http://www.theologieducorps.fr/rss/commentaire fr Théologie du Corps - Commentaire http://www.theologieducorps.fr/tdc/theologie-du-corps-commentaire Théologie du corps Thu, 06 Aug 2009 09:09:01 +0000 Incarnare 2 at http://www.theologieducorps.fr Au Commencement : l'Homme Originel http://www.theologieducorps.fr/tdc/au-commencement-lhomme-originel <blockquote><p>Des pharisiens s'approch&egrave;rent de lui pour le mettre &agrave; l'&eacute;preuve ; ils lui demand&egrave;rent : &laquo; Est-il permis de renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ? &raquo; <br /> Il r&eacute;pondit : &laquo; N'avez-vous pas lu l'&Eacute;criture ? Au commencement, le Cr&eacute;ateur les fit homme et femme,&nbsp;<br /> et il leur dit : 'Voil&agrave; pourquoi l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.' <br /> A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le s&eacute;pare pas ! &raquo; <br /> Les pharisiens lui r&eacute;pliquent : &laquo; Pourquoi donc Mo&iuml;se a-t-il prescrit la remise d'un acte de divorce avant la s&eacute;paration ? &raquo; <br /> J&eacute;sus leur r&eacute;pond : &laquo; C'est en raison de votre endurcissement que Mo&iuml;se vous a conc&eacute;d&eacute; de renvoyer vos femmes. <strong>Mais au commencement, il n'en &eacute;tait pas ainsi</strong>.</p></blockquote> <p>La discussion<a class="see-footnote" id="footnoteref1_a1zcndf" title="Mt 19,3-8" href="#footnote1_a1zcndf">1</a> du Christ avec les pharisiens est une grande source d'esp&eacute;rance pour tous les hommes et femmes. Si de tout temps, leur union a &eacute;t&eacute; menac&eacute;e par la discorde, l&rsquo;esprit de domination, l&rsquo;infid&eacute;lit&eacute;, la jalousie et par des conflits qui peuvent aller jusqu&rsquo;&agrave; la haine et la rupture, le Christ nous appelle &agrave; reconna&icirc;tre qu'<em>au commencement, il n'en &eacute;tait pas ainsi</em>.</p> <p>Le Cat&eacute;chisme le souligne<a class="see-footnote" id="footnoteref2_n0ou4wh" title="CEC 1607" href="#footnote2_n0ou4wh">2</a> :</p> <blockquote><p>ce d&eacute;sordre que nous constatons douloureusement, ne vient pas de la naturede l&rsquo;homme et de la femme, ni de la nature de leurs relations, mais du p&eacute;ch&eacute;. Rupture avec Dieu, le premier p&eacute;ch&eacute; a comme premi&egrave;re cons&eacute;quence la rupture de la communion originelle de l&rsquo;homme et de la femme.</p></blockquote> <p>Si la premi&egrave;re cons&eacute;quence du p&eacute;ch&eacute; est la rupture de la communion entre l'homme et la femme, alors <em>en venant r&eacute;tablir l&rsquo;ordre initial de la cr&eacute;ation perturb&eacute; par le p&eacute;ch&eacute;, [le Christ] donne lui-m&ecirc;me la force et la gr&acirc;ce pour vivre le mariage dans la dimension nouvelle du R&egrave;gne de Dieu. C&rsquo;est en suivant le Christ, en renon&ccedil;ant &agrave; eux-m&ecirc;mes, en prenant leurs croix sur eux que les &eacute;poux pourront &quot; comprendre &quot; le sens originel du mariage et le vivre avec l&rsquo;aide du Christ</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref3_7axwua0" title="CEC 1615" href="#footnote3_7axwua0">3</a></p> <p>L'enseignement de l'&Eacute;glise ne peut &ecirc;tre compris qu'&agrave; la lumi&egrave;re du plan originel de Dieu pour l'homme, de notre d&eacute;tournement de ce plan et de notre r&eacute;demption dans le Christ.&nbsp;Pour beaucoup d'hommes et de femmes d'aujoud'hui, les enseignements de l'&Eacute;glise sont intenables, car ils sont enferm&eacute;s dans la vision d&eacute;voy&eacute;e d'eux-m&ecirc;mes et du monde. <br /> Ces oeill&egrave;res ont pour cons&eacute;quence que nous consid&eacute;rons comme normaux des comportements et modes de pens&eacute;e d&eacute;sordonn&eacute;s. La souffrance et le conflit qui en r&eacute;sultent nous conduisent &agrave; d&eacute;sirer plus : nous nous rendons compte qu'il nous manque quelque chose, mais tout le monde semble vivre de m&ecirc;me.&nbsp;</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Notre vie est comparable &agrave; un voilier dont la voile est perc&eacute;e.&nbsp;A c&ocirc;t&eacute; de nous, tout le monde louvoie avec des voiles dans le m&ecirc;me &eacute;tat et on peut en venir &agrave; croire que c'est ainsi que chacun est con&ccedil;u.&nbsp;Le Christ nous montre que dans l'esprit de notre concepteur, notre voile n'est pas perc&eacute;e et prend ainsi le vent, ce que nous pouvons pressentir, sans toutefois pouvoir totalement d&eacute;crire ce que signifie vivre ainsi. <br /> Cependant le Christ ne nous renvoie pas uniquement &agrave; un pass&eacute; &agrave; jamais perdu : Il est venu r&eacute;parer notre voile pour que nous puissions &agrave; nouveau voguer ! Au fur et &agrave; mesure que nous faisons cette exp&eacute;rience, l'enseignement de l'&Eacute;glise n'appara&icirc;t plus comme une &eacute;thique impos&eacute;e de l'ext&eacute;rieur, mais comme un <em>ethos</em> qui surgit de l'int&eacute;rieur.</p> </div> <p><strong>Allons au commencement, &agrave; la source de la Vie, pour d&eacute;couvrir qui nous sommes et ce &agrave; quoi nous sommes appel&eacute;s : </strong></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_a1zcndf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_a1zcndf">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:3-8&amp;version=LSG">Mt 19,3-8</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_n0ou4wh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_n0ou4wh">2.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4V.HTM">CEC 1607</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_7axwua0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_7axwua0">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4V.HTM">CEC 1615</a></li> </ul> Thu, 06 Aug 2009 09:10:12 +0000 Incarnare 3 at http://www.theologieducorps.fr Qu'est-ce que "le Commencement" ? http://www.theologieducorps.fr/tdc/quest-ce-commencement <p>La question du sens du mariage est aujourd'hui soulev&eacute;e par de nombreuses personnes : c&eacute;libataires, fianci&eacute;es ou mari&eacute;es, jeunes et vieux, &eacute;crivains, journalistes, sociologues, etc. Leurs probl&eacute;matiques peuvent diff&eacute;rer de celle des pharisiens qui interrogent J&eacute;sus et sont souvent plus complexes. Pourtant, la r&eacute;ponse de J&eacute;sus aux pharisiens est universelle et intemporelle.</p> <p>Lisons ce dialogue, dans l'&eacute;vangile de Matthieu<a class="see-footnote" id="footnoteref1_ytthzsg" title="Mt 19,3-8" href="#footnote1_ytthzsg">1</a>:</p> <blockquote><p>Des pharisiens s'approch&egrave;rent de lui pour le mettre &agrave; l'&eacute;preuve ; ils lui demand&egrave;rent : &laquo; Est-il permis de renvoyer sa femme pour n'importe quel motif ? &raquo; [J&eacute;sus] r&eacute;pondit : &laquo; N'avez-vous pas lu l'&Eacute;criture ? Au commencement, le Cr&eacute;ateur les fit homme et femme, et il leur dit : 'Voil&agrave; pourquoi l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.' A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le s&eacute;pare pas ! &raquo; Les pharisiens lui r&eacute;pliquent : &laquo; Pourquoi donc Mo&iuml;se a-t-il prescrit la remise d'un acte de divorce avant la s&eacute;paration ? &raquo; J&eacute;sus leur r&eacute;pond : &laquo; C'est en raison de votre endurcissement que Mo&iuml;se vous a conc&eacute;d&eacute; de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n'en &eacute;tait pas ainsi. </p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>Unit&eacute; et indissolubilit&eacute;</h4> <p>La loi de Mo&iuml;se autorise le divorce<a class="see-footnote" id="footnoteref2_t63turx" title="cf. Dt 24,1-4" href="#footnote2_t63turx">2</a> comme une concession au p&eacute;ch&eacute;, <em>en raison de la duret&eacute; de notre coeur</em> dit le Christ. Mais J&eacute;sus lui-m&ecirc;me est l'<em>Agneau de Dieu qui enl&egrave;ve le p&eacute;ch&eacute; du monde</em><a class="see-footnote" id="footnoteref3_0u4nuh9" title="Jn 1,29" href="#footnote3_0u4nuh9">3</a> : ainsi la justification du divorce ne tient plus.</p> <p>La phrase &quot;<em>que l'homme ne le s&eacute;pare pas</em>&quot; est d&eacute;cisive, puisqu'&agrave; sa lumi&egrave;re, les mots de la Gen&egrave;se &quot;<em>tous les deux ne feront qu'un</em>&quot; affirment clairement que l'unit&eacute; et l'indissolubilit&eacute; du mariage sont au coeur-m&ecirc;me du plan de Dieu.<a class="see-footnote" id="footnoteref4_n5fk547" title="TDC 1,3" href="#footnote4_n5fk547">4</a></p> <p>Mais le Christ ne fait pas qu'user de son autorit&eacute; pour r&eacute;affirmer une norme objective.&nbsp;Il invite ses interlocuteurs &agrave; <strong>r&eacute;fl&eacute;chir sur la beaut&eacute; du plan originel de Dieu pour en d&eacute;couvrir la beaut&eacute;</strong>. Il sait en effet que, malgr&eacute; la duret&eacute; de nos coeurs qui obscurcit nos jugements, si nous suivons l'&eacute;cho de la parole dans nos coeurs, c'est <em>&agrave; l'int&eacute;rieur, dans notre subjectivit&eacute;, </em>que nous d&eacute;couvrons la raison de cette norme <em>objective</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Les deux r&eacute;cits de la cr&eacute;ation</h4> <p>Dans la Gen&egrave;se, deux r&eacute;cits de cr&eacute;ation se suivent, couvrant les trois premiers chapitres.&nbsp;Ils ont &eacute;t&eacute; &eacute;crits &agrave; des &eacute;poques diff&eacute;rentes, par des auteurs diff&eacute;rents et apportent un &eacute;clairage diff&eacute;rent sur l'homme :</p> <ul> <li>Le r&eacute;cit dit <em>&eacute;lohiste</em> (car Dieu y est appel&eacute; Elohim) situ&eacute; en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%201:2-4&amp;version=LSG">Gn 1-2,4</a> apporte de nombreuses indications m&eacute;taphysiques (qui pr&eacute;sentent la <em>r&eacute;alit&eacute; sous l'angle de l'objectivit&eacute;</em>, comme des faits &eacute;tablis, en insistant sur la cosmogonie ou l'ordre de la cr&eacute;ation).&nbsp; <p> L'homme y est la seule cr&eacute;ature d&eacute;finie <em>th&eacute;ologiquement</em> c'est &agrave; dire en relation avec l'&Ecirc;tre m&ecirc;me de Dieu. Il est d&eacute;fini <em>&agrave; l'image et &agrave; la ressemblance de Dieu</em><a class="see-footnote" id="footnoteref5_o46dnpl" title="Gn 1,26" href="#footnote5_o46dnpl">5</a> <a name="pause"></a>Il semble qu'au moment de cr&eacute;er l'homme et la femme, Dieu marque une pause, une respiration... comme s'il <em>rentrait en lui-m&ecirc;me</em> pour prendre une d&eacute;cision, le s&eacute;parant ainsi du reste de la Cr&eacute;ation. </p> <p> Apr&egrave;s avoir cr&eacute;&eacute; l'homme et la femme, Dieu les b&eacute;nit, et cette b&eacute;n&eacute;diction prend la forme d'un appel &agrave; la pro-cr&eacute;ation, &agrave; participer activement au plan de Dieu et &agrave; son alliance d'Amour.&nbsp;Il ne s'agit pas l&agrave; pour l'homme de la simple r&eacute;ponse &agrave; un instinct, comme les animaux, mais de poser un choix libre. </p> <p> Notons enfin que si la cr&eacute;ation du monde est une <em>bonne</em> chose aux yeux de Dieu, notre cr&eacute;ation est <em>tr&egrave;s bonne</em>. <br /> &nbsp;</p></li> <li>Le r&eacute;cit dit <em>yahwiste</em> (car Dieu y est appel&eacute; par le t&eacute;tragramme ; il est le plus ancien) en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:5-3:25&amp;version=LSG">Gn 2,5-3,25</a> apporte une lecture beaucoup plus <em>personnaliste </em>de la cr&eacute;ation, p&eacute;n&eacute;trant la psychologie de l'homme. Le Pape affirme ainsi qu'<em>il est d'une certaine mani&egrave;re la description la plus ancienne de la compr&eacute;hension que l'homme a de lui-m&ecirc;me et le premier t&eacute;moignage de la conscience humaine</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref6_d9rx5kh" title="TDC 3,1" href="#footnote6_d9rx5kh">6</a> <p> Si le Christ renvoie aux deux r&eacute;cits de la cr&eacute;ation lorsqu'il dit <em>au commencement</em>, l'ex&eacute;g&egrave;te personnaliste qu'est Jean-Paul II&nbsp;va s'attacher &agrave; commenter plus longuement ce deuxi&egrave;me texte.</p></li> </ul> <p>&nbsp;</p> <h4>Continuit&eacute; dans la &quot;R&eacute;demption du Corps&quot;</h4> <p>L'Arbre de la connaissance du bien et du mal semble tracer une fronti&egrave;re herm&eacute;tique entre ce 'temps du commencement' o&ugrave; l'&ecirc;tre humain vit sa pleine nature et le 'temps historique' o&ugrave; l'exp&eacute;rience que chacun peut faire est alt&eacute;r&eacute;e par le p&eacute;ch&eacute;.&nbsp;N'ayant jamais connu le commencement, il peut nous sembler difficile d'imaginer ce &agrave; quoi la vie ressemblait de ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave; de la fronti&egrave;re. Jean-Paul II affirme qu'il existe pourtant une <em>continuit&eacute; essentielle dans l'homme et un lien entre ces deux r&eacute;alit&eacute;s</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_p35pnx4" title="TDC 4,1" href="#footnote7_p35pnx4">7</a> et expliquer plus loin<a class="see-footnote" id="footnoteref8_962mz8x" title="TDC 55,4" href="#footnote8_962mz8x">8</a> qu'il y a en chacun <em>un &eacute;cho de l'innocence originelle de l'homme, <strong>comme un n&eacute;gatif photographique </strong>dont le positif est pr&eacute;cis&eacute;ment l'innocence originelle</em>.</p> <p>Ainsi, m&ecirc;me si nous n'avons pas connaissance directe de la mani&egrave;re dont notre corps refl&egrave;te le plan de Dieu, nous pouvons reconstruire cette exp&eacute;rience en passant notre exp&eacute;rience au r&eacute;v&eacute;lateur pour en retrouver les couleurs.&nbsp;<br /> Pour Jean-Paul II, le p&eacute;ch&eacute; ne s'explique qu'en relation avec cet &eacute;cho de notre nature originelle : les termes grec (<em>hamartia</em>) et h&eacute;breux (<em>chata'</em> ou khatatha en aram&eacute;en) qu'on traduit par p&eacute;ch&eacute; sont des termes qui appartiennent au vocabulaire militaire et <strong><em>d&eacute;signent pour un archer le fait de manquer sa cible</em></strong>. <br /> De quelle cible parlons-nous ?&nbsp;<strong>de l'innocence originelle</strong>. Le p&eacute;ch&eacute; n'est pas une question d'imperfection ou de gestion comptable de fautes, mais de notre r&eacute;ponse &agrave; notre vocation : <em>vivre de l'Amour de Dieu et partager la vie divine</em>.</p> <p>Si dans cette vie, nous subirons toujours les s&eacute;quelles du p&eacute;ch&eacute; originel, rappelons nous qu'en J&eacute;sus, le Chemin, la r&eacute;demption est <em>une r&eacute;alit&eacute;</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref9_t2t0upc" title="comme le dit le chant anglosaxon : There is Power in the Blood of the Lamb" href="#footnote9_t2t0upc">9</a> Il peut nous amener progressivement &agrave; red&eacute;couvrir la vie telle que nous &eacute;tions appel&eacute;s &agrave; la vivre <em>au commencement</em>. Jean-Paul II&nbsp;reviendra continuellement sur cette <strong>r&eacute;demption du corps </strong>annonc&eacute;e par Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref10_06od572" title="cf.&nbsp;Rm 8,23 - Note : pour les catholiques, pr&eacute;f&eacute;rez la traduction de la Bible de J&eacute;rusalem, r&eacute;demption du corps, &agrave; celle de la Bible de la Liturgie, d&eacute;livrance du corps, qui nous emm&egrave;ne tout droit vers l'h&eacute;r&eacute;sie du manich&eacute;isme..." href="#footnote10_06od572">10</a> Nous ne participons pas uniquement &agrave; l'histoire du p&eacute;ch&eacute;, mais &eacute;galement &agrave; celle du salut et en tant que cr&eacute;atures libres<a class="see-footnote" id="footnoteref11_zh9ea3t" title="TDC 4,3" href="#footnote11_zh9ea3t">11</a>, nous devons coop&eacute;rer avec Dieu pour notre salut.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>R&eacute;v&eacute;lation et exp&eacute;rience</h4> <p>Notre exp&eacute;rience personnelle peut nous para&icirc;tre &agrave; l'oppos&eacute; du plan originel de Dieu ainsi r&eacute;v&eacute;l&eacute;.&nbsp;Jean-Paul II&nbsp;insiste toutefois sur le fait que notre exp&eacute;rience peut nous permettre de discerner ce plan, ne serait-ce que parce que c'est corporellement que nous connaissons l'homme et que toute autre mani&egrave;re de proc&eacute;der nous ferait tomber dans le pi&egrave;ge du conceptuel.&nbsp;</p> <p>Quand Jean-Paul II&nbsp;&eacute;voque les &quot;<em>exp&eacute;riences originelles de l'homme</em>&quot;, il a plus &agrave; l'esprit leur signification profonde qu'une distance temporelle qui nous en s&eacute;pare.&nbsp;Dans cette vision, l'histoire commence avec la <em>connaissance du bien et du mal</em> et la connaissance de la <em>pr&eacute;-histoire</em> a comme objectif de savoir <strong>qui nous sommes aujourd'hui.</strong></p> <p>Le langage biblique, selon Jean-Paul II, est mythique, ce qui ne signifie pas que ce texte serait le fruit de l'imagination humaine, mais simplement qu'il est une mani&egrave;re archa&iuml;que de signifier un contenu plus profond. Reconnaissant que notre nature originelle est un myst&egrave;re, elle n'est exprimable que par le biais de symboles, de mythes et de m&eacute;taphores.&nbsp;</p> <p>Trois exp&eacute;riences originelles sont d&eacute;crites par Jean-Paul II : la <em>solitude originelle</em>, l'<span style="font-style: italic;">unit&eacute;</span><em> originelle</em> et la <em>nudit&eacute; originelle</em>.&nbsp;Elles font l'objet des trois prochains chapitres.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_ytthzsg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_ytthzsg">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:3-8&amp;version=LSG">Mt 19,3-8</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_t63turx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_t63turx">2.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Dt%2024:1-4&amp;version=LSG">Dt 24,1-4</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_0u4nuh9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_0u4nuh9">3.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%201:29&amp;version=LSG">Jn 1,29</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_n5fk547"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_n5fk547">4.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-001-lecoute-du-christ-sur-lorigine-de-la-famille#3">TDC 1,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_o46dnpl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_o46dnpl">5.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%201:26&amp;version=LSG">Gn 1,26</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_d9rx5kh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_d9rx5kh">6.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-003-ils-deviennent-seule-meme-chair">TDC 3,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_p35pnx4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_p35pnx4">7.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-004-lien-entre-linnocence-originelle-la-redemption">TDC 4,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_962mz8x"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_962mz8x">8.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-055-corps-dans-la-premiere-lettre-aux-corinthiens">TDC 55,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_t2t0upc"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_t2t0upc">9.</a> comme le dit le chant anglosaxon : <em>There is Power in the Blood of the Lamb</em></li> <li class="footnote" id="footnote10_06od572"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_06od572">10.</a> cf.&nbsp;<a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/rm8.html">Rm 8,23</a> - Note : pour les catholiques, pr&eacute;f&eacute;rez la traduction de la Bible de J&eacute;rusalem, <em>r&eacute;demption du corps</em>, &agrave; celle de la Bible de la Liturgie, <em>d&eacute;livrance du corps</em>, qui nous emm&egrave;ne tout droit vers l'h&eacute;r&eacute;sie du manich&eacute;isme...</li> <li class="footnote" id="footnote11_zh9ea3t"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_zh9ea3t">11.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-004-lien-entre-linnocence-originelle-la-redemption#3">TDC 4,3</a></li> </ul> commencement création élohiste expérience genèse péché rédemption rédemption du corps révélation yahwiste Sat, 22 Aug 2009 09:58:21 +0000 Incarnare 24 at http://www.theologieducorps.fr La Solitude Originelle http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-solitude-originelle <p><em>&laquo; Il n&rsquo;est pas bon que l&rsquo;homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. &raquo;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref1_npnllfz" title="Gn 2,18" href="#footnote1_npnllfz">1</a> : Ce sont ces mots qui sont au coeur de la r&eacute;flexion du Pape sur la <em>Solitude originelle</em>.</p> <p>De quelle solitude s'agit-il ?&nbsp;Certainement, l'homme est alors seul sans la femme, mais la solitude est plus profonde : il est seul en tant que <em>personne</em>.</p> <p>Notons que dans ce passage, l'homme (<em>adam</em> en h&eacute;breu) n'est pas encore d&eacute;fini en tant qu'individu masculin (<em>ish</em> en h&eacute;breu) : il ne le sera qu'apr&egrave;s la cr&eacute;ation de la femme (<em>isha</em> en h&eacute;breu). La solitude n'est pas le propre du masculin mais de la personne humaine. Jean-Paul II&nbsp;commente en affirmant que &quot;<em>cette probl&eacute;matique anthropologique fondamentale intervient avant le fait d'&ecirc;tre homme et femme</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_adlu56t" title="TDC&nbsp;5,3" href="#footnote2_adlu56t">2</a>. <br /> &nbsp;</p> <p>Par avant, le Saint-P&egrave;re n'entend pas avant chronologiquement mais dans la nature des choses.&nbsp;Nous sommes des &ecirc;tres charnels avant d'&ecirc;tre hommes ou femmes. Nous sommes <em>quelqu'un</em><a class="see-footnote" id="footnoteref3_plxphbs" title="en anglais, some-body, 'un corps'. " href="#footnote3_plxphbs">3</a> L'exp&eacute;rience de la sexualit&eacute; est secondaire par rapport &agrave; cette r&eacute;alit&eacute; premi&egrave;re.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'homme &agrave; la recherche de son identit&eacute;</h4> <p>Reconnaissant le besoin d'une aide pour Adam, Dieu cr&eacute;a les animaux et <em>il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout &ecirc;tre vivant port&acirc;t le nom que lui donnerait l'homme</em><a class="see-footnote" id="footnoteref4_b9j1fi6" title="Gn 2,19" href="#footnote4_b9j1fi6">4</a>.&nbsp;</p> <p>L'homme prend alors conscience de sa diff&eacute;rence par rapport au reste de la cr&eacute;ation : &quot;<em>mais, pour l'homme, il ne trouva point d'aide semblable &agrave; lui</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_fbpsq46" title="Gn 2,20" href="#footnote5_fbpsq46">5</a>. Quand Adam contemple la cr&eacute;ation, il ne voit pas dans les autres corps des <em>personnes</em>. Ainsi prend-il conscience de sa singularit&eacute; parmi toute la cr&eacute;ation.&nbsp;Il r&eacute;alise <em>subjectivement </em>la r&eacute;alit&eacute; <em>objective</em> d&eacute;crite dans le r&eacute;cit Elohiste de la cr&eacute;ation : qu'il est fait &agrave; l'image et &agrave; la ressemblance de Dieu.</p> <p>Cette r&eacute;alit&eacute; est v&eacute;cue <em>corporellement </em>: l'homme est poussi&egrave;re dans laquelle Dieu mis son souffle. Aucun autre animal n'est ainsi, &agrave; la fois <em>charnel </em>et <em>spirituel</em>.</p> <p>Cette singularit&eacute;, cette solitude de la cr&eacute;ature face &agrave; son Cr&eacute;ateur est un appel entrer en relation.&nbsp;L'homme et la femme sont les seules cr&eacute;atures cr&eacute;&eacute;es pour elles-m&ecirc;mes, et ils ne sont pleinement eux-m&ecirc;mes que lorsqu'ils entrent en relation, s'ils se donnent.&nbsp;</p> <p>Se donner dans l'amour suppose d'&ecirc;tre libre : si Dieu nous offre le choix d'entrer dans une alliance &eacute;ternelle avec Lui, nous avons aussi le choix de refuser cette alliance. En faisant l'exp&eacute;rience de cette libert&eacute;, nous dit Jean-Paul II , <em>l'homme aurait d&ucirc; comprendre que l'Arbre de la connaissance du bien et du mal recelait une dimension de la solitude qui lui &eacute;tait jusqu'alors inconnue</em><a class="see-footnote" id="footnoteref6_39t4b7n" title="TDC&nbsp;7,3" href="#footnote6_39t4b7n">6</a> : l'<strong>&eacute;loignement de Dieu</strong>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le choix entre la mort et l'immortalit&eacute;</h4> <blockquote><p>&nbsp;Tu ne mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour o&ugrave; tu en mangeras, tu mourras.<a class="see-footnote" id="footnoteref7_738mdt3" title="Gn 2,17" href="#footnote7_738mdt3">7</a> </p></blockquote> <p>Dieu donne &agrave; l'homme de pouvoir manger de tous les arbres du jardin, c'est &agrave; dire de participer pleinement &agrave; la vie divine. D'un seul arbre, il ne doit pas manger. Il ne s'agit pas l&agrave; d'un interdit pour tenter l'homme, avec une punition &agrave; la cl&eacute;.&nbsp;<em>Au contraire</em>, Dieu r&eacute;affirme &agrave; l'homme sa libert&eacute; en lui d&eacute;voilant les cons&eacute;quences de ses actes : si tu choisis de vivre loin de moi [qui suis la Vie], tu mourras.&nbsp;</p> <p>Le &quot;tu mourras&quot; n'est pas une punition, ni m&ecirc;me une cons&eacute;quence : c'est <em>dans le fait m&ecirc;me </em>de vivre hors de Dieu que se trouve la mort.&nbsp;</p> <p>Adam pouvait-il comprendre cet avertissement ? C'est la question que pose Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref8_kulmtud" title="TDC 7,3" href="#footnote8_kulmtud">8</a>. Il n'a jusqu'alors connu que la <em>vie</em>. Qu'est ce que le mot &quot;mourir&quot; peut signifier pour lui, qui n'en a aucune exp&eacute;rience ?&nbsp;<em>De la m&ecirc;me mani&egrave;re que nous entrons dans la compr&eacute;hension de ce que vit Adam en &quot;n&eacute;gatif&quot;, lui aussi pouvait percevoir ce que signifie la mort en retournant le sens de ce qu'il a experiment&eacute; jusqu'alors.</em></p> <p>La libert&eacute; de l'homme est de pouvoir accepter de vivre en communion &eacute;ternelle avec Dieu comme d'&ecirc;tre &eacute;ternellement s&eacute;par&eacute; de Lui. La solitude originelle nous permet de comprendre que notre relation &agrave; Dieu est &agrave; la fois <em>d&eacute;pendance&nbsp;</em>et <em>partenariat</em>. D&eacute;pendance car l'homme est une cr&eacute;ature ; partenariat car il est une personne cr&eacute;&eacute;e par un Dieu personnel qui lui propose une relation amoureuse.</p> <p>Cette relation, Satan l'attaque en sugg&eacute;rant que Dieu veut le mal de l'homme : en effet, si Dieu n'est pas Amour, alors la d&eacute;pendance vis &agrave; vis de Dieu en vient &agrave; &ecirc;tre per&ccedil;ue comme une menace contre la <em>subjectivit&eacute;</em> de l'homme. En tant que sujet, l'homme refuse - avec raison - d'&ecirc;tre r&eacute;duit en esclavage : d&egrave;s l'instant o&ugrave; il per&ccedil;oit Dieu comme un tyran, il veut s'affranchir de la relation.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_npnllfz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_npnllfz">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:18&amp;version=LSG">Gn 2,18</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_adlu56t"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_adlu56t">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-005-la-signification-de-la-solitude-originelle-de-lhomme#3">TDC&nbsp;5,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_plxphbs"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_plxphbs">3.</a> en anglais, <em>some-body</em>, 'un corps'. </li> <li class="footnote" id="footnote4_b9j1fi6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_b9j1fi6">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:19&amp;version=LSG">Gn 2,19</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_fbpsq46"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_fbpsq46">5.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:20&amp;version=LSG">Gn 2,20</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_39t4b7n"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_39t4b7n">6.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-007-lalternative-entre-la-mort-limmortalite#3">TDC&nbsp;7,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_738mdt3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_738mdt3">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:17&amp;version=LSG">Gn 2,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_kulmtud"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_kulmtud">8.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-007-lalternative-entre-la-mort-limmortalite">TDC 7,3</a></li> </ul> identité partenaire de l'Absolu solitude solitude originelle Sat, 22 Aug 2009 11:46:16 +0000 Incarnare 25 at http://www.theologieducorps.fr L'Unité Originelle http://www.theologieducorps.fr/tdc/lunite-originelle <p>Toute la solitude de l'homme l'appelle &agrave; entrer en relation, avec une autre <em>personne</em>.</p> <blockquote><p>Alors l'&Eacute;ternel Dieu fit tomber un <strong>profond sommeil </strong>sur l'homme, qui s'endormit; il prit une de ses c&ocirc;tes, et referma la chair &agrave; sa place. L'&Eacute;ternel Dieu forma une femme de la c&ocirc;te qu'il avait prise de l'homme, et il l'amena vers l'homme.Et l'homme dit: <strong>Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! </strong>on l'appellera femme, parce qu'elle a &eacute;t&eacute; prise de l'homme. <strong>C'est pourquoi l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, et s'attachera &agrave; sa femme, et ils deviendront une seule chair</strong>.<a class="see-footnote" id="footnoteref1_z4956on" title="Gn 2,21-24" href="#footnote1_z4956on">1</a></p></blockquote> <h4>Le sommeil d'Adam</h4> <p>Ce <em>profond sommeil</em>, en h&eacute;breu tardemah, se rencontre dans la Bible lorsque Dieu - et Lui seul - agit de mani&egrave;re puissante<a class="see-footnote" id="footnoteref2_lijeh59" title="On retrouve ce terme en Gn 15, lors de la promesse &agrave; Abraham, en 1Sa 26 lorsque David traverse le camp de l'ennemi lance &agrave; la main, ou dans Da 8 lorsque Dieu r&eacute;v&egrave;le &agrave; Daniel les fins derni&egrave;res." href="#footnote2_lijeh59">2</a>.&nbsp;Ainsi, Adam ne prend pas part &agrave; la cr&eacute;ation d'&Egrave;ve. La c&ocirc;te d'Adam ne signifie pas ainsi une pr&eacute;valence d'un genre sur l'autre mais le partage d'une <em>m&ecirc;me nature</em>.&nbsp;</p> <p>Nul doute qu'Adam entre dans ce sommeil avec le d&eacute;sir d'une autre personne avec qui entrer en communion.&nbsp; Il en sort en quelque sorte <em>recr&eacute;&eacute; </em>homme et femme. &Egrave;ve est &quot;<em>os de mes os</em>&quot;, c'est &agrave; dire qu'elle partage le corpor&eacute;it&eacute; d'Adam ; elle est &quot;<em>chair de ma chair</em>&quot;, c'est &agrave; dire qu'&agrave; travers son corps, Adam voit une autre <em>personne</em>, un &ecirc;tre charnel-spirituel comme lui.&nbsp;</p> <p>L'expression d'Adam est une expression d'&eacute;merveillement absolu devant le myst&egrave;re que repr&eacute;sente une autre personne ; elle pourrait &ecirc;tre traduite : &quot;<em>voici un corps qui exprime une personne !</em>&quot;</p> <p>Maintenant Adam est <em>masculin</em> (ish) et &Egrave;ve <em>f&eacute;minine</em> (isha) : auparavant, Adam &eacute;tait assexu&eacute;, au sens o&ugrave; il &eacute;tait &quot;sans [l'autre] sexe&quot; : sans l'autre, la masculinit&eacute; ou la f&eacute;minit&eacute; ne font pas sens.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La communion d&eacute;passe et affirme la solitude</h4> <p>Selon Jean-Paul II , <em>&quot;le sens de l'unit&eacute; originelle [...] s'exprime comme le d&eacute;passement de la fronti&egrave;re de la solitude et &agrave; la fois une affirmation de cette solitude</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_i1lfsjr" title="TDC&nbsp;9,2" href="#footnote3_i1lfsjr">3</a>.&nbsp;Que veut-dire le Pape ?&nbsp;</p> <p>Rappelons-nous que la solitude a deux signification distinctes : la premi&egrave;re est l'absence de l'autre sexe v&eacute;cue par Adam, qui se trouve ici d&eacute;pass&eacute;e. L'autre est la solitude face au cr&eacute;ateur, qui se trouve affirm&eacute;e : chacun est bien une <em>personne </em>distincte et capable d'aimer, car libre. C'est dans l'unit&eacute; originelle que l'identit&eacute;, en germe dans la solitude, trouve son expression compl&egrave;te. L'homme et la femme sont pleinement eux-m&ecirc;mes, nous dit le Pape, lorsqu'ils vivent une <em>Communio personarum</em>, qu'ils sont une communion de personnes.</p> <p>Ils sont alors pleinement eux-m&ecirc;me c'est &agrave; dire qu'ils sont &agrave; l'image de Dieu. Ceci repr&eacute;sente un d&eacute;veloppement th&eacute;ologique important : si auparavant, il avait &eacute;t&eacute; envisag&eacute; que l'homme &eacute;tait &agrave; l'image de la trinit&eacute;, c'&eacute;tait de mani&egrave;re m&eacute;taphorique ou en associant &agrave; chaque Personne trinitaire une qualit&eacute; particuli&egrave;re (e.g. m&eacute;moire, intelligence et volont&eacute;). L&agrave; c'est la communion entre les personnes humaines qui est image de la Trinit&eacute;, communion divine.</p> <p>L'usage du pluriel dans le &quot;Faisons-le &agrave; <em>notre </em>image&quot; est un indice de la nature de la trinit&eacute;. Le Christ confirme la validit&eacute; de cette image lorsqu'il prie le P&egrave;re : &quot;<em>qu'ils soient un comme nous sommes un.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_w5k8pwk" title="Jn 17,21-22" href="#footnote4_w5k8pwk">4</a>. En faisant entrer l'union humaine - et plus pr&eacute;cis&eacute;ment l'union sexuelle - comme image trinitaire dans le Magist&egrave;re, Jean-Paul II&nbsp;franchit un seuil auquel St Augustin et St Thomas s'&eacute;taient arr&ecirc;t&eacute;s.</p> <p>Ainsi, le verset &quot;<em>ils ne feront qu'une seule chair </em>&quot; a une port&eacute;e tr&egrave;s importante quant &agrave; la r&eacute;v&eacute;lation de qui Dieu est et de qui nous sommes. Plus encore, il pointe vers ce &agrave; quoi nous sommes appel&eacute;s : la communion des saints en communion avec la Trinit&eacute;.</p> <p>Deux dimensions de l'union &quot;<em>en une chair</em>&quot; exigent d'&ecirc;tre analys&eacute;es plus profond&eacute;ment : la dimension <em>&eacute;thique</em> et la dimension <em>sacramentelle</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'homme, sujet en relation</h4> <p>Ainsi, l'homme, pour l'&Eacute;glise n'est pleinement lui-m&ecirc;me que lorsqu'il est en relation : le fait d'&ecirc;tre en relation est au coeur de son identit&eacute; profonde (et donc de sa vocation). Cette vision est loin de l'individualisme radical propos&eacute; par les soci&eacute;t&eacute;s occidentales.</p> <p>Nous sommes cr&eacute;&eacute;s <em>pour&nbsp;</em>Dieu. Cela ne signifie pas que Dieu ait besoin de nous, mais qu'il est le but de notre existence. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, lorsque nous disons que l'homme (et le cr&eacute;ation) existent pour la gloire de Dieu, reconnaissons avec le Cat&eacute;chisme<a class="see-footnote" id="footnoteref5_0hnybms" title="CEC 293, citant Saint Bonaventure" href="#footnote5_0hnybms">5</a> &quot;<em>qu'il a cr&eacute;&eacute; toutes choses &quot;non pour accro&icirc;tre la Gloire, mais pour manifester et communiquer cette gloire&nbsp;&quot;. Car Dieu n&rsquo;a pas d&rsquo;autre raison pour cr&eacute;er que son amour et sa bont&eacute;</em>&quot;.&nbsp;</p> <p>Ce d&eacute;sir de relation qui habite l'homme ne peut en d&eacute;finitive &ecirc;tre satisfait que dans la relation &agrave; Dieu : nous sommes appel&eacute;s &agrave; &ecirc;tre &quot;<em>partenaires de l'Absolu</em>&quot;. C'est pourquoi le Christ, r&eacute;pondant aux pharisiens sur le mariage, &eacute;voque le <a href="?q=node/5"><em>C&eacute;libat pour le Royaume</em></a><a class="see-footnote" id="footnoteref6_728i0hm" title="Mt 19,11-12" href="#footnote6_728i0hm">6</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;Ce n'est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux &agrave; qui Dieu l'a r&eacute;v&eacute;l&eacute;e. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont &eacute;t&eacute; mutil&eacute;s par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier &agrave; cause du Royaume des cieux. Celui qui peut comprendre, qu'il comprenne ! </p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>L'acte conjugal, d&egrave;s l'origine ?</h4> <p>Quelques P&egrave;res de l'&Eacute;glise grecs (parmi lesquels Gr&eacute;goire de Nysse et Saint Jean Chrisostome) affirment qu'au paradis, l'homme et la femme ne se seraient pas unis &quot;<em>en une chair</em>&quot;. Si l'on interpr&egrave;te trop rapidement leurs &eacute;crits, l'on pourrait croire que l'union charnelle sexuelle r&eacute;sulte du p&eacute;ch&eacute;. Ce serait leur pr&ecirc;ter trop h&acirc;tivement une suspicion pour le corps : Jean-Paul II&nbsp;r&eacute;p&egrave;te &agrave; <em>maintes reprises</em> que l'<em>union charnelle est voulue par le Cr&eacute;ateur d&egrave;s le commencement</em>.</p> <p>Rappelons que ce commencement n'est pas une pr&eacute;histoire au sens temporel du terme : Jean-Paul II&nbsp;affirme &eacute;galement que le premier acte conjugal <em>dans l'histoire</em> (c'est &agrave; dire tel que nous le connaissons) a lieu en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%204:1&amp;version=LSG">Gn 4,1</a><a class="see-footnote" id="footnoteref7_gbkp3xw" title="pour la conception de Ca&iuml;n" href="#footnote7_gbkp3xw">7</a>.</p> <p>Certains d&eacute;fendent la th&egrave;se de la virginit&eacute; d'Adam et &Egrave;ve avant le p&eacute;ch&eacute; originel : cette position n'est pas irr&eacute;conciliable avec l'id&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente si l'on consid&egrave;re - avec raison, selon nous - que la virginit&eacute; n'est pas une donn&eacute;e purement physique. Quand Jean-Paul II&nbsp;&eacute;voque la <em>valeur virginale originelle</em> de l'homme et de la femme, il ne fait pas r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'absence de relation charnelle mais &agrave; l'unit&eacute; originale entre le corps et l'&acirc;me de la personne.<br /> Dans cette vision, Adam et &Egrave;ve sont rest&eacute;s vierges jusqu'au p&eacute;ch&eacute; originel car, quelle que soit le mode de l'union qu'ils aient connue avant celui-ci, cette union dans le don sinc&egrave;re et mutel respectait la personne de l'autre, qui ne perd ainsi pas sa <em>valeur virginale originelle</em>. <a class="see-footnote" id="footnoteref8_l8e92o6" title="Cette notion de valeur virginale originelle apporte un &eacute;clairage nouveau sur la virginit&eacute; de Marie.&nbsp;Si celle-ci inclut bien l'absence de relation sexuelle (cf. Lc 1,34), la b&eacute;n&eacute;diction particuli&egrave;re de Marie a une port&eacute;e bien plus grande encore : l'int&eacute;grit&eacute; de l'unit&eacute; de son corps et de son &acirc;me ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;serv&eacute;s, ce qui nous renvoie &agrave; l'Immacul&eacute;e Conception." href="#footnote8_l8e92o6">8</a></p> <p>La virginit&eacute; n'est donc pas d'abord un renoncement [&agrave; la sexualit&eacute;] ou un signe biologique &agrave; pr&eacute;server. Elle tient dans l'unit&eacute; du corps et de l'&acirc;me. Il est ainsi possible, dans la r&eacute;demption par le Christ, de voir cette virginit&eacute; <em>restaur&eacute;e</em> et il est possible aux &eacute;poux et &eacute;pouses de surmonter progressivement la concupiscence<a class="see-footnote" id="footnoteref9_gbggit6" title="c'est &agrave; dire la volont&eacute; d'appropriation de l'autre, par opposition au d&eacute;sir qui est la volont&eacute; de se donner &agrave; l'autre" href="#footnote9_gbggit6">9</a> et d'aimer comme le Christ aime. Cet amour est la vocation de tous les chr&eacute;tiens : &quot;<em>Maris, aimez vos femmes <strong>comme le Christ aime </strong>l'&Eacute;glise</em>&quot;</p> <p>Le mariage lui-m&ecirc;me a ceci pour but : de restaurer notre valeur virginale originelle.Citons Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref10_k7ogxlp" title="TDC 10,2" href="#footnote10_k7ogxlp">10</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Quand ils s'unissent (dans l'acte conjugal) de mani&egrave;re si intime qu'ils en deviennent &quot;une chair&quot;, l'homme et la femme red&eacute;couvrent chaque fois, et d'une fa&ccedil;on particuli&egrave;re, le myst&egrave;re de leur cr&eacute;ation. Ils retrouvent ainsi &agrave; cette union en humanit&eacute; (&quot;os de mes os et chair de ma chair&quot;) qui leur permet de se reconna&icirc;tre l'un l'autre et, comme la premi&egrave;re fois, de s'appeler par leur nom. Ainsi ils revivent d'une certaine mani&egrave;re la valeur virginale originelle de l'homme, qui vient de leur solitude devant Dieu et dans la cr&eacute;ation. </p></blockquote> <p>Les &Eacute;poux - en confiant continuellement leur sexualit&eacute; au Christ - font ainsi l'exp&eacute;rience d'une &quot;r&eacute;elle et profonde victoire&quot; sur la concupiscence : dans le don sinc&egrave;re d'eux-m&ecirc;mes, il d&eacute;couvrent leur identit&eacute; profonde ; cette communion confirme la valeur virginale unique de chacun et l'irr&eacute;p&eacute;tabilit&eacute; de leur personne.</p> <p><em>Au commencement</em>, la relation sexuelle ne portait pas atteinte &agrave; la relation sponsale de chacun avec Dieu mais la renfor&ccedil;ait. A cause du p&eacute;ch&eacute; originel, nous sommes tent&eacute;s de chercher dans cette relation la satisfaction ultime &agrave; laquelle nous aspirons et qui ne peut &ecirc;tre trouv&eacute;e qu'en Dieu.<br /> En effet, l'attirance sexuelle &eacute;tait un appel pour chacun &agrave; devenir un don sinc&egrave;re pour l'autre. Elle ne visait pas la satisfaction &eacute;go&iuml;ste de son propre plaisir aux d&eacute;pends de l'autre. Le d&eacute;sir et l'attirance &eacute;taient intimement li&eacute;s avec notre libert&eacute; et notre capacit&eacute; &agrave; choisir le don, qui nous distingue des animaux. Si l'attirance sexuelle est ressentie aujourd'hui uniquement comme un instinct, c'est le r&eacute;sultat du p&eacute;ch&eacute; originel.</p> <h5>La force cr&eacute;atrice de la Communion</h5> <p>L'un des buts de la Th&eacute;ologie du Corps est donner des bases anthropologiques &agrave; l'enseignement d'Humanae Vitae.&nbsp;<br /> Nous sommes cr&eacute;&eacute;s &agrave; l'image du Dieu-Amour. L'Amour tend &agrave; &eacute;largir cette communion en invitant &agrave; y participer. C'est cette vitalit&eacute; de l'Amour trinitaire qui est &agrave; l'origine de notre cr&eacute;ation &agrave; partir du n&eacute;ant. Quand l'homme et la femme s'unissent, nous avons vu qu'ils renouvellent le myst&egrave;re de la cr&eacute;ation, nous dit le Pape, &quot;dans toute sa profondeur originelle et sa vitalit&eacute;&quot;.&nbsp;Ils sont appel&eacute;s &agrave; &quot;pro-cr&eacute;er&quot;. Quel est l'impact de la contraception et de la st&eacute;rilisation sur cette image ?&nbsp;Nous suivrons <a href="?q=node/7">plus loin la r&eacute;ponse de Jean-Paul II</a>.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_z4956on"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_z4956on">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:21-24&amp;version=LSG">Gn 2,21-24</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_lijeh59"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_lijeh59">2.</a> On retrouve ce terme en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%2015:12&amp;version=LSG">Gn 15</a>, lors de la promesse &agrave; Abraham, en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Sa%2026:12&amp;version=LSG">1Sa 26 </a>lorsque David traverse le camp de l'ennemi lance &agrave; la main, ou dans <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Da%208&amp;version=LSG">Da 8</a> lorsque Dieu r&eacute;v&egrave;le &agrave; Daniel les fins derni&egrave;res.</li> <li class="footnote" id="footnote3_i1lfsjr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_i1lfsjr">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-009-par-la-communion-personnes-lhomme-devient-image-de-dieu#2">TDC&nbsp;9,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_w5k8pwk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_w5k8pwk">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%2017:21-22&amp;version=LSG">Jn 17,21-22</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_0hnybms"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_0hnybms">5.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1A.HTM">CEC 293</a>, citant Saint Bonaventure</li> <li class="footnote" id="footnote6_728i0hm"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_728i0hm">6.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:11-12&amp;version=LSG">Mt 19,11-12</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_gbkp3xw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_gbkp3xw">7.</a> pour la conception de Ca&iuml;n</li> <li class="footnote" id="footnote8_l8e92o6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_l8e92o6">8.</a> Cette notion de <em>valeur virginale originelle </em>apporte un &eacute;clairage nouveau sur la virginit&eacute; de Marie.&nbsp;Si celle-ci inclut bien l'absence de relation sexuelle (cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%201:34&amp;version=LSG">Lc 1,34</a>), la b&eacute;n&eacute;diction particuli&egrave;re de Marie a une port&eacute;e bien plus grande encore : l'int&eacute;grit&eacute; de l'unit&eacute; de son corps et de son &acirc;me ont &eacute;t&eacute; pr&eacute;serv&eacute;s, ce qui nous renvoie &agrave; l'Immacul&eacute;e Conception.</li> <li class="footnote" id="footnote9_gbggit6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_gbggit6">9.</a> c'est &agrave; dire la volont&eacute; d'appropriation de l'autre, par opposition au d&eacute;sir qui est la volont&eacute; de se donner &agrave; l'autre</li> <li class="footnote" id="footnote10_k7ogxlp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_k7ogxlp">10.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-010-valeur-du-mariage-indissoluble-la-lumiere-premiers-chapitres-de-la-genese#2">TDC 10,2</a></li> </ul> acte conjugal Célibat pour le Royaume communio personarum mariage partenaire de l'Absolu unité originelle valeur virginale originelle virginité Sat, 22 Aug 2009 15:30:35 +0000 Incarnare 26 at http://www.theologieducorps.fr La Nudité Originelle http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-nudite-originelle <p>Si la <a href="?q=node/25">solitude originelle</a> et l'<a href="?q=node/26">unit&eacute; originelle</a> sont les fondations de la vision de l'homme b&acirc;tie dans la Bible et dessin&eacute;e par Jean-Paul II, la Nudit&eacute; Originelle en est selon lui la clef-de-vo&ucirc;te: c'est en effet la nudit&eacute; d&eacute;pourvue de honte qui d&eacute;crit le mieux &quot;<em>l'&eacute;tat de leur conscience et l'exp&eacute;rience mutuelle de leur corps</em><span class="currency_converter_text">&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_xt45wek" title="TDC 11,3" href="#footnote1_xt45wek">1</a>. La Gen&egrave;se continue en effet ainsi<a class="see-footnote" id="footnoteref2_n271yay" title="Gn 2,25 : notons que ce verset semble arriver comme un cheveu sur la soupe... le fait qu'il intervienne pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; ce point, avant l'arbre de la connaissance, n'est pas anodin." href="#footnote2_n271yay">2</a> :</span></p> <blockquote><p>&nbsp;Tous les deux, l'homme et sa femme, &eacute;taient nus, et ils n'en &eacute;prouvaient aucune honte l'un devant l'autre.