite dans laquelle elles peuvent bouger, mais quand ça va trop loin, ça casse. Et généralement, c’est toi qui casse.

Parfois vouloir rajouter une structure de plus pour aider créé plus de problèmes que de solutions…

Les bonnes idées se font avaler par la machine, et quand elles en ressortent — si elles en ressortent — elles ne ressemblent plus beaucoup à l’idée d’origine. Alors que le défi est d’introduire un changement dans la vie des gens pour devenir Église, témoin serviteur de l’amour de Dieu. Les comités sont très forts pour annihiler ça, et en faire quelque chose qui nous ressemble, nous rassure et nous sert nous-même.

Confusion entre « mouvement » et « agitation »: on peut faire plein d’activités et donner l’impression d’une paroisse vivante — mais en réalité on construit une machine, on ne fait pas avancer la mission de Dieu. On fait les choses pour nous, pas pour servir le quartier et le monde.

Beaucoup de paroisses ne visent rien, et l’atteignent. (p. 44)

On peut parfois (mais avec sagesse, responsabilité et compassion) utiliser ça à son avantage: utiliser des conseils pour parquer des gens ou des idées bizarres…

Quand on regarde en face la réalité de l’église, ce ne sont plus les échecs qui sont étonnants, mais les réussites ! (p. 46)

Puisque tout est mis en place pour que ça foire, chaque réussite — aussi petite soit-elle — est une victoire à célébrer !

Rappel: Dieu nous appelle à être fidèles, pas à avoir du succès.

4. Le Principe de l’Ignorance Créative

Dans le ministère, il est préférable de ne pas savoir faire certaines choses — même s’il faut les oublier de force. (p. 52)

Quand on est compétent dans un domaine, ça peut être plus utile de ne pas le faire savoir:

  • afin de ne pas se rendre indispensable
  • afin de permettre aux autres d’utiliser et développer leurs dons
  • afin de ne pas fatiguer / énerver les autres
  • afin de ne pas s’épuiser en se dispersant

C’est l’histoire d’une communauté qui demande à l’évêque que son prochain pasteur ait les qualifications suivantes:

  1. Qu’il ne parle pas le grec
  2. Qu’il ne sache pas chanter solo
  3. Qu’il n’ait jamais été en terre sainte.

Le meilleur don de Dieu pour l’église: un pasteur paresseux.

Éphésiens 4: le pasteur n’est pas là pour faire le job du peuple; le peuple n’est pas là pour aider le pasteur qui fait le travail. Le pasteur est là pour aider le peuple à faire son travail de témoin.

5. Le Principe de la Mise au point

Ils ne vous le feront que si vous les laissez faire. (p. 61)

Nombre de ministres usés, épuisés, accusés…

« J’ai l’impression d’avoir été invité à faire partie de cette chaîne de commandement, de sorte que lorsque la chaîne se brise, vous pouvez me désigner comme le maillon le plus faible. » (p. 64)

Attentes irréelles, traitement injustes, demandes irritantes, reproches injustifiés… Les gens vont maltraiter le ministre d’autant plus si le ministre les laisse faire, se laisse marcher sur les pattes.

Parfois, quand les choses vont particulièrement mal, le ministre peut avoir l’impression d’une conspiration contre lui. La paranoia pastorale ne paie pas:

« Quand un pingouin se fait se fait presque avaler par un phoque léopard, c’est pas une conspiration contre le pingouin en question… c’est simplement la vie… » (p. 66)

C’est pas personnel, mais c’est réel. Qu’est-ce qu’on peut faire?

  1. Leur dire comment on ressent les choses
  2. Lever la tête avec la dignité du pingouin, et passer à l’offensive: demander ce dont on a besoin (plutôt que de subir)

Ça va pas forcément tout résoudre, mais ça peut aider.

Mettre de côté les « j’espère-qu’ils-m’apprécient », et laisser les gens assumer leurs responsabilités. Être clair dans sa tête ce qui est « mes » responsabilités et ce qui ne l’est pas; mes idées foireuses et leurs idées foireuses; mes échecs et leurs échecs, …

À l’image de Dieu: il nous laisse assumer les résultats de notre stupidité.