</p></blockquote> <p>Constatons que dans cette <em>nudit&eacute; d&eacute;pourvue de honte</em>, la honte n'existe pas : il ne s'agit pas d'un sous-d&eacute;veloppemet de celle-ci, comme par exemple l'absence de g&ecirc;ne d'un enfant qui ne ma&icirc;trise pas encore le sens de son corps.</p> <p><span class="currency_converter_text">Il ne sagit pas non plus d'une inhibitition de la honte, &quot;tout honte bue&quot;.&nbsp;Une telle absence de honte serait immodeste et implique le refoulement d'une honte qui aurait des raisons d'exister, comme le retour sans contrition du p&eacute;cheur vers Dieu<a class="see-footnote" id="footnoteref3_pptxq14" title="cf. Jr 3,2-3: &quot;L&egrave;ve tes yeux vers les hauteurs, et regarde! O&ugrave; ne t'es-tu pas prostitu&eacute;e! Tu te tenais sur les chemins, comme l'Arabe dans le d&eacute;sert, Et tu as souill&eacute; le pays par tes prostitutions et par ta m&eacute;chancet&eacute;. [...] Mais tu as eu le front d'une femme prostitu&eacute;e, Tu n'as pas voulu avoir honte.&quot;" href="#footnote3_pptxq14">3</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>La clef de l'anthropologie biblique :</h4> <p>La honte face &agrave; notre nudit&eacute; est justifi&eacute;e lorsque cette nudit&eacute; constitue une menace pour la dignit&eacute; de la personne. L'exp&eacute;rience de la nudit&eacute; originelle est d&eacute;pourvue de honte car &ecirc;tre nu ne constituait aucune menace contre cette dignit&eacute;. <em>Seule la nudit&eacute; qui fait de la femme (respectivement, de l'homme) un objet pour l'homme (resp. la femme) est source de honte. </em>Jean-Paul II&nbsp;conclut : <em>&quot;</em><strong>Au commencement, la femme n'&eacute;tait pas un objet pour l'homme, ni lui pour elle</strong><span class="currency_converter_text">&quot;.<a class="see-footnote" id="footnoteref4_1jyagch" title="TDC&nbsp;19,1" href="#footnote4_1jyagch">4</a></span></p> <p>On l'a vu, la honte prot&egrave;ge la dignit&eacute; de la personne. La principale menace contre cette dignit&eacute; est une attitude <em>utilitariste</em> qui consiste &agrave; consid&eacute;rer l'autre comme un moyen de satisfaction de mon propre besoin (physique, affectif) : si la pornographie ou la prostitution, qui &agrave; des personnes substituent des corps anonymes, en sont un exemple frappant, cette r&eacute;duction de l'autre &agrave; mon besoin est pr&eacute;sente dans notre exp&eacute;rience quotidienne. <br /> Seul le d&eacute;sir r&eacute;ciproque de se donner pleinement &agrave; l'autre, dans une relation o&ugrave; chacun est conscient de la valeur du don que l'autre lui fait et d&eacute;cide de se donner en retour, permet &agrave; la honte de perdre sa raison d'&ecirc;tre. &quot;<em>Le corps humain dans sa nudit&eacute; devient alors source de communication interpersonnelle</em><span class="currency_converter_text">&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_4oyq9ql" title="TDC 62,3" href="#footnote5_4oyq9ql">5</a></span></p> <p>L'anthopologie propos&eacute;e ici par la Bible s'appuie r&eacute;ellement sur l'<em>exp&eacute;rience personnelle</em> d'Adam et Eve, sans la th&eacute;oriser ou la conceptualiser. Le Christ, en faisant r&eacute;f&eacute;rence au commencement, &eacute;tablit un lien entre cette exp&eacute;rience de la nudit&eacute; d&eacute;pourvue de honte et notre exp&eacute;rience de la nudit&eacute;. Notre g&ecirc;ne face &agrave; la nudit&eacute; nous montre que la vision que nous en avons est exactement le n&eacute;gatif (au sens photographique du terme) de l'exp&eacute;rience que nous devrions en avoir.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Qu'est ce que la honte ?&nbsp;</h4> <p><span class="currency_converter_text">L'audience du </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">19</span><span class="currency_converter_text"> d&eacute;cembre </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">1979</span><span class="currency_converter_text"><a class="see-footnote" id="footnoteref6_tux9lsy" title="TDC&nbsp;12" href="#footnote6_tux9lsy">6</a>, s'ouvre sur cette question importante. Notons tout d'abord que la honte est une r&eacute;alit&eacute; </span><em>interpersonnelle</em>. M&ecirc;me si elle a un sens profond pour chaque personne, elle est li&eacute;e au regard de l'autre : on a honte <em>devant quelqu'un</em>. Une personne n'a aucune raison d'avoir honte de sa propre nudit&eacute; quand il ou elle est seul(e) - &agrave; moins d'en faire quelque chose d'honteux.</p> <p>La honte manifeste un besoin profond d'<em>acceptation</em>, de <em>reconnaissance </em>et d'<em>affirmation </em>de notre personne et, dans le m&ecirc;me temps, une crainte que l'<em>autre </em>ne reconnaisse pas et n'affirme pas la v&eacute;rit&eacute; de ma personne, r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par ma nudit&eacute;. On se couvre alors<a class="see-footnote" id="footnoteref7_atmpa7d" title="Notez que l'on dit que l'on se couvre et non que l'on couvre son corps, ce qui semblerait &ecirc;tre une description en apparence plus exacte de notre r&eacute;action. Les anglo-saxons diront : we cover our-selves, nos personnes" href="#footnote7_atmpa7d">7</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Se communiquer en v&eacute;rit&eacute;</h4> <p>Toutes les articles de psychologie qui traitent du couple&nbsp; - qu'ils soient publi&eacute;s dans un magazine f&eacute;minin ou dans une revue scientifique - insistent sur l'importance de la communication au sein du couple. Pourtant, Jean-Paul note que nous avons perdu le v&eacute;ritable sens du mot communiquer.&nbsp;La &quot;vraie&quot; communication, selon le Pape, est l'exp&eacute;rience du commune union.&nbsp;<em>Communiquer, c'est &eacute;tablir une communion dans le don sinc&egrave;re et mutuel</em>.</p> <p>Ces articles proposent invariablement diff&eacute;rentes &quot;m&eacute;thodes&quot; ou &quot;techniques&quot; de communication, qui permettent de se parler.&nbsp;Ils sont certainement tr&egrave;s profitables. Toutefois, peu d'entre eux mentionnent le besoin de d&eacute;velopper une vraie communion dans le don r&eacute;ciproque. <br /> La convoitise - c'est &agrave; dire le fait de vouloir non pas de donner compl&egrave;tement &agrave; l'autre mais se l'approprier pour ma propre jouissance imm&eacute;diate - est l'ennemi principal du don de soi qui rend possible une communication conjugale authentique. Apprendre &agrave; d&eacute;passer la convoitise pour entrer dans la &quot;<em>libert&eacute; du don</em>&quot; est ainsi l'une des <em>techniques de communication </em>les plus importantes de la vie conjugale.</p> <p>L'exp&eacute;rience de la nudit&eacute; originelle t&eacute;moigne d'une communication authentique, de la puret&eacute; du don sinc&egrave;re de soi. Cette puret&eacute; permet de communiquer une <em>connaissance intime de la personne</em><span class="currency_converter_text">. Ecoutons Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref8_rw7h7ui" title="TDC 13,1" href="#footnote8_rw7h7ui">8</a> :</span></p> <blockquote><p>&nbsp;La &quot;nudit&eacute;&quot; signifie la beaut&eacute; originelle du projet divin. Elle signifie la simplicit&eacute; et la pl&eacute;nitude de son regard qui r&eacute;v&egrave;le la puret&eacute; de l'homme et de la femme, du corps et de la sexualit&eacute;. </p></blockquote> <p>Gr&eacute;goire de Nysse, un P&egrave;re de l'&Eacute;glise, qualifie les feuilles de vigne de <em>haillon de mis&egrave;re</em><a class="see-footnote" id="footnoteref9_cyq7cen" title="Gr&eacute;goire de Nysse, Sermon sur le Notre P&egrave;re, (PG, 44, 1184), cit&eacute; par Andr&eacute; Guindon" href="#footnote9_cyq7cen">9</a>.&nbsp;Ils ne sont pas un <em>cache-mis&egrave;re</em> au sens o&ugrave; la nudit&eacute; serait par elle m&ecirc;me mis&eacute;rable, mais ils rev&egrave;lent notre incapacit&eacute; &agrave; voir dans le corps de l'autre la valeur unique et irr&eacute;p&eacute;table de sa personne. Pour Jean Chrysostome, autre P&egrave;re, la nudit&eacute; est notre <em>v&ecirc;tement de gloire</em><a class="see-footnote" id="footnoteref10_buzwfmt" title="y'a t-il encore quelqu'un qui croit que l'&Eacute;glise fustige le corps ?" href="#footnote10_buzwfmt">10</a>: il pr&ecirc;chait ainsi<a class="see-footnote" id="footnoteref11_r6ispw0" title="Jean Chrysostome, Hom&eacute;lies sur la Gen&egrave;se, 16, 14(131), cit&eacute; par Andr&eacute; Guindon" href="#footnote11_r6ispw0">11</a> : &quot;<em>Ils jouissaient d'une telle confiance qu'[il] en &eacute;tait effectivement, comme s'ils n'avaient pas &eacute;t&eacute; nus : la gloire d'en haut les v&ecirc;tait mieux que n'importe quel v&ecirc;tement</em>&quot;.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La Paix de la Contemplation</h4> <p>Selon Saint Augustin, le d&eacute;sir le plus profond de notre coeur est <em>voir</em> l'autre et d'<em>&ecirc;tre vu</em> dans ce regard d'amour ; d'<em>aimer et &ecirc;tre aim&eacute;</em> ; de <em>conna&icirc;tre et &ecirc;tre connu</em>.&nbsp;Il d&eacute;veloppe sur le regard de compassion et d'amour du P&egrave;re<a class="see-footnote" id="footnoteref12_qrc9e9f" title=" Saint Augustin, Sermon LXIX " href="#footnote12_qrc9e9f">12</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Malgr&eacute; ces d&eacute;sordres il peur te voir, tu ne saurais le voir toi-m&ecirc;me, tandis qu'en pratiquant la vertu, tu le verras comme tu es vu de Lui. S'il t'a regard&eacute; avec tant de compassion pour t'appeler malgr&eacute; ton indignit&eacute;, avec quelle tendresse plus grande te contemplera-t-il quand il couronnera tes m&eacute;rites ?</p></blockquote> <p>Saint Augustin fait ensuite r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la conversion imm&eacute;diate de Nathana&euml;l, sur cette unique parole du Christ : &quot;avant que Philippe t'appel&acirc;t, quand tu &eacute;tais sous le figuier, je t'ai vu&quot; :</p> <blockquote><p>&nbsp;Le Christ te voit &agrave; l'ombre o&ugrave; tu es et il ne te verrait pas dans sa lumi&egrave;re? Que signifie en effet : <br /> &laquo; <em>Lorsque tu &eacute;tais sous le figuier, je t'ai vu? </em>&raquo; Quel est le sens, le sens mystique de ces mots? Rappelle-toi le p&eacute;ch&eacute; originel d'Adam, en qui nous mourons tous. Apr&egrave;s sa premi&egrave;re faute, le coupable se fit une ceinture de feuilles de figuier </p></blockquote> <p>Lorsque le Christ dit : je t'ai vu, Nathana&euml;l sent que ce regard n'a rien de commun avec un regard r&eacute;ducteur, qui cat&eacute;gorise ou qui juge, mais que dans ce regard il est <em>connu</em> dans toute la profondeur de son &ecirc;tre.&nbsp;C'est ce &agrave; quoi nous sommes appel&eacute;s : &agrave; nous voir nous-m&ecirc;mes, et &agrave; voir les autres avec le regard du Christ : &quot;aimez-vous les uns les autres <strong>comme </strong>je vous ai aim&eacute;s&quot;.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Il vit que cela &eacute;tait <em>tr&egrave;s</em> bon...&nbsp;</h4> <p><span class="currency_converter_text">Combien de nous se regardent dans la glace le matin et pensent : &quot;voici, cela est tr&egrave;s bon&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref13_btodh6a" title="Gn 1,31 dans la traduction de Segond." href="#footnote13_btodh6a">13</a>&nbsp;?</span></p> <p>Notre r&eacute;action &agrave; cette seule pens&eacute;e nous mettre &agrave; quel point nous nous sommes habitu&eacute;s &agrave; vivre notre vie comme un voilier &agrave; la voile perc&eacute;e... malgr&eacute; le p&eacute;ch&eacute; originel, le christianisme l'affirme haut et fort : la mort est vaincue par la Vie : le Christ a triomph&eacute; et nos corps demeurent &quot;tr&egrave;s bons&quot;.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_xt45wek"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_xt45wek">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-011-lhomme-la-femme-font-premieres-decouvertes#3">TDC </a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-011-lhomme-la-femme-font-premieres-decouvertes#3"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">11,3</span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote2_n271yay"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_n271yay">2.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%202,25">Gn </a></span><a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:25&amp;version=LSG"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">2,25</span></a><span class="currency_converter_text"> : notons que ce verset semble arriver comme un cheveu sur la soupe... le fait qu'il intervienne pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; ce point, avant l'arbre de la connaissance, n'est pas anodin.</li> <li class="footnote" id="footnote3_pptxq14"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_pptxq14">3.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jr%203:2-3&amp;version=LSG">Jr </a></span><a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jr%203:2-3&amp;version=LSG"><span class="currency_converter_text">3,2</span><span class="currency_converter_text">-</span><span class="currency_converter_text">3</span></a><span class="currency_converter_text">: &quot;</span><em>L&egrave;ve tes yeux vers les hauteurs, et regarde! O&ugrave; ne t'es-tu pas prostitu&eacute;e! Tu te tenais sur les chemins, comme l'Arabe dans le d&eacute;sert, Et tu as souill&eacute; le pays par tes prostitutions et par ta m&eacute;chancet&eacute;. [...] Mais tu as eu le front d'une femme prostitu&eacute;e, Tu n'as pas voulu avoir honte.</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote4_1jyagch"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_1jyagch">4.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-019-sacrement-du-mystere-de-la-verite-de-lamour">TDC&nbsp;</a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-019-sacrement-du-mystere-de-la-verite-de-lamour"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">19,1</span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote5_4oyq9ql"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_4oyq9ql">5.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-062-limites-ethiques-dans-oeuvres-dart-audiovisuelles#3">TDC </a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-062-limites-ethiques-dans-oeuvres-dart-audiovisuelles#3"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">62,3</span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote6_tux9lsy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_tux9lsy">6.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-012-la-signification-de-la-pudeur">TDC&nbsp;</a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-012-la-signification-de-la-pudeur"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">12</span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote7_atmpa7d"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_atmpa7d">7.</a> Notez que l'on dit que l'on <em>se </em>couvre et non que l'on couvre <em>son corps</em>, ce qui semblerait &ecirc;tre une description en apparence plus exacte de notre r&eacute;action. Les anglo-saxons diront : <em>we cover our-selves</em>, nos personnes</li> <li class="footnote" id="footnote8_rw7h7ui"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_rw7h7ui">8.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-013-la-creation-don-originel-fondamental">TDC </a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-013-la-creation-don-originel-fondamental"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">13,1</span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote9_cyq7cen"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_cyq7cen">9.</a> Gr&eacute;goire de Nysse, <em>Sermon sur le Notre P&egrave;re</em><span class="currency_converter_text">, (PG, </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">44</span><span class="currency_converter_text">, </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">1184</span><span class="currency_converter_text">), cit&eacute; par </span><a href="http://id.erudit.org/iderudit/400871ar">Andr&eacute; Guindon</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_buzwfmt"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_buzwfmt">10.</a> y'a t-il encore quelqu'un qui croit que l'&Eacute;glise fustige le corps ?</li> <li class="footnote" id="footnote11_r6ispw0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_r6ispw0">11.</a> Jean Chrysostome, <em>Hom&eacute;lies sur la Gen&egrave;se</em><span class="currency_converter_text">, </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">16</span><span class="currency_converter_text">, </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">14</span><span class="currency_converter_text">(</span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">131</span><span class="currency_converter_text">), cit&eacute; par </span><a href="http://id.erudit.org/iderudit/400871ar">Andr&eacute; Guindon</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_qrc9e9f"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_qrc9e9f">12.</a> Saint Augustin, <a href="http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/sermons/serm69.htm"><em>Sermon LXIX</em></a> </li> <li class="footnote" id="footnote13_btodh6a"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_btodh6a">13.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=gn%201:31&amp;version=LSG">Gn </a></span><a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=gn%201:31&amp;version=LSG"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link">1,31</span></a><span class="currency_converter_text"> dans la traduction de Segond.</li> </ul> communication communiquer en vérité contemplation dignité de la personne honte nudité dépourvue du honte regard du Christ Sun, 23 Aug 2009 20:09:56 +0000 Incarnare 27 at http://www.theologieducorps.fr L'homme appelé au don http://www.theologieducorps.fr/tdc/lhomme-appele-au-don <p>La cr&eacute;ation n'est pas que l'irruption de l'existence dans le n&eacute;ant : &quot;<em>elle est don de Dieu, un don fondamental et radical</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_j0nlud8" title="TDC&nbsp;13,3" href="#footnote1_j0nlud8">1</a>. Le corps est le t&eacute;moin de ce don<a class="see-footnote" id="footnoteref2_1pril22" title="TDC 14,4" href="#footnote2_1pril22">2</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;C'est ce qu'est le corps : un t&eacute;moin du don fondamental qu'est la cr&eacute;ation, et ainsi un t&eacute;moin de l'Amour qui en est &agrave; l'origine. La masculinit&eacute; et la f&eacute;minit&eacute;, c'est &agrave; dire la sexualit&eacute;, est le signe originel de don cr&eacute;atif [de Dieu].&nbsp;C'est dans ce sens que la sexualit&eacute; entre dans la Th&eacute;ologie du Corps. </p></blockquote> <p>Les mots de Gn 2,24&nbsp;prennent maintenant tout leur sens : &quot;<em>A cause de cela</em>, [pour r&eacute;capituler le don de Dieu] <em>l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un</em>.&quot;.&nbsp;L'homme seul (<em>solitude originelle</em>) aspire &agrave; d&eacute;couvrir une aide - non pas une aide m&eacute;nag&egrave;re, mais une personne avec qui entrer dans une relation de don mutuel - (<em>unit&eacute; originelle</em>) qui l'accueillera dans la v&eacute;rit&eacute; de sa personne (<em>nudit&eacute; originelle</em>).</p> <p>Le corps est <em>sponsal</em> (ou <em>conjugal</em>), dit Jean-Paul II , c'est &agrave; dire qu'il a &quot;<em>la capacit&eacute; d'exprimer l'amour, et pr&eacute;cis&eacute;ment cet amour par lequel la personne humaine devient don et ainsi accomplit la vocation propre de leur existence</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_3m1j54h" title="TDC&nbsp;15,1" href="#footnote3_3m1j54h">3</a><a class="see-footnote" id="footnoteref4_02nak3e" title="CEC 2331 : Dieu est amour. Il vit en lui-m&ecirc;me un myst&egrave;re de communion et d&rsquo;amour. En cr&eacute;ant l&rsquo;humanit&eacute; de l&rsquo;homme et de la femme &agrave; son image ... Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacit&eacute; et la responsabilit&eacute; correspondantes, &agrave; l&rsquo;amour et &agrave; la communion " href="#footnote4_02nak3e">4</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La libert&eacute; du don</h4> <p>Si l'homme et la femme sont cr&eacute;&eacute;s pour eux-m&ecirc;mes, ils ne peuvent &ecirc;tre poss&eacute;d&eacute;s par quiconque. Ils sont &quot;incommunicables&quot;. Comment alors peuvent-ils se donner l'un &agrave; l'autre sans violer leur dignit&eacute; ?&nbsp;La r&eacute;ponse r&eacute;side dans la libert&eacute; du don : Adam n'est pas soumis &agrave; un d&eacute;sir semblable &agrave; l'instinct animal et la nudit&eacute; d'&Egrave;ve n'inspire en lui que le d&eacute;sire de se donner sinc&egrave;rement &agrave; elle.</p> <p>Choisir &Egrave;ve librement est tr&egrave;s diff&eacute;rent de subir une attirance instinctive vers une nudit&eacute; g&eacute;n&eacute;rique. De plus, en reconnaissant en elle une personne cr&eacute;&eacute;e pour elle-m&ecirc;me, Adam ne peut se l'approprier mais doit avoir confiance qu'elle choisira librement de r&eacute;pondre au don qu'il a initi&eacute;.</p> <p>La libert&eacute; se rapproche ici de la <em>ma&icirc;trise de soi</em>, affirme Jean Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref5_sye4yse" title="TDC 15,2" href="#footnote5_sye4yse">5</a>. Cependant cette ma&icirc;trise de soi ne doit pas &ecirc;tre comprise comme la r&eacute;pression de d&eacute;sirs d&eacute;sordonn&eacute;s : cette vision est celle qui r&eacute;sulte du p&eacute;ch&eacute;.&nbsp;Au commencement, l'homme et la femme faisaient l'exp&eacute;rience de la sexualit&eacute; telle que voulue par Dieu, ils n'avaient donc pas de d&eacute;sir d&eacute;sordonn&eacute; &agrave; r&eacute;primer.</p> <p>C'est pour cette libert&eacute; originelle que le Christ nous a rendu libres<a class="see-footnote" id="footnoteref6_ixc0dth" title="Ga 5,1 : Fr&egrave;res, si le Christ nous a lib&eacute;r&eacute;s, c&rsquo;est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les cha&icirc;nes de votre ancien esclavage." href="#footnote6_ixc0dth">6</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Cr&eacute;&eacute;s pour nous-m&ecirc;me, appel&eacute;s &agrave; vivre pour autrui</h4> <p>Nous l'avons abondamment rappel&eacute;, suivant en cela le concile Vatican II<a class="see-footnote" id="footnoteref7_pk0ixzr" title="cf. Gaudium et Spes, 24 " href="#footnote7_pk0ixzr">7</a> : l'homme est la seule cr&eacute;ature que Dieu a voulue pour elle-m&ecirc;me. C'est d'ailleurs un point de convergence avec les humanistes ath&eacute;es.</p> <p>Cependant, ceux-ci en d&eacute;duisent qu'il peut ainsi <em>vivre </em>pour lui-m&ecirc;me. Dans cette perspective du &quot;chacun-pour-soi-et-Dieu-pour-tous&quot;, l'autre est au mieux un moyen, et au pire un obstacle, &agrave; la r&eacute;alisation de la personne.</p> <p>Quand l'&Eacute;glise dit que chacun est cr&eacute;&eacute; pour lui-m&ecirc;me, cela signifie qu'<em>aucune personne ne peut &ecirc;tre trait&eacute;e comme un moyen, quelle que soit la fin poursuivie</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref8_rrzrjdr" title="Les recherches sur l'embryon sont une violation &eacute;vidente de ce principe." href="#footnote8_rrzrjdr">8</a> Refuser &agrave; l'autre la libert&eacute; du don, c'est nier la r&eacute;alit&eacute; du don de Dieu en lui/elle ; c'est aussi refuser de vivre soi-m&ecirc;me l'&eacute;thique du don. La n&eacute;gation du don de Dieu est le coeur du p&eacute;ch&eacute; originel.</p> <p>Le don de soi &agrave; l'autre est l'unique chemin vers la vie : <em>Qui donne sa vie &agrave; cause de moi </em>[pour vivre le don tel que je l'ai proclam&eacute;] <em>la sauvera</em><a class="see-footnote" id="footnoteref9_u6xet38" title="cf. Mc 8,35" href="#footnote9_u6xet38">9</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La signification du Corps, l'affirmation de la Personne</h4> <p>Voici ce qui dit l'union sexuelle, dans le plan de Dieu : &quot;<em>Je me donne totalement &agrave; toi, avec tout ce que je suis, sans r&eacute;serve aucune. Sinc&egrave;rement. Librement. Pour toujours. Et je re&ccedil;ois le don de ta personne. Je te b&eacute;nis.&nbsp;J'affirme la beaut&eacute; de qui tu es. De tout ce que tu es, sans r&eacute;serve aucune. Pour toujours.&quot;</em></p> <p>Seule une union qui parle ce langage permet &agrave; l'autre de ressentir la fid&eacute;lit&eacute; de Dieu, le fait d'&ecirc;tre <em>choisi(e) par l'Amour &eacute;ternel</em>. Une union sexuelle qui ne dit pas ces mots ne correspond pas &agrave; la vocation du corps et ne respecte pas la dignit&eacute; de la personne : elle ne comblera pas les d&eacute;sirs de nos coeurs. Ce n'est alors qu'une contrefa&ccedil;on de l'amour.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le don de la Gr&acirc;ce</h4> <p>La gr&acirc;ce est le don de Dieu &agrave; l'homme, le don de l'esprit insuffl&eacute; dans la poussi&egrave;re.&nbsp;C'est, nous dit Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref10_hlbp0do" title="TDC 16,3" href="#footnote10_hlbp0do">10</a>, la &quot;<em>participation &agrave; la vie intime de Dieu lui-m&ecirc;me, &agrave; sa saintet&eacute;</em>. [C'est] <em>ce don myst&eacute;rieux pos&eacute; au plus profond de l'&ecirc;tre humain qui permet &agrave; l'homme et la femme de vivre une relation de don d&eacute;sinteress&eacute;</em>&quot;.</p> <p>Cela va sans dire (mais mieux en le disant) : le don &quot;d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;&quot; ne signifie pas que l'homme et la femme manquaient d'int&eacute;r&ecirc;t l'un pour l'autre. Ils l'&eacute;taient intens&eacute;ment, mais pas de fa&ccedil;on &eacute;go&iuml;ste. L'Amour de Dieu qui les remplit leur permet d'aimer tel que Dieu les aime. C'est une exp&eacute;rience de <em>b&eacute;atitude</em>.&nbsp;</p> <p>Nous pouvons avoir des r&eacute;ticences &agrave; imaginer cette b&eacute;atitude, de peur qu'elle soit hors d'atteinte : pourquoi s'encombrer de faux espoirs ?&nbsp;N'est-il pas plus r&eacute;aliste de se satisfaire de notre condition de p&eacute;cheur et de &quot;faire avec&quot;&nbsp;?</p> <p>L'innocence originelle a &eacute;t&eacute; donn&eacute;e de mani&egrave;re irr&eacute;vocable par Dieu lors de la cr&eacute;ation ; lorsque les temps seront accomplis, le Christ rendra t&eacute;moignage &agrave; l'Amour inali&eacute;nable du P&egrave;re.&nbsp;La Bible n'a de cesse de proclamer que Dieu <em>essuiera toute larme de leurs yeux</em><a class="see-footnote" id="footnoteref11_cyxs0w2" title="Ap 7,17" href="#footnote11_cyxs0w2">11</a> et que <em>l&agrave; o&ugrave; le p&eacute;ch&eacute; s'&eacute;tait multipli&eacute;, la gr&acirc;ce a surabond&eacute; ?</em><a class="see-footnote" id="footnoteref12_wlie59x" title="Rm 5,20" href="#footnote12_wlie59x">12</a></p> <p>Si &Eacute;vangile signifie &quot;bonne nouvelle&quot; ce n'est pas pour rien !</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La puret&eacute; du coeur, le don, et la r&eacute;ception du don</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;ach&egrave;ve sa cat&eacute;ch&egrave;se du 30 janvier 1980 (<a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-016-mystere-de-la-creation-de-linnocence-originelle">TDC&nbsp;16</a>) en d&eacute;clarant que l'innocence originelle peut &ecirc;tre comprise comme la &quot;puret&eacute; du coeur, qui pr&eacute;serve une fid&eacute;lit&eacute; int&eacute;rieure au don, en accord avec la signification nuptiale de la corpor&eacute;it&eacute;.&quot;</p> <p>Cette puret&eacute; est menac&eacute;e - et la honte, bouclier naturel, na&icirc;t - lorsque la personne est confront&eacute;e &agrave; l'extorsion du don, d&egrave;s que nous ne sommes pas reconnus pleinement et pour toujours comme personnes. Le don et l'acceptation du don est <em>total</em> et <em>irr&eacute;versible</em>.</p> <p>On le voit : le don de soi et sa r&eacute;ception par l'autre sont des r&eacute;alit&eacute;s profond&eacute;ment li&eacute;es. Cette observation nous conduit &agrave; &eacute;voquer la compl&eacute;mentarit&eacute; des sexes. La nature diff&eacute;renci&eacute;e de la dynamique sexuelle - notamment la relative rapidit&eacute; de la mont&eacute;e du d&eacute;sir masculin par rapport au d&eacute;sir f&eacute;minin - sugg&egrave;re que l'homme est plus dispos&eacute; &agrave; <em>initier </em>le don et la femme &agrave; <em>accueillir</em> ce don.&nbsp;Cependant, l'initation du don n'est pas exclusivement masculine, et la r&eacute;ceptivit&eacute; exclusivement f&eacute;minine. Les deux s'&eacute;clairent mutuellement : en se donnant l'homme re&ccedil;oit et en recevant la femme se donne.</p> <p>La disposition fondamentale est la r&eacute;ception du don de Dieu : c'est seulement en recevant sa femme comme don de Dieu que l'homme peut vraiment se donner &agrave; elle. Jean-Paul II d&eacute;veloppe :</p> <blockquote><p>&nbsp;Il semble que le second r&eacute;cit de la cr&eacute;ation assigne &agrave; l'homme d&egrave;s le commencement le r&ocirc;le de celui qui <em>re&ccedil;oit </em>le don [de Dieu] : &quot;d&egrave;s le commencement&quot;, la femme est confi&eacute;e &agrave; ses yeux, &agrave; sa conscience, &agrave; sa sensibilit&eacute;, &agrave; son coeur. Il lui incombe d'assurer cet &eacute;change du don et de sa r&eacute;ception. </p></blockquote> <h4>Ethos et &eacute;thique</h4> <p>Dans sa cat&eacute;ch&egrave;se du 13 f&eacute;vrier 1980 (<a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-018-linnocence-originelle-letat-historique-de-lhomme">TDC&nbsp;18</a>), Jean-Paul II&nbsp;d&eacute;veloppe ce qu'il a jusque l&agrave; esquiss&eacute; : le lien entre la morale (&eacute;thique) et le d&eacute;sir profond (ethos) de l'homme.&nbsp;</p> <p>Il est en effet conscient que l'enseignement moral de l'&Eacute;glise (notamment sur la sexualit&eacute;) peut sembler abstrait &agrave; l'homme moderne. Les gens ne pensent en effet pas le monde de mani&egrave;re objective, m&eacute;taphysique, mais &agrave; travers leur propre exp&eacute;rience. Jean-Paul II&nbsp;veut montrer que l'enseignement de l'Eglise correspond au d&eacute;sir profond du coeur humain.</p> <p>L'homme et la femme sont entr&eacute;s dans le monde avec une connaissance compl&egrave;te de la signification conjugale de leur corps : ils n'avaient pas besoin d'une norme objective qui leur dise comment vivre. Remplis de la gr&acirc;ce lors de leur cr&eacute;ation, il ne d&eacute;siraient rien d'autre ! C'est l'exp&eacute;rience de l'<em>ethos</em>.</p> <p>Tromp&eacute; par un mensonge, le coeur de l'homme est s&eacute;par&eacute; du sens de son corps et son d&eacute;sir imm&eacute;diat ne correspond plus &agrave; ce qu'il per&ccedil;oit &agrave; terme comme bon. Ne sachant plus qui il est, il ne sait plus ce qu'il est appel&eacute; &agrave; vivre.&nbsp;On voit que retrouver le sens du corps et de la sexualit&eacute; n'est pas anodin ! La morale, ou &eacute;thique, en reconstruisant a posteriori l'exp&eacute;rience de l'homme originel, permet de retrouver cet ethos : l'<em>&eacute;thique trouve sa source dans l'anthropologie, elle n'est pas un ensemble de r&egrave;gles arbitraires</em> !!!</p> <p>Cependant, nous ne ressentons l'&eacute;thique positivement que si elle ne nous est pas impos&eacute;e : Dieu nous a voulus libres et respecte cette libert&eacute;, refusant de faire de nous des pions - au prix de l'existence du p&eacute;ch&eacute;.&nbsp;<em>Il a soif que nous souhations de nous-m&ecirc;mes participer &agrave; son plan</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Cr&eacute;&eacute;s pour le Christ de toute &eacute;ternit&eacute;</h4> <p>Quand notre coeur est pur, la subjectivit&eacute; rejoint compl&egrave;tement l'objectivit&eacute; : Amour et V&eacute;rit&eacute; se rencontrent....&nbsp;Lorsque notre coeur est pur, l'union des corps constitue un <em>sacrement primordial</em><a class="see-footnote" id="footnoteref13_ebf1735" title="TDC&nbsp;19,4" href="#footnote13_ebf1735">13</a>, un signe qui fait surgir dans le monde visible la r&eacute;alit&eacute; du myst&egrave;re invisible cach&eacute; en Dieu de toute &eacute;ternit&eacute;.</p> <p>Cette rencontre de l'Amour et la V&eacute;rit&eacute;, r&eacute;alis&eacute;e pleinement dans le Christ, est la vocation de l'homme d&egrave;s le commencement : <strong><em>nous avons &eacute;t&eacute; choisis dans le Christ avant la cr&eacute;ation du monde</em></strong>, dit Saint Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref14_qu2y74e" title="aux &eacute;ph&eacute;siens, cf.&nbsp;Ep 1,4" href="#footnote14_qu2y74e">14</a>.&nbsp;</p> <p>Le Christ n'est pas un ajout au plan de Dieu, une fois l'homme p&eacute;cheur... c'est pour Lui que nous sommes cr&eacute;&eacute;s d&egrave;s l'origine. Quand il nous <em>sauve</em>, deux op&eacute;rations distinctes s'op&egrave;rent : il nous &eacute;loigne du p&eacute;ch&eacute; <em>et</em> nous ram&egrave;ne dans la participation &agrave; la vie divine.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_j0nlud8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_j0nlud8">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-013-la-creation-don-originel-fondamental">TDC&nbsp;13,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_1pril22"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_1pril22">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-014-la-revelation-la-decouverte-de-la-signification-conjugale-du-corps#4">TDC 14,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_3m1j54h"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_3m1j54h">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-015-quand-lhomme-personne-devient-don#1">TDC&nbsp;15,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_02nak3e"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_02nak3e">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P7Z.HTM">CEC 2331</a> : <em>Dieu est amour. Il vit en lui-m&ecirc;me un myst&egrave;re de communion et d&rsquo;amour. En cr&eacute;ant l&rsquo;humanit&eacute; de l&rsquo;homme et de la femme &agrave; son image ... Dieu inscrit en elle la vocation, et donc la capacit&eacute; et la responsabilit&eacute; correspondantes, &agrave; l&rsquo;amour et &agrave; la communion </em></li> <li class="footnote" id="footnote5_sye4yse"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_sye4yse">5.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-015-quand-lhomme-personne-devient-don#2">TDC 15,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_ixc0dth"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_ixc0dth">6.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:1&amp;version=LSG">Ga 5,1</a> : <em> Fr&egrave;res, si le Christ nous a lib&eacute;r&eacute;s, c&rsquo;est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les cha&icirc;nes de votre ancien esclavage</em>.</li> <li class="footnote" id="footnote7_pk0ixzr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_pk0ixzr">7.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 24 </li> <li class="footnote" id="footnote8_rrzrjdr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_rrzrjdr">8.</a> Les recherches sur l'embryon sont une violation &eacute;vidente de ce principe.</li> <li class="footnote" id="footnote9_u6xet38"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_u6xet38">9.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%208:35&amp;version=LSG">Mc 8,35</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_hlbp0do"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_hlbp0do">10.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-016-mystere-de-la-creation-de-linnocence-originelle#3">TDC 16,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_cyxs0w2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_cyxs0w2">11.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ap%207:17&amp;version=LSG">Ap 7,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_wlie59x"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_wlie59x">12.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%205:20&amp;version=LSG">Rm 5,20</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_ebf1735"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_ebf1735">13.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-019-sacrement-du-mystere-de-la-verite-de-lamour#4">TDC&nbsp;19,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_qu2y74e"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_qu2y74e">14.</a> aux &eacute;ph&eacute;siens, cf.&nbsp;<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%201:4&amp;version=LSG">Ep 1,4</a></li> </ul> amour analogie sponsale anthropologie don don de soi ethos grâce incarnation liberté pureté révélation sacrement signe subjectivité Sun, 23 Aug 2009 22:41:10 +0000 Incarnare 28 at http://www.theologieducorps.fr Adam "connut" sa femme http://www.theologieducorps.fr/tdc/adam-connut-sa-femme <blockquote><p><span class="currency_converter_text">&nbsp;L'homme connut &Egrave;ve, sa femme ; elle con&ccedil;ut et enfant Ca&iuml;n et elle dit : &quot;j'ai acquis un homme de par le Seigneur<a class="see-footnote" id="footnoteref1_68t9uhq" title="Gn 4,1 (traduction: Bible de J&eacute;rusalem)" href="#footnote1_68t9uhq">1</a></span> </p></blockquote> <p>Jean-Paul&nbsp;II&nbsp;inclut l'analyse de passage dans sa r&eacute;flexion sur l'homme originel, bien qu'il soit situ&eacute; dans le texte apr&egrave;s l'&eacute;pisode de la connaissance du bien et du mal.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Conna&icirc;tre bibliquement</h4> <p>Pour une pens&eacute;e occidentale moderne habitu&eacute;e &agrave; un lexique pr&eacute;cis, cette pr&eacute;caution de vocabulaire semble signifier une suspicion du corps, comme si l'auteur biblique n'avait pas voulu appeler un chat un chat.&nbsp;Il faut cependant s'interroger : combien d'expressions positives et respectueuses avons-nous pour d&eacute;signer la relation sexuelle ?&nbsp;combien d'expression d&eacute;valuatrices ou termes argotiques ?&nbsp;N'est-ce pas <em>nous </em>qui sommes incapable de regarder la relation sexuelle, dans la contemplation de sa beaut&eacute;, sans d&eacute;tourner les yeux ?&nbsp;</p> <p><span class="currency_converter_text">La connaissance biblique, dit le Pape<a class="see-footnote" id="footnoteref2_t4hgfpl" title="TDC 20,5" href="#footnote2_t4hgfpl">2</a>, &quot;</span><em>touche aux racines les plus profondes de l'identit&eacute;[...], &agrave; l'unicit&eacute; et l'irr&eacute;p&eacute;tabilit&eacute; de la personne</em>.&quot; En d'autres termes, il ne s'agit pas de conna&icirc;tre en l'autre ses <em>qualit&eacute;s spirituelles </em>ou ses <em>attributs physiques</em>, mais le coeur de sa <em>personne</em>.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Quand l'amour atteint cette connaissance qui touche &agrave; l'irr&eacute;p&eacute;tabilit&eacute; de l'autre, il ne peut qu'&ecirc;tre durable, car la valeur de la personne renvoie &agrave; l'Infini.&nbsp;C'est la fondation de l'<strong>indissolubilit&eacute; du mariage</strong> et la raison pour laquelle l'adult&egrave;re le viole particuli&egrave;rement : l'adult&egrave;re signifie la non-reconnaissance de l'irr&eacute;p&eacute;tabilit&eacute; et de la dimension de la personne. Il signifie que l'autre est r&eacute;duit(e) &agrave; un ensemble fini de crit&egrave;res physiques ou spirituels (sur lesquels il se trouvera toujours un(e) autre pour la surpasser).&nbsp;</p> </div> <p>Le terme de connaissance offre &eacute;galement un bon test de l'amour authentique : en te donnant &agrave; l'autre, te sens-tu plus toi-m&ecirc;me ou moins toi-m&ecirc;me ?&nbsp;Te d&eacute;couvres-tu ou te sens-tu absorb&eacute;(e) et &eacute;cras&eacute;(e) par l'autre ?&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Connaissance et procr&eacute;ation</h4> <p>La connaissance est li&eacute;e imm&eacute;diatement dans la Bible &agrave; la procr&eacute;ation, dont il est bon de rappeler qu'elle correspond &agrave; une <em>b&eacute;n&eacute;diction</em><span class="currency_converter_text"><a class="see-footnote" id="footnoteref3_0n9epd5" title="cf.&nbsp;Gn 1,28[/n].&nbsp;Dans la connaissance profonde de l'autre, les &eacute;poux en viennent &agrave; participer &agrave; l'oeuvre de cr&eacute;ation de Dieu : ils participent &agrave; la puissance cr&eacute;atrice de Dieu !Mulieris Dignitatem, 18" href="#footnote3_0n9epd5">3</a></span></p> <p>Jean-Paul II a une admiration particuli&egrave;rement pour la femme, li&eacute;e &agrave; sa capacit&eacute; &agrave; participer pleinement &agrave; cette oeuvre en donnant la vie. La femme est naturellement plus ouverte au don d'elle-m&ecirc;me et au don de Dieu dans sa vie.</p> <p>D&egrave;s le commencement, c'est la f&eacute;minit&eacute; et la maternit&eacute; qui sont les cibles des attaques les plus virulentes de Satan : &quot;<em>Je mettrai une hostilit&eacute; entre la femme et toi, entre sa descendance et ta descendance</em><span class="currency_converter_text">&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_m7y4qpr" title="Gn 3,15" href="#footnote4_m7y4qpr">4</a> A cause du p&eacute;ch&eacute; originel, un rapport d'in&eacute;galit&eacute; et de domination s'instaure avec l'homme<a class="see-footnote" id="footnoteref5_miwifgg" title="pour un commentaire plus complet, lire l'homme de concupiscence ." href="#footnote5_miwifgg">5</a>.</p> <p>Nous l'avons dit : <em>ce qui est le plus souvent profan&eacute; dans ce monde est ce <a href="?q=node/21">qui est le plus sacr&eacute;</a></em>. La femme a&nbsp; ainsi une place sp&eacute;ciale dans le coeur de Dieu : il a voulu en faire son alli&eacute;e dans l'oeuvre du salut. Il n'est pas anodin que ce soit par la coop&eacute;ration de Marie que J&eacute;sus soit venu au monde.</p> <p>La maternit&eacute; est signe de l'amour cr&eacute;ateur de Dieu.&nbsp;Si Satan parvient &agrave; convaincre l'homme de parodier ce 'sacrament', alors sa contrefa&ccedil;on peut devenir un anti-signe de l'amour de Dieu qui donne la vie : le <em>symbolique </em>devient alors <em>diabolique</em>.<br /> Le lien entre <em>connaissance</em> et <em>engendrement</em> est signe que la promesse de la r&eacute;demption a commenc&eacute; &agrave; s'accomplir, et ce d&egrave;s le p&eacute;ch&eacute; originel : c'est pr&eacute;cis&eacute;ment la <em>descendance&nbsp;</em>de la femme qui <span style="font-style: italic;">foulera le serpent &agrave; la t&ecirc;te.<br /> </span></p> <p>La <em>connaissance du conjoint</em> pointe d&egrave;s le commencement vers la r&eacute;demption, vers la <em>connaissance de Dieu</em>. Saint-Paul annonce dans la lettre aux Corinthiens<a class="see-footnote" id="footnoteref6_1nykh6q" title="1Co 13,12" href="#footnote6_1nykh6q">6</a> cette certitude de la r&eacute;demption malgr&eacute; le p&eacute;ch&eacute;, avec l'hymne &agrave; l'amour : &quot;<em>Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-l&agrave;, nous verrons face &agrave; face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-l&agrave;, je conna&icirc;trai vraiment, comme Dieu m'a connu</em>&quot;.<a class="see-footnote" id="footnoteref7_ml3m12r" title="C'est par ces mots que Saint-Augustin ouvre ses Confessions o&ugrave; il entend se mettre &agrave; nu, non pas par manque de pudeur, mais dans la confiance de la nudit&eacute; originelle, dans la confiance dans le Dieu cr&eacute;ateur." href="#footnote7_ml3m12r">7</a></p> </fn> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_68t9uhq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_68t9uhq">1.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/gn4.html">Gn </a></span><a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/gn4.html"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">4,1</span></span></span></a><span class="currency_converter_text"> (traduction: Bible de J&eacute;rusalem)</li> <li class="footnote" id="footnote2_t4hgfpl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_t4hgfpl">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-020-la-signification-biblique-de-la-connaissance-dans-la-coexistence-matrimoniale#5">TDC </a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-020-la-signification-biblique-de-la-connaissance-dans-la-coexistence-matrimoniale#5"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">20,5</span></span></span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote3_0n9epd5"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_0n9epd5">3.</a> cf.&nbsp;<a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%201,28">Gn </a></span><a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn 1:28&amp;version=LSG"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">1,28</span></span></span></a><span class="currency_converter_text">[/n].&nbsp;Dans la connaissance profonde de l'autre, les &eacute;poux en viennent &agrave; participer &agrave; l'oeuvre de cr&eacute;ation de Dieu : </span><em>ils participent &agrave; la puissance cr&eacute;atrice de Dieu !</em><fn><a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_15081988_mulieris-dignitatem_fr.html">Mulieris Dignitatem</a><span class="currency_converter_text">, </span><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">18</span></span></span><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote4_m7y4qpr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_m7y4qpr">4.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%203,15">Gn </a></span><a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn 3:15&amp;version=LSG"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">3,15</span></span></a><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote5_miwifgg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_miwifgg">5.</a> pour un commentaire plus complet, lire l'</span><a href="?q=node/30"><em>homme de concupiscence</em> </a>.</li> <li class="footnote" id="footnote6_1nykh6q"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_1nykh6q">6.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2013:12&amp;version=LSG">1Co 13,12</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_ml3m12r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_ml3m12r">7.</a> C'est par ces mots que Saint-Augustin ouvre ses <em>Confessions</em> o&ugrave; il entend se mettre &agrave; nu, non pas par manque de pudeur, mais dans la confiance de la <em>nudit&eacute; originelle</em>, dans la confiance dans le Dieu cr&eacute;ateur.</li> </ul> connaître fécondité procréation Mon, 24 Aug 2009 22:53:42 +0000 Incarnare 29 at http://www.theologieducorps.fr Au coeur de l'homme : l'homme historique http://www.theologieducorps.fr/tdc/au-coeur-de-lhomme-lhomme-historique <p>Apr&egrave;s avoir r&eacute;fl&eacute;chi sur notre identit&eacute; et notre vocation en faisant r&eacute;f&eacute;rence <a href="?q=node/3">au commencement</a><span class="currency_converter_text">, au temps de notre cr&eacute;ation, Jean-Paul II&nbsp;a consacr&eacute; </span><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">40</span></span></span><span class="currency_converter_text">&nbsp;cat&eacute;ch&egrave;ses (TDC&nbsp;</span><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">24</span></span></span><span class="currency_converter_text">&nbsp;&agrave; </span><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">63</span></span></span><span class="currency_converter_text">) &agrave; la mani&egrave;re dont nous vivons notre corpor&eacute;it&eacute; aujourd'hui, dans un monde affect&eacute; par le p&eacute;ch&eacute;. </span></p> <p>N'ayons pas peur de constater comment nous nous sommes &eacute;loign&eacute;s de ce commencement : ce n'est qu'en r&eacute;alisant &agrave; quel point cette mauvaise nouvelle est mauvaise que nous prendrons conscience &agrave; quel point la <em>Bonne Nouvelle </em>est bonne ! La bonne nouvelle, c'est que l'homme n'est pas uniquement influenc&eacute; par le p&eacute;ch&eacute; : il a &eacute;galement &eacute;t&eacute; sauv&eacute; par le Christ qui nous donne la force de regagner ce qui a &eacute;t&eacute; perdu.</p> <p>Le Pape base de nouveau ses r&eacute;flexions sur les paroles du Christ, dans le Sermon sur la Montagne, &agrave; propos de l'adult&egrave;re commis &quot;dans le coeur&quot;. Nous verrons que ses mots ne condamnent pas le d&eacute;sir ou <em>l'Eros</em>.</p> <p>L'homme historique vit entre le temps des origines dont il s'est &eacute;loign&eacute; par le p&eacute;ch&eacute; et le temps des fins derni&egrave;res promis et inaugur&eacute; par le Christ : si avec le Christ, nous sommes d&eacute;j&agrave; ressuscit&eacute;s, cette resurrection est encore &agrave; venir. Nous vivons cette tension du &quot;<em>d&eacute;j&agrave;, mais pas encore</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_f5lr1ak" title="cf. CEC&nbsp;1002-1004" href="#footnote1_f5lr1ak">1</a> : nous devons encore lutter avec la concupiscence, mais nous d&eacute;j&agrave; remporter des victoires dans cette lutte.</p> <p>La Bonne Nouvelle est que le Christ accomplit ce qu'il propose : &quot;<em>le pr&eacute;cepte qui interdit l'adult&egrave;re devient une invitation &agrave; un regard pur, capable de respecter le sens sponsal du corps</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_gp3tzo3" title="Veritatis Splendor, 15" href="#footnote2_gp3tzo3">2</a> Jean-Paul II&nbsp;nous interpelle : &quot;</span><em>devons nous craindre la s&eacute;v&eacute;rit&eacute; de ces mots ou plut&ocirc;t avoir confiance dans leur puissance salvifique ?</em><span class="currency_converter_text"> &quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_5u0u0x6" title="TDC&nbsp;43,7" href="#footnote3_5u0u0x6">3</a></span></p> <p><strong>Apprenons avec le Pape &agrave; discerner dans notre vie d'hommes et de femmes 'dans l'Histoire' le sens de notre sexualit&eacute; et la beaut&eacute; et l'accessibilit&eacute; de l'appel de Dieu :</strong></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_f5lr1ak"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_f5lr1ak">1.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2C.HTM">CEC&nbsp;1002-1004</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_gp3tzo3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_gp3tzo3">2.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor_fr.html">Veritatis Splendor</a><span class="currency_converter_text">, </span><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">15</span></span><span class="currency_converter_text"></li> <li class="footnote" id="footnote3_5u0u0x6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_5u0u0x6">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-043-interpretation-psychologique-theologique-de-la-concupiscence#7">TDC&nbsp;</a></span><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-043-interpretation-psychologique-theologique-de-la-concupiscence#7"><span title="Convert this amount" class="currency_converter_link"><span class="currency_converter_link" title="Convert this amount">43,7</span></span></a><span class="currency_converter_text"></li> </ul> désir eros homme historique péché rédemption sermon sur la montagne Thu, 06 Aug 2009 09:11:26 +0000 Incarnare 4 at http://www.theologieducorps.fr L'homme de concupiscence http://www.theologieducorps.fr/tdc/lhomme-de-concupiscence <p>Selon Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref1_gsmt5f8" title="TDC 50,5" href="#footnote1_gsmt5f8">1</a>, c'est une d&eacute;claration de Saint-Jean<a class="see-footnote" id="footnoteref2_t7o112h" title="1Jn 2,16-17" href="#footnote2_t7o112h">2</a> qui r&eacute;sume le mieux la situation de l'homme historique :</p> <blockquote><p>&nbsp; Tout ce qu'il y a dans le monde - les d&eacute;sirs &eacute;go&iuml;stes de la nature humaine, les d&eacute;sirs du regard, l'orgueil de la richesse - tout cela ne vient pas du P&egrave;re, mais du monde. Or, le monde avec ses d&eacute;sirs est en train de dispara&icirc;tre. Mais celui qui fait la volont&eacute; de Dieu demeure pour toujours.</p></blockquote> <p>Le Pape pr&eacute;cise que le 'monde' qui contient ces trois types de convoitises- le d&eacute;sir &eacute;go&iuml;ste, le d&eacute;sir du regard et l'orgueil de la richesse - ne s'identifie pas au monde cr&eacute;&eacute;, qui &eacute;tait &quot;tr&egrave;s bon&quot;, mais de la soci&eacute;t&eacute;, du monde que l'homme a d&eacute;form&eacute; en enlevant l'amour qui faisait ses fondations.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>De l'innocence &agrave; la concupiscence</h4> <p>Comment cette transition de l'innocence &agrave; la concupiscence s'op&egrave;re t-elle ? Jean-Paul II invite &agrave; s'int&eacute;resser au moment cl&eacute; que constitue le dialogue entre le serpent et la femme : ce dialogue commence par un mensonge<a class="see-footnote" id="footnoteref3_q2syhkh" title="Gn 3,1 : Alors, Dieu vous a dit : &lsquo;Vous ne mangerez le fruit d&rsquo;aucun arbre du jardin&rsquo;" href="#footnote3_q2syhkh">3</a>, mais int&eacute;ressons-nous &agrave; l'apog&eacute;e de ce dialogue.&nbsp;Le serpent parle<a class="see-footnote" id="footnoteref4_71a2lam" title="Gn 3,4-5" href="#footnote4_71a2lam">4</a> :</p> <blockquote><p>Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour o&ugrave; vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.</p></blockquote> <p>Le Pape porte notre attention sur le fait que <em>&quot;la motivation [du serpent] est le discr&eacute;dit sur le Don et l'Amour qui est &agrave; l'origine du don de la cr&eacute;ation&quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref5_kxirfwc" title="TDC&nbsp;26,4" href="#footnote5_kxirfwc">5</a> En d'autres termes, le serpent dit ceci : &quot;Dieu ne t'aime pas vraiment, il n'a pas r&eacute;ellement l'intention de te donner sa vie - en fait il veut sp&eacute;cifiquement t'en tenir &eacute;cart&eacute; : si tu veux devenir comme lui, tu dois l'obtenir par toi-m&ecirc;me.&quot;.&nbsp;</p> <p>L'homme doit faire un choix. Entre l'<em>ouverture au don </em>et la <em>cupidit&eacute;</em>. St Maxime le Confesseur nous dit qu'il a voulu &ecirc;tre <em>comme </em>Dieu, mais <em>sans </em>Dieu et <em>avant </em>Dieu mais <em>non pas selon </em>Dieu. Ll&rsquo;homme s&rsquo;est pr&eacute;f&eacute;r&eacute; lui-m&ecirc;me &agrave; Dieu, et par l&agrave; m&ecirc;me, il a m&eacute;pris&eacute; Dieu : il a fait choix de soi-m&ecirc;me contre Dieu, contre les exigences de son &eacute;tat de cr&eacute;ature et d&egrave;s lors contre son propre bien. Constitu&eacute; dans un &eacute;tat de saintet&eacute;, l&rsquo;homme &eacute;tait destin&eacute; &agrave; &ecirc;tre pleinement &quot; divinis&eacute; &quot; par Dieu dans la gloire.<a class="see-footnote" id="footnoteref6_a20uyok" title="CEC&nbsp;398" href="#footnote6_a20uyok">6</a></p> <p>Nous sommes toujours tent&eacute;s de nous saisir par nous-m&ecirc;me de ce que Dieu veut nous donner ; et Dieu est l&agrave;, appelant sans cesse &quot;j'ai soif&quot;. <em>Soif de toi</em>.&nbsp;Entendons ce qu'il dit &agrave; la Samaritaine : <em>&laquo; Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : 'Donne-moi &agrave; boire', c'est toi qui lui aurais demand&eacute;, et il t'aurait donn&eacute; de l'eau vive. &raquo;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_ofs68bs" title="Jn 4,1-14" href="#footnote7_ofs68bs">7</a> <em>&laquo; Fr&egrave;res, ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ J&eacute;sus: lui qui &eacute;tait dans la condition de Dieu, il n'a pas jug&eacute; bon de revendiquer son droit d'&ecirc;tre trait&eacute; &agrave; l'&eacute;gal de Dieu &raquo;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref8_fm2cc25" title="Ph 2,5-6" href="#footnote8_fm2cc25">8</a>.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Si l'on se souvient de ce qu'on a <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/adam-connut-sa-femme">pu dire ici sur la signification profonde de la connaissance</a>, on pose un regard tr&egrave;s diff&eacute;rent sur la phrase du serpent : &quot;vous conna&icirc;trez le bien et le mal&quot;. Adam <em>connaissait</em> d&eacute;j&agrave; le bien, mais qui voudrait donc ainsi <em>conna&icirc;tre le mal</em>&nbsp;? Non pas simplement th&eacute;oriquement, conna&icirc;tre ce qui est bien et ce qui est mal, mais r&eacute;ellement &eacute;pouser le mal ?&nbsp;Saisir le fruit d&eacute;fendu n'est pas une simple curiosit&eacute;, mais un choix d&eacute;lib&eacute;r&eacute; de vivre sans Dieu.&nbsp;</p> </div> <p>&nbsp;</p> <h4>La paternit&eacute; de Dieu</h4> <p>Dans <em>Franchir le seuil de l'esp&eacute;rance</em> le Pape l'affirme avec force : &quot;<em>Voici la cl&eacute; pour interpr&eacute;ter la r&eacute;alit&eacute; [...]: le p&eacute;ch&eacute; originel tente de d&eacute;truire la paternit&eacute;</em>&quot;.</p> <p>Nous comprenons maintenant mieux la pri&egrave;re que J&eacute;sus nous a enseign&eacute; : &quot;Notre P&egrave;re&quot;. Elle est la r&eacute;ponse au tentateur : <em>Notre P&egrave;re, que to nom soit sanctifi&eacute; </em>! Face &agrave; la tentation de partir loin de Dieu, le premier homme et la premi&egrave;re femme auraient d&ucirc; r&eacute;pondre : <em>Que le r&egrave;gne de Dieu vienne et que&nbsp;Sa volont&eacute; soit faite sur cette terre comme au ciel </em>! Face &agrave; la tentation de vivre par et pour eux-m&ecirc;mes, il auraient d&ucirc; r&eacute;pondre : <em>Dieu va nous donner notre pain de ce jour : nul besoin de s'en saisir !</em> En d&eacute;finitive dans cette bataille avec l'Anti-Verbe, ils auraient d&ucirc; appeler Dieu :<em>Garde-nous de la tentation et d&eacute;livre-nous de celui qui veut le mal.</em><br /> Peut-&ecirc;tre comprenons-nous mieux quand le Cat&eacute;chisme nous dit que le Notre P&egrave;re r&eacute;sume tout l'&Eacute;vangile<a class="see-footnote" id="footnoteref9_n2gzoph" title="CEC&nbsp;2761" href="#footnote9_n2gzoph">9</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'irruption de la honte</h4> <p>Satan avait promis &agrave; Adam et &Egrave;ve de leur rendre la vue, leur sugg&eacute;rant ainsi que Dieu les avait cr&eacute;&eacute;s aveugles. Lorsqu'ils ont trahi la confiance de Dieu, leurs yeux s'ouvrent bel et bien mais ils <em>r&eacute;alisent que Dieu ne les avait pas dup&eacute;s</em>, que leur corps refl&eacute;tait bel et bien leur appel &agrave; vivre de la vie divine.&nbsp;</p> <p>Ils r&eacute;alisent qu'ils ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; vivre sans Dieu qui les a cr&eacute;&eacute;s par son amour infini. Et <em>ils en ont honte</em>. Leur corps est pour eux un rappel qu'ils se sont s&eacute;par&eacute;s de Dieu. Ils n'ont pas honte tant de leur corps que de la concupiscence<a class="see-footnote" id="footnoteref10_ubjw3jg" title="TDC&nbsp;28,5" href="#footnote10_ubjw3jg">10</a> (ie. de la cupidit&eacute;) La diff&eacute;rence sexuelle, qui souligne la polarit&eacute; spirituel/sensible d'une mani&egrave;re particuli&egrave;re, est mise en accusation maintenant que le divorce entre le corps et l'&acirc;me est consomm&eacute; : presque toujours, la honte que l'homme &eacute;prouve face &agrave; la diff&eacute;rence sexuelle cache en fait une excuse pour ne affronter le d&eacute;sordre de son coeur cupide.&nbsp;</p> <p>La concupiscence correspond au d&eacute;sir sexuel ex-pirant (hors de l'esprit), le d&eacute;sir qui n'est plus <em>in-spir&eacute;</em> par la gr&acirc;ce, et ainsi vire &agrave; la convoitise : l'homme cupide traite ainsi l'autre comme un objet pour sa propre gratification, ou s'aime si peu qu'il veut s'annihiler en devant objet pour l'autre.</p> <p>Pour l'homme historique la concupiscence s'exprime sous deux formes :</p> <ul> <li>Tout d'abord, comme une <em>pr&eacute;disposition </em>r&eacute;sultant du p&eacute;ch&eacute; originel.&nbsp;Ce <a name="desordre">d&eacute;sordre </a>qui habite le coeur de l'homme - s'il <em>vient </em>du p&eacute;ch&eacute; et <em>entra&icirc;ne </em>au p&eacute;ch&eacute; - n'<em>est pas </em>un p&eacute;ch&eacute; en soi, dans la mesure o&ugrave; le p&eacute;ch&eacute; suppose l'intervention de la volont&eacute;.&nbsp;</li> <li>C'est la deuxi&egrave;me forme de la concupiscence : nous c&eacute;dons &agrave; cette pr&eacute;disposition et de vivre cette convoitise.</li> </ul> <p>Si cette concupiscence est une <em>donn&eacute;e</em> de l'homme historique, est-elle pour autant une fatalit&eacute; ?&nbsp;<em>Non !</em> Jean-Paul II&nbsp;le crie avec force : <strong><em>le Christ nous a r&eacute;dim&eacute;s !</em></strong> et s'il l'homme rachet&eacute; p&egrave;che encore ce n'est pas que la r&eacute;demption est imparfaite mais que la volont&eacute; de l'homme ne se rend pas disponible &agrave; la gr&acirc;ce<a class="see-footnote" id="footnoteref11_qyr65a1" title="Veritatis splendor, 103" href="#footnote11_qyr65a1">11</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'exp&eacute;rience de la honte</h4> <p>Imaginez un navigateur qui, ayant voulu tester les possibilit&eacute;s de son navire contre les instructions de son concepteur alors qu'il n'y &eacute;tait pas encore pr&egrave;s, d&eacute;chire sa voile : quelle doit &ecirc;tre sa d&eacute;ception, quel choc ! L'exp&eacute;rience de la navigation change du tout au tout.&nbsp;Le Pape nous dit que cela a d&ucirc; secouer les fondements de leur existence toute enti&egrave;re<a class="see-footnote" id="footnoteref12_2bj8na0" title="TDC&nbsp;27,1" href="#footnote12_2bj8na0">12</a> !</p> <blockquote><p>&nbsp;Le Seigneur Dieu appela l'homme et lui dit : &laquo; <strong>O&ugrave; es-tu donc ? </strong>&raquo; L'homme r&eacute;pondit : &laquo; Je t'ai entendu dans le jardin, j'ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis cach&eacute;. &raquo;</p></blockquote> <p>L'homme n'a pas peur tant de sa nudit&eacute; que du regard de Dieu.&nbsp;Ayant d&eacute;j&agrave; dout&eacute; de l'Amour de Dieu, il doute de sa mis&eacute;ricorde (en se cachant) et de sa justice (en accusant la femme).<a class="see-footnote" id="footnoteref13_q245s0t" title="Nous vivons la m&ecirc;me chose lorsque nous avons peur de vivre le Sacrement de R&eacute;conciliation !" href="#footnote13_q245s0t">13</a>. L'amour de Dieu et l'amour du prochain sont li&eacute;s par la signification de notre corps.<a class="see-footnote" id="footnoteref14_9p2tqbf" title="L'opposition artificielle entre catholicisme &quot;social&quot; et&nbsp;&quot;moralement conservateur&quot; en prend un coup : ces deux aspects de la doctrine catholique se soutiennent et se justifient mutuellement, n'en d&eacute;plaisent &agrave; ceux qui voudraient une &Eacute;glise qui colle &agrave; toutes les tendances du monde ou ceux qui, au contraire, voudraient qu'elle le rejette en bloc !" href="#footnote14_9p2tqbf">14</a>.</p> <p>La honte est <em>immanente</em>, en ce sens qu'elle est li&eacute;e dans un premier temps &agrave; la conscience de l'unit&eacute; perdue entre le corps et l'&acirc;me et de la difficult&eacute; d'accepter son corps pour ensuite entrer en relation. <br /> Elle est aussi <em>relationnelle</em> dans la mesure o&ugrave; elle manifeste la conscience de ne pas respecter l'autre dans la dignit&eacute; de sa personne ou de n'&ecirc;tre point ainsi respect&eacute;(e) par lui ou elle.&nbsp;</p> <p>La honte et la convoitise s'expliquent mutuellement : la convoitise cr&eacute;e la honte et la honte explique la convoitise en r&eacute;v&eacute;lant la blessure cr&eacute;&eacute;e par la convoitise <em>&agrave; la fois dans la personne qui convoite</em> (immanent) <em>et dans la personne convoit&eacute;e</em> (relationnel). <br /> Ceci nous permet de comprendre pourquoi et dans quel sens le Christ qualifie la convoitise d'adult&egrave;re du coeur. L'adult&egrave;re est par essence anticonjugal ; Il en est de m&ecirc;me pour la convoitise. L'adult&egrave;re est contraire &agrave; la dignit&eacute; et &agrave; la valeur intrins&egrave;que de la personne ; Il en est de m&ecirc;me pour la convoitise. L'adult&egrave;re est un contre-t&eacute;moignage &agrave; la communion d'amour de la Trinit&eacute; ; Il en est de m&ecirc;me pour la convoitise.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Une exp&eacute;rience diff&eacute;renci&eacute;e de la honte</h4> <p>Les hommes et les femmes ressentent g&eacute;n&eacute;ralement de mani&egrave;re diff&eacute;rente le <a href="#desordre">desordre</a> qui nous habite tous : chez les hommes, ce d&eacute;sir-convoitise est tourn&eacute; vers la gratification physique aux d&eacute;pends de la femme ; chez la femme, le d&eacute;sir-gratification est tourn&eacute; vers la gratification &eacute;motionnelle aux d&eacute;pends de l'homme.&nbsp;D'o&ugrave; le dicton qui dit que l'homme utilise l'amour pour avoir le sexe tandis que la femme utilise le sexe pour avoir l'amour.</p> <p>La connaissance de l'autre comporte les deux dimensions - intimit&eacute; &eacute;motionnelle et don physique - mais nous n'entrons pas dans les deux dimensions au m&ecirc;me rythme, au m&ecirc;me tempo.. La femme a &eacute;galement un d&eacute;sir physique comme l'homme un d&eacute;sir &eacute;motionnel. Accepter cette diff&eacute;rence de tempo est n&eacute;cessaire pour que l'union soit r&eacute;ellement communion et qu'elle respecte et implique r&eacute;ellement chaque personne. Cela ne peut se faire qu'en vivant la dynamique de don et de r&eacute;ceptivit&eacute; au don, &agrave; l'exclusion de toute avidit&eacute; et de volont&eacute; de se saisir de l'autre avant qu'il ne se donne.&nbsp;</p> <p>Ainsi la dimension protective - et positive - de la honte, que l'on peut appeler &quot;modestie&quot; s'exprime diff&eacute;remment pour chacun :</p> <ul> <li>L'homme doit &ecirc;tre attentif au fait que la femme cherche en premier lieu une intimit&eacute; &eacute;motionnelle et ne pas poser pr&eacute;matur&eacute;ment des gestes d'affection d&eacute;connect&eacute;s de sa vie &eacute;motionnelle - donc des contrefa&ccedil;ons d'affection - dans le but d'obtenir une gratification physique imm&eacute;diate. Il doit veiller &agrave; ce que son c&ocirc;t&eacute; &quot;romantique&quot; ne l'id&eacute;alise pas trop et qu'elle se donne bien &agrave; Lui et non &agrave; une personne id&eacute;alis&eacute;e et d&eacute;sincarn&eacute;e en adoptant une modestie &eacute;motionnelle et en lui permettant de le d&eacute;couvrir sans adopter des clich&eacute;s &eacute;motionnels.&nbsp;</li> <li>La femme doit &ecirc;tre attentive au femme que l'homme cherche en premier lieu une intimit&eacute; physique et ne pas poser pr&eacute;matur&eacute;ment des gestes sexuels d&eacute;connect&eacute;s de son d&eacute;sir de se donner physiquement - donc des contrefa&ccedil;ons de don sexuel - dans le but d'obtenir une gratification &eacute;motionnelle imm&eacute;diate.&nbsp;Elle doit veiller &agrave; ce que sa libido ne le conduise pas &agrave; la r&eacute;duire &agrave; son physique et qu'il se donne bien &agrave; Elle et non &agrave; un corps anonymis&eacute; et caricatur&eacute;, en adoptant une modestie physique qui lui permette de la d&eacute;couvrir dans sa singularit&eacute; sans la r&eacute;duire &agrave; des clich&eacute;s physiques.&nbsp;</li> </ul> <p>Comprendre cette dimension positive de la honte nous permet de r&eacute;aliser que la convoitise n'est pas l'essence du coeur humain.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La soif inextingible</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;affirme que l'homme et la femme <em>sont appel&eacute;s de toute &eacute;ternit&eacute; &agrave; la communion</em><a class="see-footnote" id="footnoteref15_jkl104u" title="TDC&nbsp;30,4" href="#footnote15_jkl104u">15</a>. Nous d&eacute;sirons toujours la communion apr&egrave;s la p&eacute;ch&eacute; orginel.&nbsp;Cependant nous ressentons que nous <em>ne parvenons pas &agrave; satisfaire notre d&eacute;sir d'atteindre dans l'union conjugale du corps [...] la communion r&eacute;ciproque des personnes</em><a class="see-footnote" id="footnoteref16_45ku6ur" title="TDC&nbsp;30,5" href="#footnote16_45ku6ur">16</a> : <strong>la convoitise ne satisfait jamais notre d&eacute;sir d'amour</strong>.&nbsp;</p> <p>Cette 'seconde exp&eacute;rience' de la sexualit&eacute; diff&egrave;re grandement de la premi&egrave;re dans la mesure o&ugrave; la communion n'est plus imm&eacute;diate : on n'est plus homme <em>et </em>femme mais homme <em>ou </em>femme voire homme <em>contre </em>femme ; de plus, en raison de notre s&eacute;paration de l'amour, notre sexualit&eacute; est devenue objectiv&eacute;e : il devient difficile pour chacun de s'identifier &agrave; son corps.&nbsp;Le corps ne r&eacute;v&eacute;lant plus la personne de mani&egrave;re aussi &eacute;vidente, un manque de confiance appara&icirc;t qui cr&eacute;e des attitudes de honte protectrice, d'autoconservation qui - si elles ont une dimension positive - sont toutefois des obstacles &agrave; un don sinc&egrave;re et total de sa propre personne.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La femme, premi&egrave;re victime du p&eacute;ch&eacute;</h4> <p>Dans l'histoire humaine, la femme a bien souvent pay&eacute; le lourd prix de l'incapacit&eacute; de l'homme &agrave; se donner et recevoir le don - sa convoitise.&nbsp;Cette r&eacute;alit&eacute; - qui n'est pas dans la <em>nature</em> des choses mais <em>due au p&eacute;ch&eacute;</em> - est contenue dans cette parole de la Gen&egrave;se :</p> <blockquote><p>&nbsp; Le d&eacute;sir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi.<a class="see-footnote" id="footnoteref17_juq1mku" title="Gn 3,16" href="#footnote17_juq1mku">17</a> </p></blockquote> <p>Encore une fois, ce constat n'est pas une sentence de Dieu (et ne peut aucunement servir de justification &agrave; une quelconque attitude sexiste) mais une description de l'impact particulier du p&eacute;ch&eacute; sur les femmes, par la <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-032-la-concupiscence-rapports-homme-femme">distorsion du rapport homme / femme</a>.&nbsp;Cette tendance est manifest&eacute;e &agrave; divers degr&eacute;s dans les diff&eacute;rentes cultures et porte un nom : la mysoginie.&nbsp;Cette domination de l'homme est contraire au plan de Dieu et est un r&eacute;sultat sp&eacute;cifique du p&eacute;ch&eacute; originel.</p> <p>A cause du p&eacute;ch&eacute;, le masculin -initateur du don - est per&ccedil;u comme tyrannique ; la grande b&eacute;n&eacute;diction de la f&eacute;minit&eacute; - la f&eacute;condit&eacute; et la capacit&eacute; &agrave; donner la vie - est &eacute;galement devenu pour beaucoup de femmes une mal&eacute;diction.&nbsp;</p> <p>Face &agrave; un male-tyran et une discrimination perp&eacute;tuelle dans l'histoire, la femme est &agrave; son tour tent&eacute;e pour survivre de rejeter sa &euro;propre f&eacute;minit&eacute; et de s'adjuger cette masculinit&eacute; d&eacute;voy&eacute;e. N'est-ce pas l&agrave; la motivation de nombre de mouvements f&eacute;ministes ? Si ces mouvements ont des qualit&eacute;s &eacute;videntes, ils ont aussi des d&eacute;fauts qui ont conduit Jean-Paul II&nbsp;&agrave; les exhorter &agrave; d&eacute;velopper un f&eacute;minisme qui promeuve le g&eacute;nie sp&eacute;cifique de la femme.&nbsp;</p> <p>Si la distorsion du p&eacute;ch&eacute; peut conduire l'homme &agrave; nier la dignit&eacute; de la femme et &agrave; l'<em>utiliser</em>, cette distorsion peut conduire la femme &agrave; nier sa <em>propre</em> dignit&eacute; et &agrave; <em>accepter d'&ecirc;tre utilis&eacute;e</em>. Elle peut aussi jouer avec le d&eacute;sir de l'homme et ensuite la manipuler &eacute;galement, en niant sa dignit&eacute; propre.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'&eacute;tat de notre coeur influence la mani&egrave;re dont nous vivons notre corps</h4> <p>Plus l'homme historique consid&egrave;re comme normale l'exp&eacute;rience d&eacute;chue de son corps et de sa sexualit&eacute;, plus les enseignements de l'&Eacute;glise lui semblent abstraits et d&eacute;connect&eacute;s de &quot;<em>la vraie vie</em>&quot;.</p> <p>Dans le Sermon sur la Montagne, le Christ fait r&eacute;f&eacute;rence sp&eacute;cifiquement &agrave; l'<em>exp&eacute;rience </em>de l'homme historique. Il n'y a rien d'<em>abstrait</em> dans le fait de &quot;regarder avec convoitise&quot;. Nous savons tous imm&eacute;diatement ce que cela signifie dans notre propre exp&eacute;rience, dans notre coeur.</p> <p>Si nous comparons notre exp&eacute;rience &agrave; notre vocation originelle, nous pouvons avoir trois attitudes :</p> <ul> <li>Normaliser le p&eacute;ch&eacute;, c'est &agrave; dire renoncer &agrave; notre vocation en pr&eacute;tendant qu'elle n'est pas aussi belle que la Th&eacute;ologie du Corps le proclame</li> <li>Perdre toute esp&eacute;rance, en consid&eacute;rant que nous n'y arriverons jamais, tant la distance qui nous s&eacute;pare du but est grande</li> <li>Nous tourner vers le Christ qui n'est pas venu pour nous condamner, mais pour nous sauver <a class="see-footnote" id="footnoteref18_7ke517n" title="cf. Jn 3,17" href="#footnote18_7ke517n">18</a></li> </ul> <p>Les mots du Christ ne sont pas des sentences ; ils sont un appel &agrave; laisser un nouvel <em>ethos </em>de la r&eacute;demption transformer nos coeurs pleins de convoitise.</p> <p>Un danger est de s'habituer au p&eacute;ch&eacute;.&nbsp;Nous pouvons ainsi penser qu'il est dans notre nature. La th&eacute;ologie catholique de la &quot;chute&quot; se dissocie ici de la th&eacute;ologie protestante de la &quot;d&eacute;pravation&quot; : <em>mourir &agrave; soi-m&ecirc;me </em>n'implique pas en catholicisme une modificaiton de la nature de la personne (cr&eacute;&eacute;e bonne) mais sa r&eacute;demption.</p> <p>Nous devons &ecirc;tre conscient que la concupiscence prend parfois les habits de l'amour et discerner les mouvements de notre coeur.&nbsp;</p> <p>Un effet social de cette habituation au p&eacute;ch&eacute; est la modification de la notion de <em>beaut&eacute;</em> : auparavant d&eacute;finie comme la capacit&eacute; du corps &agrave; exprimer la personne, la beaut&eacute; est aujourd'hui pour beaucoup li&eacute;e aux attributs du corps capables de satisfaire ou d'&eacute;veiller la concupiscence.</p> <p>S'il peut, dans un premier temps, &ecirc;tre n&eacute;cessaire de passer par une phase de contr&ocirc;le de ses passions sur le mode de la contrainte, le Christ nous appelle &agrave; progresser dans la libert&eacute;, &agrave; ne pas simplement <em>satisfaire nos d&eacute;sirs </em>mais &agrave; les <em>combler</em> et pour cela les <em>purifier</em>. Quelqu'un qui ne se contr&ocirc;le pas va en effet naturellement tendre &agrave; vouloir contr&ocirc;ler autrui et ainsi nier le myst&egrave;re de leur personne. <strong>Cette croissance dans la r&eacute;v&eacute;rence de son corps est un chemin de saintet&eacute;</strong>, que le monde ne peut pas offrir..</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_gsmt5f8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_gsmt5f8">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-050-la-signification-de-la-purete#5">TDC 50,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_t7o112h"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_t7o112h">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn%202:16-17&amp;version=LSG">1Jn 2,16-17</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_q2syhkh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_q2syhkh">3.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%203:1&amp;version=LSG">Gn 3,1</a> : <em>Alors, Dieu vous a dit : &lsquo;Vous ne mangerez le fruit d&rsquo;aucun arbre du jardin&rsquo;</em></li> <li class="footnote" id="footnote4_71a2lam"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_71a2lam">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%203:4-5&amp;version=LSG">Gn 3,4-5</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_kxirfwc"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_kxirfwc">5.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-026-la-concupiscence-rupture-de-lalliance-avec-dieu#4">TDC&nbsp;26,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_a20uyok"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_a20uyok">6.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1D.HTM">CEC&nbsp;398</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_ofs68bs"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_ofs68bs">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%204:1-14&amp;version=LSG">Jn 4,1-14</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_fm2cc25"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_fm2cc25">8.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Pp%202:5-6&amp;version=LSG">Ph 2,5-6</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_n2gzoph"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_n2gzoph">9.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P9Q.HTM">CEC&nbsp;2761</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_ubjw3jg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_ubjw3jg">10.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-028-la-pudeur#5">TDC&nbsp;28,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_qyr65a1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_qyr65a1">11.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor_fr.html">Veritatis splendor</a>, 103</li> <li class="footnote" id="footnote12_2bj8na0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_2bj8na0">12.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-027-la-signification-de-la-nudite-originelle#1">TDC&nbsp;27,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_q245s0t"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_q245s0t">13.</a> Nous vivons la m&ecirc;me chose lorsque nous avons peur de vivre le Sacrement de R&eacute;conciliation !</li> <li class="footnote" id="footnote14_9p2tqbf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_9p2tqbf">14.</a> L'opposition artificielle entre catholicisme &quot;social&quot; et&nbsp;&quot;moralement conservateur&quot; en prend un coup : ces deux aspects de la doctrine catholique se soutiennent et se justifient mutuellement, n'en d&eacute;plaisent &agrave; ceux qui voudraient une &Eacute;glise qui colle &agrave; toutes les tendances du monde ou ceux qui, au contraire, voudraient qu'elle le rejette en bloc !</li> <li class="footnote" id="footnote15_jkl104u"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_jkl104u">15.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-030-la-domination-de-lautre-dans-relations-interpersonnelles#4">TDC&nbsp;30,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_45ku6ur"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_45ku6ur">16.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-030-la-domination-de-lautre-dans-relations-interpersonnelles#5">TDC&nbsp;30,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_juq1mku"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_juq1mku">17.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%203:16&amp;version=LSG">Gn 3,16</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_7ke517n"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_7ke517n">18.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%203:17&amp;version=LSG">Jn 3,17</a></li> </ul> concupiscence convoitise culture de mort désir homme historique honte modestie monde paternité péché originel Tue, 25 Aug 2009 09:49:06 +0000 Incarnare 30 at http://www.theologieducorps.fr A la lumière du Sermon sur la Montagne http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-lumiere-du-sermon-sur-la-montagne <blockquote><p>&nbsp;Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. [...] Vous avez appris qu'il a &eacute;t&eacute; dit : Tu ne commettras pas d'adult&egrave;re. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la d&eacute;sire a d&eacute;j&agrave; commis l'adult&egrave;re avec elle <strong>dans son coeur</strong><a class="see-footnote" id="footnoteref1_g8sph6g" title="Mt 5, 20;27-28" href="#footnote1_g8sph6g">1</a></p></blockquote> <p>Le Christ, dans ce passage, corrige l'application faite de la loi de Mo&iuml;se par les scribes et les pharisiens. Ceux qui l'&eacute;coutent alors sont des juifs qui ont grandi en apprenant &agrave; respecter cette loi. Et, dans les faits, il faut supposer qu'ils la respectent, les peines encourues &eacute;tant tr&egrave;s importantes (le L&eacute;vitique prescrit la mort pour les deux fautifs<a class="see-footnote" id="footnoteref2_gz2ascu" title="Lv 20,10" href="#footnote2_gz2ascu">2</a>).&nbsp;</p> <p>Que d&eacute;nonce alors le Christ dans ce sermon sur la montagne ?&nbsp;Pr&eacute;cis&eacute;ment, leur interpr&eacute;tation de la loi.&nbsp;Cette interpr&eacute;tation est biais&eacute;e (souvenons nous que lorsque la femme adult&egrave;re sera amen&eacute;e au Christ, l'homme adult&egrave;re est introuvable dans le passage...) mais surtout elle est tr&egrave;s litt&eacute;rale : les scribes et les pharisiens n'ont pas r&eacute;alis&eacute; le but de la loi de Mo&iuml;se.&nbsp;</p> <h4>L'adult&egrave;re, d'abord &quot;dans le coeur&quot;</h4> <p>L'exemple biblique par excellence de l'adult&egrave;re est l'attitude du roi David envers Bethsab&eacute;e<a class="see-footnote" id="footnoteref3_oxcyhto" title="en 2Sa 11" href="#footnote3_oxcyhto">3</a>: le texte est assez subtil puisque David<em>aper&ccedil;ut une femme en train de se baigner. Cette femme &eacute;tait tr&egrave;s belle. </em> Juste apr&egrave;s, l'on apprend que <em>Bethsab&eacute;e con&ccedil;ut; et elle fit savoir &agrave; David : &quot;je suis enceinte&quot;</em>. On conna&icirc;t l'issue funeste pour Ourias le Hittite, mari l&eacute;gitime de Bethsab&eacute;e, envoy&eacute; au front pour masquer l'adult&egrave;re.&nbsp;</p> <p>La d&eacute;finition traditionnelle de l'adult&egrave;re est l'existence d'une relation sexuelle entre un homme et une femme dont l'un est mari&eacute; &agrave; un tiers. La convoitise, elle, se situe &agrave; un autre niveau ; elle est li&eacute;e au regard.&nbsp;Le Christ veut faire entrer ceux qui l'&eacute;coutent dans une compr&eacute;hension nouvelle de la loi de Mo&iuml;se : pour ce faire il &eacute;tablit un lien entre la convoitise et l'adult&egrave;re.</p> <p>L'exemple de David et Bethsab&eacute;e est &eacute;loquent : la convoitise a pouss&eacute; David &agrave; l'adult&egrave;re. L'adult&egrave;re est une r&eacute;alit&eacute; v&eacute;cue d'abord <em>dans le coeur</em>. Quand le Christ conclut son Sermon sur la Montagne par &quot;<em>Vous donc soyez parfaits comme votre P&egrave;re c&eacute;leste est parfait</em>&quot;, il indique une r&eacute;alit&eacute; que le Cat&eacute;chisme<a class="see-footnote" id="footnoteref4_u50qeek" title="CEC&nbsp;2842" href="#footnote4_u50qeek">4</a> r&eacute;sume ainsi :</p> <blockquote><p>&nbsp;Observer le commandement du Seigneur est impossible s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;imiter de l&rsquo;ext&eacute;rieur le mod&egrave;le divin. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une participation vitale et venant &quot; du fond du c&oelig;ur &quot;, &agrave; la Saintet&eacute;, &agrave; la Mis&eacute;ricorde, &agrave; l&rsquo;Amour de notre Dieu. </p></blockquote> <p>L'Ecritude et notre propre exp&eacute;rience nous montrent qu'il est possible de vivre dans l'observance stricte de la loi sans pour autant jamais grandir dans la saintet&eacute;. C'est le <em>l&eacute;galisme</em> et le <em>moralisme. </em>En liant convoitise et adult&egrave;re, le Christ ne fait pas preuve de <em>rigorisme</em> mais il montre que l'important est la fid&eacute;lit&eacute; du coeur &agrave; la vocation de l'homme. Le Christ accomplit pleinement la promesse de Dieu<a class="see-footnote" id="footnoteref5_5azb9ir" title="Jr 31:31-33" href="#footnote5_5azb9ir">5</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;Voici venir des jours, d&eacute;clare le Seigneur, o&ugrave; je conclurai avec la maison d'Isra&euml;l et avec la maison de Juda une Alliance nouvelle. [...] Voici quelle sera l'Alliance que je conclurai avec la maison d'Isra&euml;l quand ces jours-l&agrave; seront pass&eacute;s, d&eacute;clare le Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d'eux-m&ecirc;mes ; <strong>je l'inscrirai dans leur coeur</strong>. </p></blockquote> <p>En agissant ainsi, J&eacute;sus en appelle &agrave; l'<em>homme int&eacute;rieur</em>, parfois avec v&eacute;h&eacute;mence : &quot;<em>Pharisien aveugle, purifie d'abord l'int&eacute;rieur de la coupe, afin que l'ext&eacute;rieur aussi devienne pur</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_geym4pn" title="Mt 23,26 : ne serait-il pas bon pour chacun d'entre nous que le chapitre tout entier nous soit proclam&eacute; plus souvent ?!" href="#footnote6_geym4pn">6</a> Une interpr&eacute;tation l&eacute;galiste juge les actes sans s'inqui&eacute;ter de la droiture du coeur... quand la question n'est plus &quot;<em>qu'est ce qui est profitable ?&quot;</em> mais &quot;<em>qu'est ce qui est permis</em><em>&nbsp;?&quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_mr93fbp" title="cf. 1Co 6,12" href="#footnote7_mr93fbp">7</a> alors on finit par faire un compromis avec le p&eacute;ch&eacute;, par se dire &quot;je peux &ecirc;tre infid&egrave;le jusqu'&agrave; tel point&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref8_nw69q5o" title="Cette attitude constitue aussi un contre-t&eacute;moignage parfait, comme ces &quot;fid&egrave;les&quot; (fustig&eacute;s - &agrave; raison - par Linda Lemay dans Je suis grande) qui s'offrent un p&eacute;ch&eacute; d&egrave;s lors qu'il est v&eacute;niel... et pensent ainsi &quot;gagner leur ciel&quot; !" href="#footnote8_nw69q5o">8</a><a class="see-footnote" id="footnoteref9_w01p0pr" title="Dans l'Associ&eacute; du diable, Satan essaie de convaincre l'avocat du sadisme de Dieu, qui aurait cr&eacute;&eacute; le monde avec des r&egrave;gles perverses comme : &quot;Regarde, mais surtout ne touche pas. Touche, mais surtout ne go&ucirc;te pas&nbsp;! Go&ucirc;te, n&rsquo;avale surtout pas&nbsp;!&quot; : voil&agrave; &agrave; quoi condamne le l&eacute;galisme, &agrave; l'oppos&eacute; du plan de Dieu !" href="#footnote9_w01p0pr">9</a>.</p> <p>Ce compromis avec la concupiscence est dangereux dans la mesure o&ugrave; il cr&eacute;e une suspicion plus largement sur la chair et la sexualit&eacute;, alors que le p&eacute;ch&eacute; vient du coeur de l'homme<a class="see-footnote" id="footnoteref10_9y0e3yr" title="Mc 7,21...&nbsp;encore un passage sur l'hypocrisie ! Comment se fait-il que cette parole ne nous frappe pas plus ?" href="#footnote10_9y0e3yr">10</a>. Cette suspicion du corps qui en r&eacute;sulte est v&eacute;ritablement au coeur du plan de Satan pour nous d&eacute;tourner de Dieu. <strong>Ainsi, l'&eacute;thique ne vaut rien si elle ne nourrit pas l'ethos, le d&eacute;sir profond de notre coeur</strong>.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>J&eacute;sus venu pour accomplir, non abolir</h4> <p>Faut-il pour autant renoncer &agrave; l'&eacute;thique, &agrave; la loi morale ?&nbsp;Cette seconde tentation est r&eacute;cus&eacute;e par le Christ au tout d&eacute;but de ce discours, juste apr&egrave;s avoir proclam&eacute; les b&eacute;atitudes:</p> <blockquote><p>&nbsp; Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Proph&egrave;tes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.<a class="see-footnote" id="footnoteref11_we60x42" title="Mt 5, 17" href="#footnote11_we60x42">11</a> </p></blockquote> <p>La loi est utile mais ne doit pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme le but ultime, c'est &agrave; dire idol&acirc;tr&eacute;e : le Cat&eacute;chisme l'indique<a class="see-footnote" id="footnoteref12_36hgqce" title="CEC&nbsp;1963" href="#footnote12_36hgqce">12</a> : &quot;<em>Selon la tradition chr&eacute;tienne, la Loi sainte (cf. Rm 7, 12), spirituelle (cf. Rm 7, 14) et bonne (cf. Rm 7, 16) est encore imparfaite. Comme un p&eacute;dagogue (cf. Ga 3, 24) elle montre ce qu&rsquo;il faut faire, mais ne donne pas de soi la force, la gr&acirc;ce de l&rsquo;Esprit pour l&rsquo;accomplir.</em>&quot;&nbsp;</p> <p>Accomplir vient du latin <em>complere</em>, qui signifie remplir.&nbsp;C'est ce que fait le Christ : en nous remplissant de l'Esprit, il nous donne la r&eacute;demption et nous permet de vivre la loi nous pas comme une contrainte ext&eacute;rieure, mais comme un d&eacute;sir profond de vivre la fid&eacute;lit&eacute; au Don.</p> <p>Le probl&egrave;me n'est pas seulement l'adult&egrave;re mais le fait que nous <em>d&eacute;sirons commettre </em>l'adult&egrave;re. Si notre coeur &eacute;tait pur, la pens&eacute;e de l'adult&egrave;re nous serait d&eacute;sagr&eacute;able. Si nous &eacute;tions sous la conduite de l'Esprit, ne serions pas sous l'esclavage de la loi, car nous serions libre de libert&eacute; du Christ : cette libert&eacute; n'est un &quot;permis de p&eacute;cher&quot; : elle d&eacute;sire ce qui est beau, choisit ce qui est bon et ainsi accomplit la loi.</p> <p>Pour nous p&eacute;cheurs, cette disposition d'esprit ne nous para&icirc;t pas naturelle et il nous faut, pour y arriver, faire un v&eacute;ritable <em>passage</em>, une <span style="font-style: italic;">P</span><em>&acirc;que</em>, qui implique une mort &agrave; soi-m&ecirc;me<a class="see-footnote" id="footnoteref13_87ts7k0" title="CEC&nbsp;2555 : &quot;Les fid&egrave;les du Christ &quot;&nbsp;ont crucifi&eacute; la chair avec ses passions et ses convoitises&nbsp;&quot; (Ga 5, 24)&nbsp;; ils sont conduits par l&rsquo;Esprit et suivent ses d&eacute;sirs.&quot;" href="#footnote13_87ts7k0">13</a> (que Saint Paul appelle la crucifixion de la chair<a class="see-footnote" id="footnoteref14_61r5nr9" title="N'allons pas pour autant croire trop vite que Saint-Paul est suspicieux envers le corps" href="#footnote14_61r5nr9">14</a>) pour entrer dans une logique, une &eacute;conomie nouvelles.&nbsp;</p> <p>Ce passage est douloureux car il implique de faire totalement confiance &agrave; Dieu et s'abandonner &agrave; Lui, ce &agrave; quoi notre &ecirc;tre p&eacute;cheur se refuse absolument - c'est m&ecirc;me l'essence du p&eacute;ch&eacute; originel ! On arrive ici au sens profond de la concupiscence (jusqu'ici identifi&eacute;e &agrave; la convoitise et donc restreinte au domaine sexuel) d&eacute;crite par le Cat&eacute;chisme<a class="see-footnote" id="footnoteref15_gfp4jk3" title="CEC&nbsp;2515" href="#footnote15_gfp4jk3">15</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;Au sens &eacute;tymologique, la &quot; concupiscence &quot; peut d&eacute;signer toute forme v&eacute;h&eacute;mente de d&eacute;sir humain. La th&eacute;ologie chr&eacute;tienne lui a donn&eacute; le sens particulier du mouvement de l&rsquo;app&eacute;tit sensible qui contrarie l&rsquo;&oelig;uvre de la raison humaine. L&rsquo;Ap&ocirc;tre S. Paul l&rsquo;identifie &agrave; la r&eacute;volte que la &quot; chair &quot; m&egrave;ne contre l&rsquo; &quot;esprit &quot; (cf. Ga 5, 16. 17. 24 ; Ep 2, 3). Elle vient de la d&eacute;sob&eacute;issance du premier p&eacute;ch&eacute; (Gn 3, 11). Elle d&eacute;r&egrave;gle les facult&eacute;s morales de l&rsquo;homme et, sans &ecirc;tre une faute en elle-m&ecirc;me, incline ce dernier &agrave; commettre des p&eacute;ch&eacute;s (cf. Cc. Trente : DS 1515).</p></blockquote> <p>Dans notre vie chr&eacute;tienne, l'Adversaire veille et ne cesse de nous frapper : il veut nous amener &agrave; un <a href="?q=node/21">&quot;ang&eacute;lisme rigoriste&quot; ou un &quot;permissivisme animal&quot;</a>. Pour cela, sa tactique favorite est de nous &ocirc;ter l'esp&eacute;rance d'arriver un jour &agrave; compl&egrave;tement nous d&eacute;barrasser de la convoitise. Il est bon de nous rappeler alors que les plus grands saints vivaient &eacute;galement cette tension, et qu'ils la vivaient humblement comme un appel &agrave; se confier toujours plus dans la mis&eacute;ricorde de Dieu.<a class="see-footnote" id="footnoteref16_7esz016" title="Lc 18,27 : Ce qui est impossible aux hommes est possible &agrave; Dieu" href="#footnote16_7esz016">16</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La loi &quot;dans les coeurs&quot; et l'anthropologie</h4> <p>La loi ainsi comprise n'est pas une norme objective ou un ensemble de commandements et de pr&eacute;ceptes.&nbsp;Elle appelle le coeur humain et, s'il se laisse purifier par le Christ, en jaillit.&nbsp;Ainsi chacun en vient &agrave; d&eacute;velopper une norme subjective, sans pour autant entrer en conflit avec la V&eacute;rit&eacute;, puisqu'elle correspond ultimement &agrave; notre vocation &agrave; entrer dans le Don.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_g8sph6g"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_g8sph6g">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%205:20;%20Mt%205:27-28&amp;version=LSG">Mt 5, 20;27-28</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_gz2ascu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_gz2ascu">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=lv%2020:10&amp;version=LSG">Lv 20,10</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_oxcyhto"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_oxcyhto">3.</a> en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2Sa%2011:1-17&amp;version=LSG">2Sa 11</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_u50qeek"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_u50qeek">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__PA5.HTM">CEC&nbsp;2842</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_5azb9ir"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_5azb9ir">5.</a> <a href="http://www.iblegateway.com/passage/?search=Jr 31:31-33&amp;version=LSG">Jr 31:31-33</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_geym4pn"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_geym4pn">6.