La critique, comme le poison, ne nous blesse que quand on l’avale. (68)

Arrêter d’assumer le rôle de la victime, lever la tête. Se rappeler que le plus grand chêne était un jour un gland qui a simplement tenu son terrain.

6. Le Principe du Pasteur

Le principe ultime pour les pasteurs est un « amour coriace » qui regarde au-delà de l’irritation du moment et qui, dans la force du Christ, aime les gens tels qu’ils sont. (p. 74)

Les moutons ne sont pas ces créatures tendres et aimables des dessins du culte de l’enfance. Non seulement ils s’égarent dans tous les sens, mais ils sentent fort, sont têtus, se plaignent quand la nourriture n’est pas selon leurs attentes… Être un berger demande d’être coriace.

Un pasteur, quand il était énervé par ses paroissiens, les imaginait dans un cercueil à leur service funèbre. Permet de remettre en perspective les trucs blessants, et regarder à travers toute la couche humaine pour poser un regard compatissant et aimant.

L’amour coriace permet de regarder au-delà du masque d’humanité pour voir le tampon de l’image de Dieu. Permet ce qu’aucune arme connue par l’homme n’a jamais fait: faire de tes ennemis des amis.

Les 5 premiers principes parlent de la réalité. La réalité est dure. Regarde là en face, planifie ta stratégie avec soin. Ce sixième principe ne peut pas être appris comme ça, c’est un don de Dieu. Dieu est la source de l’amour coriace.

Si Dieu est resté avec moi et m’a aimé à travers tout ce que je suis, mon histoire, toutes mes limites et mes aberrations passées — c’est que son amour est coriace.

Le Principe du Pasteur n’est pas appris en introspection, en formation de leadership, en technique de management ou autre.. mais dans la contemplation de l’amour de Dieu en Christ pour moi. Dieu est là, dans les frustrations, les jours pénibles, les semaines d’angoisse.

Le savoir, l’expérimenter, y croire, là est la puissance pour résister au besoin de se défendre soi-même quand les autres amassent sur toi reproches, accusation et toutes autres formes perverties de déchets ecclésiastiques. Être saisi par le bras puissant de l’amour du Christ donne le courage de faire avec la force ultime, « l’amour coriace », source de compassion renouvelée chaque jour en Jésus-Christ. « Nous aimons parce qu’il nous a aimé en premier. » (1 Jean 4, 19) (p. 80)

Prendre exemple sur les pingouins: ils ne peuvent nier la dure réalité et prétendre vivre dans un monde rose — sous peine de mourir de froid ou dévoré. Avec leurs compagnons, ils développent des stratégies pour rester en vie et prendre soin des petits. Malgré les vents glacés, ils se tiennent la tête haute, avec une certaine « dignité venue d’ailleurs ».

Comme les pingouins, on peut se tenir droit dans la dure réalité impitoyable de l’église, et marcher la tête haute, avec une dignité qui vient d’en haut (Col 3) pour faire face aux vents glacés de la paroisse avec un « amour coriace » qui vient de Dieu.

Alors que cet amour est reçu d’en haut et transmis, tes accusateurs sont dépassés. Ils ne peuvent pas résister. Alors que l’amour de Dieu les bombarde, leur défense s’effondre, leurs accusations perdent leur force, leurs langues sont changées en caoutchouc, leurs oreilles débouchées, leurs yeux s’humectent, et leurs cœurs de pierres s’animent. Voici la qualité explosive de l’arme ultime, « l’amour coriace », « le Principe du Pingouin. » (p. 80)

(Note de moi: un peu de peine ces temps à croire simplement à cette dernière partie. L’amour du Christ peut certainement nous aider à tenir et à aimer en retour. Et certaines personnes se remettent en question et reprennent vie. Mais d’autres semblent imperméables… Est-ce qu’on change vraiment?)

  1. David S. Belasic & Paul M. Schmidt, The Penguin Principles: A Survival Manual for Clergy Seeking Maturity in Ministry, C.S.S. Publishing Company, Ohio, 1986. 

  2. « Merdier », au sens stricte, n’est pas un terme négatif. Ca pue, mais c’est un excellent terreau, potentiellement très fertile. 