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2023:26&amp;version=LSG">Mt 23,26</a> : ne serait-il pas bon pour chacun d'entre nous que le chapitre tout entier nous soit proclam&eacute; plus souvent ?!</li> <li class="footnote" id="footnote7_mr93fbp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_mr93fbp">7.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%206:12&amp;version=LSG">1Co 6,12</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_nw69q5o"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_nw69q5o">8.</a> Cette attitude constitue aussi un contre-t&eacute;moignage parfait, comme ces &quot;fid&egrave;les&quot; (fustig&eacute;s - &agrave; raison - par Linda Lemay dans <em>Je suis grande</em>) qui s'offrent un p&eacute;ch&eacute; d&egrave;s lors qu'il est v&eacute;niel... et pensent ainsi &quot;gagner leur ciel&quot; !</li> <li class="footnote" id="footnote9_w01p0pr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_w01p0pr">9.</a> Dans l'<em>Associ&eacute; du diable</em>, Satan essaie de convaincre l'avocat du sadisme de Dieu, qui aurait cr&eacute;&eacute; le monde avec des r&egrave;gles perverses comme : &quot;<em>Regarde, mais surtout ne touche pas. Touche, mais surtout ne go&ucirc;te pas&nbsp;! Go&ucirc;te, n&rsquo;avale surtout pas&nbsp;!</em>&quot; : voil&agrave; &agrave; quoi condamne le l&eacute;galisme, &agrave; l'oppos&eacute; du plan de Dieu !</li> <li class="footnote" id="footnote10_9y0e3yr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_9y0e3yr">10.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%207:21&amp;version=LSG">Mc 7,21</a>...&nbsp;encore un passage sur l'hypocrisie ! Comment se fait-il que cette parole ne nous frappe pas plus ?</li> <li class="footnote" id="footnote11_we60x42"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_we60x42">11.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%205:17&amp;version=LSG">Mt 5, 17</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_36hgqce"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_36hgqce">12.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P6P.HTM">CEC&nbsp;1963</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_87ts7k0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_87ts7k0">13.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8T.HTM">CEC&nbsp;2555 </a>: &quot;<i>Les fid&egrave;les du Christ &quot;&nbsp;ont crucifi&eacute; la chair avec ses passions et ses convoitises&nbsp;&quot; (Ga 5, 24)&nbsp;; ils sont conduits par l&rsquo;Esprit et suivent ses d&eacute;sirs.&quot;</i></li> <li class="footnote" id="footnote14_61r5nr9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_61r5nr9">14.</a> N'allons pas pour autant croire trop vite que Saint-Paul est suspicieux envers le corps</li> <li class="footnote" id="footnote15_gfp4jk3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_gfp4jk3">15.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8K.HTM">CEC&nbsp;2515</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_7esz016"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_7esz016">16.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2018:27&amp;version=LSG">Lc 18,27</a> : <em>Ce qui est impossible aux hommes est possible &agrave; Dieu</em></li> </ul> adultère légalisme loi moralisme rigorisme Tue, 25 Aug 2009 18:27:44 +0000 Incarnare 31 at http://www.theologieducorps.fr Commandements et ethos http://www.theologieducorps.fr/tdc/commandements-ethos <p>Le Pape <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-034-discours-sur-la-montagne-lhomme-daujourdhui">divise</a> ensuite ce texte en trois parties :</p> <ol> <li>il a &eacute;t&eacute; dit : Tu ne commettras pas d'adult&egrave;re</li> <li>Tout homme qui regarde une femme et la d&eacute;sire</li> <li>a d&eacute;j&agrave; commis l'adult&egrave;re avec elle dans son coeur<br /> &nbsp;</li> </ol> <h4>La loi et les proph&egrave;tes</h4> <p>Le Christ commence son enseignement par une r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la loi de Mo&iuml;se. &quot;Vous avez entendu qu'il a &eacute;t&eacute; dit&quot; : ses interlocuteurs sont familiers de cette loi. &quot;Moi je vous dis&quot; montre que la norme ne se suffisait pas &agrave; elle m&ecirc;me : <span style="font-weight: bold;">une </span><strong>norme ne peut changer le coeur plein de convoitise</strong>.<a class="see-footnote" id="footnoteref1_q3anzt8" title="cf. CEC&nbsp;1963" href="#footnote1_q3anzt8">1</a></p> <p>Ainsi, David et Salomon &eacute;taient polygames, par convoitise, &agrave; n'en pas douter. Le fait que le commandement sur l'adult&egrave;re ait pour cons&eacute;quence essentielle le monogamie n'a pas effleur&eacute; leur esprit - ou leur conscience... Moins le coeur des hommes se conforme &agrave; la v&eacute;rit&eacute;, plus la soci&eacute;t&eacute; a besoin d'une norme objective pour limiter les d&eacute;rives<a class="see-footnote" id="footnoteref2_u58quok" title="Cela m&egrave;ne a des exemples de lois assez surprenants... cf. Lv 18 ; Dt 22,13-30 ; Dt 25,11-12" href="#footnote2_u58quok">2</a>.</p> <p>Certaines lois, cependant, en voulant prot&eacute;ger l'ordre social, prot&egrave;gent en r&eacute;alit&eacute; la <em>dimension sociale </em>du p&eacute;ch&eacute;. Quand les proph&egrave;tes d&eacute;noncent l'infid&eacute;lit&eacute; d'Israel<a class="see-footnote" id="footnoteref3_07jfcz0" title="et Israel constitue ici le prototype des peuples : il ne s'agit pas de condamner Israel per se, pour qui l'amour du Seigneur dure &agrave; toujours." href="#footnote3_07jfcz0">3</a> au Seigneur, ils pointent du doigt le vrai sens de la loi. Dans la loi de Mo&iuml;se, l'adult&egrave;re est rang&eacute; dans la cat&eacute;gorie des atteintes au droit de propri&eacute;t&eacute; (sous-entendu, du mari ou du p&egrave;re) : toutefois les proph&egrave;tes d&eacute;noncent l'adult&egrave;re non pas comme une violation d'un droit sur le corps de l'autre, <em>mais comme rupture de l'alliance entre l'homme et la femme</em>.</p> <p>Le Pape essaie de nous amener &agrave; voir que l'enseignement catholique sur la sexualit&eacute; n'est pas une l&eacute;gislation arbitraire, ni la compilation de droits et devoirs juridiques<a class="see-footnote" id="footnoteref4_ma2jek0" title="malgr&eacute; des textes au vocable tr&egrave;s mal choisi, comme le droit sur le corps du code de Droit Canon de 1917, qui a heureusement disparu dans le Code de 1983." href="#footnote4_ma2jek0">4</a>.&nbsp;La question &quot;<em>jusqu'o&ugrave; puis-je aller ?</em>&quot; n'est vraiment pas la bonne question...</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'accomplissement de la Sagesse</h4> <p>En transf&eacute;rant l'origine de l'adult&egrave;re du corps au coeur, le Christ appelle &agrave; un regard renouvel&eacute;.&nbsp;</p> <p>Ainsi, si le Siracide dit &quot;<em>D&eacute;tourne ton regard d'une jolie femme</em> [...] <em>Beaucoup ont &eacute;t&eacute; &eacute;gar&eacute;s par la beaut&eacute; d'une femme et l'amour s'y enflamme comme un feu</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_da5t459" title="Si 9,8" href="#footnote5_da5t459">5</a>, le Christ appelle non pas &agrave; d&eacute;tourner les yeux, mais &agrave; poser un regard renouvel&eacute;, &agrave; recevoir la puret&eacute; du regard.</p> <p>Le Christ n'est pas mort sur une croix et ressuscit&eacute; des morts uniquement pour nous donner des moyens de faire des compromis avec le p&eacute;ch&eacute; (on ne l'a pas attendu pour &ccedil;a...) Il est mort et ressuscit&eacute; <em>pour nous rendre Libres</em><a class="see-footnote" id="footnoteref6_so7ej4u" title="CEC&nbsp;2764 : Dans le Sermon sur la Montagne [...] l&rsquo;Esprit du Seigneur donne forme nouvelle &agrave; nos d&eacute;sirs, ces mouvements int&eacute;rieurs qui animent notre vie." href="#footnote6_so7ej4u">6</a>.</p> <p>Le Pape appelle &agrave; d&eacute;velopper la <em>chastet&eacute;</em>. Celle-ci ne consiste pas &quot;<em>&agrave; annihiler le corps et la sexualit&eacute; de l'esprit conscient en en refoulant les r&eacute;actions dans le subconscient. La chastet&eacute; pratiqu&eacute;e ainsi [...] conduit &agrave; l'explosion. [...] <strong>Mais le coeur de la chastet&eacute;, c'est la promptitude &agrave; affirmer dans toute situation la valeur de la personne et &agrave; amener au niveau de la personne nos r&eacute;actions que suscitent en nous le corps et la sexualit&eacute;</strong>.</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_5h74ef0" title="cf.&nbsp;Amour et Responsabilit&eacute;" href="#footnote7_5h74ef0">7</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'exp&eacute;rience de l'homme historique</h4> <p>M&ecirc;me si le Christ n'est pas venu apporter un compromis avec le p&eacute;ch&eacute;, nous vivons toujours cette tension historique du &quot;<a href="?q=node/4"><em>d&eacute;j&agrave;, mais pas encore</em></a>&quot;. L'histoire suivante illustre bien &agrave; quoi ressemble la puret&eacute; chr&eacute;tienne v&eacute;cue dans sa maturit&eacute; :</p> <blockquote><p>&nbsp;Deux &eacute;v&ecirc;ques sortent d'une cath&eacute;drale.&nbsp;Au moment o&ugrave; sortent, une prostitu&eacute;e passe par l&agrave;, tr&egrave;s l&eacute;g&egrave;rement v&ecirc;tue..&nbsp;L'un des &eacute;v&ecirc;ques d&eacute;tourne imm&eacute;diatement le regard ; l'autre au contraire pose d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment son regard sur elle.<br /> Le premier &eacute;v&ecirc;que, celui qui a d&eacute;tourn&eacute; les yeux, s'exclame : &quot;<em>Fr&egrave;re Ev&ecirc;que, que fais-tu ?&nbsp;d&eacute;tourne les yeux !</em>&quot; mais quand il regarde son fr&egrave;re &eacute;v&ecirc;que, celui-ci a les larmes aux yeux : &quot;<em>comment se fait-il qu'une telle beaut&eacute; soit jet&eacute;e en p&acirc;ture &agrave; la convoitise des hommes ?</em>&quot; </p></blockquote> <p>Lequel de ces &eacute;v&ecirc;ques est vivifi&eacute; par l'ethos de la r&eacute;demption ?&nbsp;Lequel est bien au-del&agrave; de l'exigence de la loi pour l'accomplir dans son coeur ?&nbsp;</p> <p>Il est important de comprendre que l'&eacute;v&ecirc;que qui d&eacute;tourne les yeux a <em>&eacute;galement</em> fait ce qu'il fallait, car il se savait incapable <em>&agrave; cet instant </em> de regarder cette femme sans &eacute;prouver de la convoitise, il sait que la concupiscence habite encore son coeur. Cela s'appelle <em>&eacute;viter les occasions de p&eacute;cher </em>et cela constitue une premi&egrave;re &eacute;tape vers la chastet&eacute;. <em>Mais ce n'est que la premi&egrave;re &eacute;tape</em>. Nous sommes appel&eacute;s &agrave; plus.</p> <p>Si la majorit&eacute; des hommes en est &agrave; cette premi&egrave;re &eacute;tape, ajoutons, pour ceux qui douteraient qu'atteindre une puret&eacute; comparable &agrave; celle de l'&eacute;v&ecirc;que qui regarde d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment est possible et m&ecirc;me souhaitable, <em>que ce r&eacute;cit n'est pas fictif</em> : l'histoire est inspir&eacute;e de la conversion de Ste P&eacute;lagie par Nonnus d'Edesse.<a class="see-footnote" id="footnoteref8_h69t615" title="Nonnus s'est en r&eacute;alit&eacute; exclam&eacute; &quot;Malheur &agrave; nous, paresseux et n&eacute;gligents, car nous devrons rendre compte au jour du jugement, pour ne pas avoir mis &agrave; plaire &agrave; Dieu le z&egrave;le et le soin que met cette pauvre femme &agrave; orner son corps pour un plaisir passager&quot;" href="#footnote8_h69t615">8</a> <strong>Parce que Nonnus a su la regarder avec un regard d'amour et d'&eacute;merveillement, P&eacute;lagie y a vu le regard du Christ et s'est convertie</strong>.<a class="see-footnote" id="footnoteref9_0a4dbxx" title="Pensons &agrave; Nathana&euml;l sous le figuier... " href="#footnote9_0a4dbxx">9</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'&eacute;tat int&eacute;rieur de l'homme de concupiscence</h4> <p>Le Siracide d&eacute;crit tr&egrave;s bien l'&eacute;tat de l'&acirc;me de l'homme de concupiscence : &quot;<em>la passion br&ucirc;lante comme un brasier elle ne s'&eacute;teindra pas qu'elle ne soit assouvie; l'homme qui convoite sa propre chair il n'aura de cesse que le feu ne le consume</em>&quot;.</p> <p>L'homme n'est pas appel&eacute; &agrave; <em>se consumer </em>mais &agrave; &ecirc;tre &agrave; l'image de Dieu : le d&eacute;sir ainsi purifi&eacute; ne consume pas la personne comme le feu de Dieu ne consume pas le buisson ardent<a class="see-footnote" id="footnoteref10_5rwn8rr" title="cf. Ex 3" href="#footnote10_5rwn8rr">10</a>.</p> <p>Sans cette transformation radicale, nous ne pouvons qu'exhiber une <em>modestie ext&eacute;rieure.</em> Celle-ci vient d'une crainte des cons&eacute;quences de l'ind&eacute;cence plus que du rejet du mal lui-m&ecirc;me. En d'autres termes, le coeur n'est pas chang&eacute; : seule la peur de &quot;<em>se faire surprendre en train de convoiter</em>&quot; nous retient alors.&nbsp;D&egrave;s que le regard de l'autre s'&eacute;loigne, nous nous autorisons &agrave; convoiter.&nbsp;<br /> Selon une traduction diff&eacute;rente de Mt 5, ce faisant, nous faisons de cette femme une adult&egrave;re dans notre coeur : la personne de cette femme ne change (gr&acirc;ce &agrave; Dieu !) pas mais nous la changeons dans notre regard, imaginant des sc&egrave;nes adult&egrave;res avec elle, devenant ainsi incapables de l'aimer vraiment.&nbsp;</p> <p>Le Christ n'explique pas vraiment en Mt 5&nbsp;ce que signifie convoiter.&nbsp;Il suppose que c'est une exp&eacute;rience que nous connaissons tous (et toutes).&nbsp;Si la concupiscence n'est pas un p&eacute;ch&eacute;, le regard concupiscent en est un. Jean-Paul II&nbsp;nous dit &quot;<em>que le Christ veut nous montrer que l'homme regarde conform&eacute;ment &agrave; ce qu'il est</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref11_gkdas05" title="TDC&nbsp;39,4" href="#footnote11_gkdas05">11</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>La concupiscence en psychologie</h4> <p>Pour le psychologue, la concupiscence - souvent alors appel&eacute;e d&eacute;sir - n'a pas le m&ecirc;me sens que dans la bible ou en th&eacute;ologie.&nbsp;Elle est neutre moralement.</p> <p>En effet, la psychologie n'a pas le contexte ni le cadre de r&eacute;f&eacute;rence n&eacute;cessaires pour en percevoir la dimension &eacute;thique, car elle analyse l'homme historique sans le lier &agrave; l'innocence originelle.&nbsp;La concupiscence semble ainsi simplement &quot;normale&quot; puisque tout le monde en fait l'exp&eacute;rience.</p> <p>De la m&ecirc;me mani&egrave;re que la concupiscence r&eacute;duit la personne a sa dimension sexuelle (et m&ecirc;me &agrave; la dimension physiologique de sa sexualit&eacute;), cette vision est r&eacute;ductrice car elle ne prend pas en compte la r&eacute;alit&eacute; de notre vocation &agrave; vivre &agrave; la ressemblance de Dieu.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4><a name="concupiscencedansmariage"></a>La concupiscence dans le mariage</h4> <p>Celui qui regarde une autre femme avec concupiscence a d&eacute;j&agrave; commis l'adult&egrave;re dans son coeur. Jean-Paul II&nbsp;va plus loin : <em>qu'en est-il de celui qui regarde sa propre femme avec concupiscence ?</em>&nbsp;</p> <p>La logique semble affirmer que puisque l'adult&egrave;re ne peut &ecirc;tre qu'en relation avec une autre femme, il n'a pas lieu ici. Le Pape reprend ce premier raisonnement<a class="see-footnote" id="footnoteref12_yf46a3o" title="TDC 25,4" href="#footnote12_yf46a3o">12</a> pour en montrer les limites.&nbsp;Ainsi, selon lui, &quot;<em>l'adult&egrave;re 'dans le coeur' n'est pas commis par qu'un homme regarde une <strong>autre </strong>femme de cette mani&egrave;re, mais parce qu'il regarde une femme <strong>de cette mani&egrave;re</strong>.</em> <em>M&ecirc;me s'il regardait de cette mani&egrave;re sa propre femme, il commettrait l'adult&egrave;re.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref13_6ri6rb9" title="TDC&nbsp;43,2" href="#footnote13_6ri6rb9">13</a></p> <p>Cette d&eacute;claration a suscit&eacute; de nombreuses r&eacute;actions de m&eacute;dias internationaux<a class="see-footnote" id="footnoteref14_szwnhh2" title="Au point que l'Osservatore Romano a publi&eacute; une r&eacute;ponse le 12 octobre 1980" href="#footnote14_szwnhh2">14</a>, certains accusant Jean-Paul II&nbsp;d'avoir tellement peur de la sexualit&eacute; qu'il voudrait la restreindre au sein-m&ecirc;me du mariage.</p> <p>Au contraire ! Jean-Paul II est tr&egrave;s attach&eacute; &agrave; la pr&eacute;servation de la sexualit&eacute; des &eacute;poux, dans <em>toute sa dimension</em>. Rendre adult&egrave;re une relation conjugale signifie simplement la distordre par rapport &agrave; sa signification originelle, ce dont conviennent m&ecirc;me les adversaires du mariage : &quot;<em>N'a t-il pas &eacute;t&eacute; dit et &eacute;crit en toutes lettres r&eacute;cemment que le mariage devient souvent une forme d'esclavage pour la femme ; qu'elle est r&eacute;duite au rang d'objet sexuel ou m&ecirc;me que dans certains cas la relation conjugale n'est qu'une prostitution cach&eacute;e ?</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref15_e1ikall" title="Sorgi, L'Osservatore Romano, 12 octobre 1980" href="#footnote15_e1ikall">15</a></p> <p>Si les sexes sont cr&eacute;&eacute;s l'un <em>pour </em>l'autre, la convoitise change radicalement la <em>mani&egrave;re </em>dont l'un existe pour l'autre. Un homme qui verrait sa femme comme un objet de satisfaction de son propre d&eacute;sir est adult&egrave;re. En cons&eacute;quence, l'union sexuelle n'est <em>justifi&eacute;e</em> (c'est &agrave; dire rendue juste, belle et sainte) que lorsqu'elle est inspir&eacute;e par l'amour <em>de </em>Dieu (qui vient de Dieu, et tourn&eacute; vers Dieu).</p> <h5>Remedium Concupiscentiae ?</h5> <p>L'Eglise enseigne traditionnellement que le mariage est le <em>remedium concupiscentiae</em><a class="see-footnote" id="footnoteref16_tlfhq0c" title="S'appuyant sur le verset de Saint-Paul en 1Co 7,9 : &quot;Mais s'ils ne peuvent pas se ma&icirc;triser, qu'ils se marient, car mieux vaut se marier que br&ucirc;ler de d&eacute;sir.&quot;" href="#footnote16_tlfhq0c">16</a>. Certains ont interpr&eacute;t&eacute; cette expression en pensant que le mariage est un exhutoire de la concupiscence, ce qui donne carte aux blanche aux hommes pour utiliser leur femmes pour leur satisfaction &eacute;go&iuml;ste dans le cadre du mariage.</p> <p>Cette interpr&eacute;tation <span style="font-style: italic;">manque </span><em>compl&egrave;tement l'appel </em>du Christ &agrave; l'intelligence du coeur dans le Sermon sur la Montagne.&nbsp;Elle a malheusement conduit &agrave; ce que des femmes s'entendent dire par leur confesseur ou leur directeur spirituel qu'elles devaient se donner &agrave; leur mari &quot;&agrave; la demande&quot;. Il va sans dire (mais mieux en le disant) que la Pape abhore une telle vision.</p> <p><em>Remedium Concupiscentiae</em> est bien mieux traduit par le <em>rem&egrave;de &agrave; la concupiscence</em>. Le mariage permet de soigner la concupiscence (et non pas de l'exprimer) car chacun des &eacute;poux essaie d'y aimer son conjoint <em>de plus en plus, dans la totalit&eacute; de sa personne</em>. C'est le <strong>caract&egrave;re proph&eacute;tique </strong>du mariage qui est montr&eacute; ici et pas l'exp&eacute;rience de la chute. &quot;<strong>D&eacute;j&agrave;</strong>, mais pas encore&quot;.</p> <h5>La puret&eacute; de coeur, objectif r&eacute;aliste ?</h5> <p>Parmi les reproches faits au Pape, celui de pr&ecirc;cher une morale irr&eacute;aliste est le plus fr&eacute;quent.&nbsp;Citons ainsi un article paru &agrave; l'&eacute;poque<a class="see-footnote" id="footnoteref17_r3rnj2i" title="A Lesson on Lust for the Vatican, &quot;Une le&ccedil;on sur la convoitise pour le Vatican&quot;, par Judy Mann, Washington Post du 10 octobre 1980" href="#footnote17_r3rnj2i">17</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Les europ&eacute;ens peuvent peut-&ecirc;tre contourner ce probl&egrave;me en faisant appel &agrave; leur fibre romantique lorsqu'ils regardent une femme<a class="see-footnote" id="footnoteref18_33hkr4z" title="on appr&eacute;ciera le clich&eacute;.." href="#footnote18_33hkr4z">18</a>, mais les am&eacute;ricains ne s'encombrent pas d'une telle &eacute;tiquette. Chez eux, grattez le vernis de romantisme, et vous trouverez &agrave; coup s&ucirc;r la convoitise. [...] <br /> Il est clair que le Pape a les meilleures intentions. [...] Mais il ne sait probablement pas le r&ocirc;le central que joue la convoitise dans la famille am&eacute;ricaine : [...] il sait que le d&eacute;sir des choses mat&eacute;rielles comme une voiture rapide nous pousse &agrave; travailler dur ; mais ce n'est pas seulement de &ccedil;a qu'il s'agit : d&egrave;s l'adolescence, la convoitise est notre force vitale. Nous ne voulons pas des voitures rapides pour elles-m&ecirc;mes, mais pour satisfaire vous-savez-quoi. [...]<br /> A mon &eacute;poque, la premi&egrave;re chose que vous appreniez sur les genoux de votre m&egrave;re &eacute;tait que les gar&ccedil;ons avaient une seule chose en t&ecirc;te - vous-savez-quoi - et que la route du mariage &eacute;tait pav&eacute;e de d&eacute;ni. [...]<br /> <strong>Aucune d'entre nous ne veut &ecirc;tre un objet sexuel - le Pape a bien compris &ccedil;a </strong>- [...] et il &eacute;tait un temps o&ugrave; nous cherchions la communion des personnes. [...] Mais cette &eacute;poque est belle et bien r&eacute;volue :&nbsp; [L'ancien pr&eacute;sident] Jimmy Carter a donn&eacute; &agrave; la convoitise ses lettres de noblesse dans son interview &agrave; Playboy [...] il a compris une chose sur le mariage : si l'homme convoite sa femme, au moins n'en convoitera t-il pas une autre. </p></blockquote> <p>On sent dans le ton de Judy Mann une amertume : elle aurait souhait&eacute; que les choses soient diff&eacute;rentes et a conscience qu'elles sont cens&eacute;es &ecirc;tre diff&eacute;rentes. Mais elle a choisi le cynisme, la r&eacute;signation : elle a accept&eacute; que la convoitise soit une donn&eacute;e de l'humain.&nbsp;</p> <p>Ce cynisme n'est pas qu'une posture conceptuelle : elle a des cons&eacute;quences bien r&eacute;elles, incarn&eacute;es.&nbsp;Le dernier paragraphe en est un exempe flagrant : il t&eacute;moigne d'un <em>pari</em> sur notre incapacit&eacute; &agrave; d&eacute;passer la convoitise et fait entrer dans une spirale destructrice, en encourageant la convoitise pour mieux la contr&ocirc;ler.&nbsp;</p> <p>Ce regard en manque d'esp&eacute;rance est typique de l'humanit&eacute; amput&eacute;e par le p&eacute;ch&eacute;. Le Pape le crie : &quot;<em>nous devons retrouver la pl&eacute;nitude perdue de notre humanit&eacute; et la revendiquer [face &agrave; l'adversaire]</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref19_zbp42zd" title="TDC 43,7" href="#footnote19_zbp42zd">19</a></p> <p>Nul ne proclame que la route est facile.. dans la suite de son Sermon, le Christ ne parle t-il pas <em>d'arracher son oeil, s'il nous pousse au p&eacute;ch&eacute; ?</em><a class="see-footnote" id="footnoteref20_3apmmwu" title="Mt 5,29-30" href="#footnote20_3apmmwu">20</a> Pourquoi les mots de J&eacute;sus sont-ils si forts ?&nbsp;Remarquons que la convoitise et l'enfer tiennent dans la m&ecirc;me d&eacute;finition : l'<em>absence de l'amour de Dieu</em>. C'est pourquoi la convoitise est chose s&eacute;rieuse : si l'amour de Dieu est &agrave; l'origine de l'homme alors la convoitise est l'antith&egrave;se de son existence.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Nous devons r&eacute;aliser que les cons&eacute;quences de la convoitise d&eacute;passent de loin le lit conjugal<a class="see-footnote" id="footnoteref21_4wxlnfz" title="Rm 1, 24-27 : Aussi Dieu les a-t-il livr&eacute;s selon les convoitises de leur c&oelig;ur &agrave; une impuret&eacute; o&ugrave; ils avilissent eux-m&ecirc;mes leurs propres corps eux qui ont &eacute;chang&eacute; la v&eacute;rit&eacute; de Dieu contre le mensonge, ador&eacute; et servi la cr&eacute;ature de pr&eacute;f&eacute;rence au Cr&eacute;ateur [...]: car leurs femmes ont &eacute;chang&eacute; les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, d&eacute;laissant [...] la femme, ont br&ucirc;l&eacute; de d&eacute;sir les uns pour les autres, perp&eacute;trant l'infamie d'homme &agrave; homme et recevant en leurs personnes l'in&eacute;vitable salaire de leur &eacute;garement. " href="#footnote21_4wxlnfz">21</a> mais atteignent &eacute;galement la soci&eacute;t&eacute; dans son ensemble, la vie sociale et &eacute;conomique<a class="see-footnote" id="footnoteref22_y79pyg1" title="Rm 1,29-31: remplis de toute injustice, de perversit&eacute;, de cupidit&eacute;, de malice ; ne respirant qu'envie, meurtre, dispute, fourberie, malignit&eacute; ; diffamateurs, d&eacute;tracteurs, ennemis de Dieu, insulteurs, orgueilleux, fanfarons, ing&eacute;nieux au mal, rebelles &agrave; leurs parents, insens&eacute;s, d&eacute;loyaux, sans c&oelig;ur, sans piti&eacute;" href="#footnote22_y79pyg1">22</a> : bref, cr&eacute;ent une <em>culture de mort</em>. En fait <em>connaissant bien pourtant le verdict de Dieu qui d&eacute;clare dignes de mort les auteurs de pareilles actions, non seulement ils les font, mais ils approuvent encore ceux qui les commettent.</em><a class="see-footnote" id="footnoteref23_g0p6b6y" title="Rm 1,32" href="#footnote23_g0p6b6y">23</a><a class="see-footnote" id="footnoteref24_4t3wui9" title="TDC&nbsp;51,1(3)" href="#footnote24_4t3wui9">24</a></p> </div> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_q3anzt8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_q3anzt8">1.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P6P.HTM">CEC&nbsp;1963</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_u58quok"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_u58quok">2.</a> Cela m&egrave;ne a des exemples de lois assez surprenants... cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=lv%2018&amp;version=LSG">Lv 18</a> ; <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=dt%2022:13-30&amp;version=LSG">Dt 22,13-30</a> ; <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=dt%2025:11-12&amp;version=LSG">Dt 25,11-12</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_07jfcz0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_07jfcz0">3.</a> et Israel constitue ici le <em>prototype</em> des peuples : il ne s'agit pas de condamner Israel <em>per se</em>, pour qui l'amour du Seigneur <em>dure &agrave; toujours</em>.</li> <li class="footnote" id="footnote4_ma2jek0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_ma2jek0">4.</a> malgr&eacute; des textes au vocable tr&egrave;s mal choisi, comme le <em>droit sur le corps</em> du code de Droit Canon de 1917, qui a heureusement disparu dans le Code de 1983.</li> <li class="footnote" id="footnote5_da5t459"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_da5t459">5.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/si9.html">Si 9,8</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_so7ej4u"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_so7ej4u">6.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P9R.HTM">CEC&nbsp;2764</a> : <em>Dans le Sermon sur la Montagne [...] l&rsquo;Esprit du Seigneur donne forme nouvelle &agrave; nos d&eacute;sirs, ces mouvements int&eacute;rieurs qui animent notre vie.</em></li> <li class="footnote" id="footnote7_5h74ef0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_5h74ef0">7.</a> cf.&nbsp;Amour et Responsabilit&eacute;</li> <li class="footnote" id="footnote8_h69t615"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_h69t615">8.</a> Nonnus s'est en r&eacute;alit&eacute; exclam&eacute; &quot;<em>Malheur &agrave; nous, paresseux et n&eacute;gligents, car nous devrons rendre compte au jour du jugement, pour ne pas avoir mis &agrave; plaire &agrave; Dieu le z&egrave;le et le soin que met cette pauvre femme &agrave; orner son corps pour un plaisir passager</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote9_0a4dbxx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_0a4dbxx">9.</a> Pensons &agrave; Nathana&euml;l <a href="?q=node/27">sous le figuier...</a> </li> <li class="footnote" id="footnote10_5rwn8rr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_5rwn8rr">10.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ex%203:1-6&amp;version=LSG">Ex 3</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_gkdas05"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_gkdas05">11.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-039-regard-exprime-ce-est-dans-coeur#4">TDC&nbsp;39,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_yf46a3o"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_yf46a3o">12.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-025-contenu-ethique-anthropologique-du-commandement-tu-ne-commettras-pas-dadultere#4">TDC 25,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_6ri6rb9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_6ri6rb9">13.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-043-interpretation-psychologique-theologique-de-la-concupiscence#2">TDC&nbsp;43,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_szwnhh2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_szwnhh2">14.</a> Au point que l'<em>Osservatore Romano</em> a publi&eacute; une r&eacute;ponse le 12 octobre 1980</li> <li class="footnote" id="footnote15_e1ikall"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_e1ikall">15.</a> Sorgi, <em>L'Osservatore Romano, </em>12 octobre 1980</li> <li class="footnote" id="footnote16_tlfhq0c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_tlfhq0c">16.</a> S'appuyant sur le verset de Saint-Paul en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:9&amp;version=LSG">1Co 7,9</a> : &quot;<em>Mais s'ils ne peuvent pas se ma&icirc;triser, qu'ils se marient, car mieux vaut se marier que br&ucirc;ler de d&eacute;sir.</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote17_r3rnj2i"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_r3rnj2i">17.</a> <em>A Lesson on Lust for the Vatican</em>, &quot;Une le&ccedil;on sur la convoitise pour le Vatican&quot;, par Judy Mann, Washington Post du 10 octobre 1980</li> <li class="footnote" id="footnote18_33hkr4z"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_33hkr4z">18.</a> on appr&eacute;ciera le clich&eacute;..</li> <li class="footnote" id="footnote19_zbp42zd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_zbp42zd">19.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-043-interpretation-psychologique-theologique-de-la-concupiscence#7">TDC 43,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote20_3apmmwu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_3apmmwu">20.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%205:29-30&amp;version=LSG">Mt 5,29-30</a></li> <li class="footnote" id="footnote21_4wxlnfz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_4wxlnfz">21.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%201:24-27&amp;version=LSG">Rm 1, 24-27 </a>: <em>Aussi Dieu les a-t-il livr&eacute;s selon les convoitises de leur c&oelig;ur &agrave; une impuret&eacute; o&ugrave; ils avilissent eux-m&ecirc;mes leurs propres corps eux qui ont &eacute;chang&eacute; la v&eacute;rit&eacute; de Dieu contre le mensonge, ador&eacute; et servi la cr&eacute;ature de pr&eacute;f&eacute;rence au Cr&eacute;ateur [...]: car leurs femmes ont &eacute;chang&eacute; les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, d&eacute;laissant [...] la femme, ont br&ucirc;l&eacute; de d&eacute;sir les uns pour les autres, perp&eacute;trant l'infamie d'homme &agrave; homme et recevant en leurs personnes l'in&eacute;vitable salaire de leur &eacute;garement.</em> </li> <li class="footnote" id="footnote22_y79pyg1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_y79pyg1">22.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%201:29-31&amp;version=LSG">Rm 1,29-31</a>: <em>remplis de toute injustice, de perversit&eacute;, de cupidit&eacute;, de malice ; ne respirant qu'envie, meurtre, dispute, fourberie, malignit&eacute; ; diffamateurs, d&eacute;tracteurs, ennemis de Dieu, insulteurs, orgueilleux, fanfarons, ing&eacute;nieux au mal, rebelles &agrave; leurs parents, insens&eacute;s, d&eacute;loyaux, sans c&oelig;ur, sans piti&eacute;</em></li> <li class="footnote" id="footnote23_g0p6b6y"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_g0p6b6y">23.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%201:32&amp;version=LSG">Rm 1,32</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_4t3wui9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_4t3wui9">24.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-051-vie-selon-la-chair-justification-dans-christ#1-3">TDC&nbsp;51,1(3)</a></li> </ul> chasteté commandements modestie norme regard du Christ Wed, 26 Aug 2009 08:23:00 +0000 Incarnare 32 at http://www.theologieducorps.fr Le Coeur : mis en accusation ou appelé ? http://www.theologieducorps.fr/tdc/coeur-mis-en-accusation-appele <p>Si l'humanit&eacute; peut vivre la puret&eacute; de coeur ou tomber, comment devons-nous agir pour la vivre ?&nbsp;Comment devons-nous consid&eacute;rer la sexualit&eacute;, l'attirance sexuelle et le d&eacute;sir ? Existe-il un appui ferme pour guider nos pens&eacute;es, nos sentiments et nos actes dans ce domaine ?</p> <p>Nos soci&eacute;t&eacute;s ont en effet beaucoup &eacute;volu&eacute; par rapport &agrave; ces questions, passant d'une vision pessimiste du corps accompagn&eacute;e d'un puritanisme strict &agrave; une vision plus d&eacute;tendue mais qui s'accompagne d'une grande permissivit&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_85t2qgd" title="TDC 44,4" href="#footnote1_85t2qgd">1</a>. O&ugrave; trouver la juste position ?&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'Eglise condamne t-elle le corps ?&nbsp;</h4> <p>La premi&egrave;re menace qui nous guette lorsque nous tentons d'aborder notre mani&egrave;re de vivre le corps est le manich&eacute;isme. Cette id&eacute;ologie, qui voit dans la mati&egrave;re et donc dans le corps la source du mal, n'a cess&eacute; au cours de l'histoire de contaminer la pens&eacute;e.</p> <p>Jean-Paul II affirme avec force que la <em>mani&egrave;re manich&eacute;enne de comprendre et d'appr&eacute;cier le corps de l'homme et sa sexualit&eacute; est en grande partie &eacute;trang&egrave;re aux &Eacute;vangiles.&nbsp;Tandis que dans la mentalit&eacute; manich&eacute;enne, le corps et la sexualit&eacute; sont des &quot;anti-valeurs&quot;, le christianisme y voient au contraire une valeur pas suffisament reconnue</em><a class="see-footnote" id="footnoteref2_5m3ri28" title="TDC 45,3" href="#footnote2_5m3ri28">2</a>. Rappelons-nous la th&egrave;se de Jean-Paul II&nbsp;: seul le corps peut signifier dans le monde visible le myst&egrave;re invisible de Dieu.</p> <p>Dans le christianisme, l'abandon de la convoitise ne signifie aucunement le rejet de son objet (qui est le plus souvent la sexualit&eacute;).&nbsp;Au contraire, c'est parce que la sexualit&eacute; rev&ecirc;t un <em>caract&egrave;re sacr&eacute; </em>qu'il est urgent d'abandonner la convoitise !</p> <p>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, le corps de la femme, objet de la convoitise dans <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%205:28&amp;version=LSG">Mt 5,28</a>, n'est pas pour autant mauvais.&nbsp;Rejeter sur elle la responsabilit&eacute; de notre propre convoitise est une tentative - path&eacute;tique - d'&eacute;viter de r&eacute;former notre coeur.&nbsp;Il en est de m&ecirc;me pour la condamnation du corps en g&eacute;n&eacute;ral. Le rejet du corps au nom de la saintet&eacute; ne fait que pousser un cran plus loin cette logique perverse.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Ainsi, il est impropre d'appeler certaines parties du corps 'impropres' ou 'impures', car le corps entier est bon, <em>tr&egrave;s</em> bon. Une m&egrave;re qui, surprenant son fils en train de regarder un film pornographique, lui reprocherait de regarder des images sales n'aurait pas tout &agrave; fait raison : la convoitise se situe avant tout dans la production et le visionnage de ces images.&nbsp;La pornographie n'est mauvaise &agrave; cause de son objet, le corps poss&egrave;dant en lui-m&ecirc;me une dignit&eacute; inali&eacute;nable, que dans la pi&egrave;tre qualit&eacute; de sa pr&eacute;sentation artistique.</p> <p>Nous pouvons donner l'impression de jouer sur les mots.&nbsp;Mais il ne s'agit pas de s&eacute;mantique : il s'agit de bien identifier le mal l&agrave; o&ugrave; il se situe.&nbsp;Un exemple flagrant est cette question que nous posons avant d'entrer dans une chambre : &quot;<em>es-tu visible ?</em>&quot;. L'unique r&eacute;ponse possible, &eacute;tant donn&eacute;e la dignit&eacute; du corps, est &quot;OUI!&quot; Mais notre regard, lui, n'est-il pas ind&eacute;cent ?&nbsp;</p> </div> <p>L'id&eacute;e que l'&Eacute;glise pense que la sexualit&eacute; est mauvaise, et qu'elle ne la tol&egrave;re que pour la procr&eacute;ation, est r&eacute;pandue.&nbsp;Beaucoup, catholiques et non-catholiques, pensent qu'une telle h&eacute;r&eacute;sie est la doctrine officielle de l'&Eacute;glise !</p> <p>La fuite peut &ecirc;tre une premi&egrave;re &eacute;tape pour &eacute;viter la convoitise, mais ce n'est pas l'appel d&eacute;finitif et l'on ne saurait se contenter du statu quo : la r&eacute;demption du corps offerte par le Christ va bien plus loin ! Elle vise la r&eacute;int&eacute;gration du corps et de l'&acirc;me, de la personnalit&eacute; et la sexualit&eacute; et la capacit&eacute; &agrave; la <em>voir </em>et en faire <em>l'exp&eacute;rience</em>.</p> <h5>Image de la femme et repr&eacute;sentation de soi</h5> <p>D&egrave;s l'origine<a class="see-footnote" id="footnoteref3_88yd8d9" title="Gn 3,11-12 : &laquo; La femme que tu m'as donn&eacute;e, c'est elle qui m'a donn&eacute; du fruit de l'arbre, et j'en ai mang&eacute;. &raquo;" href="#footnote3_88yd8d9">3</a> l'homme a bl&acirc;m&eacute; la femme pour sa propre tendance &agrave; la convoitise et son incapacit&eacute; &agrave; la ma&icirc;trise de soi. Si les femmes ont la responsabilit&eacute; de ne pas jouer avec les faiblesses des hommes, ceux-ci ont la responsabilit&eacute; - premi&egrave;re - de combattre la convoitise et de grandir continuellement dans la puret&eacute; jusqu'&agrave; arriver &agrave; voir dans <em>chaque</em> femme sa dignit&eacute; sp&eacute;cifique.</p> <p>Ce combat est d'une importance capitale : chaque femme, chaque &ecirc;tre humain a besoin pour grandir d'&ecirc;tre aim&eacute;, de se voir confirmer en tant que personne par le regard positif de l'autre.&nbsp;Un regard d&eacute;tourn&eacute;, de ce point de vue, n'est une que tr&egrave;s relative par rapport au regard convoitant.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le coeur condamn&eacute; ?&nbsp;</h4> <p>Nous avons tous fait l'exp&eacute;rience du p&eacute;ch&eacute;. Le propre du <em>p&egrave;re du mensonge</em> est d'&ecirc;tre &eacute;galement l'<em>accusateur</em> : il ne cesse de nous faire douter de la possibilit&eacute; de la r&eacute;demption en soulignant &agrave; chaque instant nos chutes. Nous devenons ainsi des &quot;<em>ma&icirc;tres du soup&ccedil;on</em>&quot;, c'est &agrave; dire que nous ne croyons pas pleinement &agrave; la puissance de l'&Eacute;vangile et du Verbe.&nbsp;</p> <p>L'histoire <a href="?q=node/32">des deux &eacute;v&ecirc;ques</a> montre bien cette suspicion. L'&eacute;v&ecirc;que qui a d&eacute;tourn&eacute; le regard met imm&eacute;diatement en accusation son fr&egrave;re car, n'ayant jamais remport&eacute; de victoire r&eacute;elle sur la concupiscence, il n'imagine pas que celui-ci peut ne pas subir de m&ecirc;me la convoitise.&nbsp;</p> <p>Le philosophe protestant Paul Ricoeur a popularis&eacute; cette expression &quot;ma&icirc;tre du soup&ccedil;on&quot; en l'appliquant &agrave; Freud, Marx et Nietzsche. Chacun &quot;accuse&quot; en effet le coeur humain et placent la concupiscence au coeur de leur vision de l'homme. Jean-Paul II &eacute;tablit un parall&egrave;le entre chacun de leurs modes de pens&eacute;e et les modalit&eacute;s de la concupiscence <a href="?q=node/30">d&eacute;crites par St Jean</a> : la pens&eacute;e nitzsch&eacute;enne r&eacute;duit sa repr&eacute;sentation du monde au pouvoir, la th&eacute;orie marxiste &agrave; l'argent&nbsp; et &agrave; la possession et la pens&eacute;e freudienne au plaisir. <br /> Si le Christ dit que la concupiscence est du domaine du coeur avant d'&ecirc;tre du domaine du corps, il ne r&eacute;duit pas pour autant l'homme &agrave; cette unique r&eacute;alit&eacute; ; alors que les &quot;ma&icirc;tres du soup&ccedil;on&quot; n'ont aucun espoir de r&eacute;demption, le Christ offre lui-m&ecirc;me la r&eacute;demption dans sa personne.</p> <p>&nbsp;</p> <h4><a name="sensvie"></a>Le sens de la vie</h4> <p>&quot;<em>S&rsquo;il est vrai que le Christ nous ressuscitera &quot; au dernier jour &quot;, il est vrai aussi que, d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on, nous sommes d&eacute;j&agrave; ressuscit&eacute;s avec le Christ. En effet, gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;Esprit Saint, la vie chr&eacute;tienne est, d&egrave;s maintenant sur terre, une participation &agrave; la mort et &agrave; la R&eacute;surrection du Christ</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_00x3too" title="CEC&nbsp;1002" href="#footnote4_00x3too">4</a></p> <p>Le doute est une tentation constante : tentation de penser qu'il existe une d&eacute;viation qui pourrait nous &eacute;viter la croix. Jean-Paul II&nbsp;nous avertit de ne pas d&eacute;tacher les paroles du Christ de la r&eacute;alit&eacute; concr&egrave;te de notre existence<a class="see-footnote" id="footnoteref5_exmcr85" title="TDC&nbsp;46,6" href="#footnote5_exmcr85">5</a> : l'esp&eacute;rance que le Christ annonce dans le Sermon sur la Montagne est compl&egrave;tement r&eacute;aliste si l'on consid&egrave;re qui Il est, qui nous sommes et ce qu'Il est venu faire pour nous.&nbsp;<br /> Si cela nous semble irr&eacute;aliste, nous devons nous demander s&eacute;rieusement ce que nous croyons de qui le Christ a dit &ecirc;tre et de ce que sa mort et sa r&eacute;surrection veulent dire pour nous.&nbsp;Sinon, nous risquons de venir comme ces hommes &quot;<em>pleins d'eux-m&ecirc;mes, amis du plaisir plut&ocirc;t que de Dieu ; [qui] auront les apparences d'une vie religieuse, mais rejetteront ce qui en fait la force.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_9d83p1k" title="cf. 2Tm 3" href="#footnote6_9d83p1k">6</a></p> <p>Le Christ ne rev&egrave;le pas seulement une nouvelle dimension de la morale, mais &eacute;galement une dimension nouvelle de l'homme : douter de notre capacit&eacute; concr&egrave;te &agrave; vivre ce &agrave; quoi le Christ nous appelle devient alors un pi&egrave;ge.&nbsp;Le Pape r&eacute;pond<a class="see-footnote" id="footnoteref7_zriwo7z" title="Veritatis Splendor, 103 : (les emphases sont dans le texte original)" href="#footnote7_zriwo7z">7</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp; Mais quelles sont les &quot; possibilit&eacute;s concr&egrave;tes de l'homme &quot; ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme <strong>domin&eacute; </strong>par la concupiscence ou bien de l'homme <strong>rachet&eacute; par le Christ </strong>? Car c'est de cela qu'il s'agit : de la <strong>r&eacute;alit&eacute; </strong>de la R&eacute;demption par le Christ. <strong>Le Christ nous a rachet&eacute;s ! </strong>Cela signifie : il nous a donn&eacute; la possibilit&eacute; de r&eacute;aliser l'<strong>enti&egrave;re v&eacute;rit&eacute; </strong>de notre &ecirc;tre ; il a lib&eacute;r&eacute; notre libert&eacute; de la <strong>domination </strong>de la concupiscence. Et si l'homme rachet&eacute; p&egrave;che encore, cela est d&ucirc; non pas &agrave; l'imperfection de l'acte r&eacute;dempteur du Christ, mais &agrave; la volont&eacute; de l'homme de se soustraire &agrave; la gr&acirc;ce qui vient de cet acte. Le commandement de Dieu est certainement proportionn&eacute; aux capacit&eacute;s de l'homme, mais aux capacit&eacute;s de l'homme auquel est donn&eacute; l'Esprit Saint, de l'homme qui, s'il est tomb&eacute; dans le p&eacute;ch&eacute;, peut toujours obtenir le pardon et jouir de la pr&eacute;sence de l'Esprit &raquo;</p></blockquote> <p>Cette proclamation nous am&egrave;ne au coeur du sujet : Jean-Paul II, vicaire du Christ, crie avec Saint-Paul : &quot;<em>ne videz pas la croix de son sens !</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref8_maxl0jd" title="cf. 1Co 1,17" href="#footnote8_maxl0jd">8</a>. Nous ne comprenons pas ais&eacute;ment : et pour cause, c'est proprement incroyable et insaisissable pour nous qui ne connaissons le monde qu'&agrave; travers le p&eacute;ch&eacute; : <em>le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte</em><a class="see-footnote" id="footnoteref9_tzrzm62" title="1 Co 1,18" href="#footnote9_tzrzm62">9</a>. <br /> Notre vie est comparable &agrave; un voilier qui a la voile perc&eacute;e. Le vent souffle.&nbsp;Nous n'osons pas prendre le vent arri&egrave;re de peur de d&eacute;chirer la voile pour de bon. Jean-Paul II, depuis la rive, nous crie, tandis que le Christ marche sur les eaux pour nous rejoindre : &quot;<span style="font-style: italic;"><span style="font-weight: bold;">N</span></span><em><strong>'ayez pas peur !!</strong></em> &quot;.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Si les mots du Christ trouvent un &eacute;cho en nous, c'est le signe que nous ne sommes pas compl&egrave;tement immerg&eacute;s dans le p&eacute;ch&eacute; ; l'&Eacute;vangile nous appelle de l'ext&eacute;rieur, <em>notre coeur de l'int&eacute;rieur</em>. Notre voilier avec sa voile perc&eacute;e suscite peut-&ecirc;tre la piti&eacute;, mais la coque est en bon &eacute;tat et le gouvernail s&ucirc;r : le Christ s'appr&ecirc;te &agrave; hisser la grand-voile et le spi...&nbsp;regardons-nous maintenant avec le regard de Dieu : <em>voici, nous sommes tr&egrave;s bons !</em></p> </div> <p>&nbsp;</p> <h4>Eros et Ethos</h4> <p>Les mots du Christ condament-ils l'amour &eacute;rotique ?&nbsp;Nous avertissent-ils contre <em>eros</em> ? Pour r&eacute;pondre, nous devons clarifier ce que nous entendons par <em>eros</em>. Pour le sens commun, le regard de convoitise lanc&eacute; par l'homme sur cette femme avec qui il n'est pas mari&eacute; est &eacute;rotique.&nbsp;Si l'eros se limitait &agrave; la concupiscence, il est &eacute;vident qu'il serait condamn&eacute;.</p> <p>Jean-Paul II&nbsp;d&eacute;finit les &quot;ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;rotiques comme l'ensemble des comportements par lesquel l'homme et la femme s'approchent l'un l'autre et s'unissent pour n'&ecirc;tre qu'une chair&quot;. Pour Platon, <em>eros </em>est cette force int&eacute;rieure qui attire l'homme au vrai, au beau et au bien.