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Ma vie de ministre en ce moment

Theologeek - lundi 13/07/2020 - 15:40

Avec ma métamorphose, je suis passé au niveau supérieur.

Je m’attendais à un niveau stimulant, et ça a été le cas. J’ai relevé des nouveaux défis. Affronté des nouveaux ennemis. Accomplis des quêtes passionnantes. Gagné pas mal de XP. Surtout j’ai rencontré des alliés extraordinaires. Et ensemble on a marqué quelques points.

Mais je m’attendais pas à un niveau si difficile. Surtout, je m’attendais pas à ce que les ennemis principaux soient déguisés en alliés. Que le challenge principal c’est pas d’être pasteur de Celleux-qui-sont-pas-là, mais de le faire en présence de Celleux-qui-sont-là-et-n’en-veulent-fondamentalement-pas. J’ai perdu pas mal de points de vie en friendly fire. J’ai pas reçu de protection et de soin quand j’en avais besoin. Et pas pris assez le temps de les chercher. J’y croyais pas. Je pensais que ça allait se calmer — on est dans la même équipe, on a la même mission, non?

J’ai fait des faux pas, suis tombé dans des pièges. Et j’ai perdu mes derniers points de vie.

Teamkilled.

Et en avril, je me suis retrouvé là:

Maintenant j’ai récupéré une partie de mes PV. Je pourrais recommencer le niveau, mais si rien n’a changé je crains d’arriver au même résultat.

J’ai besoin de passer à l’arsenal pour mieux m’équiper. Des armes défensives et des armes offensives. Et j’ai besoin de parler stratégies avec d’autres joueurs qui sont au même niveau. J’ai besoin de débriefer avec des vétérans qui sont à des niveaux plus avancés pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Je ne dois plus me faire avoir en croyant celleux qui disent qu’ils sont mes alliés, mais me fier à leurs actions. Et j’ai besoin d’avoir des vrais backups. Que ma guilde, qui m’envoie en mission, soie réellement là pour tanker pour moi quand c’est nécessaire.

Est-ce que je vais réussir à passer ce niveau? Je sais pas. Mais je compte bien réessayer au moins une fois ou deux.

Le jeu en vaut encore la chandelle.

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« La pause est finie, le travail doit reprendre. » #FeVi2019

Theologeek - jeudi 08/08/2019 - 12:19

On dit que la première impression est toujours la bonne.

Ma première impression de la Fête des Vignerons, assis dans l’arène à attendre que le spectacle commence: les vidéos des partenaires principaux. « Ils rendent la fête possible. » BCV, Nestlé, Sécuritas, Tissot, SWISS, etc. Je m’attends à un spectacle qui célèbre la beauté et la simplicité de la vie locale, mais c’est La Suisse qui m’accueille, elle me parle en « je ». Elle me rappelle discrètement ses plus grands attributs: argent, sécurité, compétences, luxe.

Puis le spectacle m’emporte, m’émeut. Il me raconte la profonde richesse du lien à la Terre quand on est à son écoute. Je rêve de traverser les étapes de la vie en dansant joyeusement, comme la petite Julie, guidée par la libellule, servie par les étourneaux, en harmonie avec le passé et le futur, la vigueur et la faiblesse. J’y aspire: ma vie devrait être une danse !

Mais la première impression reste: le rêve n’est possible que grâce à la générosité des partenaires, qui nous attendent au bureau lundi à 8h.

On s’est débarrassé des dieux d’apparat: ceux de la mystique chrétienne de 1977, ceux de la mythologie grecque de 1999. « Merci aux dieux qui se sont laissés écarter », nous dit un Docteur. Ils n’ont pas opposés de résistance, ces dieux faisaient partie du décor, qu’on démonte après la fête. Mais le véritable dieu de la suisse, celui de la croissance et du profit, règne toujours sur nous. Il nous bénit gracieusement par un spectacle lumineux pendant l’été — pour mieux nous vendanger et nous presser à la rentrée, et la Terre avec nous.

« La pause est finie, le travail doit reprendre », dit encore le Docteur.

Je vous laisse, je dois retourner bosser.

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