&nbsp;<br /> Dans cette optique, <em>eros</em> et <em>ethos</em> ne sont pas oppos&eacute;s comme nous pouvons le penser &agrave; premi&egrave;re vue.&nbsp;Au contraire, &quot;<em>ils sont appel&eacute;s &agrave; se rentrontrer dans le coeur humain et &agrave; porter du fruit</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref10_53w37tu" title="TDC 47,5" href="#footnote10_53w37tu">10</a>. <em>Oui, pour le coeur pur, l'&eacute;rotique est vrai, beau et bon </em>!! La Bible tout enti&egrave;re annonce l'union de l'Amour et de la V&eacute;rit&eacute; dans le Christ<a class="see-footnote" id="footnoteref11_mk7b3ey" title="cf. Ps 85 : J'&eacute;coute. Que dit Dieu ? Ce que dit le Seigneur, c'est la paix pour son peuple et ses fid&egrave;les, pourvu qu'ils ne reviennent &agrave; leur folie. Proche est son salut pour qui le craint, et la Gloire habitera notre terre. Amour et V&eacute;rit&eacute; se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent; V&eacute;rit&eacute; germera de la terre, et des cieux se penchera la Justice. Le Seigneur lui-m&ecirc;me donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit " href="#footnote11_mk7b3ey">11</a>.</p> <p>Tous les mouvements de notre coeur et les impulsions spontan&eacute;ees de notre corps sont-ils donc bons ?&nbsp;Il est r&eacute;aliste de r&eacute;pondre par la n&eacute;gative.&nbsp;<br /> La connaissance du bien et du mal ne peut pas &ecirc;tre uniquement abstraite : le discernement doit &ecirc;tre op&eacute;r&eacute; dans le coeur.&nbsp;C'est une vraie &quot;science&quot; qui ne peut s'apprendre dans les livres car elle concerne la vie int&eacute;rieure de chacun.&nbsp;Le Christ nous appelle &agrave; une vraie maturit&eacute; et connaissance de nous-m&ecirc;mes. Jean-Paul II nous dit que <em>cette t&acirc;che est digne d'&ecirc;tre men&eacute;e &agrave; bien et &agrave; la mesure de l'&ecirc;tre humain</em><a class="see-footnote" id="footnoteref12_hamtba6" title="TDC&nbsp;48,4" href="#footnote12_hamtba6">12</a> : <strong>c'est la t&acirc;che de s&eacute;parer le bon grain de l'ivraie</strong>.<a class="see-footnote" id="footnoteref13_bk0uarj" title="cf.&nbsp;Mt 13,24-30 : l'ennemi est venu semu l'ivraie pendant que le semeur se reposait (le 7e jour...&nbsp;?). Le Semeur tient trop au grain, &agrave; nous, pour risquer de l'arracher, de nous blesser en arrachant l'ivraie. Il nous laisse le soin de l'enlever et la lier en botte pour la br&ucirc;ler." href="#footnote13_bk0uarj">13</a></p> <p>Ce qui est spontan&eacute; dans notre coeur d&eacute;pend de sa fondation : s'il est fond&eacute; sur l'amour, alors <em>eros </em> sera pur ; s'il est fond&eacute; sur la concupiscence, <em>eros</em> nous emm&egrave;nera loin de l'amour et nous consumera. <strong>Notre coeur est comme le buisson ardent : quel feu allons-nous laisser nous br&ucirc;ler ?</strong> Si c'est le feu qui d&eacute;vore et d&eacute;truit, alors l'embrasement du plaisir nous laissera dess&eacute;ch&eacute;s ; si c'est le feu qui ne consume pas, alors... l'embrasement du plaisir nous emm&egrave;nera dans le coeur de Dieu : <em>enlevons nos sandales et contemplons le myst&egrave;re sacr&eacute; !</em></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_85t2qgd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_85t2qgd">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-044-valeurs-evangeliques-devoirs-du-coeur-humain#4">TDC 44,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_5m3ri28"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_5m3ri28">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-045-la-valeur-du-corps#3">TDC 45,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_88yd8d9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_88yd8d9">3.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%203:11-12&amp;version=LSG">Gn 3,11-12</a> : <em>&laquo; La femme que tu m'as donn&eacute;e, c'est elle qui m'a donn&eacute; du fruit de l'arbre, et j'en ai mang&eacute;. &raquo;</em></li> <li class="footnote" id="footnote4_00x3too"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_00x3too">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2C.HTM">CEC&nbsp;1002</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_exmcr85"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_exmcr85">5.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-046-creation-redemption#6">TDC&nbsp;46,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_9d83p1k"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_9d83p1k">6.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2Tm%203:1-17&amp;version=LSG">2Tm 3</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_zriwo7z"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_zriwo7z">7.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor_fr.html">Veritatis Splendor</a>, 103 : (les emphases sont dans le texte original)</li> <li class="footnote" id="footnote8_maxl0jd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_maxl0jd">8.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%201:17&amp;version=LSG">1Co 1,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_tzrzm62"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_tzrzm62">9.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%201:18&amp;version=LSG">1 Co 1,18</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_53w37tu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_53w37tu">10.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-047-la-rencontre-de-lethos-de-leros-dans-coeur-humain#5">TDC 47,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_mk7b3ey"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_mk7b3ey">11.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ps%2085&amp;version=LSG">Ps 85</a> : <em>J'&eacute;coute. Que dit Dieu ? Ce que dit le Seigneur, c'est la paix pour son peuple et ses fid&egrave;les, pourvu qu'ils ne reviennent &agrave; leur folie. Proche est son salut pour qui le craint, et la Gloire habitera notre terre. Amour et V&eacute;rit&eacute; se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent; V&eacute;rit&eacute; germera de la terre, et des cieux se penchera la Justice. Le Seigneur lui-m&ecirc;me donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit</em> </li> <li class="footnote" id="footnote12_hamtba6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_hamtba6">12.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-048-exigences-du-christ-dans-discours-sur-la-montagne#4">TDC&nbsp;48,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_bk0uarj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_bk0uarj">13.</a> cf.&nbsp;<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2013:24-30&amp;version=LSG">Mt 13,24-30</a> : l'ennemi est venu semu l'ivraie pendant que le semeur se reposait (le 7e jour...&nbsp;?). Le Semeur tient trop au grain, &agrave; nous, pour risquer de l'arracher, de nous blesser en arrachant l'ivraie. Il nous laisse le soin de l'enlever et la lier en botte pour la br&ucirc;ler.</li> </ul> eros éthique sexuelle ethos manichéisme pornographie rédemption du corps soupçon Wed, 26 Aug 2009 12:51:36 +0000 Incarnare 33 at http://www.theologieducorps.fr L'Ethos de la Rédemption du Corps http://www.theologieducorps.fr/tdc/lethos-de-la-redemption-du-corps <h4>Grandir dans la Saintet&eacute;</h4> <p>Une puret&eacute; mure ne s'acquiert pas du jour au lendemain, tant en nous l'<em>habitude</em> est forte. La pratique de la ma&icirc;trise de soi peut &ecirc;tre difficile et surtout peut donner l'impression de suspendre le d&eacute;sir sexuel dans le vide.&nbsp;Le Saint-P&egrave;re explique que c'est particuli&egrave;rement vrai la premi&egrave;re fois que la personne d&eacute;cide de lutter contre la concupiscence. &quot;Cependant &quot;, ajoute t-il, &quot; la premi&egrave;re fois d&eacute;j&agrave;, et de plus en plus avec l'exp&eacute;rience, l'homme fait progressivement l'exp&eacute;rience de sa propre dignit&eacute;.&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_mnbggx0" title="TDC 49,6" href="#footnote1_mnbggx0">1</a></p> <p>Nous nous battons alors pour la dignit&eacute; de notre propre personne : allons-nous agir ou laisser le mal agir pour nous ?&nbsp;Les enjeux sont &eacute;normes, puisqu'il est question de l'<em>intentionalit&eacute; de notre existence m&ecirc;me</em>. Dans cette &quot;r&eacute;miniscence de la solitude originelle&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_chuprqr" title="TDC 49,7" href="#footnote2_chuprqr">2</a> nous d&eacute;couvrons notre transcendance, notre subjectivit&eacute; et nous r&eacute;alisons que le <em>d&eacute;sir d'aimer est plus fort que le d&eacute;sir de convoiter</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La R&eacute;demption, pas la R&eacute;pression</h4> <p>Quel est alors le but de la loi ?&nbsp;La libert&eacute; ne s'apprend que par &eacute;tapes et il nous arrive de prendre le mal pour le bien. La loi est alors un tuteur, comme un thermom&egrave;tre qui nous dit si notre coeur est ajust&eacute; et si nos voies sont les voies de Dieu.&nbsp;</p> <p>Saint Paul nous explique<a class="see-footnote" id="footnoteref3_kwfrxsc" title="Rm 7,7" href="#footnote3_kwfrxsc">3</a> : &quot;<em>Que dire alors ? Que la Loi, c'est le p&eacute;ch&eacute; ? Absolument pas : je n'aurais pas connu le p&eacute;ch&eacute; s'il n'y avait pas eu la Loi ; en effet, j'aurais ignor&eacute; la convoitise si la Loi n'avait pas dit : Tu ne convoiteras pas.</em>&quot;</p> <p>La loi n'est pas faite pour la r&eacute;pression de nos pulsions mais leur r&eacute;demption. Le <em>p&egrave;re du mensonge</em> a distordu notre sexualit&eacute; pour en faire une arme contre nous ; nous ne devons pas la lui laisser et fuir nos d&eacute;sirs, mais leur faire face et les soumettre continuellement au Christ&nbsp; - &agrave; l'instant m&ecirc;me o&ugrave; ils nous embrasent - pour que la gr&acirc;ce les ordonne.&nbsp;</p> <p>J&eacute;sus nous enseigne cette vie nouvelle par ses paroles et il nous apprend &agrave; la demander par la pri&egrave;re. De la rectitude de notre pri&egrave;re d&eacute;pendra celle de notre vie en Lui.<a class="see-footnote" id="footnoteref4_yt8z58j" title="CEC&nbsp;2764" href="#footnote4_yt8z58j">4</a> Ainsi, Christopher West<a class="see-footnote" id="footnoteref5_5ptg4un" title="Conf&eacute;rencier et auteur de &quot;Theology of the Body Explained: A&nbsp;Commentary on Jean-Paul II's Male and Female He Created Them&quot; &agrave; qui ce site doit beaucoup et son auteur encore plus. " href="#footnote5_5ptg4un">5</a> nous sugg&egrave;re, plut&ocirc;t que de refouler nos d&eacute;sirs et les r&eacute;primer, de les confier au Christ, par exemple par cette pri&egrave;re :</p> <blockquote><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; Seigneur J&eacute;sus<br /> Je te confie mes d&eacute;sirs sexuels.&nbsp;Viens unir en moi ce que le p&eacute;ch&eacute; a d&eacute;suni, afin que je puisse conna&icirc;tre la libert&eacute; dans ce lieu de mon &ecirc;tre et vivre le d&eacute;sir sexuel comme tu le d&eacute;sires.&nbsp;<em>Amen</em>. </p></blockquote> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_mnbggx0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_mnbggx0">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-049-la-redemption-du-corps#6">TDC 49,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_chuprqr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_chuprqr">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-049-la-redemption-du-corps#7">TDC 49,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_kwfrxsc"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_kwfrxsc">3.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%207:7&amp;version=LSG">Rm 7,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_yt8z58j"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_yt8z58j">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P9R.HTM">CEC&nbsp;2764</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_5ptg4un"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_5ptg4un">5.</a> Conf&eacute;rencier et auteur de &quot;<em>Theology of the Body Explained: A&nbsp;Commentary on Jean-Paul II's Male and Female He Created Them</em>&quot; &agrave; qui ce site doit beaucoup et son auteur encore plus. </li> </ul> Wed, 26 Aug 2009 12:52:39 +0000 Incarnare 34 at http://www.theologieducorps.fr La Pureté et la "Vie dans l'Esprit". http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-purete-la-vie-dans-lesprit <blockquote><p>&nbsp; Heureux les coeurs purs : <br /> &nbsp; ils verront Dieu !<a class="see-footnote" id="footnoteref1_0incp0r" title="Mt 5, 8" href="#footnote1_0incp0r">1</a> </p></blockquote> <p>Heureux les coeurs purs, en effet, car ils verront le myst&egrave;re de Dieu r&eacute;v&eacute;l&eacute; dans le corps de l'homme. Rappelons-nous la th&egrave;se de Jean-Paul II : &quot;<em>seul le corps est capable de rendre visible le myst&egrave;re invisible cach&eacute; en Dieu de toute &eacute;ternit&eacute;</em>&quot;.<a class="see-footnote" id="footnoteref2_8qahcg1" title="TDC&nbsp;19,4" href="#footnote2_8qahcg1">2</a></p> <p><em>La puret&eacute;</em>, nous dit le Pape, <em>est le pr&eacute;requis de l'amour : c'est la dimension de la v&eacute;rit&eacute; int&eacute;rieure de l'amour dans le coeur de l'homme</em><a class="see-footnote" id="footnoteref3_zz3mi1c" title="TDC&nbsp;49,7" href="#footnote3_zz3mi1c">3</a>.&nbsp;C'est la puret&eacute; qui, dans la subjectivit&eacute; de l'homme, fait le lien entre <em>sa solitude</em> et <em>son appel &agrave; la communion</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>De la puret&eacute; du corps &agrave; la puret&eacute; du coeur</h4> <p>Pour parler de la puret&eacute;, nous utilisons instinctivement le vocabulaire de la propret&eacute;.&nbsp;L'Ancien Testament accorde une grande importance &agrave; la propret&eacute; du corps comme en t&eacute;moigne le nombre incalculable d'ablutions rituelles. Nombre d'entre eux sont li&eacute;s &agrave; l'impuret&eacute; sexuelle (aux maladies sexuellement transmissibles)<a class="see-footnote" id="footnoteref4_dxm9c7f" title="cf. Lv 15" href="#footnote4_dxm9c7f">4</a>.</p> <p>Ces prescriptions m&eacute;dicales ont pris au fil du temps un sens moral - li&eacute;e &agrave; la suspicion envers le corps - que le Christ r&eacute;cuse en disant que &quot;<em>Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_7rt6188" title="Mt 15,11-20" href="#footnote5_7rt6188">5</a> : l'absence de propret&eacute; physique ne cr&eacute;e pas l'impuret&eacute; morale<a class="see-footnote" id="footnoteref6_f7pdmql" title="J&eacute;sus va &eacute;galement ici clairement contre la croyance que la menstruation rend une femme impure (Lv 18,19)" href="#footnote6_f7pdmql">6</a>. A l'inverse, aucune ablution ne justifie l'impuret&eacute; morale.&nbsp;</p> <p>C'est parce que c'est la puret&eacute; du coeur qui est essentielle que Jean-Paul II accorde tant d'importance &agrave; la <a href="?q=node/22">subjectivit&eacute; de l'homme</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La chair et l'esprit dans Saint Paul</h4> <p>Pour retrouver l'exp&eacute;rience de la b&eacute;atitude dans la puret&eacute;, nous devons d&eacute;passer la tension entre la chair et l'esprit exprim&eacute;e par Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref7_pxbem4r" title="Ga 5,17" href="#footnote7_pxbem4r">7</a> :</p> <blockquote><p>Car les tendances de la chair s'opposent &agrave; l'Esprit, et les tendances de l'Esprit s'opposent &agrave; la chair. En effet, il y a l&agrave; un affrontement qui vous emp&ecirc;che de faire ce que vous voudriez.</p></blockquote> <p>Comme le dit le Saint-P&egrave;re, &quot;le probl&egrave;me n'est pas le corps (la chair) et l'esprit (l'&acirc;me) : ceux-ci constituent <em>depuis le commencement</em> l'essence-m&ecirc;me de l'homme. Leur unit&eacute; rend l'homme <em>tr&egrave;s bon</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref8_wttzg8y" title="TDC&nbsp;51,1" href="#footnote8_wttzg8y">8</a> Ce que Paul d&eacute;nonce dans l'opposition entre la chair et l'esprit cest la tension introduite par le p&eacute;ch&eacute; originel<a class="see-footnote" id="footnoteref9_j44fkmb" title=" cf CEC&nbsp;2516, CEC&nbsp;2517-2519, CEC&nbsp;2520" href="#footnote9_j44fkmb">9</a>.&nbsp;</p> <p>Le Pape<a class="see-footnote" id="footnoteref10_bk0ghpk" title="contrairement &agrave; la Bible de la Liturgie...dont nous avons d&eacute;j&agrave; soulign&eacute; les faiblesses" href="#footnote10_bk0ghpk">10</a> est attentif &agrave; utiliser un E majuscule poutrr parler du Saint-Esprit et de l'opposition que nous ressentons &quot;dans la chair&quot; avec ses d&eacute;sirs pour nous.&nbsp;Il <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-051-vie-selon-la-chair-justification-dans-christ#1-1">note &eacute;galement</a> que la &quot;chair&quot; dans Saint-Paul ne doit pas &ecirc;tre identifi&eacute;e avec la sexualit&eacute; ou le corps, mais comprend, en plus de l'homme ext&eacute;rieur, l'homme int&eacute;rieur coup&eacute; de Dieu.&nbsp;Vivre dans la chair c'est vivre de mani&egrave;re <em>non-in-spir&eacute;e</em>, sans l'Esprit. C'est vivre comme si la poussi&egrave;re de notre humanit&eacute; n'avait pas &eacute;t&eacute; inspir&eacute;e.</p> <p>Ajoutons que l'Eglise appelle le Saint Esprit la &quot;Personne-Amour&quot; ou la &quot;Personne-Don&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref11_t7w0txe" title="Dominum et Vivificantem, 10" href="#footnote11_t7w0txe">11</a>: il veut nous in-spire pour que nous vivions selon la signification sponsale - conjugale - de notre corps. &quot;Sur lui reposera l'Esprit de Dieu esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de Dieu.&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref12_7qwragh" title=" Is 11,1-2" href="#footnote12_7qwragh">12</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>La Justification par la Foi</h4> <p>Le Saint-P&egrave;re observe que les mots de Saint Paul d&eacute;crivent bien le combar dans le coeur de l'homme entre le bien et le mal.&nbsp;Mieux, ils donnent une m&eacute;thode pour l'emporter. En effet, Paul parle du combat entre la chair et l'Esprit dans le cadre de son discours sur la justification par la foi. <a class="see-footnote" id="footnoteref13_hd6r7zy" title="cf. Rm 7 et Rm 8; Ga 5)" href="#footnote13_hd6r7zy">13</a></p> <p>L'homme ne peut se justifier par l'observance de la loi<a class="see-footnote" id="footnoteref14_hb1ilzp" title="dont on a d&eacute;j&agrave; vu que la suivre litt&eacute;ralement pouvait causer des dommages importants." href="#footnote14_hb1ilzp">14</a> S'il tente de le faire, alors le Christ ne lui sert de rien et il passe &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la n&eacute;cessit&eacute; et de l'objectif de la r&eacute;demption.&nbsp;&quot;<em>Vous qui pensez devenir des justes en pratiquant la Loi, vous vous &ecirc;tes s&eacute;par&eacute;s du Christ, vous &ecirc;tes d&eacute;chus de la gr&acirc;ce.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref15_sf1dbmd" title="Ga 5,4" href="#footnote15_sf1dbmd">15</a> Le Cat&eacute;chisme r&eacute;sume<a class="see-footnote" id="footnoteref16_w0irq5a" title="CEC&nbsp;2542-2543" href="#footnote16_w0irq5a">16</a> :</p> <blockquote><p>La Loi confi&eacute;e &agrave; Isra&euml;l n&rsquo;a jamais suffi &agrave; justifier ceux qui lui &eacute;taient soumis ; elle est m&ecirc;me devenue l&rsquo;instrument de la &quot;convoitise&quot; (cf. Rm 7, 7). L&rsquo;inad&eacute;quation entre le vouloir et le faire (cf. Rm 7, 10) indique le conflit entre la loi de Dieu qui est la &quot;loi de la raison&quot; et une autre loi &quot;qui m&rsquo;encha&icirc;ne &agrave; la loi du p&eacute;ch&eacute; qui est dans mes membres&quot; (Rm 7, 23).<br /> &quot;Maintenant, sans la Loi, la justice de Dieu s&rsquo;est manifest&eacute;e, attest&eacute;e par la Loi et les proph&egrave;tes, justice de Dieu par la foi en J&eacute;sus Christ &agrave; l&rsquo;adresse de tous ceux qui croient &quot; (Rm 3, 21-22). D&egrave;s lors les fid&egrave;les du Christ &quot;ont crucifi&eacute; la chair avec ses passions et ses convoitises&quot; (Ga 5, 24) ; ils sont conduits par l&rsquo;Esprit (cf. Rm 8, 14) et suivent les d&eacute;sirs de l&rsquo;Esprit (cf. Rm 8, 27).</p></blockquote> <p>Et la foi, dans sa nature la plus profonde, est <i>l'ouverture</i> du c&oelig;ur humain devant le Don, <i>devant la communication que Dieu fait de lui-m&ecirc;me dans l'Esprit Saint</i>.<a class="see-footnote" id="footnoteref17_rai1ddh" title="Dominum et Vivificantem, 51" href="#footnote17_rai1ddh">17</a> Par la foi, ce n'est pas l'homme qui se justifie, mais Dieu qui le justifie.&nbsp;</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>L'homme justifi&eacute; par la foi n'a plus besoin de la loi<a class="see-footnote" id="footnoteref18_a46i5ur" title="cf. Ga 5,18" href="#footnote18_a46i5ur">18</a>. Christopher West, dans ses conf&eacute;rences illustre cela en demandant &agrave; un homme mari&eacute; s'il d&eacute;sire tuer sa femme.&nbsp;Un homme qui ne le d&eacute;sire pas n'a pas besoin du commandement &quot;tu ne tueras pas&quot; car son coeur est a-just&eacute; sur la volont&eacute; de Dieu. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, un homme qui a re&ccedil;u la puret&eacute; sexuelle n'a pas besoin d'un catalogue d'interdits.&nbsp;</p> </div> <blockquote><p>&nbsp;[L'&Eacute;vangile] n&rsquo;ajoute pas de pr&eacute;ceptes ext&eacute;rieurs nouveaux, mais il va jusqu&rsquo;&agrave; r&eacute;former la racine des actes, le c&oelig;ur, l&agrave; o&ugrave; l&rsquo;homme choisit entre le pur et l&rsquo;impur (cf. <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Mt%2015,18-19">Mt 15, 18-19</a>), o&ugrave; se forment la foi, l&rsquo;esp&eacute;rance et la charit&eacute;, et avec elles, les autres vertus.<a class="see-footnote" id="footnoteref19_gk91pz5" title="CEC&nbsp;1968" href="#footnote19_gk91pz5">19</a></p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>La libert&eacute; que le Christ nous a gagn&eacute;e</h4> <p>La vie selon la chair apporte la mort.&nbsp;Il ne s'agit pas que de la mort physique, mais aussi de la r&eacute;alit&eacute; du <em>p&eacute;ch&eacute; mortel</em> qui tue en nous la vie de l'Esprit. Ceux qui vivent ainsi &quot;<em>n'h&eacute;riteront pas du Royaume des Cieux</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref20_rb9dbgw" title="Ga 5,21" href="#footnote20_rb9dbgw">20</a> dit Saint Paul. Il ajoute ailleurs que l'homme impur ne re&ccedil;oit en h&eacute;ritage le Royaume des Cieux<a class="see-footnote" id="footnoteref21_rbwac61" title="Ep 5,5" href="#footnote21_rbwac61">21</a> Seul l'homme pur pourra voir Dieu. En fait, c'est la d&eacute;finition de la puret&eacute; dans la b&eacute;atitude : la capacit&eacute; &agrave; voir Dieu. L'impuret&eacute;, inversement, n'est que l'incapacit&eacute; &agrave; voir Dieu, qui veut pourtant toujours se donner.</p> <p>Le Christ nous a lib&eacute;r&eacute;s.&nbsp;Pour Saint-Paul, la libert&eacute; est toujours intimement li&eacute;e &agrave; l'amour : &quot;<em>vous avez &eacute;t&eacute; appel&eacute;s &agrave; la libert&eacute;. Mais que cette libert&eacute; ne soit pas un pr&eacute;texte pour satisfaire votre &eacute;go&iuml;sme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref22_g08h34p" title="Ga 5,13" href="#footnote22_g08h34p">22</a>. Supprimer notre libert&eacute; pour ne pas p&eacute;cher ne correspond pas &agrave; l'Ethos de l'&Eacute;vangile.&nbsp;Si comme Ulysse nous devons nous encha&icirc;ner pour ne pas p&eacute;cher, alors nous sommes exactement ceci : encha&icirc;n&eacute;s. &quot;<em>Or, le Seigneur, c'est l'Esprit, et l&agrave; o&ugrave; l'Esprit du Seigneur est pr&eacute;sent, l&agrave; est la libert&eacute;</em>&quot; <a class="see-footnote" id="footnoteref23_xo95z7t" title="2Co 3,17" href="#footnote23_xo95z7t">23</a>.</p> <p>Dieu ne veut pas imposer le bien, il veut des &ecirc;tre libres.<a class="see-footnote" id="footnoteref24_fwoyxm2" title="CEC&nbsp;2847" href="#footnote24_fwoyxm2">24</a> Le <i>droit &agrave; l&rsquo;exercice de la libert&eacute;</i> est une exigence ins&eacute;parable de la dignit&eacute; de la personne humaine<a class="see-footnote" id="footnoteref25_ytngwag" title="CEC&nbsp;1738" href="#footnote25_ytngwag">25</a> Cette dynamique op&egrave;re dans l'&eacute;ducation des enfants, sp&eacute;cialement une fois qu'ils ont atteint l'&acirc;ge adulte : les parents ont la t&acirc;che d&eacute;licate de proposer le bien &agrave; leurs enfants sans le leur imposer.</p> <p>Si la loi semble oppressante, c'est lorsque nous ne croyons pas que nous pouvons nous affranchir de ce qu'elle condamne. L'homme qui imagine qu'il ne peut pas <em>ne pas </em>convoiter veut se &quot;lib&eacute;rer&quot; (comme dans &quot;lib&eacute;ration sexuelle&quot;) de ce poids pour pouvoir vivre sans contrainte encha&icirc;n&eacute; &agrave; la convoitise. S'affranchir de la libert&eacute;, en somme, pour accueillir &agrave; bras ouverts l'esclavage.</p> <blockquote><p>Pour les purs, tout est pur ; mais pour ceux qui sont souill&eacute;s et qui refusent de croire, rien n'est pur : leur esprit et leur conscience sont souill&eacute;s. Ils proclament qu'ils connaissent Dieu, mais ils le renient par leurs actes, abominables qu'ils sont, indociles et inaptes &agrave; rien faire de bien<a class="see-footnote" id="footnoteref26_y68555b" title="Tt 1,15-16" href="#footnote26_y68555b">26</a> </p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>Puret&eacute; et chastet&eacute;</h4> <p>La puret&eacute; ne consiste pas simplement &agrave; &eacute;viter la non-chastet&eacute;.&nbsp;Elle demande d'accueillir vraiment la chastet&eacute;, c'est &agrave; dire une r&eacute;v&eacute;rence, une admiration et un respect pour le corps.&nbsp;Toute puret&eacute; qui ne proc&egrave;derait pas de ce respect pour la dignit&eacute; du corps n'atteint pas le coeur de la chastet&eacute;.</p> <p>Ainsi, la modestie qui s'appuie sur une d&eacute;valorisation de la sexualit&eacute; n'est pas une modestie authentique. Dans <em>Amour et Responsabilit&eacute;</em> le futur pape reconna&icirc;t que la modestie est li&eacute;e &agrave; la mani&egrave;re dont les gens se v&ecirc;tissent, mais le lien n'est pas celui que la plupart des gens intuitent. Couvrir les parties g&eacute;nitales ne manifeste pas une volont&eacute; de cacher des <em>parties honteuses</em> mais au contraire de prot&eacute;ger celles qui m&eacute;ritent l'honneur le plus grand en raison de la dignit&eacute; que Dieu leur a accord&eacute;.</p> <p>La nudit&eacute; partielle et m&ecirc;me totale ne sont ainsi pas n&eacute;cessairement de l'immodestie : &quot;l'immodestie est pr&eacute;sente uniquement lorsque la nudit&eacute; impacte n&eacute;gativement la dignit&eacute; de la personne, quand elle a pour but d'attiser la concupiscence, qui a pour r&eacute;sultat de r&eacute;duire la personne au rang d'objet de plaisir&quot;, ce qu'il appelle la <em>d&eacute;personnalisation par sexualisation</em>. Mais il ajoute que cela n'est pas in&eacute;vitable : seul un &quot;<a href="?q=node/33">ma&icirc;tre du soup&ccedil;on</a>&quot; supposerait que la nudit&eacute; du corps m&egrave;ne <em>in&eacute;vitablement </em>une personne &agrave; la concupiscence.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La puret&eacute; : vertu et don</h4> <p>La puret&eacute; est la capacit&eacute; &agrave; faire fructifier les dons de l'Esprit.<a class="see-footnote" id="footnoteref27_wyrjdpd" title="cf. TDC&nbsp;56,1" href="#footnote27_wyrjdpd">27</a> Parmi ces dons, la pi&eacute;t&eacute;, c'est &agrave; dire la r&eacute;v&eacute;rence pour le plan de Dieu, a une place particuli&egrave;re.&nbsp;Jean-Paul II&nbsp;dit d'elle qu'elle est un &quot;fil conducteur peu connu de la th&eacute;ologie du corps, mais qu'elle m&eacute;rite une &eacute;tude approfondie&quot;.</p> <p>Ce sens de la pi&eacute;t&eacute;, Saint-Paul veut l'&eacute;veiller en nous :</p> <blockquote><p>&nbsp;Le corps est, non pas pour la d&eacute;bauche, mais pour le Seigneur J&eacute;sus, et le Seigneur est pour le corps ; Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Vais-je donc prendre les membres du Christ pour en faire les unir &agrave; une prostitu&eacute;e ? Absolument pas. Fuyez la d&eacute;bauche. Tous les p&eacute;ch&eacute;s que l'homme peut commettre sont ext&eacute;rieurs &agrave; son corps ; mais la d&eacute;bauche est un p&eacute;ch&eacute; contre le corps lui-m&ecirc;me. Ne le savez-vous pas ? <strong>Votre corps est le temple de l'Esprit Saint</strong>, qui est en vous et que vous avez re&ccedil;u de Dieu ; vous ne vous appartenez plus &agrave; vous-m&ecirc;mes, car le Seigneur a pay&eacute; le prix de votre rachat. Rendez donc gloire &agrave; Dieu dans votre corps.</p></blockquote> <p>La d&eacute;bauche est pour Saint-Paul un signe de d&eacute;dain du salut accord&eacute; par Dieu. L&agrave; encore, les actes ne sont pas; la puret&eacute; du coeur est la seule chose qui compte.&nbsp;<br /> Un couple qui choisirait de ne pas avoir de relations sexuelles avant le mariage mais qui, pour se tenir&nbsp; sa r&eacute;solution, s'interdit de demeurer seuls a t-il vraiment trouv&eacute; la puret&eacute; ?&nbsp;Qu'est ce que cela dit du d&eacute;sir de leur coeur ?&nbsp;<br /> Et que signifie alors la nuit de noce : que le mariage serait un lieu o&ugrave; la concupiscence peut l&eacute;gitimement avoir libre cours ? Si un couple n'est pas libre dans son coeur, passer devant l'autel ne les rendra pas magiquement libres.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Faire confiance &agrave; notre capacit&eacute; &agrave; choisir dans la libert&eacute; de contr&ocirc;ler notre concupiscence et &agrave; choisir le bien peut nous effrayer.&nbsp;Il est plus facile de maintenir nos coeurs dans le soup&ccedil;on perp&eacute;tuel, mais c'est l'antith&egrave;se du sens de notre vie ! Nous sommes appel&eacute;s, en fixant le Christ, &agrave; sortir de la barque et &agrave; marcher sur l'eau !<br /> Cela implique un risque. <strong>Le &quot;safe sex&quot; n'existe pas.&nbsp;Il est toujours risqu&eacute; d'aimer</strong>, mais ne pas le faire reviendrait &agrave; saborder la barque. Comme Pierre, le Christ nous appelle : &quot;<strong>viens </strong>!&quot;</p> </div> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_0incp0r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_0incp0r">1.</a> Mt 5, 8</li> <li class="footnote" id="footnote2_8qahcg1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_8qahcg1">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-019-sacrement-du-mystere-de-la-verite-de-lamour#4">TDC&nbsp;19,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_zz3mi1c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_zz3mi1c">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-049-la-redemption-du-corps#7">TDC&nbsp;49,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_dxm9c7f"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_dxm9c7f">4.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lv%2015&amp;version=LSG">Lv 15</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_7rt6188"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_7rt6188">5.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2015:11-20&amp;version=LSG">Mt 15,11-20</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_f7pdmql"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_f7pdmql">6.</a> J&eacute;sus va &eacute;galement ici clairement contre la croyance que la menstruation rend une femme impure (<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lv%2018:19&amp;version=LSG">Lv 18,19</a>)</li> <li class="footnote" id="footnote7_pxbem4r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_pxbem4r">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:17&amp;version=LSG">Ga 5,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_wttzg8y"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_wttzg8y">8.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-051-vie-selon-la-chair-justification-dans-christ#1">TDC&nbsp;51,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_j44fkmb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_j44fkmb">9.</a> cf <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8K.HTM">CEC&nbsp;2516</a>, <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8L.HTM">CEC&nbsp;2517-2519</a>, <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8M.HTM">CEC&nbsp;2520</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_bk0ghpk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_bk0ghpk">10.</a> contrairement &agrave; la Bible de la Liturgie...dont nous avons d&eacute;j&agrave; soulign&eacute; les faiblesses</li> <li class="footnote" id="footnote11_t7w0txe"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_t7w0txe">11.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_18051986_dominum-et-vivificantem_fr.html">Dominum et Vivificantem</a>, 10</li> <li class="footnote" id="footnote12_7qwragh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_7qwragh">12.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Is%2011,1-2">Is 11,1-2</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_hd6r7zy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_hd6r7zy">13.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%207:23-25&amp;version=LSG">Rm 7</a> et <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%208:1-17&amp;version=LSG">Rm 8</a>; <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:1-9&amp;version=LSG">Ga 5</a>)</li> <li class="footnote" id="footnote14_hb1ilzp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_hb1ilzp">14.</a> dont on a d&eacute;j&agrave; vu que la suivre litt&eacute;ralement pouvait causer des dommages importants.</li> <li class="footnote" id="footnote15_sf1dbmd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_sf1dbmd">15.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:4&amp;version=LSG">Ga 5,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_w0irq5a"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_w0irq5a">16.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8Q.HTM">CEC&nbsp;2542-2543</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_rai1ddh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_rai1ddh">17.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_18051986_dominum-et-vivificantem_fr.html">Dominum et Vivificantem</a>, 51</li> <li class="footnote" id="footnote18_a46i5ur"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_a46i5ur">18.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:18&amp;version=LSG">Ga 5,18</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_gk91pz5"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_gk91pz5">19.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P6Q.HTM">CEC&nbsp;1968</a></li> <li class="footnote" id="footnote20_rb9dbgw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_rb9dbgw">20.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:21&amp;version=LSG">Ga 5,21</a></li> <li class="footnote" id="footnote21_rbwac61"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_rbwac61">21.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:5&amp;version=LSG">Ep 5,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote22_g08h34p"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_g08h34p">22.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%205:13&amp;version=LSG">Ga 5,13</a></li> <li class="footnote" id="footnote23_xo95z7t"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_xo95z7t">23.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2Co%203:17&amp;version=LSG">2Co 3,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_fwoyxm2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_fwoyxm2">24.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__PA6.HTM">CEC&nbsp;2847</a></li> <li class="footnote" id="footnote25_ytngwag"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_ytngwag">25.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P5H.HTM">CEC&nbsp;1738</a></li> <li class="footnote" id="footnote26_y68555b"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_y68555b">26.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Tt%201:15-16&amp;version=LSG">Tt 1,15-16</a></li> <li class="footnote" id="footnote27_wyrjdpd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref27_wyrjdpd">27.</a> cf. <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-056-deux-dimensions-de-la-purete-selon-saint-paul#1">TDC&nbsp;56,1</a></li> </ul> chair chasteté esprit justification par la foi liberté pureté Wed, 26 Aug 2009 21:04:00 +0000 Incarnare 38 at http://www.theologieducorps.fr La Résurrection et l'Homme Eschatologique http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-resurrection-lhomme-eschatologique <p>Dans notre recherche d'une vision int&eacute;grale de l'homme, nous avons contempl&eacute; l'<a href="/?q=node/3">homme originel </a>et l'<a href="/?q=node/4">homme historique</a>. Attachons-nous maintenant &agrave; l'exp&eacute;rience de l'homme de l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eschatologie"><em>eschaton</em></a><a class="see-footnote" id="footnoteref1_u3eh6wp" title="C'est &agrave; dire de la fin des temps et plus g&eacute;n&eacute;ralement de ce qui arrivera apr&egrave;s notre mort" href="#footnote1_u3eh6wp">1</a>.</p> <p>Comme le Cat&eacute;chime l'affirme :</p> <blockquote><p>&nbsp;&quot;Sur aucun point la foi chr&eacute;tienne ne rencontre plus de contradiction que sur la r&eacute;surrection de la chair&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_gd63yqs" title="(S. Augustin, Psal. 88, 2, 5)" href="#footnote2_gd63yqs">2</a>. Il est tr&egrave;s commun&eacute;ment accept&eacute; qu&rsquo;apr&egrave;s la mort la vie de la personne humaine continue d&rsquo;une fa&ccedil;on spirituelle. Mais comment croire que ce corps si manifestement mortel puisse ressusciter &agrave; la vie &eacute;ternelle ?</p></blockquote> <p>C'est pourtant ce qu'affirme Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref3_ebe2wnp" title="cf. Rm 8,11: Et si l'Esprit de celui qui a ressuscit&eacute; J&eacute;sus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscit&eacute; J&eacute;sus d'entre les morts donnera aussi la vie &agrave; vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous" href="#footnote3_ebe2wnp">3</a> : nous ne pouvons comprendre ce fait que dans le r&eacute;surrection du Christ. Jean-Paul II&nbsp;appuie ce cycle<a class="see-footnote" id="footnoteref4_22zegsn" title="TDC&nbsp;64 &agrave; 72 entre le 11&nbsp;novembre 1981&nbsp;et le 10&nbsp;f&eacute;vrier 1982" href="#footnote4_22zegsn">4</a> de cat&eacute;ch&egrave;ses sur la discussion de J&eacute;sus avec les Sadduc&eacute;ens, rencontre que les trois &eacute;vang&eacute;listes <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangiles_synoptiques">synoptiques</a> ont jug&eacute; digne de rapporter<a class="see-footnote" id="footnoteref5_7nsqfyz" title="Mt 22,30 ; Mc 12,25 ; Lc 20,35" href="#footnote5_7nsqfyz">5</a>.</p> <p>Le Christ y affirme qu'&agrave; la r&eacute;surrection &quot;<em>on se ne marie pas mais on est comme les anges dans le ciel</em>&quot;. Si on regarde cette affirmation superficiellement, Il semble saper tout ce que nous venons de dire...&nbsp;car les anges sont purement spirituels !</p> <p>Comment conna&icirc;tre l'exp&eacute;rience de l'homme ressuscit&eacute;&nbsp;alors que nous n'en connaissons rien ?&nbsp;De la m&ecirc;me mani&egrave;re que pour l'innocence originelle, par continuit&eacute; : la discussion avec les pharisiens nous renvoyait au commencement, celle avec les sadduc&eacute;ens nous renvoie &agrave; la r&eacute;surrection. Cette exp&eacute;rience sera certes compl&egrave;tement nouvelle, mais &quot;en m&ecirc;me temps, elle ne sera pas en tout point diff&eacute;rente de l'exp&eacute;rience de l'homme <em>au commencement</em> ni de celle de l'homme historique [...] L'homme du monde &agrave; venir trouvera dans son exp&eacute;rience l'<em>accomplissement</em> de ce qu'il portait en germe au commencement et dans l'histoire.&quot;[/f]<a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-069-monde-futur-est-marque-par-seuil-vraiment-nouveau#5">TDC 69,5</a></fn></p> <p>Revenons &agrave; notre image du voilier &agrave; la voile perc&eacute;e : le Christ nous a appel&eacute;s &agrave; imaginer ce qu'&eacute;tait notre exp&eacute;rience quand la voile &eacute;tait encore d'une pi&egrave;ce. Dans sa discussion avec les sadduc&eacute;ens, il nous invite &agrave; imaginer ce qu'il en sera lorsque les voiles auront perdu leur raison d'&ecirc;tre et que le voilier planera au-dessus des eaux.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_u3eh6wp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_u3eh6wp">1.</a> C'est &agrave; dire de la fin des temps et plus g&eacute;n&eacute;ralement de ce qui arrivera apr&egrave;s notre mort</li> <li class="footnote" id="footnote2_gd63yqs"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_gd63yqs">2.</a> (S. Augustin, Psal. 88, 2, 5)</li> <li class="footnote" id="footnote3_ebe2wnp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_ebe2wnp">3.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%208:11&amp;version=LSG">Rm 8,11</a>: <em>Et si l'Esprit de celui qui a ressuscit&eacute; J&eacute;sus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscit&eacute; J&eacute;sus d'entre les morts donnera aussi la vie &agrave; vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous</em></li> <li class="footnote" id="footnote4_22zegsn"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_22zegsn">4.</a> TDC&nbsp;64 &agrave; 72 entre le 11&nbsp;novembre 1981&nbsp;et le 10&nbsp;f&eacute;vrier 1982</li> <li class="footnote" id="footnote5_7nsqfyz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_7nsqfyz">5.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2022:30&amp;version=LSG">Mt 22,30</a> ; <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%2012:25&amp;version=LSG">Mc 12,25</a> ; <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2020:35&amp;version=LSG">Lc 20,35</a></li> </ul> Célibat pour le Royaume eschatologie résurrection Thu, 06 Aug 2009 09:12:57 +0000 Incarnare 5 at http://www.theologieducorps.fr La Résurrection de la Chair et la vie du monde à venir http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-resurrection-de-la-chair-la-vie-du-monde-venir <p>Comme les pharisiens qui lui posent la question sur le divorce, le but des sadduc&eacute;ens est de pi&eacute;ger J&eacute;sus. Les sadduc&eacute;ens sont un groupe de juifs qui ne croient en effet pas en la r&eacute;surrection. S'appuyant sur la loi<a class="see-footnote" id="footnoteref1_4mx90cw" title="cf. Dt 25,5-10" href="#footnote1_4mx90cw">1</a>, ils soumettent &agrave; J&eacute;sus une &eacute;tude de cas pour faire la preuve de ce qu'ils avancent<a class="see-footnote" id="footnoteref2_wpnk02q" title="Mc 12,20-23" href="#footnote2_wpnk02q">2</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Il y avait sept fr&egrave;res ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxi&egrave;me &eacute;pousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisi&egrave;me pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et finalement, la femme mourut aussi. A la r&eacute;surrection, quand ils ressusciteront, de qui sera-t-elle l'&eacute;pouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? &raquo;</p></blockquote> <p>Les sadduc&eacute;ens tentent une preuve par l'absurde, insinuant que &quot;la foi en r&eacute;surrection implique d'autoriser la polyandrie, contraire &agrave; la loi de Dieu&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_w2yjwud" title="TDC&nbsp;64,2" href="#footnote3_w2yjwud">3</a>. Les sadduc&eacute;ens se consid&eacute;raient comme de fins connaisseurs de l'&Eacute;criture.. pourtant le Christ, un fils de charpentier, leur r&eacute;pond<a class="see-footnote" id="footnoteref4_qpfcdxl" title="Mt 22,29-33" href="#footnote4_qpfcdxl">4</a> :&nbsp;</p> <blockquote><p>&nbsp; &laquo; Vous &ecirc;tes dans l'erreur, en <em>m&eacute;connaissant les &Eacute;critures, et la puissance de Dieu</em>. A la r&eacute;surrection, en effet, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans le ciel. Au sujet de la r&eacute;surrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : Moi, je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. &raquo;</p></blockquote> <p>Notons qu'&agrave; premi&egrave;re vue cette r&eacute;ponse n'est pas pleinement satisfaisante pour un occidental du XXe si&egrave;cle qui s&eacute;pare volontiers corps et &acirc;me. Pour les sadduc&eacute;ens en revanche, l'unit&eacute; entre corps et &acirc;me est une donn&eacute;e fondamentale : c'est d'ailleurs elle qui les conduit &agrave; penser, puisque le corps est mort, qu'il n'y a pas de r&eacute;surrection. J&eacute;sus retourne l'argument : si l'&acirc;me ressuscite, alors il en est de m&ecirc;me pour le corps.</p> <p>J&eacute;sus r&eacute;fute les sadduc&eacute;ens, pourtant experts en &Eacute;criture Sainte : ils <em>m&eacute;connaissent les &Eacute;critures</em>, dit-il. Pour quelle raison ?&nbsp;Parce qu'ils <em>m&eacute;connaissent la puissance de Dieu</em>.&nbsp;La V&eacute;rit&eacute; des &Eacute;critures ne se r&eacute;v&egrave;le qu'&agrave; l'&acirc;me qui a la foi, c'est &agrave; dire l'ouverture &agrave; la puissance de Dieu agissante dans sa vie. Une connaissance litt&eacute;rale ne suffit pas. Le dieu que les sadduc&eacute;ens connaissent c'est le &quot;<em>dieu de leur hypoth&egrave;ses et interpr&eacute;tations, pas le vrai Dieu de leurs p&egrave;res</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_hdpaqc9" title="TDC&nbsp;65,7" href="#footnote5_hdpaqc9">5</a>.</p> <p>La r&eacute;ponse du Christ vient ainsi contemporaine et peut nous parler car nous lisons nous-m&ecirc;me ses paroles <em>&agrave; la lumi&egrave;re de sa propre r&eacute;surrection</em><em>, &acirc;me et corps. </em>Au regard de ce que nous avons pu dire de l'homme originelle et historique, l'unit&eacute; du corps et de l'esprit n'est pas incoh&eacute;rente.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Une nouvelle signification du corps</h4> <p>Le mariage est d&eacute;fini par Jean-Paul II&nbsp;comme l'union &quot;<em>par laquelle l'homme s'unit &agrave; sa femme en une chair</em>&quot;. Il ajoute que si cette union est pr&eacute;sente d&egrave;s le commencement, elle ne constitue pas notre avenir eschatologique : Elle appartient uniquement &agrave; &quot;ce monde&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_pfucu9m" title="Lc 20,34 : Les enfants de ce monde se marient." href="#footnote6_pfucu9m">6</a>.</p> <p>Certains ont interpr&eacute;t&eacute; ceci comme la preuve que l'amour sexuel serait intrins&egrave;quement mauvais et ne conviendrait pas &agrave; la saintet&eacute; des cieux ; d'autres craignent la s&eacute;paration &eacute;ternelle de leur &eacute;pouse.&nbsp;Ni ceux-ci ni ceux-l&agrave; ne connaissaient <em>ni les &eacute;critures ni la puissance de Dieu</em> : en effet, Dieu a cr&eacute;&eacute; l'unit&eacute; originelle et cela &eacute;tait tr&egrave;s bon et ce que <em>vous aurez uni sur terre sera uni dans les cieux</em>.</p> <h5>L'accomplissement du mariage</h5> <p>La r&eacute;surrection ne signifie pas l'abolition du mariage mais <em>son accomplissement</em> dans les &quot;noces de l'Agneau&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref7_uz4gqqp" title="Ap 19,7" href="#footnote7_uz4gqqp">7</a>. Le &quot;grand myst&egrave;re&quot; du mariage nous pr&eacute;pare &agrave; vivre le &quot;grand myst&egrave;re&quot; de l'union &eacute;ternelle avec le Christ. C'est ainsi que Jean-Paul II&nbsp;qualifie le mariage de sacrement primordial.</p> <p>Mais pr&eacute;cis&eacute;ment en tant que sacrement - un signe terrestre d'une r&eacute;alit&eacute; c&eacute;leste - le mariage n'est pas l'appel d&eacute;finitif de l'homme. Nul n'a besoin d'un signe qui <em>montre </em>le ciel lorsqu'il <em>est au ciel</em><a class="see-footnote" id="footnoteref8_dcttrzx" title="Devinez quoi, il n'y aura pas non plus d'eucharistie...&nbsp;ou plut&ocirc;t il y aura une eucharistia (action de gr&acirc;ce) &eacute;ternelle !!" href="#footnote8_dcttrzx">8</a>. Le ciel ne sera pas tant la <em>fin </em>du mariage que l'accomplissement de sa <em>finalit&eacute;</em>.</p> <h5>&quot;Comme les anges&quot; ?</h5> <p>Si nous serons semblables aux anges, nous ne serons pas des anges.&nbsp;La corpor&eacute;it&eacute; est constitutive de notre nature et il serait stupide de parler de r&eacute;surrection sans r&eacute;surrection de la chair : ce ne serait pas nous qui ressusciterions !</p> <p>Le Royaume des cieux n'est pas le lieu o&ugrave; notre &acirc;me est s&eacute;par&eacute;e (Platon aurait dit &quot;lib&eacute;r&eacute;e&quot;) de notre corps, mais o&ugrave; corps et &acirc;me sont parfaitement unis<a class="see-footnote" id="footnoteref9_wm04qo4" title="TDC&nbsp;66,6" href="#footnote9_wm04qo4">9</a>. Le philosophe <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Kreeft">Peter Kreeft</a> &eacute;crit ceci<a class="see-footnote" id="footnoteref10_8r3nxmp" title="Tout ce que Vous Avez Toujours Voulu Savoir sur le Ciel Sans Jamais Oser Le Demander" href="#footnote10_8r3nxmp">10</a> : &quot;<em>Une &acirc;me sans corps est l'oppos&eacute; de la conception que Platon en avait : non pas libre mais encha&icirc;n&eacute;e.</em>&quot; L'&acirc;me humaine a besoin du corps pour s'exprimer. &quot;<em>Le corps est la mati&egrave;re de l'&acirc;me et l'&acirc;me la forme du corps.&nbsp;C'est pourquoi les morts-vivants et fant&ocirc;mes nous terrorisent [...] : tous deux sont des s&eacute;parations obsc&egrave;nes du corps et de l'&acirc;me. C'est pourquoi J&eacute;sus pleurait sur la tombe de Lazare : pas tant de deuil que face &agrave; cette obsc&eacute;nit&eacute; cosmique.</em>&quot;</p> <p>Une question demeure : serons-nous ressuscit&eacute;s homme et femme ?&nbsp;certains, en reconnaissant la r&eacute;surrection de la chair, s'appuient sur Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref11_hl34bw0" title="Ga 3,28 : &quot;il n'y a plus l'homme et la femme&quot;" href="#footnote11_hl34bw0">11</a> pour penser que cette r&eacute;surrection est assexu&eacute;e.&nbsp;Le Pape reconna&icirc;t que notre corpor&eacute;it&eacute; est premi&egrave;re par rapport &agrave; notre sexualit&eacute; dans notre nature ; cependant dans sa cat&eacute;ch&egrave;se du 2&nbsp;d&eacute;cembre 1981 (<a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-066-la-resurrection-signifie-nouvelle-soumission-du-corps-lesprit">TDC&nbsp;66</a>) il mentionne trois fois que notre corps est ressuscit&eacute; homme et femme<a class="see-footnote" id="footnoteref12_rdpwgaf" title="Dans cette vision, c'est de l'opposition entre homme et femme que Saint Paul dit en Ga 3,28 qu'elle n'existera plus, comme l'opposition entre le juif et le pa&iuml;en. Nous serons toujours homme et femme sans que cela ne soit une source de tension." href="#footnote12_rdpwgaf">12</a>, multitude de solitudes vivant l'unit&eacute; parfaite.</p> <p>Cela signifie-il que que nous serons nus dans le Royaume des Cieux ?&nbsp;En effet, la honte aura &eacute;galement perdu sa raison d'&ecirc;tre...&nbsp;l'&Eacute;vangile dit que les linges recouvrant le corps du Christ sont abandonn&eacute;s &agrave; la r&eacute;surrection ; &agrave; l'oppos&eacute;, la Transfiguration montre le Christ habill&eacute;, mais dans un v&ecirc;tement blanc comme la lumi&egrave;re.&nbsp;L'unique certitude est que cette exp&eacute;rience sera diff&eacute;rente de ce que nous connaissons.&nbsp;Saint Ignace d'Antioche dit en effet que &quot;<em>nous n'aurons pas besoin de v&ecirc;tement tiss&eacute;, &eacute;tant v&ecirc;tus de la lumi&egrave;re &eacute;ternelle.</em>&quot; St Jean d&eacute;crit une &quot;<em>femme ayant le soleil pour manteau</em>&quot; : <strong>la nudit&eacute; totale et le v&ecirc;tement blanc sont ainsi deux symboles que l'&Eacute;glise a utilis&eacute; couramment lors du bapt&ecirc;me pour manifester la vie nouvelle gagn&eacute;e dans le Christ</strong>.</p> <h5>Le corps spirituel</h5> <p>Dans notre personne marqu&eacute;e par le p&eacute;ch&eacute;, le corps et l'&acirc;me sont souvent &agrave; la lutte. Saint Paul l'a bien exprim&eacute; : &quot;<em>dans tout mon corps, je d&eacute;couvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du p&eacute;ch&eacute;</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref13_y13kc2e" title="Rm 7,23" href="#footnote13_y13kc2e">13</a>.&nbsp;</p> <p>La victoire du Christ n'est pas une victoire de l'esprit sur le corps, mais l'union parfaite du corps et de l'esprit. L'homme eschatologique &quot;<em>conna&icirc;tra une spiritualisation parfaite</em>&quot;, o&ugrave; la raison n'aura pas d'adversaire.&nbsp;Cette exp&eacute;rience sera ainsi &quot;<em>fondamentalement diff&eacute;rente (en nature et non pas seulement en degr&eacute;) de notre exp&eacute;rience terrestre</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref14_tg9ry26" title="TDC&nbsp;67,2" href="#footnote14_tg9ry26">14</a>.</p> <h5>La vision des b&eacute;atitudes :&nbsp; voir Dieu face &agrave; face</h5> <p>La compl&eacute;mentarit&eacute; des sexes, l'appel &agrave; une union f&eacute;conde, le d&eacute;sir de voir et d'&ecirc;tre vu, [de conna&icirc;tre et d'&ecirc;tre connu], trouvent leur accomplissement aux Cieux dans la rencontre du myst&egrave;re de Dieu, qui se r&eacute;v&egrave;le face &agrave; face.&nbsp;</p> <p>Les &eacute;crits de Th&eacute;r&egrave;se d'Avila et Jean de la Croix sont, parmi tant d'autres, des t&eacute;moignages de ce <em>mariage mystique avec le Christ</em>. Dans la vision b&eacute;atifique, l'homme et la femme n'auront plus besoin de la m&eacute;diation du sacrement pour participer &agrave; cet &eacute;change amoureux.</p> <p><em>L&rsquo;&Ecirc;tre m&ecirc;me de Dieu est Amour. En envoyant dans la pl&eacute;nitude des temps son Fils unique et l&rsquo;Esprit d&rsquo;Amour, Dieu r&eacute;v&egrave;le son secret le plus intime : Il est Lui-m&ecirc;me &eacute;ternellement &eacute;change d&rsquo;amour : P&egrave;re, Fils et Esprit Saint, et Il nous a destin&eacute;s &agrave; y avoir part</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref15_kelspel" title="CEC 221" href="#footnote15_kelspel">15</a></p> <p>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce qu'est le corps : un t&eacute;moin de l'Amour. &quot;<em>Mes bien-aim&eacute;s, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne conna&icirc;t pas Dieu, car Dieu est amour</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref16_q2l052u" title="1Jn 4,7-8" href="#footnote16_q2l052u">16</a>.</p> <p>En nous donnant totalement &agrave; l'Amour, nous ne nous ali&eacute;nons<a class="see-footnote" id="footnoteref17_a32zrsa" title="notons que l'&eacute;tymologie d'ali&eacute;ner, r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par le sens de l'anglais alienate est r&eacute;v&eacute;latrice : nous ne devenons pas &eacute;trangers &agrave; nous-m&ecirc;me." href="#footnote17_a32zrsa">17</a> pas : nous trouvons notre v&eacute;ritable identiit&eacute;. Si nous ne croyons pas que l'abandon total &agrave; Dieu est l'accomplissement de notre libert&eacute; et non sa n&eacute;gation, alors nous sommes encore dup&eacute;s par le <em>p&egrave;re du mensonge</em>. Si nous savions quel est le don de Dieu<a class="see-footnote" id="footnoteref18_ukfeqdw" title="Jn 4,10" href="#footnote18_ukfeqdw">18</a> !!! Nous sommes fait par la communion &eacute;ternelle avec La Communion &Eacute;ternelle.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Nous comprenons pourquoi Satant s'empresse tellement d'attaquer notre corpor&eacute;it&eacute; : elle est image du coeur de Dieu ! Il la parodie et la distord, mais si l'on d&eacute;tord cette image, on retrouve l'image originelle.&nbsp;G.&nbsp;K. Chesterton exprime cette id&eacute;e en &eacute;crivant : &quot;<em>tout homme qui frappe &agrave; la porte d'une maison close est &agrave; la recherche de Dieu</em>&quot;.</p> </div> <p>&nbsp;</p> <h4>Conna&icirc;tre Dieu, la Communion des Saints</h4> <p>Aux fins derni&egrave;res nous serons appel&eacute;s &agrave; <em>conna&icirc;tre </em>Dieu et <em>&ecirc;tre connus </em>par Lui<a class="see-footnote" id="footnoteref19_f5rp950" title="rappelons nous toute la profondeur du mot dans la Bible" href="#footnote19_f5rp950">19</a>. Nous pouvons en avoir un avant-go&ucirc;t d&egrave;s aujourd'hui : &quot;Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils <em>connaissent </em>Dieu. Celui qui n'aime pas ne conna&icirc;t pas Dieu, <em>car Dieu est amour</em>.&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref20_o9l71x7" title="1Jn 4,7-8" href="#footnote20_o9l71x7">20</a></p> <p>Cette connaissance est communion, et nous y sommes tous appel&eacute;s. C'est ainsi que l'&Eacute;glise professe la <em>Communion des Saints</em>. En Dieu aura lieu l'union de la communion des personnes cr&eacute;&eacute;es et des personnes divines non-cr&eacute;&eacute;es.&nbsp;Dieu sera en effet &quot;tout en tous&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref21_toqugik" title="1Co 15,28" href="#footnote21_toqugik">21</a>.&nbsp;</p> <blockquote><p>&nbsp; Elle est in&eacute;puisable, la gr&acirc;ce par laquelle Dieu nous a remplis de sagesse et d'intelligence en nous d&eacute;voilant le myst&egrave;re de sa volont&eacute;, de ce qu'il pr&eacute;voyait dans le Christ pour le moment o&ugrave; les temps seraient accomplis ; <strong>dans sa bienveillance, il projetait de saisir l'univers entier, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre, en r&eacute;unissant tout </strong>sous un seul chef, le Christ.<a class="see-footnote" id="footnoteref22_z3ljcqo" title="Ep&nbsp;1,7-10" href="#footnote22_z3ljcqo">22</a></p></blockquote> <blockquote><p>&nbsp; Voyez comme il est grand, l&rsquo;amour dont le P&egrave;re nous a combl&eacute;s : il a voulu que nous soyons appel&eacute;s enfants de Dieu &ndash; <strong>et nous le sommes</strong>. Voil&agrave; pourquoi le monde ne peut pas nous conna&icirc;tre: puisqu&rsquo;il n&rsquo;a pas d&eacute;couvert Dieu.&nbsp; Bien-aim&eacute;s, d&egrave;s maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais <strong>ce que nous serons ne para&icirc;t pas encore clairement. </strong>Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu para&icirc;tra, <strong>nous serons semblables &agrave; lui parce que nous le verrons tel qu'il est.</strong> <a class="see-footnote" id="footnoteref23_tua1psg" title="1Jn 3,1-2" href="#footnote23_tua1psg">23</a> </p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>La Communion des Personnes, fondement de notre identit&eacute;</h4> <p>C'est &agrave; la communion des personnes que nous sommes appel&eacute;s, pour laquelle nous sommes cr&eacute;&eacute;s et que nous d&eacute;sirons avec le plus d'intensit&eacute;. La communion des corps est le signe de cette communion des personnes.&nbsp;</p> <h5>L'union des corps, ic&ocirc;ne ou idole ?</h5> <p>Toutefois, si nous recherchons cette communion des corps pour elle-m&ecirc;me ind&eacute;pendant de la communion des personnes, nous risquons d'en faire un absolu, c'est &agrave; dire une idole.&nbsp;</p> <p>La pornographie en est l'exemple le plus frappant. En orientant le d&eacute;sir vers un corps anonyme et proposant une sexualit&eacute; g&eacute;n&eacute;rique<a class="see-footnote" id="footnoteref24_omf4lqz" title="Comparez avec la diff&eacute;rence qui existe entre le &quot;vrai&quot; Nutella et une p&acirc;te &agrave; tartiner g&eacute;n&eacute;rique et vous aurez - toutes proportions gard&eacute;es - une image de la diff&eacute;rence qui existe entre l'union conjugale et&nbsp; la pornographie" href="#footnote24_omf4lqz">24</a> la pornographie nous &eacute;loigne de Dieu.&nbsp;Le corps n'est pas <em>porno-graphique</em><a class="see-footnote" id="footnoteref25_beuwtch" title="de porno : la prostitution" href="#footnote25_beuwtch">25</a><em> mais th&eacute;o-graphique</em>.</p> <p>Toutefois, nous pouvons aussi idol&acirc;trer le mariage en n'oubliant qu'il n'est que le <em>signe, l'ic&ocirc;ne </em>de l'union d&eacute;finitve &agrave; laquelle nous aspirons. C'est faire peser sur le conjoint un poids qu'il ne peut porter : <em>le conjoint n'est pas capable de nous donner notre satisfaction ultime</em>. Reconna&icirc;tre cela est n&eacute;cessaire pour ne pas &eacute;touffer son conjoint et go&ucirc;ter pleinement les <em>r&eacute;elles</em> joies du mariage.</p> <p>La <em>r&eacute;volution sexuelle</em> est pour la soci&eacute;t&eacute; une mani&egrave;re d'idol&acirc;trer la sexualit&eacute; : ce n'est pas &eacute;tonnant, dans la mesure o&ugrave; plus grand est le don, plus grande est la tentation de l'idol&acirc;trer (c'est &agrave; dire de <em>pr&eacute;f&eacute;rer le don au donateur</em>). Lorsque nous &eacute;changeons l'amour vrai pour la concupiscence, nous vivons avec les cons&eacute;quences<a class="see-footnote" id="footnoteref26_1kspd5z" title="Parmi les sympt&ocirc;mes mesurables, comptons la prolif&eacute;ration des maladies sexuellement transmissibles, l'holocauste de l'avortement et la plaie sociale qu'est le divorce : mais au-del&agrave; de ces r&eacute;alit&eacute;s mesurables, comptons aussi les millions d'&acirc;mes qui en ont subi les blessures." href="#footnote26_1kspd5z">26</a>.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'interpr&eacute;tation paulinienne de la r&eacute;surrection</h4> <p>Le postulat de Paul quand il parle de la r&eacute;surrection est qu'elle est le socle de notre foi : &quot;<em>si le Christ n'est pas ressuscit&eacute;, notre message est sans objet et notre fois est sans objet</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref27_fkd17ep" title="1Co 15,14" href="#footnote27_fkd17ep">27</a>. Pour commenter le vaste message de Paul, le Saint-P&egrave;re concentre son attention sur le texte suivant<a class="see-footnote" id="footnoteref28_lyx1a3t" title="1Co 15,42-46" href="#footnote28_lyx1a3t">28</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp; Ce qui est sem&eacute; dans la terre est p&eacute;rissable, ce qui ressuscite est imp&eacute;rissable ; ce qui est sem&eacute; n'a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire ; ce qui est sem&eacute; est faible, ce qui ressuscite est puissant ; ce qui est sem&eacute; est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel ; puisqu'il existe un corps humain, il existe aussi un corps spirituel. L'&Eacute;criture dit : Le premier Adam &eacute;tait un &ecirc;tre humain qui avait re&ccedil;u la vie ; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'&ecirc;tre spirituel qui donne la vie. Ce qui est apparu d'abord, ce n'est pas l'&ecirc;tre spirituel, c'est l'&ecirc;tre humain, et ensuite seulement, le spirituel.</p></blockquote> <p>Rappelons-nous tout d'abord que Saint-Paul ne m&eacute;sestime pas le corps (temple de l'Esprit<a class="see-footnote" id="footnoteref29_mjino50" title="1Co 6,19" href="#footnote29_mjino50">29</a>) et que c'est seulement priv&eacute; de l'esprit qu'il est p&eacute;rissable et n'a pas part au royaume<a class="see-footnote" id="footnoteref30_98hzi1e" title="1Co 15,50" href="#footnote30_98hzi1e">30</a>.&nbsp;Le Christ ouvre la voie &agrave; une vie nouvelle o&ugrave; il nous pr&eacute;c&egrave;de, comme Adam nous pr&eacute;c&eacute;dait dans le p&eacute;ch&eacute;.</p> <p>Dans cette vie nouvelle, la virginit&eacute; (<a href="?q=node/26">bien comprise</a>) en est une donn&eacute;e cl&eacute; : Luc pr&eacute;cise que Marie &eacute;tait vierge<a class="see-footnote" id="footnoteref31_lt5r68i" title="Lc 1,27" href="#footnote31_lt5r68i">31</a>, et vierge est le tombeau qui accueille le Christ<a class="see-footnote" id="footnoteref32_2czd1l4" title="Lc 23,53" href="#footnote32_2czd1l4">32</a>.&nbsp;Cette vie n'est pas que pour quelques-uns, elle est <strong>offerte &agrave; tous </strong>: &quot;<em>Puisque Adam est p&eacute;tri de terre, comme lui les hommes appartiennent &agrave; la terre ; puisque le Christ est venu du ciel, comme lui les hommes appartiennent au ciel</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref33_2emdowr" title="1Co 15,48" href="#footnote33_2emdowr">33</a>.</p> <p>Avec une vision du monde influenc&eacute;e par le <a href="?q=node/22">dualisme cart&eacute;sien</a>, nous avons du mal &agrave; concevoir le corps spirituel et l'<a href="?q=node/21">ang&eacute;lisme</a> nous guette.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_4mx90cw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_4mx90cw">1.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Dt%2025:5-10&amp;version=LSG">Dt 25,5-10</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_wpnk02q"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_wpnk02q">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%2012:20-23&amp;version=LSG">Mc 12,20-23</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_w2yjwud"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_w2yjwud">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-064-la-resurrection-dimension-nouvelle-du-mystere-du-corps#2">TDC&nbsp;64,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_qpfcdxl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_qpfcdxl">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2022:29-33&amp;version=LSG">Mt 22,29-33</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_hdpaqc9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_hdpaqc9">5.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-065-la-resurrection-manifeste-la-puissance-de-dieu#7">TDC&nbsp;65,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_pfucu9m"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_pfucu9m">6.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2020:34&amp;version=LSG">Lc 20,34</a> : <em>Les enfants de ce monde se marient.</em></li> <li class="footnote" id="footnote7_uz4gqqp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_uz4gqqp">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ap%2019:7&amp;version=LSG">Ap 19,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_dcttrzx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_dcttrzx">8.</a> Devinez quoi, il n'y aura pas non plus d'eucharistie...&nbsp;ou plut&ocirc;t il y aura une <em>eucharistia</em> (action de gr&acirc;ce) &eacute;ternelle !!</li> <li class="footnote" id="footnote9_wm04qo4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_wm04qo4">9.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-066-la-resurrection-signifie-nouvelle-soumission-du-corps-lesprit#6">TDC&nbsp;66,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_8r3nxmp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_8r3nxmp">10.</a> <em>Tout ce que Vous Avez Toujours Voulu Savoir sur le Ciel Sans Jamais Oser Le Demander</em></li> <li class="footnote" id="footnote11_hl34bw0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_hl34bw0">11.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%203:28&amp;version=LSG">Ga 3,28</a> : &quot;<em>il n'y a plus l'homme et la femme</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote12_rdpwgaf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_rdpwgaf">12.</a> Dans cette vision, c'est de l'<em>opposition</em> entre homme et femme que Saint Paul dit en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ga%203:28&amp;version=LSG">Ga 3,28</a> qu'elle n'existera plus, comme l'opposition entre le juif et le pa&iuml;en. Nous serons toujours homme et femme sans que cela ne soit une source de tension.</li> <li class="footnote" id="footnote13_y13kc2e"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_y13kc2e">13.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%207:23&amp;version=LSG">Rm 7,23</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_tg9ry26"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_tg9ry26">14.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-067-la-resurrection-realisera-parfaitment-la-personne#2">TDC&nbsp;67,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_kelspel"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_kelspel">15.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P17.HTM">CEC 221</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_q2l052u"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_q2l052u">16.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn%204:7-8&amp;version=LSG">1Jn 4,7-8</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_a32zrsa"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_a32zrsa">17.</a> notons que l'&eacute;tymologie d'ali&eacute;ner, r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par le sens de l'anglais <em>alienate</em> est r&eacute;v&eacute;latrice : nous ne devenons pas &eacute;trangers &agrave; nous-m&ecirc;me.</li> <li class="footnote" id="footnote18_ukfeqdw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_ukfeqdw">18.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%204:10&amp;version=LSG">Jn 4,10</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_f5rp950"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_f5rp950">19.</a> rappelons nous toute la profondeur du mot dans la Bible</li> <li class="footnote" id="footnote20_o9l71x7"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_o9l71x7">20.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn 4:7-8&amp;version=LSG">1Jn 4,7-8</a></li> <li class="footnote" id="footnote21_toqugik"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_toqugik">21.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2015:28&amp;version=LSG">1Co 15,28</a></li> <li class="footnote" id="footnote22_z3ljcqo"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_z3ljcqo">22.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%201:7-10&amp;version=LSG">Ep&nbsp;1,7-10</a></li> <li class="footnote" id="footnote23_tua1psg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_tua1psg">23.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn%203:1-2&amp;version=LSG">1Jn 3,1-2</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_omf4lqz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_omf4lqz">24.</a> Comparez avec la diff&eacute;rence qui existe entre le &quot;vrai&quot; Nutella et une p&acirc;te &agrave; tartiner g&eacute;n&eacute;rique et vous aurez - toutes proportions gard&eacute;es - une image de la diff&eacute;rence qui existe entre l'union conjugale et&nbsp; la pornographie</li> <li class="footnote" id="footnote25_beuwtch"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_beuwtch">25.</a> de porno : la prostitution</li> <li class="footnote" id="footnote26_1kspd5z"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_1kspd5z">26.</a> Parmi les sympt&ocirc;mes mesurables, comptons la prolif&eacute;ration des maladies sexuellement transmissibles, l'holocauste de l'avortement et la plaie sociale qu'est le divorce : mais au-del&agrave; de ces r&eacute;alit&eacute;s mesurables, comptons aussi les millions d'&acirc;mes qui en ont subi les blessures.</li> <li class="footnote" id="footnote27_fkd17ep"><a class="footnote-label" href="#footnoteref27_fkd17ep">27.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2015:14&amp;version=LSG">1Co 15,14</a></li> <li class="footnote" id="footnote28_lyx1a3t"><a class="footnote-label" href="#footnoteref28_lyx1a3t">28.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2015:42-46&amp;version=LSG">1Co 15,42-46</a></li> <li class="footnote" id="footnote29_mjino50"><a class="footnote-label" href="#footnoteref29_mjino50">29.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%206:19&amp;version=LSG">1Co 6,19</a></li> <li class="footnote" id="footnote30_98hzi1e"><a class="footnote-label" href="#footnoteref30_98hzi1e">30.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2015:50&amp;version=LSG">1Co 15,50</a></li> <li class="footnote" id="footnote31_lt5r68i"><a class="footnote-label" href="#footnoteref31_lt5r68i">31.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%201:27&amp;version=LSG">Lc 1,27</a></li> <li class="footnote" id="footnote32_2czd1l4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref32_2czd1l4">32.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2023:53&amp;version=LSG">Lc 23,53</a></li> <li class="footnote" id="footnote33_2emdowr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref33_2emdowr">33.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2015:48&amp;version=LSG">1Co 15,48</a></li> </ul> abolir ou accomplir anges béatitudes communion des saints corps spirituel icône ou idole mariage pornographie résurrection révolution sexuelle Wed, 26 Aug 2009 12:56:19 +0000 Incarnare 36 at http://www.theologieducorps.fr Le Célibat pour le Royaume des Cieux http://www.theologieducorps.fr/tdc/celibat-pour-royaume-cieux <p>Jusqu'ici, la question centrale de nos articles &eacute;tait : <em>qu'est-ce qu'&ecirc;tre humain ? </em>Avec cet article, nous entrons avec Jean-Paul II&nbsp;dans l'&eacute;vocation d'une seconde question : <em>Comment vivre ma vie en accord avec la v&eacute;rit&eacute; de mon humanit&eacute; ?</em></p> <p>Il est int&eacute;ressant de noter que c'est dans la <a href="?q=node/3">m&ecirc;me discussion</a>, en r&eacute;ponse aux pharisiens, que le Christ r&eacute;tablit le plan de Dieu pour le mariage et qu'il pr&eacute;sente le C&eacute;libat pour le Royaume des Cieux<a class="see-footnote" id="footnoteref1_4qr2ozp" title="Mt 19,12" href="#footnote1_4qr2ozp">1</a> C'est pourquoi Jean-Paul II&nbsp;&eacute;crit<a class="see-footnote" id="footnoteref2_xot00nr" title="Familiaris Consortio, 11" href="#footnote2_xot00nr">2</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;La R&eacute;v&eacute;lation chr&eacute;tienne conna&icirc;t deux fa&ccedil;ons sp&eacute;cifiques de r&eacute;aliser la vocation &agrave; l'amour de la personne humaine, dans son int&eacute;grit&eacute;: le mariage et la virginit&eacute;. L'une comme l'autre, dans leur forme propre, sont une concr&eacute;tisation de la v&eacute;rit&eacute; la plus profonde de l'homme, de son &laquo;&ecirc;tre &agrave; l'image de Dieu&raquo;.</p></blockquote> <p>Le c&eacute;libat consacr&eacute; fait l'objet de 14 cat&eacute;ch&egrave;ses entre le 10&nbsp;mars et le 21 juillet 1982. Le Pape a de bonnes raisons de pr&eacute;senter la vocation au c&eacute;libat avant la <a href="?q=node/6">vocation au mariage</a> : ce n'est que la compr&eacute;hension du sens du c&eacute;libat consacr&eacute; qui permet d'appr&eacute;hender la sacramentalit&eacute; du mariage. Le c&eacute;libat consacr&eacute; consiste en une participation imm&eacute;diate (ne serait-ce que par anticipation) de la r&eacute;alit&eacute; signifi&eacute;e sacramentellement par le mariage.</p> <p>Rappelons-nous les paroles de Jean-Paul II : le mariage ne &quot;<em>correspond pas parfaitement au sens fondamental et originel de la corpor&eacute;it&eacute; et de la sexualit&eacute;. Le mariage et la procr&eacute;ation permettent seulement de manifester ce sens de mani&egrave;re tangible dans l'histoire</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_5l1wopz" title="TDC&nbsp;69,4" href="#footnote3_5l1wopz">3</a>. (ie. pour l'homme historique) Dans ce sens, ceux qui vivent le c&eacute;libat &quot;pour le Royaume des Cieux&quot; sortent de l'histoire : ils proclament que le &quot;<em>royaume de Dieu est parmi nous</em>&quot;.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>A cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu'il comprenne !</h4> <p>Le c&eacute;libat est donc une orientation radicale vers l'&eacute;tat <a href="?q=node/36">eschatologique</a> o&ugrave; les &ecirc;tres humains &quot;<em>ne prendront plus mari ni femme.</em>&quot; Cependant, le fait que J&eacute;sus &eacute;voque le c&eacute;libat dans le contexte de son dialogue avec les pharisiens (sur le mariage) plut&ocirc;t que dans celui avec les sadduc&eacute;ens (sur la resurrection) a un sens.</p> <p>Quand le Christ affirme l'indissolubilit&eacute; du mariage, <em>ses disciples lui disent : &laquo; Si telle est la situation de l'homme par rapport &agrave; sa femme, il n'y a pas int&eacute;r&ecirc;t &agrave; se marier. &raquo;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref4_f2s877b" title="Mt 19,10" href="#footnote4_f2s877b">4</a> Au lieu de r&eacute;pondre &agrave; leur argument, le Christ fait alors une autre d&eacute;claration, encore plus radicale<a class="see-footnote" id="footnoteref5_krsd0b6" title="Mt 19,11-12" href="#footnote5_krsd0b6">5</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Ce n'est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais ceux &agrave; qui Dieu l'a r&eacute;v&eacute;l&eacute;e. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont &eacute;t&eacute; mutil&eacute;s par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier &agrave; cause du Royaume des cieux. Celui qui peut comprendre, qu'il comprenne ! &raquo;</p></blockquote> <p>Le Christ sait que ce qu'il dit va &ecirc;tre dur &agrave; entendre pour ses auditeurs, qui participent d'une culture juive o&ugrave; le mariage est privil&eacute;gi&eacute; (et quasi universel) par la b&eacute;n&eacute;diction de f&eacute;condit&eacute; dans la gen&egrave;se puis par celle d'Abraham. Le Pape le r&eacute;sume ainsi : c'est comme s'il voulait dire : &quot;<em>Je sais que ce que je vais vous dire va causer un grand trouble dans votre conscience et dans votre compr&eacute;hension du corps ; je vais vous parle en effet de continence, que vous associez instinctivement &agrave; un &eacute;tat de d&eacute;ficience physique inn&eacute;e ou acquise. Je veux vous dire qu'au contraire la continence peut &ecirc;tre librement choisie par l'homme 'pour le royaume des cieux'</em> &quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_n1kbf6b" title="TDC 74,4" href="#footnote6_n1kbf6b">6</a></p> <p>Si le Christ amorce un virage th&eacute;ologique radical, il n'exprime par un <em>commandement </em>valable pour tous, mais un <em>conseil </em>qui ne concerne que quelques-uns.&nbsp;Ainsi, le Saint-P&egrave;re dit que la continence est une exception &agrave; la r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale qu'est le mariage<a class="see-footnote" id="footnoteref7_ejs0wju" title="TDC&nbsp;73,4" href="#footnote7_ejs0wju">7</a></p> <h5>Une communion virginale volontaire et surnaturelle</h5> <p>Le Pape souligne que le c&eacute;libat est un <em>choix personnel</em> soutenu par une <em>gr&acirc;ce particuli&egrave;re</em>. Il est donc volontaire et surnaturel. Etant un choix personnel, il ne peut &ecirc;tre impos&eacute; &agrave; quiconque<a class="see-footnote" id="footnoteref8_azkgq4d" title="cf CEC&nbsp;1599" href="#footnote8_azkgq4d">8</a>. De l'autre c&ocirc;t&eacute;, m&ecirc;me s'il est librement choisi, s'il ne l'est pas &quot;pour le Royaume&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref9_mzfyhy2" title="ce qui est le cas si il est choisi par peur de l'intimit&eacute; conjugale ou par rejet de la sexualit&eacute;" href="#footnote9_mzfyhy2">9</a>, alors il ne s'agit pas du c&eacute;libat chr&eacute;tien dont parle le Christ.</p> <p>Le c&eacute;libat chr&eacute;tien est au coeur de cette tension du &quot;<a href="?q=node/4">d&eacute;j&agrave;, mais pas encore</a>&quot;. En effet, le Saint-P&egrave;re souligne qu'il n'est pas question de c&eacute;libat <em>dans</em> le royaume des cieux, mais <em>pour </em>le royaume des cieux<a class="see-footnote" id="footnoteref10_gzwup8x" title="TDC&nbsp;73,1" href="#footnote10_gzwup8x">10</a>. C'est une <em>anticipation </em>de la vie eschatologique &agrave; venir.&nbsp;En tant que vocation terrestre, il diff&egrave;re du &quot;corps glorieux&quot; de la r&eacute;surrection car, le mariage &eacute;tant dans ce monde la voie normale et noble, le c&eacute;libat implique un <em>renoncement</em> et une <em>effort spirituel</em> particulier. <br /> Cependant, cela ne signifie pas que l'&eacute;tat virginal du monde &agrave; venir soit marqu&eacute; par une absence de r&eacute;elle communion de personnes : la virginit&eacute; et la communion ne s'opposent pas mais s'accomplissent l'une dans l'autre.&nbsp;Ainsi le c&eacute;libataire consacr&eacute;, s'il renonce &agrave; l'expression g&eacute;nitale de la communion incarn&eacute;e, ne renonce pas &agrave; la vocation humaine de la communion des personnes.</p> <p>Celui qui choisit le C&eacute;libat pour le Royaume des Cieux choisit de participer d&egrave;s aujourd'hui aux &quot;<em>noces de l'Agneau</em>&quot;. Le terme de c&eacute;libat a pour nous une connotation n&eacute;gative qui rappelle plus ce &agrave; quoi le c&eacute;libataire renonce que ce qu'il gagne - le mariage c&eacute;leste<a class="see-footnote" id="footnoteref11_u3y1chz" title="Pr&eacute;cisons que l'&eacute;tymologie de c&eacute;libat vient du latin caelebs proche - fortuitement ou providentiellement - de caelis, caelestis qui signifient ciel, c&eacute;leste." href="#footnote11_u3y1chz">11</a>. Cette vocation est incompr&eacute;hensible pour qui partage la culture juive, sauf &agrave; suivre l'exemple...&nbsp;du Christ lui-m&ecirc;me.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <h5>Le mariage virginal de Joseph et Marie</h5> <p>Le mariage de Joseph et Marie contient &agrave; la fois le <em>myst&egrave;re de la communion des personnes</em> et le <em>myst&egrave;re de la continence pour le royaume</em>. Dans l'alliance de Marie et Joseph dans le mariage et la continence s'op&egrave;re, par la f&eacute;condit&eacute; de l'Esprit, l'Incarnation du Verbe<a class="see-footnote" id="footnoteref12_yqkzgu6" title="TDC&nbsp;75,3" href="#footnote12_yqkzgu6">12</a>.&nbsp;</p> <p>Joseph, loin d'&ecirc;tre un faire-valoir pour donner une l&eacute;gitimit&eacute; &agrave; Marie, joue par son &quot;oui&quot; virginal un r&ocirc;le important dans le myst&egrave;re de l'Incarnation, m&ecirc;me s'il diff&egrave;re de celui de Marie. Le Pape d&eacute;veloppe<a class="see-footnote" id="footnoteref13_xo0adey" title="Redemptoris Custos, 17" href="#footnote13_xo0adey">13</a>: &quot;Au moment sa propre <em>annonciation</em>, Joseph ne dit rien, il se contente de <em>faire ce que l'ange du Seigneur lui avait command&eacute;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref14_l4prrcd" title="Mt 1,24" href="#footnote14_l4prrcd">14</a>. Ce consentement dans l'action, typiquement masculin, peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme l'homologue conjugal du '<em>qu'il en soit fait selon ta parole</em>' de Marie.&quot; La paternit&eacute; de Joseph n'est pas moins r&eacute;elle &agrave; cause de sa virginit&eacute;.&nbsp;</p> </div> <h5>L'incompr&eacute;hension du monde</h5> <p>Le monde (et un certain nombre de catholiques) peine &agrave; comprendre cette vocation...&nbsp;Ils se disent : &quot;comment un catho peut-il se d&eacute;sinteresser du mariage ?&nbsp;apr&egrave;s tout, c'est pour lui l'unique moyen d'avoir une vie sexuelle l&eacute;gitime, non ? comment quelqu'un sain d'esprit peut-il pr&eacute;f&eacute;rer une vie sans sexe ? &quot;</p> <p>Ce questionnement r&eacute;sulte d'une vision <em>avec des oeill&egrave;res </em>caus&eacute;e par la normalisation de la concupiscence.&nbsp;</p> <p>En effet, quand elle est v&eacute;cue de mani&egrave;re authentique, la vocation &agrave; la continence pour le royaume est un t&eacute;moignage percutant de la libert&eacute; pour laquelle le Christ nous a rachet&eacute;s. Bien s&ucirc;r, un mariage chaste t&eacute;moigne de la m&ecirc;me libert&eacute;. Les oeill&egrave;res consistent &agrave; croire que le mariage est le <em>lieu d'expression l&eacute;gitime de la concupiscence</em>.</p> <p>Quiconque a une vision juste du mariage chr&eacute;tien comprend &eacute;galement de mani&egrave;re juste le c&eacute;libat chr&eacute;tien. Jean-Paul&nbsp;II&nbsp;affirme que derri&egrave;re l'appel &agrave; la continence (Mt 19) et l'appel &agrave; d&eacute;passer la convoitise (Mt&nbsp;5) se trouve la m&ecirc;me anthropologie et le m&ecirc;me ethos.<a class="see-footnote" id="footnoteref15_901t3oj" title="TDC 77,4" href="#footnote15_901t3oj">15</a></p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>La diff&eacute;rence entre mariage et c&eacute;libat ne se situe pas dans l'existence d'un lieu de l&eacute;gitimation de la concupiscence : le Christ nous appelle <em>tous</em> &agrave; vaincre la concupiscence et &agrave; vivre une libert&eacute; nouvelle. Sans l'exp&eacute;rience de cette libert&eacute; nouvelle, le c&eacute;libat semble horriblement r&eacute;pressif et le mariage compl&egrave;tement permissif.&nbsp;Qu'on est loin de l'&Eacute;vangile !</p> </div> <h5>La &quot;sup&eacute;riorit&eacute;&quot; du c&eacute;libat</h5> <p>Au cours de l'histoire, des distorsions dans l'enseignement de l'&Eacute;glise ont laiss&eacute; entendre que le c&eacute;libat serait un appel &quot;sup&eacute;rieur&quot; au mariage. Ces distorsions sont dues notamment &agrave; une mauvaise interpr&eacute;tation de <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:9&amp;version=LSG">1Co 7,9</a><a class="see-footnote" id="footnoteref16_5w0sdkh" title="1Co 7,9: Mais s'ils ne peuvent pas se ma&icirc;triser, qu'ils se marient, car mieux vaut se marier que br&ucirc;ler de d&eacute;sir." href="#footnote16_5w0sdkh">16</a>. Une bonne interpr&eacute;tation se trouve, <a href="?q=node/32">on l'a vu</a>, dans la notion de <em>remedium concupiscentiae</em>.</p> <p>Certains en ont d&eacute;duit que le mariage &eacute;tait une vocation de seconde zone pour ceux qui ne &quot;peuvent encaisser&quot; le c&eacute;libat. Un raisonnement sous-jacent est le suivant : &quot;si le c&eacute;libat est si bon, alors le mariage doit &ecirc;tre mauvais&quot; ou &quot;si s'abstenir de relation sexuelle est si bon, alors la relation sexuelle doit vraiment &ecirc;tre sale&quot;. On est en pleine h&eacute;r&eacute;sie manich&eacute;enne. <strong>Rien ne pourrait &ecirc;tre plus &eacute;loign&eacute; de la pens&eacute;e de l'&Eacute;glise lorsqu'elle promeut la valeur du c&eacute;libat</strong>.</p> <p>La seule cause de sup&eacute;riorit&eacute; du c&eacute;libat est son orientation &quot;pour le Royaume des Cieux&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref17_j7c8kc9" title="TDC&nbsp;77,6" href="#footnote17_j7c8kc9">17</a>. En ce sens, le c&eacute;libat n'est pas un <em>sacrement du ciel sur la terre</em>, comme le mariage, mais il est <em>le ciel sur terre</em> (au moins par anticipation). <strong>Le mariage annonce que le Royaume des Cieux va venir ; le c&eacute;libat annonce qu'il est d&eacute;j&agrave; l&agrave;</strong>.&nbsp;L'unique sup&eacute;riorit&eacute; du c&eacute;libat est qu'il se passe du signe <em>dans la foi en la r&eacute;alit&eacute; effective </em>du signifi&eacute;.&nbsp;C'est le &quot;<em>heureux qui croit sans avoir vu</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref18_ogw10ci" title="Jn 20,29" href="#footnote18_ogw10ci">18</a> adress&eacute; &agrave; Thomas.</p> <h5>Solitude et communion dans le c&eacute;libat</h5> <p>Puisque le mariage est une <em>bonne </em>institution, y renoncer demande un sacrifice. En appelant les hommes et les femmes &agrave; renoncer &agrave; mariage, le Christ ne leur cache pas les souffrances<a class="see-footnote" id="footnoteref19_relqeca" title="le Pape dit &quot;le travail&quot;, au sens des souffrances du travail pr&eacute;c&eacute;dant l'accouchement." href="#footnote19_relqeca">19</a> qui peuvent accompagner la continence. D'une certaine mani&egrave;re, ceux qui choisissent le c&eacute;libat choisissent de demeurer dans la <em>solitude originelle</em>, dans cette contemplation de l'ab&icirc;me int&eacute;rieur comme appel &agrave; entrer en relation, cette souffrance qui fait dire &agrave; Dieu lui-m&ecirc;me &quot;Il n'est pas bon que l'homme soit seul&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref20_8qk2cjj" title="Gn 2,18" href="#footnote20_8qk2cjj">20</a>. C'est choisir une solitude <em>pour Dieu</em>.</p> <p>La personne continente reste ainsi sexu&eacute;e (c'est-&agrave;-dire duale, pouss&eacute;e vers l'alt&eacute;rit&eacute;), d'une mani&egrave;re diff&eacute;rente de la personne mari&eacute;e : non pas dans l'union <em>en une chair</em> mais plus vers l'<em>intersubjectivit&eacute; de tous</em>.</p> <h5>Mariage et c&eacute;libat se compl&egrave;tent et s'expliquent mutuellement</h5> <p>Le Concile Vatican II a r&eacute;affirm&eacute; que tous &eacute;taient appel&eacute;s &agrave; la saintet&eacute;.&nbsp;Avant cela, beaucoup de catholiques pensaient que seuls les consacr&eacute;s &eacute;taient appel&eacute;s &agrave; la saintet&eacute;.&nbsp;Puisqu'on disait traditionnellement que ceux qui choisissaient vivre les <em>conseils &eacute;vang&eacute;liques </em>(pauvret&eacute;, chastet&eacute;, ob&eacute;issance) avaient choisi l'<em>&eacute;tat de perfection</em>, on en d&eacute;duisait &agrave; tort que les autres vivaient l'<em>&eacute;tat d'imperfection</em>.</p> <p>Jean-Paul II&nbsp;r&eacute;torque que &quot;le c&eacute;libat et le mariage ne divisent pas l'humanit&eacute; en deux camps [....] la perfection de la vie chr&eacute;tienne se mesure plut&ocirc;t par la mesure de l'amour&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref21_furpqum" title="TDC&nbsp;78,2-3" href="#footnote21_furpqum">21</a> Il ajoute que puisque la vocation dans le mariage m&egrave;ne &agrave; la maternit&eacute; et la paternit&eacute;, la vocation au c&eacute;libat doit, dans son d&eacute;veloppement normal, mener &agrave; une certaine forme de paternit&eacute; ou de maternit&eacute; spirituelle.&nbsp;</p> <p>Tout homme, en vertu de la signification de son corps, est appel&eacute; &agrave; devenir mari et p&egrave;re.&nbsp;<br /> Toute femme, en vertu de la signification de son corps, est appel&eacute;e &agrave; devenir &eacute;pouse et m&egrave;re.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Certain(e)s vivent le c&eacute;libat non choisi.&nbsp;Cela ne signifie pas que leur vie spirituelle et charnelle soit suspendue : ils et elles peuvent vivrent une vie f&eacute;conde en servant leurs fr&egrave;res en gardant l'espoir de trouver un conjoint ou de discerner un appel au c&eacute;libat. Dans la mesure o&ugrave; ils vivent le don d'eux-m&ecirc;me, dans la pri&egrave;re, le travail, les loisirs, le service de leurs amis, familles, voisins ou des pauvres, ils vivent authentiquement la signification conjugale de leur corps.</p> </div> <p>Pr&eacute;cis&eacute;ment parce que le c&eacute;libat consacr&eacute; n'est <em>pas </em>un sacrement, il montre en quoi le mariage <em>est sacrement</em>. Il montre que le mariage n'est pas une fin en soi mais pointe vers cette r&eacute;alit&eacute; eschatalogique des <em>noces de l'Agneau</em>. Il <em>souligne </em>donc la beaut&eacute; du mariage. Il emp&ecirc;che &eacute;galement que le mariage soit idol&acirc;tr&eacute; et est ainsi un rem&egrave;de au culte du corps auquel se livre le monde.</p> <h5>Le c&eacute;libat r&eacute;v&egrave;le au monde la profondeur de l'amour de Dieu</h5> <p>Prendre sa croix et suivre le Christ au prix du renoncement au mariage et &agrave; la fondation de sa propre famille est un grand sacrifice. Si le Christ propose de sacrifier un bien si grand, c'est pour donner <em>au centuple</em>. Pour se donner compl&egrave;tement &agrave; l'homme. Ce choix est pour le monde un grand signe.&nbsp;</p> <p>Nous vivons dans cette tension du &quot;d&eacute;j&agrave;, mais pas encore&quot; pour ce qui concerne la venue du Royaume.&nbsp;Dans ce sens on peut dire que le c&eacute;libat insiste sur le <em>d&eacute;j&agrave; </em>tandis que le mariage insiste sur le <em>pas encore</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La relation entre mariage et c&eacute;libat selon Paul</h4> <p>Revenons sur ce passage de 1Co 7 dont nous avons montr&eacute; que l'interpr&eacute;tation commune est erron&eacute;e. Le Pape y consacre quatre cat&eacute;ch&egrave;ses (TDC&nbsp;82-85). Il nous invite d'abord &agrave; consid&eacute;rer que Paul &eacute;crit sans doute en r&eacute;ponse &agrave; des questions<a class="see-footnote" id="footnoteref22_3xkg488" title="1Co 7,1: Au sujet de ce que vous dites dans votre lettre" href="#footnote22_3xkg488">22</a>, probablement pos&eacute;es par des parents (<em>&agrave; qui appartenait dans la soci&eacute;t&eacute; de l'&eacute;poque le droit de marier ou non leurs enfants</em>) de Corinthe (ville marqu&eacute;e par un <em>asc&eacute;tisme particulier dont l'origine se trouve dans les courants de pens&eacute;e dualistes qui d&eacute;valuent le corps</em>).</p> <p>Paul propose une opinon en prenant bien soin de <em>distinguer les paroles du Seigneur de ses propres interpr&eacute;tations</em>. Il faut donc prendre soin de les lire &agrave; la lumi&egrave;re de la vie et des paroles du Christ.</p> <p>Jean-Paul II, s'appuyant sur les &eacute;crits de l'ap&ocirc;tre, va jusqu'&agrave; se demander si Paul n'a pas une aversion pour le mariage. Il dit en effet &quot;je voudrais que tous soient [c&eacute;libataires] comme moi&quot;. Toutefois, il reconna&icirc;t que si l'on lit le texte dans son ensemble, on ne trouve pas les traits constitutifs de ce que sera le manich&eacute;isme. <br /> Paul, tout en reconnaissant que le mariage n'est pas mauvais <em>contre l'opinion majoritaire &agrave; Corinthe</em>, veut donc manifestement en &eacute;pargner aux fid&egrave;les &quot;les &eacute;preuves&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref23_4afler3" title="1Co 7, 28 : Si cependant tu te maries, ce n'est pas un p&eacute;ch&eacute; ; et si une jeune fille se marie, ce n'est pas un p&eacute;ch&eacute;. Mais ceux qui choisissent cette vie y trouveront des &eacute;preuves, et c'est cela que moi, je voudrais vous &eacute;viter" href="#footnote23_4afler3">23</a> Cette observation r&eacute;aliste semble &ecirc;tre une r&eacute;ponse &agrave; certains qui auraient une vision un peu trop id&eacute;alis&eacute;e.&nbsp;<br /> Paul adopte un crit&egrave;re de discernement tr&egrave;s personnaliste : <em>chacun a re&ccedil;u de Dieu un don qui lui est personnel : l'un celui-ci, l'autre celui-l&agrave;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref24_jt3gad9" title="1Co 7,7" href="#footnote24_jt3gad9">24</a> Le don de l'Esprit qui a fait son temple de notre corps s'exprime pareillement dans les deux vocations, pourvu que nous y restions fid&egrave;les.</p> <p>Enfin, Paul ne peut justifier ici une vision du mariage comme lieu d'expression l&eacute;gitime de la concupiscence, qui serait en contradiction totale avec l'appel en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:25&amp;version=LSG">Ep 5 </a>: maris, aimez vos femmes <em>comme le Christ aime l'&Eacute;glise</em>. Le mariage est le rem&egrave;de et non le lieu d'expression l&eacute;gitime de la concupiscence.</p> <h5>Le c&eacute;libat, meilleur ?&nbsp;</h5> <p>En plus des &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;ponse d&eacute;j&agrave; fournis, un autre &eacute;l&eacute;ment pousse Saint Paul a pr&eacute;f&eacute;rer le c&eacute;libat au mariage : l'homme mari&eacute; a le souci de cette vie tandis que <em>l'homme non mari&eacute; a le souci des affaires du Seigneur</em><a class="see-footnote" id="footnoteref25_cnii91y" title="1Co 7,32" href="#footnote25_cnii91y">25</a>.&nbsp;Le c&eacute;libataire a choisi, selon les mots du Christ, <em>la meilleure part</em>, la <em>seule chose n&eacute;cessaire</em><a class="see-footnote" id="footnoteref26_pkbh9ln" title="cf. l'&eacute;pisode de Marthe et Marie en Lc 10,41-42" href="#footnote26_pkbh9ln">26</a></p> <p>Jean-Paul II rappelle encore que dans le mariage comme dans le c&eacute;libat, <em>tous sont appel&eacute;s &agrave; la saintet&eacute;</em>.&nbsp;Consid&eacute;rer la saintet&eacute; comme quelque chose que nous produisons nous am&egrave;ne &agrave; consid&eacute;rer le meilleur moyen de production, la meilleure vocation. Cette vision est fausse : le saintet&eacute; est avant tout un don de Dieu, qui s'exerce &eacute;galement dans les diff&eacute;rentes vocations.</p> <p>Enfin, Saint-Paul consid&egrave;re - avec raison - que le mariage est une institution appel&eacute;e &agrave; dispara&icirc;tre (dans les Cieux, <a href="?q=node/36">car elle aura perdu sa raison d'&ecirc;tre</a>) et consid&egrave;re qu'il ne faut pas montrer trop d'attachement aux choses p&eacute;rissables. L'homme et la femme mari&eacute;e ne doivent ainsi pas se laisser trop lier par les <em>soucis </em><em>du monde</em> C'est ce qu'il veut dire en &eacute;crivant : <em>que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme</em><a class="see-footnote" id="footnoteref27_2jlujq7" title="1Co 7,29" href="#footnote27_2jlujq7">27</a>.</p> <h5>Les &quot;devoirs&quot; des &eacute;poux</h5> <p>L'aspect &quot;contractuel&quot; du mariage et les devoirs des &eacute;poux ont &eacute;t&eacute; &agrave; une &eacute;poque mis en avant de fa&ccedil;on bien trop disproportionn&eacute;e. En disant &quot;<em>Ne vous refusez pas l'un &agrave; l'autre, sinon temporairement et en plein accord, pour prendre le temps de prier et vous retrouver ensuite ; autrement vous ne sauriez pas vous ma&icirc;triser, et Satan vous tenterait</em>&quot;, Saint-Paul offre, nous dit le Pape, une intuition pratique et personnaliste sur la vie sexuelle conjugale.&nbsp;Des p&eacute;riodes d'abstinence choisie, relativement courtes, nous aident &agrave; respecter le temps propre &agrave; chaque personne, la subjectivit&eacute; et la riche diff&eacute;rence entre les sexes. Confi&eacute;es &agrave; Dieu, ces p&eacute;riodes sont ainsi un rem&egrave;de contre la concupiscence, et permettent de toucher plus encore au coeur du mariage.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_4qr2ozp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_4qr2ozp">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:12&amp;version=LSG">Mt 19,12</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_xot00nr"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_xot00nr">2.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio_fr.html">Familiaris Consortio</a>, 11</li> <li class="footnote" id="footnote3_5l1wopz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_5l1wopz">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-069-monde-futur-est-marque-par-seuil-vraiment-nouveau#4">TDC&nbsp;69,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_f2s877b"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_f2s877b">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:10&amp;version=LSG">Mt 19,10</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_krsd0b6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_krsd0b6">5.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:11-12&amp;version=LSG">Mt 19,11-12</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_n1kbf6b"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_n1kbf6b">6.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-074-vocation-la-chastete-dans-la-realite-de-la-vie-terrestre#4">TDC 74,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_ejs0wju"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_ejs0wju">7.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-073-la-virginite-celibat-pour-royaume-cieux#4">TDC&nbsp;73,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_azkgq4d"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_azkgq4d">8.</a> cf <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4T.HTM">CEC&nbsp;1599</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_mzfyhy2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_mzfyhy2">9.</a> ce qui est le cas si il est choisi par peur de l'intimit&eacute; conjugale ou par rejet de la sexualit&eacute;</li> <li class="footnote" id="footnote10_gzwup8x"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_gzwup8x">10.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-073-la-virginite-celibat-pour-royaume-cieux#1">TDC&nbsp;73,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_u3y1chz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_u3y1chz">11.</a> Pr&eacute;cisons que l'&eacute;tymologie de c&eacute;libat vient du latin <em>caelebs </em>proche - fortuitement ou providentiellement - de <em>caelis, caelestis </em>qui signifient <em>ciel, c&eacute;leste</em>.</li> <li class="footnote" id="footnote12_yqkzgu6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_yqkzgu6">12.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-075-rapport-entre-continence-pour-royaume-cieux-fecondite-spirituelle#3">TDC&nbsp;75,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_xo0adey"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_xo0adey">13.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_15081989_redemptoris-custos_fr.html">Redemptoris Custos</a>, 17</li> <li class="footnote" id="footnote14_l4prrcd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_l4prrcd">14.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%201:24&amp;version=LSG">Mt 1,24</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_901t3oj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_901t3oj">15.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-077-superiorite-de-la-continence-ne-signifie-pas-devaluation-du-mariage#4">TDC 77,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_5w0sdkh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_5w0sdkh">16.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:9&amp;version=LSG">1Co 7,9</a>: <em>Mais s'ils ne peuvent pas se ma&icirc;triser, qu'ils se marient, car mieux vaut se marier que br&ucirc;ler de d&eacute;sir.</em></li> <li class="footnote" id="footnote17_j7c8kc9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_j7c8kc9">17.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-077-superiorite-de-la-continence-ne-signifie-pas-devaluation-du-mariage#6">TDC&nbsp;77,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_ogw10ci"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_ogw10ci">18.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%2020:29&amp;version=LSG">Jn 20,29</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_relqeca"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_relqeca">19.</a> le Pape dit &quot;le <em>travail</em>&quot;, au sens des souffrances du travail pr&eacute;c&eacute;dant l'accouchement.</li> <li class="footnote" id="footnote20_8qk2cjj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_8qk2cjj">20.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:18&amp;version=LSG">Gn 2,18</a></li> <li class="footnote" id="footnote21_furpqum"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_furpqum">21.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-078-complementarite-du-mariage-de-la-continence-pour-royaume-cieux#2">TDC&nbsp;78,2</a><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-078-complementarite-du-mariage-de-la-continence-pour-royaume-cieux#3">-3</a></li> <li class="footnote" id="footnote22_3xkg488"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_3xkg488">22.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:1&amp;version=LSG">1Co 7,1</a>: <em>Au sujet de ce que vous dites dans votre lettre</em></li> <li class="footnote" id="footnote23_4afler3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_4afler3">23.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:28&amp;version=LSG">1Co 7, 28</a> :<em> Si cependant tu te maries, ce n'est pas un p&eacute;ch&eacute; ; et si une jeune fille se marie, ce n'est pas un p&eacute;ch&eacute;. Mais ceux qui choisissent cette vie y trouveront des &eacute;preuves, et c'est cela que moi, je voudrais vous &eacute;viter</em></li> <li class="footnote" id="footnote24_jt3gad9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_jt3gad9">24.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:7&amp;version=LSG">1Co 7,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote25_cnii91y"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_cnii91y">25.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co 7:32&amp;version=LSG">1Co 7,32</a></li> <li class="footnote" id="footnote26_pkbh9ln"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_pkbh9ln">26.</a> cf. l'&eacute;pisode de Marthe et Marie en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2010:41-42&amp;version=LSG">Lc 10,41-42</a></li> <li class="footnote" id="footnote27_2jlujq7"><a class="footnote-label" href="#footnoteref27_2jlujq7">27.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:29&amp;version=LSG">1Co 7,29</a></li> </ul> Célibat pour le Royaume culte du corps culture de mort eschatologie solitude vocation Wed, 26 Aug 2009 12:56:40 +0000 Incarnare 37 at http://www.theologieducorps.fr Le Mariage : Alliance, grâce et signe http://www.theologieducorps.fr/tdc/mariage-alliance-grace-signe <p>Apr&egrave;s avoir pr&eacute;sent&eacute; sa &quot;vision globale&quot; de l'homme, de sa corpor&eacute;it&eacute; et de sa sexualit&eacute;, et r&eacute;fl&eacute;chi sur la vocation au c&eacute;libat pour le royaume, Jean-Paul II aborde enfin la question du mariage, de sa signification et de la vie des &eacute;poux.</p> <p>Ainsi que nous allons le voir, la grandeur du sacrement du mariage r&eacute;side dans le fait que les deux unions, celle de l'Homme et de la Femme, et celle du Christ et de l'&Eacute;glise, r&eacute;v&egrave;lent le <em>m&ecirc;me myst&egrave;re</em>.&nbsp;Jean-Paul II&nbsp;analyse d'abord la dimension [divine] de l'allaince et de la gr&acirc;ce, avant de d&eacute;crire la dimension [humaine] du signe.</p> alliance grâce mariage mystère signe Thu, 06 Aug 2009 09:14:46 +0000 Incarnare 6 at http://www.theologieducorps.fr Relations entre les Époux dans la lettre aux Ephesiens http://www.theologieducorps.fr/tdc/relations-entre-epoux-dans-la-lettre-aux-ephesiens <p>Peu de textes dans toute la Bible ont fait l'objet d'autant de m&eacute;compr&eacute;hensions et d'interpr&eacute;tations <em>politiquement correctes</em> que le chapitre 5 de la lettre aux Eph&eacute;siens. C'est pourquoi Jean-Paul II&nbsp;marche sur des oeufs pour r&eacute;tablir le sens des &eacute;crits de Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref1_o9zyrr6" title="Si le Saint-P&egrave;re reconna&icirc;t aux ex&eacute;g&egrave;tes le droit de mettre en doute le fait que Paul en soit bien l'auteur, il ne faut pas &eacute;carter les &eacute;crits de l'ap&ocirc;tre &agrave; cause du politiquement correcte. Le Pape choisit de prendre une hypoth&egrave;se de travail : Paul aurait confi&eacute; les concepts cl&eacute;s de sa lettre &agrave; son secr&eacute;taire qui en a finalis&eacute; la r&eacute;daction.&nbsp;Il parle ainsi de l'auteur de la lettre aux Eph&eacute;siens, r&eacute;servant &quot;Paul&quot; ou &quot;l'Ap&ocirc;tre&quot; pour les passages qui sont selon lui sp&eacute;cifiquement pauliniens." href="#footnote1_o9zyrr6">1</a>. Voici l'extrait analys&eacute; par le Pape<a class="see-footnote" id="footnoteref2_su4w9c5" title="Ep 5,21-33" href="#footnote2_su4w9c5">2</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp; Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, &agrave; leur mari, comme au Seigneur J&eacute;sus ; car, pour la femme, le mari est la t&ecirc;te, tout comme, pour l'&Eacute;glise, le Christ est la t&ecirc;te, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! si l'&Eacute;glise se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de m&ecirc;me pour les femmes &agrave; l'&eacute;gard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme &agrave; l'exemple du Christ : il a aim&eacute; l'&Eacute;glise, il s'est livr&eacute; pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du bapt&ecirc;me et la Parole de vie ; il voulait se la pr&eacute;senter &agrave; lui-m&ecirc;me, cette &Eacute;glise, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun d&eacute;faut ; il la voulait sainte et irr&eacute;prochable. C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-m&ecirc;me. Jamais personne n'a m&eacute;pris&eacute; son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'&Eacute;glise, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'&Eacute;criture : A cause de cela, l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce myst&egrave;re est grand : je le dis en pensant au Christ et &agrave; l'&Eacute;glise. Pour en revenir &agrave; vous, chacun doit aimer sa propre femme comme lui-m&ecirc;me, et la femme doit avoir du respect pour son mari. </p></blockquote> <p>Ce passage, analys&eacute; &agrave; la lumi&egrave;re du contexte biblique, contient des th&egrave;mes essntiels et des v&eacute;rit&eacute;s fondamentales.&nbsp;Il est centr&eacute; sur le corps, au sens <em>m&eacute;taphorique</em> du corps du Christ (l'&Eacute;glise), et au sens <em>propre</em> du corps humain et de l'attirance sexuelle.</p> <p>Quelle est la signification de ces deux saintes communions et de leur convergence ? Nous sommes ici sur le point de d&eacute;couvrir le myst&egrave;re de Dieu et de la Cr&eacute;ation, de comprendre la gloire qu'il a voulu nous conf&eacute;rer en nous cr&eacute;ant homme et femme et en nous appelant &agrave; l'union charnelle.&nbsp;C'est pourquoi le Pape, citant <em>Gaudium et Spes</em> (22), nous dit que ce passage de la lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens <em>manifeste pleinement l'homme &agrave; lui-m&ecirc;me et lui d&eacute;couvre la sublimit&eacute; de sa vocation</em><a class="see-footnote" id="footnoteref3_74slets" title="TDC&nbsp;87,6" href="#footnote3_74slets">3</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La Personne incarn&eacute;e, corps et sacrement</h4> <p>Cette d&eacute;couverte de son identit&eacute; et sa vocation ne peut se faire que si l'homme entre pleinement dans le myst&egrave;re de son incarnation. <br /> Le modernisme, par exemple, a en effet s&eacute;par&eacute; l'homme de son corps : il r&eacute;cuse l'id&eacute;e de <em>myst&egrave;re </em>signifi&eacute; par le corps et que celui-ci puisse &ecirc;tre <em>th&eacute;ologique</em>. En cons&eacute;quence, le corps, simple enveloppe charnelle, peut &ecirc;tre manipul&eacute; et asservi : pour les modernes, le mot-cl&eacute; inscrit dans le corps est l'autosatisfaction. <br /> Pour Saint-Paul, le corps <em>parle </em> un langage mystique, dit quelque chose du <em>grand myst&egrave;re</em>. Pour les chr&eacute;tiens, le mot-cl&eacute; inscrit dans notre corps est le <em>don de soi</em>.</p> <p>Le corps, dit Jean-Paul II, est <em>sacrement </em> de la gr&acirc;ce<a class="see-footnote" id="footnoteref4_c685fjo" title="TDC&nbsp;87,5" href="#footnote4_c685fjo">4</a>: c'est un <em>signe efficace</em> de l'amour de Dieu, c'est &agrave; dire qu'il <em>indique </em>l'amour de Dieu et qu'en m&ecirc;me temps il est <span style="font-style: italic;">vecteur</span><em> </em>de la gr&acirc;ce. <em>La chair</em>, dit le Cat&eacute;chisme<a class="see-footnote" id="footnoteref5_o1l4zbq" title="CEC&nbsp;1015" href="#footnote5_o1l4zbq">5</a>, <em>est le pivot du salut</em>. Le Christ, de condition divine et dans la totalit&eacute; de sa divinit&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_hsm1dgl" title="cf. Col 2,9, Car en lui, dans son propre corps, habite la pl&eacute;nitude de la divinit&eacute;." href="#footnote6_hsm1dgl">6</a> choisit d'assumer compl&egrave;tement notre humanit&eacute;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_cig9bzk" title="C'est la k&eacute;nose, d&eacute;crite en Ph 2,6 : Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'&eacute;galait &agrave; Dieu. Mais il s'an&eacute;antit lui-m&ecirc;me, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'&eacute;tant comport&eacute; comme un homme, il s'humilia plus encore, ob&eacute;issant jusqu'&agrave; la mort, et &agrave; la mort sur une croix!" href="#footnote7_cig9bzk">7</a>.</p> <p>Le p&eacute;ch&eacute; pousse l'homme et la soci&eacute;t&eacute; &agrave; refuser et combattre ce grand myst&egrave;re de l'Incarnation : il n'est pas suprenant que la proclamation de ce grand myst&egrave;re soit imm&eacute;diatement suivie de l'annonce du combat spirituel (<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%206:10-20&amp;version=LSG">Ep 6,10-20</a>). La sacramentalit&eacute; du mariage est au centre de cette bataille : nous devons pour nous y pr&eacute;parer mettre <em>la ceinture de la v&eacute;rit&eacute; sur nos reins</em><a class="see-footnote" id="footnoteref8_fj5hf3c" title="Ep 6,14: le mot h&eacute;breu khelasim (osphus en grec) est traduit dans toutes les bibles fran&ccedil;aises par un pudique - ou prude ?&nbsp;- &quot;reins&quot; alors qu'il d&eacute;signe clairement les parties g&eacute;nitales dans d'autres passages de la bible - Gn 35,11 par exemple : peut-&ecirc;tre Saint-Paul parle t-il d'ordonner sa sexualit&eacute; &agrave; la V&eacute;rit&eacute; ?" href="#footnote8_fj5hf3c">8</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Cl&eacute;s d'interpr&eacute;tations</h4> <p>Constatons que ce passage d'instructions sur la vie des &Eacute;poux et de la famille intervient dans le contexte d'un appel &agrave; une vie nouvelle <em>dans le Christ</em>. Cette lettre ne se lit qu'<em>enracin&eacute;s dans le Christ</em>. Saint-Paul va en effet tout d'abord se mettre &agrave; genoux et prier le P&egrave;re pour qu'il nous donne par son Esprit de comprendre l'amour du Christ<a class="see-footnote" id="footnoteref9_kbqz34r" title="cf.&nbsp;Ep 3" href="#footnote9_kbqz34r">9</a>.</p> <p>Nous devons donc laisser de c&ocirc;t&eacute; nos susceptibilit&eacute;s modernistes pour &ecirc;tre capable de lire le sens profond de mots qui peuvent nous choquer et entrer dans le myst&egrave;re du Christ et de l'&Eacute;glise et dans notre vocation de <em>vivre dans l'amour comme le Christ nous a aim&eacute;s</em>.&nbsp;Pour cela, nous dit Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref10_q50ynlo" title="cf.&nbsp;Ep 4" href="#footnote10_q50ynlo">10</a> nous devons renoncer &agrave; la <em>duret&eacute; de coeur </em>et abandonner notre mode de vie <em>corrompu par une concupiscence trompeuse</em>.</p> <p>En particulier, nous ne devons pas &ecirc;tre prompts &agrave; supposer le sexisme chez Paul, qui sait que <em>la domination masculine est le fruit du p&eacute;ch&eacute;</em>. Nous imaginons parfois que Paul dit aux femmes d'&ecirc;tre soumises &agrave; leur mari... mais ce n'est pas exactement ce que le texte dit !!</p> <h5>Un rapport de soumission ?</h5> <p>Le texte commence par &quot;<em>Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres</em>&quot;.&nbsp;C'est donc une soumission <strong>mutuelle</strong> &agrave; laquelle Saint-Paul nous appelle. En ayant &agrave; l'esprit le fait que le corps rend visible la personne, et qu'il ne peut donc &ecirc;tre r&eacute;duit &agrave; l'&eacute;tat d'objet, nous d&eacute;duisons que cette soumission n'est pas ni abaissement, ni une ob&eacute;issance servile, ni du masochisme : il s'agit pour chacun des &eacute;poux de <em>consid&eacute;rer le bien de son conjoint avant le sien propre</em>. Et c'est uniquement la r&eacute;ciprocit&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref11_qr2s28r" title="cela implique de croire au Don de Dieu" href="#footnote11_qr2s28r">11</a> de cette attitude - <em>le don et la r&eacute;ceptivit&eacute; au don par le don en retour </em>- qui assure un amour authentique.</p> <p>Si l'&eacute;poux aveugl&eacute; par le p&eacute;ch&eacute; vit dans un rapport de domination, alors l'&eacute;pouse, face &agrave; l'absence de r&eacute;ceptivit&eacute; au don de sa personne (ie. de n&eacute;gation de la dignit&eacute; de ce don), <em>a toute raison </em>de se refuser &agrave; ce don.&nbsp;<strong>Voici l'unique justification d'un <em>f&eacute;minisme </em> saint : le refus du p&eacute;ch&eacute; !</strong> Cependant, ce n'est que la premi&egrave;re &eacute;tape : pour faire cette exp&eacute;rience, il faut un moment ou l'autre se 'jeter' &agrave; l'eau... Aimer c'est risquer : risque ce pari de croire que la r&eacute;demption du corps nous permet de faire l'exp&eacute;rience de la nudit&eacute; originelle.&nbsp;</p> <p>Se soumettre &agrave; l'autre signifie se <em>donner totalement </em> &agrave; lui ou elle. Nous sommes appel&eacute;s au don mutuel &quot;<em>par respect pour le Christ</em>&quot;. Ce respect, nous devons le comprendre comme le don de l'Esprit de <em>crainte du Seigneur</em>. Il ne s'agit pas d'une peur, mais d'un <em>&eacute;merveillement infini devant l'amour donn&eacute;</em>. En r&eacute;sum&eacute; : lorsque les &eacute;poux se donnent l'un &agrave; l'autre, ils vont puiser leur amour &agrave; la Source de l'amour, le Christ donn&eacute; pour nous, qui nous a aim&eacute; jusqu'&agrave; en mourir sur la croix.&nbsp;La contemplation de la croix est la cl&eacute; pour comprendre la r&eacute;demption : le Christ, totalement <em>soumis</em> (donn&eacute;), nous regarde et dit &quot;j'ai soif&quot;.&nbsp;Voyons le Christ dans notre conjoint !!</p> <h5>L'analogie sponsale - ou conjugale</h5> <p>Ayant ceci &agrave; l'esprit, continuons notre lecture : &quot;<em>les femmes, &agrave; leur mari, comme au Seigneur J&eacute;sus ; car, pour la femme, le mari est la t&ecirc;te, tout comme, pour l'&Eacute;glise, le Christ est la t&ecirc;te, lui qui est le Sauveur de son corps.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref12_3x497xg" title="Ep 5, 22-23" href="#footnote12_3x497xg">12</a>.</p> <p>Dans tout ce texte, le mot difficile est le mot &quot;<strong>comme</strong>&quot;. Il ne s'agit pas d'&ecirc;tre soumis &agrave; leur mari <em>et </em>&agrave; J&eacute;sus, mais <em>de la m&ecirc;me mani&egrave;re qu'elles le sont &agrave; J&eacute;sus</em>. Il ne s'agit pas de dire que l'homme serait le <em>ma&icirc;tre</em>. <br /> D'ailleurs si l'on suit J&eacute;sus, l'on voit qu'Il dit<a class="see-footnote" id="footnoteref13_boimq1b" title="Lc 22,25-26" href="#footnote13_boimq1b">13</a> : &laquo; <em>Les rois des nations pa&iuml;ennes leur commandent en ma&icirc;tres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! </em><strong><em>Au contraire, le plus grand d'entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. </em></strong>&raquo;<a class="see-footnote" id="footnoteref14_ittzosn" title="Mc 10,42-44 et Mt 20,25-27" href="#footnote14_ittzosn">14</a> Est-ce pour rien que Paul nous demande pr&eacute;cis&eacute;ment dans cette lettre<a class="see-footnote" id="footnoteref15_363jns3" title="cf. Ep 4,17" href="#footnote15_363jns3">15</a> de ne pas penser comme les pa&iuml;ens ? <br /> Le Christ montre d'ailleurs le chemin : &quot;<em><strong>Le Fils de l'homme lui-m&ecirc;me n'est pas venu pour &ecirc;tre servi, mais pour servir et donner sa vie en ran&ccedil;on pour une multitude</strong></em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref16_eqk8ed7" title="Mc 10,45 et Mt 20,28" href="#footnote16_eqk8ed7">16</a>. Le mari est &agrave; la t&ecirc;te pr&eacute;cis&eacute;ment lorsqu'il agit comme le Christ, en serviteur, en donnant sa vie.</p> <p>Cette lecture se confirme par la suite : &quot;<em>Vous, les hommes, aimez votre femme &agrave; l'exemple du Christ : il a aim&eacute; l'&Eacute;glise, il s'est livr&eacute; pour elle</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref17_a2ccflo" title="Ep 5,25" href="#footnote17_a2ccflo">17</a>. Maris, aimez votre femme <strong><em>comme </em></strong><em>le Christ aime l'&Eacute;glise</em>. Comment le Christ nous a t-il aim&eacute;s ?<a class="see-footnote" id="footnoteref18_wcq6wat" title="car nous sommes l'&Eacute;glise - consid&eacute;rer uniquement l'&Eacute;glise institutionnelle ici serait un refus de consid&eacute;rer l'incarnation. Nous &eacute;crivons ces mots sans pr&eacute;judice aucun pour elle." href="#footnote18_wcq6wat">18</a> en donnant sa vie pour nous !</p> <p>En r&eacute;sum&eacute; : <strong>Le mari est appel&eacute; &agrave; donner sa vie pour sa femme, et dans ce don est pour eux le signe</strong><a class="see-footnote" id="footnoteref19_at83p1b" title="l'image, non la substitution : le mari n'est aucunement assimil&eacute; &agrave; Dieu et la femme &agrave; l'humanit&eacute; de mani&egrave;re ontologique mais uniquement de mani&egrave;re m&eacute;taphorique." href="#footnote19_at83p1b">19</a><strong>du don que le Christ a fait &agrave; l'&Eacute;glise. En retour, celle-ci se donne &agrave; son mari et signifie ainsi l'action de gr&acirc;ce</strong><a class="see-footnote" id="footnoteref20_4i591f6" title="l'Eucharistie, &eacute;tymologiquement" href="#footnote20_4i591f6">20</a><strong> que l'&Eacute;glise rend au Christ</strong>.</p> <p>Cette image du salut dans le don r&eacute;ciproque des &eacute;poux est appel&eacute;e l'<u>analogie sponsale</u> ou conjugale.</p> <p>Notons que don et r&eacute;ceptivit&eacute; du don ne sont pas transposables &agrave; l'<em>activit&eacute;</em> et la <em>passivit&eacute;</em> (et que le don n'est pas restreint &agrave; la masculinit&eacute; et la r&eacute;ceptivit&eacute; au don &agrave; la f&eacute;minit&eacute;).&nbsp;Rappelons-nous les paroles de Jean-Paul II&nbsp;: &quot;<em>le don et son acceptation s'interp&eacute;n&egrave;trent de telle mani&egrave;re que l'acte m&ecirc;me de donner vaut acceptation et que la r&eacute;ceptivit&eacute; au don est elle-m&ecirc;me don.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref21_5i26059" title="TDC&nbsp;17,4" href="#footnote21_5i26059">21</a></p> <h5>Les deux directions de l'analogie sponsale</h5> <p>L'analogie n'est pas simplement une sorte de sacramentalit&eacute; plaqu&eacute;e sur institution naturelle.&nbsp;La rencontre du myst&egrave;re [de Dieu] est l'essence m&ecirc;me de la vocation au mariage<a class="see-footnote" id="footnoteref22_ffn3h5x" title="TDC&nbsp;89,7" href="#footnote22_ffn3h5x">22</a>. Bien s&ucirc;r, au sens strict du terme, il n'y a sacrement que si les deux mari&eacute;s sont baptis&eacute;s : pourtant m&ecirc;me le mariage entre non-chr&eacute;tiens est d'une certaine mani&egrave;re, en tant que sacrement primordial (avant la compl&eacute;tude de la r&eacute;v&eacute;lation), le signe du don de Dieu.</p> <p>Le mariage permet aux &eacute;poux de vivre - m&ecirc;me imparfaitement -&nbsp; la communion de personnes qui leur <em>fait d&eacute;couvrir leur appel ultime </em>&agrave; la communion en Dieu. <br /> A l'inverse, la d&eacute;couverte de la communion qui est en Dieu, et qui est Dieu, <em>enrichit l'exp&eacute;rience conjugale </em>des &eacute;poux. La contemplation de la croix en est une dimension essentielle.</p> <h5>La t&ecirc;te et le corps</h5> <p>Dans une pens&eacute;e rationnaliste, la t&ecirc;te et le corps entretiennent une relation d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute;e. Oublions ces pr&eacute;suppos&eacute;s lorsque nous lisons que l'homme est la t&ecirc;te de la femme et la femme le corps de l'homme<a class="see-footnote" id="footnoteref23_56h5ofx" title="Ep 5,23" href="#footnote23_56h5ofx">23</a>.</p> <p>La Cat&eacute;chisme r&eacute;sume la r&eacute;alit&eacute; que Saint-Paul d&eacute;crit en disant que le Christ-t&ecirc;te et l'Eglise-corps sont &quot;<em>une unique personne mystique</em>&quot;. Cela ne signifient pas qu'ils s'identifient ou que la subjectivit&eacute; de l'homme se perd en Dieu. De la m&ecirc;me mani&egrave;re, l'&eacute;poux et l'&eacute;pouse sont <em>une chair</em>. Sans qu'aucun ne perde sa subjectivit&eacute;, ils sont <em>un seul sujet</em>. Saint-Paul dit d'ailleurs dans ce sens que <em>celui qui aime sa femme s'aime soi-m&ecirc;me</em>. Notre mani&egrave;re (aveugl&eacute;e par le p&eacute;ch&eacute;) de traiter notre corps ne doit pas obscurcir notre vision lorsque nous lisons que chaque mari doit aimer sa femme ainsi : comme son propre corps.</p> <p>Chacun des &eacute;poux n'a d'autre but que la sanctification de son conjoint, le mari veut rendre sa femme <em>resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun d&eacute;faut ; [...] sainte et irr&eacute;prochable</em><a class="see-footnote" id="footnoteref24_66yyesw" title="Ep 5,27" href="#footnote24_66yyesw">24</a> et r&eacute;ciproquement. Dans l'<em>Eros</em>, les &eacute;poux visent vraiment <em>agap&egrave;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref25_6yrz8jt" title="Pour un d&eacute;veloppement pr&eacute;cis, lisez Deus Caritas Est, du Sa Saintet&eacute; le Pape Beno&icirc;t XVI." href="#footnote25_6yrz8jt">25</a>.&nbsp;</p> <p>Loin d'&ecirc;tre conceptuel, cela a des cons&eacute;quences tr&egrave;s pratiques.&nbsp;Dans <em>Amour et Responsabilit&eacute;</em>, Karol Wojtila souligne que &quot;<em>l'amour exige que les r&eacute;actions de l'autre personne - le 'partenaire' sexuel - soient pleinement prises en compte.&nbsp;Les sexologues affirment que la mont&eacute;e du d&eacute;sir diff&egrave;re chez la femme et chez l'homme - il monte plus lentement et retombe plus lentement. L'homme doit prendre cette diff&eacute;rence en compte [...] pour que les &eacute;poux atteignent tous les deux l'orgasme [...] autant que possible simultan&eacute;ment.</em>&quot; Le mari doit faire cela &quot;<em>non dans une vis&eacute;e h&eacute;doniste, mais en vertu de l'altruisme. [...] Si l'on consid&egrave;re &agrave; quel point le d&eacute;sir masculin monte plus vite, une telle tendresse de sa part dans l'acte sexuel prend le caract&egrave;re d'un acte de vertu.</em>&quot;</p> <h5>Le bapt&ecirc;me exprime l'amour conjugal du Christ pour l'Eglise</h5> <p>De m&ecirc;me, le but de l'amour du Christ pour l'&Eacute;glise vise sa sanctification :</p> <blockquote><p>&nbsp;Il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du bapt&ecirc;me et la Parole de vie ; il voulait se la pr&eacute;senter &agrave; lui-m&ecirc;me, cette &Eacute;glise, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun d&eacute;faut ; il la voulait sainte et irr&eacute;prochable.<a class="see-footnote" id="footnoteref26_8drdj67" title="Ep 5,26-27" href="#footnote26_8drdj67">26</a> </p></blockquote> <p>Le bapt&ecirc;me prend un caract&egrave;re nuptial dans la mesure o&ugrave; il pr&eacute;pare la Fianc&eacute;e pour sa rencontre avec le Fianc&eacute;.&nbsp;</p> <h5>La beaut&eacute; et le regard</h5> <p>La beaut&eacute;, on le voit, est signe de la saintet&eacute;.&nbsp;Non pas que chacun(e) soit saint(e) dans la mesure o&ugrave; il (elle) est beau (belle), mais parce qu'il y a une grande beaut&eacute; dans la saintet&eacute;, qui cr&eacute;&eacute; le m&ecirc;me &eacute;tat d'&eacute;merveillement que la contemplation (pure) de la beaut&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref27_r1slu2g" title="Rappelons-nous ici comment le soin que P&eacute;lagie prenait &agrave; &ecirc;tre belle rappelle &agrave; Nonnus le peu de soin que nous prenons &agrave; appr&ecirc;ter nos &acirc;mes.." href="#footnote27_r1slu2g">27</a>.</p> <p>Notre monde voue un culte &agrave; la beaut&eacute; physique et nous d&eacute;pensons litt&eacute;ralement des milliards pour &ecirc;tre sans tache ni ride. Corrigeons cette image distordue par le p&eacute;ch&eacute; : que trouvons-nous ? notre d&eacute;sir de saintet&eacute;, de sanctification, de puret&eacute; et d'innocence, notre d&eacute;sir d'&ecirc;tre [rendu] dignes de partager la beaut&eacute; radieuse de notre &Eacute;poux.</p> <p>Le mari doit d&eacute;sirer la beaut&eacute; de sa femme - et l&agrave; encore, pas de mani&egrave;re conceptuelle ou d&eacute;sincarn&eacute;e - il doit v&eacute;ritablement vouloir que sa femme soit - pour le Christ - sainte et irr&eacute;prochable et qu'elle en fasse d&egrave;s aujourd'hui l'exp&eacute;rience en se sentant d&eacute;sir&eacute;e pour sa beaut&eacute;. Cette beaut&eacute; fondamentale est au coeur de chaque femme et ne se mesure pas avec des <em>canons de beaut&eacute;</em>, qui ne sont que des <em>standardisation</em>s visant &agrave; l'<em>anonymisation des femmes </em> au profit de la seule <em>convoitise </em> de l'homme.&nbsp;Seul un regard purifi&eacute; de l'homme pourra rendre justice &agrave; la beaut&eacute; de chaque femme qui, sinon, est condamn&eacute;e &agrave; un sentiment d'inad&eacute;quation et de rejet de son corps.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Notre regard a besoin d'&ecirc;tre purifi&eacute; : Christopher West<a class="see-footnote" id="footnoteref28_a7463rt" title="auteur de Theology of the Body Explained: a Commentary on John Paul II's &quot;Male and Female He Created Them&quot;, auquel ce site doit beaucoup et son auteur plus encore" href="#footnote28_a7463rt">28</a> d&eacute;crit cette exp&eacute;rience sur la plage. Voyant une femme magnifique en bikini, il luttait int&eacute;rieurement pour &ecirc;tre capable de la regarder en voyant la vision c&eacute;leste de sa beaut&eacute; ; il vint &agrave; poser les yeux sur une femme forte. Sa premi&egrave;re pens&eacute;e fut le soulagement &quot;pas de danger de ce c&ocirc;t&eacute; l&agrave;&quot;... jusqu'&agrave; ce qu'il r&eacute;alise que, physiquement d&eacute;sirable ou non, il n'avait pas &eacute;t&eacute; capable de voir la dignit&eacute; et la beaut&eacute; fondamentale d'aucune des deux !</p> </div> <p>Puisons dans le regard du Christ (pos&eacute; sur la samaritaine, ou la femme adult&egrave;re, sur le jeune homme riche, sur les disciples qui lui demandent qui peut &ecirc;tre sauv&eacute;, sur Nathana&euml;l <em>sous le figuier</em>, ou sur Matthieu au lieu des p&eacute;gaes, sur la femme qui met deux pi&egrave;ces d'argent au temple, ou l'aveugle de naissance) l'amour n&eacute;cessaire pour voir les hommes et les femmes <em>avec le regard de Dieu</em> et reconna&icirc;tre en chacun(e) le reflet de la beaut&eacute; divine.&nbsp;</p> <p>Le Christ a pris la <em>figure</em> de notre humanit&eacute;, a v&eacute;cu jusqu'au bout la <em>d&eacute;figuration </em>de la croix, pour que nous soyons <em>transfigur&eacute;s</em>. Dans un regard d&eacute;nu&eacute; d'une vision globale de l'homme, l'&ecirc;tre humain n'est pas beau : nous pr&eacute;f&eacute;rons nos <em>fantasmes</em>, nos humains virtuels.&nbsp;Ainsi, il est difficile pour quiconque a essay&eacute; de trouver dans la sexualit&eacute; virtuelle, c'est &agrave; dire la pornographie, d'aimer la personne <em>en chair et en os</em> qu'ils ont &eacute;pous&eacute;.&nbsp;Cela demande une r&eacute;demption du regard.</p> <p>J&eacute;sus n'a pas attendu que nous soyons aimables pour nous aimer (jusqu'au bout). En fait, <em>c'est parce qu'Il nous aime que nous sommes aimables</em>. &quot;<em>La preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous &eacute;tions encore p&eacute;cheurs</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref29_8ag3zyq" title="Rm 5,8" href="#footnote29_8ag3zyq">29</a>. La beaut&eacute; de ces vieux couples qui, bien qu'&eacute;tant depuis des d&eacute;cennies tr&egrave;s loin des canons de beaut&eacute;, prennent soin religieusement d'un conjoint qui parfois ne les reconna&icirc;t plus, est un t&eacute;moignage de ce regard du Christ.</p> <p>&nbsp;</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_o9zyrr6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_o9zyrr6">1.</a> Si le Saint-P&egrave;re reconna&icirc;t aux ex&eacute;g&egrave;tes le droit de mettre en doute le fait que Paul en soit bien l'auteur, il ne faut pas &eacute;carter les &eacute;crits de l'ap&ocirc;tre &agrave; cause du politiquement correcte. Le Pape choisit de prendre une hypoth&egrave;se de travail : Paul aurait confi&eacute; les concepts cl&eacute;s de sa lettre &agrave; son secr&eacute;taire qui en a finalis&eacute; la r&eacute;daction.&nbsp;Il parle ainsi de l'auteur de la lettre aux Eph&eacute;siens, r&eacute;servant &quot;Paul&quot; ou &quot;l'Ap&ocirc;tre&quot; pour les passages qui sont selon lui sp&eacute;cifiquement pauliniens.</li> <li class="footnote" id="footnote2_su4w9c5"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_su4w9c5">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:21-33&amp;version=LSG">Ep 5,21-33</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_74slets"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_74slets">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-087-mariage-comme-sacrement-selon-saint-paul-aux-ephesiens#6">TDC&nbsp;87,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_c685fjo"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_c685fjo">4.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-087-mariage-comme-sacrement-selon-saint-paul-aux-ephesiens#5">TDC&nbsp;87,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_o1l4zbq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_o1l4zbq">5.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2E.HTM">CEC&nbsp;1015</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_hsm1dgl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_hsm1dgl">6.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Cl%202:9&amp;version=LSG">Col 2,9</a>, <em>Car en lui, dans son propre corps, habite la pl&eacute;nitude de la divinit&eacute;.</li> <li class="footnote" id="footnote7_cig9bzk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_cig9bzk">7.</a> C'est la <em>k&eacute;nose</em>, d&eacute;crite en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Pp%202:6&amp;version=LSG">Ph 2,6</a> : <em>Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'&eacute;galait &agrave; Dieu. Mais il s'an&eacute;antit lui-m&ecirc;me, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'&eacute;tant comport&eacute; comme un homme, il s'humilia plus encore, ob&eacute;issant jusqu'&agrave; la mort, et &agrave; la mort sur une croix!</em></li> <li class="footnote" id="footnote8_fj5hf3c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_fj5hf3c">8.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%206:14&amp;version=LSG">Ep 6,14</a>: le mot h&eacute;breu <em>khelasim</em> (osphus en grec) est traduit dans toutes les bibles fran&ccedil;aises par un pudique - ou prude ?&nbsp;- &quot;reins&quot; alors qu'il d&eacute;signe clairement les parties g&eacute;nitales dans d'autres passages de la bible - <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%2035:11&amp;version=LSG">Gn 35,11</a> par exemple : peut-&ecirc;tre Saint-Paul parle t-il <em>d'ordonner sa sexualit&eacute; &agrave; la V&eacute;rit&eacute; ?</em></li> <li class="footnote" id="footnote9_kbqz34r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_kbqz34r">9.</a> cf.&nbsp;<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%203:1-21&amp;version=LSG">Ep 3</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_q50ynlo"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_q50ynlo">10.</a> cf.&nbsp;<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%204:1-32&amp;version=LSG">Ep 4</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_qr2s28r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_qr2s28r">11.</a> cela implique de croire au <em>Don</em> de Dieu</li> <li class="footnote" id="footnote12_3x497xg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_3x497xg">12.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:22-23&amp;version=LSG">Ep 5, 22-23</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_boimq1b"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_boimq1b">13.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2022:25-26&amp;version=LSG">Lc 22,25-26</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_ittzosn"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_ittzosn">14.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%2010:42-44&amp;version=LSG">Mc 10,42-44</a> et <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2020:25-27&amp;version=LSG">Mt 20,25-27</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_363jns3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_363jns3">15.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%204:17&amp;version=LSG">Ep 4,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_eqk8ed7"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_eqk8ed7">16.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%2010:45&amp;version=LSG">Mc 10,45 </a>et <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2020:28&amp;version=LSG">Mt 20,28</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_a2ccflo"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_a2ccflo">17.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:25&amp;version=LSG">Ep 5,25</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_wcq6wat"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_wcq6wat">18.</a> car nous sommes l'&Eacute;glise - consid&eacute;rer uniquement l'&Eacute;glise institutionnelle ici serait un refus de consid&eacute;rer l'incarnation. Nous &eacute;crivons ces mots sans pr&eacute;judice aucun pour elle.</li> <li class="footnote" id="footnote19_at83p1b"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_at83p1b">19.</a> l'image, non la substitution : le mari n'est aucunement assimil&eacute; &agrave; Dieu et la femme &agrave; l'humanit&eacute; de mani&egrave;re <em>ontologique</em> mais uniquement de mani&egrave;re <em>m&eacute;taphorique</em>.</li> <li class="footnote" id="footnote20_4i591f6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_4i591f6">20.</a> l'Eucharistie, &eacute;tymologiquement</li> <li class="footnote" id="footnote21_5i26059"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_5i26059">21.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-017-lechange-du-don-du-corps-cree-authentique-communion#4">TDC&nbsp;17,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote22_ffn3h5x"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_ffn3h5x">22.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-089-christ-source-modele-rapports-entre-epoux#7">TDC&nbsp;89,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote23_56h5ofx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_56h5ofx">23.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:23&amp;version=LSG">Ep 5,23</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_66yyesw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_66yyesw">24.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:27&amp;version=LSG">Ep 5,27</a></li> <li class="footnote" id="footnote25_6yrz8jt"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_6yrz8jt">25.</a> Pour un d&eacute;veloppement pr&eacute;cis, lisez <a href="http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est_fr.html">Deus Caritas Est</a>, du Sa Saintet&eacute; le Pape Beno&icirc;t XVI.</li> <li class="footnote" id="footnote26_8drdj67"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_8drdj67">26.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:26-27&amp;version=LSG">Ep 5,26-27</a></li> <li class="footnote" id="footnote27_r1slu2g"><a class="footnote-label" href="#footnoteref27_r1slu2g">27.</a> Rappelons-nous ici comment <a href="?q=node/32">le soin que P&eacute;lagie prenait &agrave; &ecirc;tre belle rappelle &agrave; Nonnus le peu de soin que nous prenons &agrave; appr&ecirc;ter nos &acirc;mes</a>..</li> <li class="footnote" id="footnote28_a7463rt"><a class="footnote-label" href="#footnoteref28_a7463rt">28.</a> auteur de <em>Theology of the Body Explained: a Commentary on John Paul II's &quot;Male and Female He Created Them&quot;</em>, auquel ce site doit beaucoup et son auteur plus encore</li> <li class="footnote" id="footnote29_8ag3zyq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref29_8ag3zyq">29.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Rm%205:8&amp;version=LSG">Rm 5,8</a></li> </ul> analogie du mariage analogie sponsale baptême corps corps du Christ don don de soi Église regard du Christ sacrement Fri, 28 Aug 2009 10:24:00 +0000 Incarnare 39 at http://www.theologieducorps.fr Sacrement et Mystère http://www.theologieducorps.fr/tdc/sacrement-mystere <p>Le Christ, on l'a vu, r&eacute;v&egrave;le le myst&egrave;re de Dieu en l'incarnant, en le faisant entrer dans la r&eacute;alit&eacute; visible. Bien que son corps ne soit pas qu'une apparence, la transfiguration r&eacute;v&egrave;le qu'il y a encore une r&eacute;alit&eacute; cach&eacute;e, la gloire de Dieu, manifest&eacute;e lors de la mort et de la r&eacute;surrection.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Appel&eacute;s &agrave; contempler la Gloire de Dieu</h4> <p>Dans l'Ancien Testament, il est dit &agrave; plusieurs reprise que celui qui voit Dieu face &agrave; face meurt. Mo&iuml;se craint ainsi de porter son regard sur Dieu<a class="see-footnote" id="footnoteref1_x9bubsy" title="Ex 3,6 : Mo&iuml;se se cacha le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu avec raison puisqu'en Ex 33,20, Dieu r&eacute;pond Personne ne peut me voir sans mourir &agrave; Mo&iuml;se qui lui demande de contempler sa gloire. " href="#footnote1_x9bubsy">1</a>. La mort n'est pas la cons&eacute;quence de la vision de Dieu face &agrave; face, mais sa condition : pour se d&eacute;barrasser du p&eacute;ch&eacute;, dit le Christ, il faut mourir &agrave; soi-m&ecirc;me.&nbsp;</p> <p>La crainte de Dieu comme don de l'Esprit n'est pas tant une peur que l'&eacute;merveillement de la cr&eacute;ature face &agrave; son cr&eacute;ateur : la cr&eacute;ature vit alors pleinement la solitude originelle. Dieu, par piti&eacute; pour nous (pour laisser &agrave; notre libert&eacute; le temps de renoncer au p&eacute;ch&eacute; pour le choisir pleinement), ne se montre que voil&eacute; (par une nu&eacute;e, par exemple, dans l'Exode ou lors de la transfiguration, ou de dos pour Mo&iuml;se). A l'homme moderne il se montre <em>sous le voile de la foi et des sacrements</em>.&nbsp;</p> <p>Cependant, dans le Christ, nous sommes appel&eacute;s &agrave; voir la Gloire de Dieu &quot;sans voile&quot;, nous dit Saint-Paul, et &agrave; la refl&eacute;ter en nous laissant conformer &agrave; Dieu &quot;avec une gloire de plus en plus grande&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_lot4edf" title="2Co 3,16-18" href="#footnote2_lot4edf">2</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'Analogie sponsale - ou conjugale - dans l'Ancien Testament</h4> <p>L'analogie sponsale n'est pas une invention du nouveau testament : elle trouve, comme tout ce qui concerne le Christ, des fondations solides dans l'Ancien Testament. L'exaltation d'<em>eros</em> dans le Cantique des Cantiques est depuis longtemps lu comme l'expression de l'amour de Dieu pour Isra&euml;l ; de nombreux proph&egrave;tes (Isa&iuml;e, Os&eacute;e, Ez&eacute;chiel) parlent de l'amour de Dieu en termes nuptiaux.&nbsp;</p> <p>Jean-Paul II consacre une audience compl&egrave;te<a class="see-footnote" id="footnoteref3_16l13ew" title="TDC&nbsp;95, Audience du 22&nbsp;septembre 1982" href="#footnote3_16l13ew">3</a> au commentaire du texte d'Isa&iuml;e suivant<a class="see-footnote" id="footnoteref4_txfrymj" title="Is 54,4-8;10" href="#footnote4_txfrymj">4</a>, &agrave; la lumi&egrave;re de la lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens :</p> <blockquote><p>&nbsp;Tu oublieras la honte de ta jeunesse, tu ne penseras plus au d&eacute;shonneur d'avoir &eacute;t&eacute; abandonn&eacute;e. <strong>Ton &eacute;poux, c'est ton Cr&eacute;ateur</strong>,<em> &laquo;&nbsp;Seigneur de l'univers&nbsp;&raquo; est son nom. Ton R&eacute;dempteur, c'est le Dieu Saint d'Isra&euml;l, il se nomme &laquo;&nbsp;Dieu de toute la terre&nbsp;&raquo;</em>. Oui, comme une femme abandonn&eacute;e et d&eacute;sol&eacute;e, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu'on rejette la femme de sa jeunesse ? dit le Seigneur ton Dieu. Un moment je t'avais abandonn&eacute;e, mais dans ma grande tendresse je te rassemblerai. Ma col&egrave;re avait d&eacute;bord&eacute;, et <strong>un moment je t'avais cach&eacute; ma</strong> face. Mais dans mon amour &eacute;ternel j'ai piti&eacute; de toi, dit le Seigneur, ton R&eacute;dempteur. C'est ainsi qu'au temps de No&eacute;, j'ai jur&eacute; que les eaux ne submergeraient plus la terre. De m&ecirc;me, je jure de ne plus me mettre en col&egrave;re contre toi, et de ne plus te menacer. <strong>Quand les montagnes changeraient de place, quand les collines s'&eacute;branleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas &eacute;branl&eacute;e</strong>, a d&eacute;clar&eacute; le Seigneur, dans sa tendresse pour toi.</p></blockquote> <p>Ces mots, dit le Pape, &quot;d&eacute;bordent d'une authentique ardeur d'amour&quot;. Ils sont &quot;peut-&ecirc;tre la plus puissante 'd&eacute;claration d'amour' de Dieu, associ&eacute;e &agrave; un serment de fid&eacute;lit&eacute; pour toujours&quot;. Ils indiquent que &quot;la nature de l'amour de Dieu pour Isra&euml;l est le don&quot;.&nbsp;</p> <p>Rappelons-nous que l'initiatve d'amour de Dieu comme &Eacute;poux et la r&eacute;ponse d'Isra&euml;l comme &Eacute;pouse sont essentiels &agrave; notre compr&eacute;hension de ce que signifient &ecirc;tre &eacute;poux et &ecirc;tre &eacute;pouse. En ce sens, le Pape dit que la femme est l'arch&eacute;type de l'humanit&eacute; enti&egrave;re, au sens o&ugrave; elle est appel&eacute;e &agrave; recevoir le don de son mari. Cela ne signifie pas qu'elle n'en soit jamais l'initiatirice, mais autant sa physiologie que sa personnalit&eacute; l'appelle plus particuli&egrave;rement &agrave; recevoir le don (&agrave; condition qu'il soit sinc&egrave;re !) : le fait que les hommes demandent le plus souvent les femmes en mariage n'est pas qu'une convention sociale. Toutefois, d&egrave;s que le don n'est pas sinc&egrave;re (ou dans le cas du don divin, d&egrave;s qu'il n'est pas per&ccedil;u comme tel), l'initiation masculine est per&ccedil;u - de mani&egrave;re compr&eacute;hensible - comme une menace et la femme refuse - de mani&egrave;re compr&eacute;hensible - de le recevoir.</p> <p>En comparant le texte d'Isa&iuml;e &agrave; la lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens, on voit que Saint-Paul exprime l'amour de Dieu avec des termes - <em>trinitaires, christologiques ou eschatologiques </em>- qu'Isa&iuml;e ne pouvait consciemment prononcer. Toutefois, Isa&iuml;e mentionne clairement le Dieu Cr&eacute;ateur, &Eacute;poux et R&eacute;dempteur : Saint Paul parle du P&egrave;re Cr&eacute;ateur et du Christ &quot;&Eacute;poux et R&eacute;dempteur&quot;.&nbsp;</p> <p>L'analogie sponsale nous permet d'entrer dans une connaissance de Dieu <em>jusqu'&agrave; un certain point </em>: elle n'&eacute;puise pas le myst&egrave;re de Dieu qui la transcende... par exemple l'amour de Dieu est &eacute;galement paternel.&nbsp;De plus, le don de Dieu est <em>total</em> dans la mesure o&ugrave; il est radical, mais pas au sens o&ugrave; la totalit&eacute; de la nature divine se communiquerait : cette qualit&eacute; du don ne se vit qu'au sein de la Trinit&eacute;. Toutefois, nous participons r&eacute;ellement par le don de Dieu &agrave; la <em>nature divine</em><a class="see-footnote" id="footnoteref5_mb2a03u" title="cf. 2P 1,4" href="#footnote5_mb2a03u">5</a>. C'est ce que dit la pri&egrave;re eucharistique : &quot;<em>pour nous faire partager la divinit&eacute; de celui qui a pris notre humanit&eacute;</em>&quot;. L'union de ces deux signes - l'amour humain et l'amour divin - dans un seul <em>grand sacrement</em> est une d&eacute;couverte dont le m&eacute;rite doit &ecirc;tre attribu&eacute; &agrave; Saint-Paul.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le mariage, sacrement primordial</h4> <p>&quot;La lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens&quot;, nous dit le Pape, &quot;nous am&egrave;ne &agrave; envisager l'&eacute;tat de l'homme avant le p&eacute;ch&eacute; originel dans l'optique du myst&egrave;re cach&eacute; en Dieu de tout &eacute;ternit&eacute;&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_bljm25g" title="Ep 3,9" href="#footnote6_bljm25g">6</a>. Selon ce myst&egrave;re, Dieu nous a choisis dans le Christ <em>non seulement apr&egrave;s que nous ayions p&eacute;ch&eacute; </em> et pour nous racheter du p&eacute;ch&eacute; : il nous a choisis dans le Christ <em>avant la cr&eacute;ation du monde</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_69lw4yl" title="Ep 1,4" href="#footnote7_69lw4yl">7</a>. Cela signifie, dit Jean-Paul II, qu'<em>avant le p&eacute;ch&eacute;, l'homme portait dans son &acirc;me le fruit de l'&eacute;lection &eacute;ternelle dans le Christ</em>. En ce sens, le corps, d&egrave;s le commencement &eacute;tait signe du plan d'amour de Dieu, plan de cr&eacute;ation et de communion, et du myst&egrave;re de Dieu : l'union des corps dans le mariage &eacute;tait <em>sacrement primordial</em> du myst&egrave;re de Dieu.</p> <p>La formule de la liturgie de pascale &quot;<em>bienheureuse faute qui nous a valu un si grand sauveur</em>&quot; peut entra&icirc;ner des interpr&eacute;tations erron&eacute;es, comme si le p&eacute;ch&eacute; avait pour cons&eacute;quence notre &eacute;lection dans le Christ.. et en devenait m&ecirc;me une bonne chose... Non ! Nous &eacute;tions destin&eacute;s avant le p&eacute;ch&eacute; &agrave; vivre en <em>communion </em>avec le Christ. La r&eacute;demption va bien au-del&agrave; du pardon des p&eacute;ch&eacute;s. <br /> En ce sens, l'Incarnation n'est pas un &quot;plan B&quot; de Dieu pour corriger un plan A dont le p&eacute;ch&eacute; aurait montr&eacute; l'imperfection.&nbsp;Le p&eacute;ch&eacute; implique certes que la r&eacute;alisation de ce plan passe par une d&eacute;viation, mais ce n'est pas une voie sans issue. Le p&eacute;ch&eacute; n'est pas plus fort que le plan de Dieu de nous unir au Christ : la seule chose qui rend la faute <em>bienheureuse</em> est que Dieu a choisi de ne pas s'y arr&ecirc;ter. En col&egrave;re face au p&eacute;ch&eacute;, il a continu&eacute; d'aimer le p&eacute;cheur et d&eacute;cid&eacute; de ne pas le condamner, mais de le sauver et - entre-temps- de lui laisser sa libert&eacute; par le voile de la foi.</p> <h5>Le sacrement de la cr&eacute;ation</h5> <p>Le pardon des p&eacute;ch&eacute;s n'est qu'une des gr&acirc;ces dont il nous a combl&eacute;s<a class="see-footnote" id="footnoteref8_u39fpex" title="cf. Ep 1" href="#footnote8_u39fpex">8</a>. Le Christ est depuis toujours &quot;<em>le centre de l'univers et de l'histoire</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref9_dq7qryq" title="Redemptoris Hominis, 1" href="#footnote9_dq7qryq">9</a>. C'est sa volont&eacute; de faire de nous des <em>personnes</em> cr&eacute;&eacute;es pour aimer librement qui fait de nous le sommet de la cr&eacute;ation.</p> <p>Lorsque Jean-Paul II&nbsp;parle de <em>sacrement de la cr&eacute;ation</em>, il indique que la cr&eacute;ation tout enti&egrave;re est signe du myst&egrave;re de Dieu : comme le dit le psalmiste, &quot;<em>les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament annonce l'oeuvre de ses mains</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref10_qpcs3m6" title="Ps 19(18)" href="#footnote10_qpcs3m6">10</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le mariage, support de la r&eacute;demption</h4> <p>L'id&eacute;e que le mariage pointe d&egrave;s le commencement vers ce plan &eacute;ternel de Dieu est noble, mais para&icirc;t un peu d&eacute;connect&eacute;e de la r&eacute;alit&eacute; pour un certain nombre de couples. L'id&eacute;e m&ecirc;me que les p&eacute;ch&eacute;s puissent &ecirc;tre pardonn&eacute;s de mani&egrave;re effective et <em>sensible aujourd'hui</em> est inconcevable pour les pharisiens qui n'imaginent qu'un pardon th&eacute;orique...&nbsp;et J&eacute;sus r&eacute;pond en disant au paralytique &quot;prends ton grabat et marche&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref11_sgcofna" title="Mc 2,1-12" href="#footnote11_sgcofna">11</a>... notre probl&egrave;me est que nous avons peu de foi en une r&eacute;demption.&nbsp;</p> <p>Mais les maris et les femmes qui ont &eacute;t&eacute; lib&eacute;r&eacute;s du d&eacute;mon de la concupiscence font l'exp&eacute;rience concr&egrave;te et quotidienne de retrouver, progressivement, le sens de leur mariage comme signe de l'amour de Dieu. De quelle mani&egrave;re&nbsp; ?</p> <h5>Choisir et &ecirc;tre choisi</h5> <p>Tout d'abord, nous red&eacute;couvrons que nous sommes <em>capables de choisir </em>et <em>dignes d'&ecirc;tre choisis</em>. Adam a d&eacute;couvert sa libert&eacute; en nommant les animaux et sa dignit&eacute; en se reconnaissant singulier dans toute la cr&eacute;ation : Dieu a voulu Adam et &Egrave;ve pour eux-m&ecirc;mes et les a laiss&eacute;s libre de Le choisir.&nbsp;</p> <p>En d&eacute;couvrant que sa femme est une personne, un <em>sujet</em> qui nul ne peut s'approprier, le mari d&eacute;couvre qu'il ne peut forcer son amour : il ne peut que se donner dans l'espoir qu'elle r&eacute;pondra au don qu'il a initi&eacute;.&nbsp;Libre de la concupiscence, l'union des &eacute;poux est un <em>choix</em> mutuel : choix fait <em>pour </em>le bien de l'<em>autre</em> et <em>&agrave; cause </em> du bien qu'est l'autre (et, bien s&ucirc;r, pour le bonheur d'aimer et de se savoir aim&eacute;).&nbsp;</p> <p>Quand bien m&ecirc;me notre vie peut &ecirc;tre obscurcie par le p&eacute;ch&eacute;, il reste en chacun de nous une &eacute;tincelle de notre commencement, un d&eacute;sir de &quot;plus&quot; que ce que cette vie peut nous offrir, l'Amour qui satisfait vraiment. La profusion de films, livres etc.&nbsp;qui parlent de ce &quot;plus&quot; en est un signe &eacute;vident<a class="see-footnote" id="footnoteref12_9blt5kz" title="Gaudium et Spes, 49 : Beaucoup de nos contemporains exaltent aussi l'amour authentique entre mari et femme, manifest&eacute; de diff&eacute;rentes mani&egrave;res, selon les saines coutumes des peuples et des &acirc;ges." href="#footnote12_9blt5kz">12</a>. L'amour v&eacute;cu dans la v&eacute;rit&eacute; au sein du couple est certainement bon, car Dieu a voulu en faire le signe de l'Amour &eacute;ternel qu'il a pour nous, mais il n'en est que le signe.&nbsp;</p> <p>Tout l'enjeu du combat spirituel est l&agrave; : entre <em>&ecirc;tre choisi </em>et <em>s'approprier</em> ; entre le <em>signe</em> et la <em>contrefa&ccedil;on</em> de l'amour, entre <em>ic&ocirc;ne</em> et <em>idole</em>. Le p&eacute;ch&eacute; originel, en d&eacute;truisant en nous la confiance dans le don de Dieu de la cr&eacute;ation, a d&eacute;grad&eacute; le mariage comme <em>sacrement de la cr&eacute;ation</em>.</p> <h5>Du sacrement de la cr&eacute;ation au sacrement de la r&eacute;demption</h5> <p>Nous l'avons montr&eacute;, il y a une continuit&eacute; entre la cr&eacute;ation, dans le don de la Vie et l'appel &agrave; partager &agrave; la vie divine, et la r&eacute;demption, dans le don du Christ avec la restauration de notre capacit&eacute; &agrave; choisir cette vie.</p> <p>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, Saint-Paul en associant le don r&eacute;ciproque des &eacute;poux &agrave; la relation entre le Christ et l'&Eacute;glise, ne fait pas une simple m&eacute;taphore : il met en lumi&egrave;re le fait que le Christ <em>re-cr&eacute;e </em>le mariage, c'est &agrave; dire qu'il lui restitue sa capacit&eacute; &agrave; &ecirc;tre signe efficace de l'amour de Dieu. Le mariage n'est plus sacrement de la cr&eacute;ation, mais aussi <em>sacrement de la r&eacute;demption</em>.</p> <p>Il ne c&eacute;l&egrave;bre plus seulement Dieu qui choisit de nous faire tels que nous sommes mais Dieu qui nous aime malgr&eacute; notre infid&eacute;lit&eacute;. Sans que cela change quoique ce soit &agrave; l'amour dont le P&egrave;re nous a combl&eacute; <em>d&egrave;s le commencement</em>, la conscience que nous en avons s'en trouve notablement am&eacute;lior&eacute;e...&nbsp;&quot;<em>Bienheureuse faute..</em>&quot;</p> <h5>L'&Eacute;glise comme l'&eacute;pouse ach&egrave;ve le sacrement</h5> <p>L'&Eacute;glise, en r&eacute;pondant au don de Dieu et en se donnant &agrave; lui en retour, vient achever le sacrement initi&eacute; et constitu&eacute; du don de Dieu, de la m&ecirc;me mani&egrave;re que la femme en acceptant le don de son mari et en y r&eacute;pondant accomplit le sacrement du mariage (o&ugrave; l'&Eacute;glise reconna&icirc;t qu'elle a un r&ocirc;le secondaire puisque ce sont les <em>&eacute;poux</em> qui se donnent le sacrement, que l'&Eacute;glise <em>c&eacute;l&egrave;bre</em>). Dieu a voulu notre coop&eacute;ration active dans l'action de sa gr&acirc;ce que ce soit individuellement ou en tant qu'&Eacute;glise.&nbsp;</p> <p>L'&Eacute;glise ne peut rien par elle-m&ecirc;me : elle va &quot;puiser dans le sacrement de la r&eacute;demption toute sa f&eacute;condit&eacute; et sa maternit&eacute; spirituelle&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref13_jolm6i5" title="cf. TDC&nbsp;99,8" href="#footnote13_jolm6i5">13</a>.&nbsp;Dans chacun des sacrements, elle prie Dieu d'agir (&quot;<em>Que ton Esprit</em> <em>sanctifie</em>... &quot; pour l'Eucharistie, &quot;<em>Que Dieu lui-m&ecirc;me ach&egrave;ve en toi ce qu'il a commenc&eacute;</em>&quot; dans le sacrement de l'ordre) et a foi dans le fait qu'il agit <em>effectivement</em>.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <h5>Sur l'admission aux sacrements</h5> <p>On le voit, le symbolique est au coeur de notre vie, car il rend visible une r&eacute;alit&eacute; invisible.&nbsp;Nous avons ceci de particulier que nous sommes (malheureusement) capables de poser tel ou tel geste alors que notre coeur est diam&eacute;tralement oppos&eacute; &agrave; leur signification profonde. Par exemple, confesser tel ou tel acte que l'on revendique par ailleurs revient &agrave; agir exactement comme les pharisiens, &agrave; honorer Dieu des l&egrave;vres en lui fermant son coeur.</p> <p>Avec l'habitude, nous en venons &agrave; d&eacute;naturer le symbole, qui ne signifie plus pour nous ce qu'il est suppos&eacute; signifier, et nous nous fermons ainsi &agrave; la possibilit&eacute; de conna&icirc;tre l'amour que Dieu a pour nous. L'&Eacute;glise, en refusant l'acc&egrave;s aux sacrements aux personnes dans certains &eacute;tats de vie, ne se pose pas comme une institution qui voudrait leur barrer l'acc&egrave;s &agrave; Dieu (quand bien m&ecirc;me elle le voudrait, elle n'en aurait pas le pouvoir) ; elle ne se fait pas non plus juge (au-del&agrave; de tel niveau de p&eacute;ch&eacute;, plus de communion !)...&nbsp;mais elle veut indiquer clairement &agrave; ces personnes que leur coeur n'est pas dispos&eacute; &agrave; recevoir le Christ.. qui ne cesse de s'offrir !</p> <p>Un cardinal<a class="see-footnote" id="footnoteref14_n8k6mnn" title="Mgr Barbarin, archev&ecirc;que de Lyon" href="#footnote14_n8k6mnn">14</a> disait un jour que nous devrions tous arriver &agrave; l'eucharistie comme des mendiants, comme des assoiff&eacute;s de Dieu. La phrase &quot;<em>je ne suis pas digne de vous recevoir</em>&quot; n'est pas une formalit&eacute; (m&ecirc;me 25 min apr&egrave;s avoir re&ccedil;u le pardon de nos p&eacute;ch&eacute;s), &quot;<em>mais dis seulement une parole et je serai gu&eacute;ri&quot;</em> : nous pensons trop souvent qu'il s'agit de magie...&nbsp;nous serons gu&eacute;ris <em>si nos coeurs sont pr&ecirc;ts &agrave; accueillir cette parole</em>. Avez-vous d&eacute;j&agrave; essay&eacute; d'&eacute;couter quelqu'un en mettant des bouchons d'oreille dans une bo&icirc;te de nuit ?&nbsp;</p> </div> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_x9bubsy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_x9bubsy">1.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ex%203:6&amp;version=LSG">Ex 3,6</a> : <em>Mo&iuml;se se cacha le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu</em> avec raison puisqu'en Ex 33,20, Dieu r&eacute;pond <em>Personne ne peut me voir sans mourir </em>&agrave; Mo&iuml;se qui lui demande de contempler sa gloire. </li> <li class="footnote" id="footnote2_lot4edf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_lot4edf">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2Co%203:16-18&amp;version=LSG">2Co 3,16-18</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_16l13ew"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_16l13ew">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-095-amour-conjugal-alliance-dans-la-tradition-prophetes">TDC&nbsp;95</a>, Audience du 22&nbsp;septembre 1982</li> <li class="footnote" id="footnote4_txfrymj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_txfrymj">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Is%2054:4-8;10&amp;version=LSG">Is 54,4-8;10</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_mb2a03u"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_mb2a03u">5.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2P%201:4&amp;version=LSG">2P 1,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_bljm25g"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_bljm25g">6.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%203:9&amp;version=LSG">Ep 3,9</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_69lw4yl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_69lw4yl">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%201:4&amp;version=LSG">Ep 1,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_u39fpex"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_u39fpex">8.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%201:3-14&amp;version=LSG">Ep 1</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_dq7qryq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_dq7qryq">9.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_04031979_redemptor-hominis_fr.html">Redemptoris Hominis</a>, 1</li> <li class="footnote" id="footnote10_qpcs3m6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_qpcs3m6">10.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ps%2019&amp;version=LSG">Ps 19(18)</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_sgcofna"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_sgcofna">11.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mc%202:1-12&amp;version=LSG">Mc 2,1-12</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_9blt5kz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_9blt5kz">12.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 49 : <em>Beaucoup de nos contemporains exaltent aussi l'amour authentique entre mari et femme, manifest&eacute; de diff&eacute;rentes mani&egrave;res, selon les saines coutumes des peuples et des &acirc;ges.</em></li> <li class="footnote" id="footnote13_jolm6i5"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_jolm6i5">13.</a> cf. <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-099-mariage-partie-integrante-de-la-nouvelle-economie-sacramentelle">TDC&nbsp;99,8</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_n8k6mnn"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_n8k6mnn">14.</a> Mgr Barbarin, archev&ecirc;que de Lyon</li> </ul> Fri, 28 Aug 2009 10:24:37 +0000 Incarnare 40 at http://www.theologieducorps.fr Sacrement et "Rédemption du Corps" http://www.theologieducorps.fr/tdc/sacrement-redemption-du-corps <p>Laiss&eacute;s &agrave; nous-m&ecirc;mes, la Th&eacute;ologie du Corps &quot;peut sembler une exigence irr&eacute;alisable. Pourtant J&eacute;sus n&rsquo;a pas charg&eacute; les &eacute;poux d&rsquo;un fardeau impossible &agrave; porter et trop lourd [...] plus pesant que la Loi de Mo&iuml;se. En venant r&eacute;tablir l&rsquo;ordre initial de la cr&eacute;ation perturb&eacute; par le p&eacute;ch&eacute;, il donne lui-m&ecirc;me la force et la gr&acirc;ce pour vivre le mariage dans la dimension nouvelle du R&egrave;gne de Dieu&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_f1jy8lc" title="CEC 1615" href="#footnote1_f1jy8lc">1</a>.</p> <p>Le Christ, nous dit Jean-Paul II, qui nous parle &quot;vit toute la profondeur du myst&egrave;re divin. Mais il vit <em>&eacute;galement le myst&egrave;re humain dans toute sa profondeur</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_d1cb2ou" title="TDC&nbsp;101, 7" href="#footnote2_d1cb2ou">2</a>. J&eacute;sus nous r&eacute;v&egrave;le notre dignit&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_wzk7exj" title="juste un peu moindre qu'un dieu, nous r&eacute;v&egrave;le le Psaume 8" href="#footnote3_wzk7exj">3</a> qui a ses exigences, mais il nous donne en m&ecirc;me temps la gr&acirc;ce n&eacute;cessaire pour vivre pleinement en Fils et Filles de Dieu.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Entrer dans la r&eacute;demption</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;offre un formidable espoir : hommes et femmes ne doivent pas n&eacute;cessairement &ecirc;tre continuellement bless&eacute;s par la concupiscence qui est un pieu plant&eacute; au coeur de leur dignit&eacute; et de la communion qui existe entre eux ; la vie conjugale n'est pas un lieu d'expression de d&eacute;sirs infirmes et mutilants ! Le mariage est une invitation &agrave; entrer <em>consciemment </em>et <em>conscienscieusement</em> dans la r&eacute;demption du corps.</p> <p>Les &eacute;poux chr&eacute;tiens s'engagent &agrave; lutter pour, avec l'aide de Dieu, red&eacute;couvrir et revendiquer et vivre selon leur dignit&eacute; originelle.&nbsp;</p> <p>Trop peu de chr&eacute;tiens r&eacute;alisent qu'ils sont choisis de Dieu, qu'ils sont appel&eacute;s &agrave; entrer concr&egrave;tement, dans le quoditien de leur vie de couple, dans le myst&egrave;re d'amour divin. La n&eacute;cessit&eacute; d'une <em>nouvelle</em><a class="see-footnote" id="footnoteref4_06dn3oi" title="au sens de deuxi&egrave;me &eacute;vang&eacute;lisation" href="#footnote4_06dn3oi">4</a> &eacute;vang&eacute;lisation est criante !</p> <p>Le Christ confie &agrave; chacun de nous <em>une mission capitale : &agrave; l'homme, il confie la dignit&eacute; de la femme ; &agrave; la femme, la dignit&eacute; de l'homme</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref5_f3xls70" title="cf. TDC&nbsp;101,6" href="#footnote5_f3xls70">5</a> Vivre selon notre dignit&eacute; est un combat permanent et parfois difficile : le Christ s'adresse &agrave; notre coeur, ce lieu intime de nous-m&ecirc;me o&ugrave; combattent la concupiscence et la saintet&eacute;.</p> <p>Nous sommes appel&eacute;s, en fixant le Christ, &agrave; sortir de la barque et &agrave; marcher sur l'eau !<br /> Cela implique un risque. <strong>Le &quot;safe sex&quot; n'existe pas.&nbsp;Il est toujours risqu&eacute; d'aimer</strong>, mais ne pas le faire reviendrait &agrave; saborder la barque. Comme Pierre, le Christ nous appelle : &quot;<strong>viens </strong>!&quot;</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <h5>Entrer dans une culture de la vie</h5> <p>La premi&egrave;re &eacute;tape pour entrer dans la r&eacute;demption est de renoncer &agrave; la concupiscence. Cette &eacute;tape se vit au d&eacute;but par des victoires (au prix de luttes parfois douloureuses et sans doute de quelques d&eacute;faites qu'il nous faudra confier au Christ<a class="see-footnote" id="footnoteref6_qict9ew" title="par exemple dans le sacrement de r&eacute;conciliation" href="#footnote6_qict9ew">6</a> plut&ocirc;t que de douter de sa mis&eacute;ricorde et de son soutien) : abandon de pratiques et d'habitudes parfois tr&egrave;s ancr&eacute;es qui cr&eacute;ent une vision d&eacute;personnalis&eacute;e de la sexualit&eacute;, et conduisent &agrave; consid&eacute;rer le conjoint comme un objet plut&ocirc;t que comme un sujet.</p> <p>Les tentations perdurent mais, avec le temps qui passent, ont de moins en moins de prises.&nbsp;Notre vie est comme un ch&acirc;teau fort qui se b&acirc;tit alors que l'ennemi attaque sans cesse. Si nous parvenons &agrave; monter les murailles en pla&ccedil;ant le Christ au centre et l'ennemi &agrave; l'ext&eacute;rieur, la bataille est gagn&eacute;e. Veillons &agrave; ne pas saboter de l'int&eacute;rieur les fondations de notre propre vie.</p> <p>Une fois que nous avons bout&eacute; l'ennemi hors des murs, il nous faut laisser le Christ restaurer en nous cet <em>&eacute;merveillement du commencement </em>face &agrave; notre femme (de notre mari, pour les femmes).&nbsp;Pour cela, prions sans cesse afin qu'Il nous donne de voir sa beaut&eacute; profonde, <em>tous les merveilles que Dieu a mises en elle</em>. Il s'agit pour nous de prendre conscience que nous avons un donjon (deux en fait, notre propre dignit&eacute; et celle de notre &eacute;pouse) dont la beaut&eacute; vaut la peine d'&ecirc;tre d&eacute;fendue, quelle que soit la s&eacute;duction du donjon d'&agrave; c&ocirc;t&eacute;.&nbsp;</p> <p>Nous en venons &agrave; r&eacute;aliser que ce qui fait la beaut&eacute; de ce donjon, ce sont ces fondations qui nous indiquent clairement le g&eacute;nie de son <em>fondateur</em>. D'ailleurs, un certain nombre de choses, comme les herses et les pont-levis, qui nous paraissaient inutiles voire pesantes lorsque nous n'habitions pas vraiment le donjon (et que nous avions tendance &agrave; reprocher au fondateur), sont maintenant essentielles, car elles permettent de sortir de soi sans porter atteinte &agrave; notre int&eacute;grit&eacute;. Ce sont un certain nombre de principes moraux (<em>&eacute;thique</em>) qui viennent comme contrefort de nos murailles (<em>ethos</em>).&nbsp;</p> <p>Lorsque nous d&eacute;cidons que notre fondateur vaut bien que nous hissions son &eacute;tendard en haut du donjon, nous r&eacute;alisons alors que beaucoup d'autres ch&acirc;teaux portent la marque du g&eacute;nie de notre fondateur : certains sont d&eacute;labr&eacute;s comme nous l'&eacute;tions, d'autres non..&nbsp;mais en tous cette &eacute;tincelle d'amour est maintenant &eacute;vidente. Retrouver ce sens de la dignit&eacute; de chaque personne est un processus long...&nbsp;M&egrave;re T&eacute;r&eacute;sa, &agrave; qui on demandait comment elle avait pu soigner tant de malades au cours de sa vie, disait &agrave; peur pr&egrave;s ceci, qu'elle avait pris soin d'un, puis d'un autre, puis d'un autre...</p> <p>Pour b&acirc;tir son ch&acirc;teau, mieux vaut privil&eacute;gier un terrain stable, &quot;b&acirc;tir sur le roc&quot;, nous dit la Bible. J&eacute;sus est le rocher, la seule fondation stable de notre ch&acirc;teau. Il peut &ecirc;tre tentant d'appuyer toute notre vie, tous nos d&eacute;sirs, sur notre femme, mais elle n'est pas b&acirc;tie pour porter un tel poids.&nbsp;</p> </div> <p>&nbsp;</p> <h4>Trouver un bonheur durable</h4> <p>&quot;Mieux vaut se marier que br&ucirc;ler de d&eacute;sir&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref7_zthljrh" title="1Co 7,9" href="#footnote7_zthljrh">7</a> affirme Paul.&nbsp;Cependant, nous interpr&eacute;tons souvent cette phrase avec un regard entach&eacute; de concupiscence : &agrave; nos yeux, Saint-Paul l&eacute;gitime ici le mariage comme lieu d'expression de la concupiscence, de la convoitise non contr&ocirc;l&eacute;e.&nbsp;</p> <p>Saint-Paul, au contraire, affirme au contraire ici que le <strong><em>mariage v&eacute;cu &agrave; fond et de mani&egrave;re authentique rend plus heureux que la concupiscence</em></strong><em> !!</em> Nous avons en face de nous le banquet ou les restes avari&eacute;s de l'orgie : qu'allons-nous pr&eacute;f&eacute;rer ?&nbsp;&quot;<em>J'ai mis devant vous la vie et la mort</em><a class="see-footnote" id="footnoteref8_nernau2" title="Dt 30,15" href="#footnote8_nernau2">8</a>&quot; dit le Seigneur&nbsp; - et de nous exhorter : <em>choisissez la vie !!</em></p> <p>Redisons-le avec force : la vie dans l'Esprit n'est pas un rejet du corps mais une in-spiration de la chair. Enfon&ccedil;ons le clou : si l'union sexuelle entre l'homme et la femme signifie l'union &agrave; venir avec Dieu, le plaisir sexuel lui-m&ecirc;me devient participation &agrave; la joie d'aimer comme Dieu aime. Alors on trouve l'<strong>Amour qui satisfait </strong>vraiment, l'eau qui d&eacute;salt&egrave;re.</p> <p>Jean-Paul II l'affirme : si l'union sexuelle est ancr&eacute;e dans le Saint-Esprit, alors elle n'est pas ferm&eacute;e sur elle-m&ecirc;me mais pouss&eacute;e par l'Esprit - qui est Seigneur et qui donne la Vie - elle s'ouvre avec confiance sur la possibilit&eacute; d'&ecirc;tre <em>b&eacute;nie</em> par le don de la procr&eacute;ation<a class="see-footnote" id="footnoteref9_40a02xk" title="TDC&nbsp;102,6" href="#footnote9_40a02xk">9</a>.</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>L'Eglise reconna&icirc;t qu'il peut &ecirc;tre sous certaines conditions valide de repousser provisoirement l'expression de cette f&eacute;condit&eacute; du don.&nbsp;Toutefois une opposition totale et d&eacute;finitive &agrave; ce don fait courir des risques aux &eacute;poux.</p> <p>Le premier est de confondre ma&icirc;trise de soi et domination de son corps ; le second est, en refusant de s'ouvrir sur l'ext&eacute;rieur, de transformer l'ic&ocirc;ne qu'est le couple en idole en refusant de ne pas &ecirc;tre l'ultime satisfaction de notre conjoint ; le troisi&egrave;me, qui concerne plus pr&eacute;cis&eacute;ment la contraception, est de perdre ce respect du rythme naturel de chacun et de l'&eacute;coute &agrave; laquelle ouvre la diff&eacute;rence de tempo des deux sexes ; le dernier est de s'imaginer un droit &agrave; l'enfant, droit &agrave; le refuser d'abord pour l'exiger ensuite : en confondant le d&eacute;sir d'enfant et l'enfant nous perdons de vue la dignit&eacute; propre de chacun, qui vient du fait qu'il ou elle est voulu(e) par Dieu.</p> <p>Voici quelques raisons qui la poussent &agrave; affirmer qu'un bonheur durable se construit mieux dans l'ouverture totale au don de Dieu, y compris dans la f&eacute;condit&eacute;.&nbsp;</p> </div> <p class="rtecenter">&nbsp;</p> <p class="rtecenter"><strong>Psaume 19</strong><em> <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Les <strong>cieux racontent la gloire </strong>de Dieu, <br /> et le firmament annonce l'oeuvre de ses mains. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Le jour crie au jour la louange, <br /> la nuit l'apprend &agrave; la nuit. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Ce n'est <strong>pas un langage</strong>, <br /> ce ne sont pas des paroles; <br /> dont la voix ne soit pas entendue. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Leur son parcourt toute la terre, <br /> leurs accents vont jusqu'aux extr&eacute;mit&eacute;s du monde. <br /> C'est l&agrave; qu'il a dress&eacute; une tente pour le soleil. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Et lui, semblable &agrave; l'<strong>&eacute;poux qui sort de la chambre nuptiale</strong>, <br /> s'&eacute;lance joyeux, comme un h&eacute;ros, pour fournir sa carri&egrave;re. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Il part d'une extr&eacute;mit&eacute; du ciel, <br /> et sa course s'ach&egrave;ve &agrave; l'autre extr&eacute;mit&eacute;: <br /> rien ne se d&eacute;robe &agrave; sa carri&egrave;re. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>La loi de Yahweh est parfaite: <strong>elle restaure l'&acirc;me</strong>. <br /> Le t&eacute;moignage de Yahweh est sur: il donne la <strong>sagesse aux simples</strong>. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Les ordonnances de Yahweh sont droites <strong>elles r&eacute;jouissent les coeurs</strong>. <br /> Le pr&eacute;cepte de Yahweh est pur: <strong>il &eacute;claire les yeux</strong>. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>La crainte de Yahweh est sainte: elle subsiste &agrave; jamais. <br /> Les d&eacute;crets de Yahweh sont vrais: <strong>ils sont tous justes</strong>. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Ils sont <strong>plus pr&eacute;cieux que l'or</strong>, que beaucoup d'or fin; <br /> plus doux que le miel, que celui qui coule des rayons. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Ton serviteur <strong>aussi est &eacute;clair&eacute; par eux</strong>; <br /> grande r&eacute;compense &agrave; qui les observe. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Qui connait ses &eacute;garements? <br /> Pardonne-moi ceux que j'ignore! <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Pr&eacute;serve aussi ton serviteur des orgueilleux; <br /> qu'ils ne dominent point sur moi! <br /> Alors je serai parfait et je serai pur de grands p&eacute;ch&eacute;s. <br /> </em></p> <p class="rtecenter"><em>Accueilie avec faveur les paroles de ma bouche, <br /> et les sentiments de mon coeur, devant toi, <br /> Yahweh, mon <strong>rocher et mon lib&eacute;rateur!</strong> </em></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_f1jy8lc"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_f1jy8lc">1.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4V.HTM">CEC 1615</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_d1cb2ou"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_d1cb2ou">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-101-la-sacramentalite-du-mariage-la-lumiere-de-levangile#7">TDC&nbsp;101, 7</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_wzk7exj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_wzk7exj">3.</a> juste <em>un peu moindre qu'un dieu</em>, nous r&eacute;v&egrave;le le Psaume 8</li> <li class="footnote" id="footnote4_06dn3oi"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_06dn3oi">4.</a> au sens de deuxi&egrave;me &eacute;vang&eacute;lisation</li> <li class="footnote" id="footnote5_f3xls70"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_f3xls70">5.</a> cf. <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-101-la-sacramentalite-du-mariage-la-lumiere-de-levangile#6">TDC&nbsp;101,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_qict9ew"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_qict9ew">6.</a> par exemple dans le sacrement de r&eacute;conciliation</li> <li class="footnote" id="footnote7_zthljrh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_zthljrh">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:9&amp;version=LSG">1Co 7,9</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_nernau2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_nernau2">8.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Dt%2030:15&amp;version=LSG">Dt 30,15</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_40a02xk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_40a02xk">9.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-102-mariage-sacrement-saccomplit-en-perspective-de-lesperance-eschatologique#6">TDC&nbsp;102,6</a></li> </ul> http://www.theologieducorps.fr/tdc/sacrement-redemption-du-corps#comments bonheur concupiscence contraception eschatologie icône ou idole rédemption rédemption du corps Fri, 28 Aug 2009 10:25:20 +0000 Incarnare 41 at http://www.theologieducorps.fr Le Langage du Corps http://www.theologieducorps.fr/tdc/langage-du-corps <h4>Le mariage, promesse incarn&eacute;e</h4> <p>&quot;<em>Le corps, dit Jean-Paul II</em><a class="see-footnote" id="footnoteref1_ktk23ml" title="TDC&nbsp;110,1" href="#footnote1_ktk23ml">1</a>, <em>parle un langage d&eacute;pourvu de mots</em>&quot;. Ce n'est pas tant nous qui parlons ce langage avec nos corps que nos corps qui parlent pour nous. Les v&eacute;rit&eacute;s les plus profondes de notre &ecirc;tre ne s'expriment pas sans le corps. Le divorce entre les langages de l'esprit et du corps en <em>dissolvant l'unit&eacute; personnelle de l'&acirc;me et du corps, atteint la cr&eacute;ation de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne</em><a class="see-footnote" id="footnoteref2_1r8pbf3" title="Familiaris Consortio, 32" href="#footnote2_1r8pbf3">2</a>.</p> <h5>Consentement ou consommation ?</h5> <p>&quot;<em>Je te re&ccedil;ois comme &eacute;poux et je me donne &agrave; toi...</em>&quot;&nbsp; ces mots semblent accomplir la r&eacute;alit&eacute; qu'ils expriment<a class="see-footnote" id="footnoteref3_kxay3rb" title="Notez que, dans le mariage civil, on &quot;prend pour &eacute;poux/&eacute;pouse&quot; tandis que dans le mariage catholique, on se re&ccedil;oit et on se donne comme &eacute;poux/&eacute;pouse..." href="#footnote3_kxay3rb">3</a> Depuis longtemps, les th&eacute;ologiens s'interrogent pour d&eacute;terminer si c'est l'&eacute;change des consentements qui constitue le mariage ou si c'est l'union sexuelle des &eacute;poux. Les oppositions sont tranch&eacute;es car les cons&eacute;quences th&eacute;ologiques sont importantes : si c'est l'union sexuelle, comment consid&eacute;rer le mariage de Joseph et Marie ?<a class="see-footnote" id="footnoteref4_4c4xc4w" title="Quelques &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;ponse ici" href="#footnote4_4c4xc4w">4</a></p> <p>Jean-Paul II d&eacute;clare que l'&eacute;change des consentements est l'expression de l'intentionnalit&eacute; au niveau de l'intelligence, de la volont&eacute;, de la conscience et du coeur de la r&eacute;alit&eacute; spirituelle de l'amour, du don et de la fid&eacute;lit&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_5q8ebh7" title="cf.&nbsp;TDC&nbsp;104, Audience du 5&nbsp;janvier 1983" href="#footnote5_5q8ebh7">5</a>. Cependant cette expression n'est compl&egrave;te sans l'union des corps, par laquelle les mots <em>prennent chair</em>. Le sacrement du mariage est constitu&eacute; par le consentement <em>dans la mesure </em> o&ugrave; la &quot;r&eacute;alit&eacute;&quot; qu'ils constituent correspond &agrave; ces mots.</p> <p>Le consentement des &eacute;poux donne lieu &agrave; une interpr&eacute;tation profonde<a class="see-footnote" id="footnoteref6_5uhucfa" title="attribu&eacute;e par certains &agrave; Saint Bonaventure, sans que l'auteur du site ait pu en trouver la trace" href="#footnote6_5uhucfa">6</a> : selon celle-ci, au moment o&ugrave; les &eacute;poux s'&eacute;changent les consentements, ils entrent avec le Christ dans l'agonie au jardin.&nbsp;L&agrave;, le Christ est d&eacute;j&agrave;, par anticipation, dans le don complet de lui-m&ecirc;me &agrave; sa Fianc&eacute;e. La consommation du mariage dans l'union sexuelle est alors image de la croix, du Don total par excellence.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le corps proph&eacute;tique</h4> <p>Tandis que le reste de l'Ancien Testament t&eacute;moigne d'un Dieu Seigneur, qui domine, les proph&egrave;tes parlent de l'alliance entre Dieu et son peuple comme d'un mariage. La seigneurerie de Dieu est alors r&eacute;v&eacute;l&eacute;e comme l'amour absolu. Ainsi la rupture de l'alliance n'est pas que l'infraction &agrave; la loi de Dieu mais une trahison, une rupture de la confiance et de l'amour.<a class="see-footnote" id="footnoteref7_dk4o94c" title="cf.Malachie 2,11 ou Proverbes 2,16-17" href="#footnote7_dk4o94c">7</a>.</p> <p>Ainsi, pour Jean-Paul II&nbsp;le corps est proph&eacute;tique : &quot;un proph&egrave;te est celui qui exprime en termes humains la v&eacute;rit&eacute; qui vient de Dieu, en son nom et avec son autorit&eacute;&quot;. Ce langage est <em>subjectif</em> c'est &agrave; dire que chaque homme et femme l'exprime diff&eacute;rement, mais r&eacute;pond &agrave; une norme <em>objective</em> s'il est exprim&eacute; dans la v&eacute;rit&eacute;. L'homme auteur de son langage a la libert&eacute; de choisir <em>entre le bien et le mal</em>. Il ne peut pas <em>d&eacute;cider de ce qui est bien et de ce qui est mal</em>.</p> <p>En d'autres termes, si le corps est proph&eacute;tique, nous devons garder &agrave; l'esprit la distinction entre les vrais et faux proph&egrave;tes. Chaque langage contient en lui-m&ecirc;me la capacit&eacute; d'exprimer la v&eacute;rit&eacute; et le mensonge.&nbsp;Chacun d'entre nous peut reconna&icirc;tre qu'il est possible de mentir avec son corps : le baiser de Judas, trahison d&eacute;guis&eacute;e sous le signe de l'amour, en est l'exemple le plus frappant.</p> <p>Lors du mariage dans l'&Eacute;glise catholique, le pr&ecirc;tre demande aux &eacute;poux &quot;Etes-vous dispos&eacute;s &agrave; accueillir de mani&egrave;re responsable, avec amour, les enfants que Dieu voudra vous donner et &agrave; les &eacute;duquer selon la loi du Christ et de son Eglise?&quot; Que signifie y r&eacute;pondre oui des l&egrave;vres, mais non avec nos corps ?&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_ktk23ml"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_ktk23ml">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-110-don-mutuel-de-lhomme-de-la-femme#1">TDC&nbsp;110,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_1r8pbf3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_1r8pbf3">2.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio_fr.html">Familiaris Consortio</a>, 32</li> <li class="footnote" id="footnote3_kxay3rb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_kxay3rb">3.</a> Notez que, dans le mariage civil, on &quot;prend pour &eacute;poux/&eacute;pouse&quot; tandis que dans le mariage catholique, on se re&ccedil;oit et on se donne comme &eacute;poux/&eacute;pouse...</li> <li class="footnote" id="footnote4_4c4xc4w"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_4c4xc4w">4.</a> Quelques &eacute;l&eacute;ments de <a href="?q=node/37">r&eacute;ponse ici</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_5q8ebh7"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_5q8ebh7">5.</a> cf.&nbsp;<a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-104-sacrement-de-mariage">TDC&nbsp;104</a>, Audience du 5&nbsp;janvier 1983</li> <li class="footnote" id="footnote6_5uhucfa"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_5uhucfa">6.</a> attribu&eacute;e par certains &agrave; Saint Bonaventure, sans que l'auteur du site ait pu en trouver la trace</li> <li class="footnote" id="footnote7_dk4o94c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_dk4o94c">7.</a> cf.<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ml%202:11&amp;version=LSG">Malachie 2,11 </a>ou <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Pr%20%202:16-17&amp;version=LSG">Proverbes 2,16-17</a></li> </ul> consentement don langage du corps Fri, 28 Aug 2009 10:25:57 +0000 Incarnare 42 at http://www.theologieducorps.fr Le Cantique des Cantiques http://www.theologieducorps.fr/tdc/cantique-cantiques <p>L'amour &eacute;rotique, nous dit le Pape, tient une place particuli&egrave;re dans l'art et la culture de par l'importance et la fr&eacute;quence de ses apparitions. A ce titre, ajoute t-il, le <em>Cantique des Cantiques</em>, v&eacute;ritable c&eacute;l&eacute;bration de l'amour &eacute;rotique situ&eacute; en plein coeur de la Bible, a &quot;une signification toute particuli&egrave;re&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_1ketn8g" title="TDC&nbsp;111,4" href="#footnote1_1ketn8g">1</a>.</p> <p>Il faut reconna&icirc;tre, dit le Pape<a class="see-footnote" id="footnoteref2_p24ji2o" title="TDC&nbsp;113" href="#footnote2_p24ji2o">2</a>, la logique de ce merveilleux texte qui lib&egrave;re radicalement notre fa&ccedil;on de penser des &eacute;l&eacute;ments de manich&eacute;isme ou de consid&eacute;ration non personnaliste du corps, et qui en m&ecirc;me temps rend le langage du corps, contenu dans le signe sacramentel du mariage, plus proche de la dimension de la saintet&eacute; r&eacute;elle.</p> <p>Le fait que l'&Eacute;criture Sainte c&eacute;l&egrave;bre l'eros ne devrait pas nous surprendre : en effet, dans la mesure o&ugrave; nous sommes libres de la vision manich&eacute;enne, nous reconnaissons qu'un tel th&egrave;me &quot;contient un signe primordial et essentiel de la saintet&eacute;&quot;: le &quot;corps parle&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_j0kdtsy" title="TDC&nbsp;107,2" href="#footnote3_j0kdtsy">3</a>. Si la saintet&eacute; permet &agrave; l'homme de s'exprimer profond&eacute;ment, par son corps et plus pr&eacute;cis&eacute;ment par le don de soi, alors c'est dans nos corps que nous prenons conscience de notre appel &agrave; la saintet&eacute;.</p> <p>Le Cantique est le livre pr&eacute;f&eacute;r&eacute; de nombre de mystiques : la po&eacute;sie &eacute;rotique qu'il contient leur donne en effet un langage - certes imparfait, mais moins imparfait qui soit - pour exprimer la passion br&ucirc;lante de l'amour de Dieu.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Interpr&eacute;ter le Cantique des Cantiques</h4> <p>Bien que nous nous essayions ici &agrave; un commentaire des intuitions que Jean-Paul II&nbsp;nous a r&eacute;v&eacute;l&eacute;es sur ce livre, rappelons-nous que celui-ci ne peut &ecirc;tre lu c&eacute;r&eacute;bralement et que nous devons en quelque sorte faire de la th&eacute;ologie '&agrave; genoux', ancr&eacute;s dans la pri&egrave;re.</p> <p>&quot;<em>Tous les textes de l'&Eacute;criture sont inspir&eacute;s par Dieu ; celle-ci est utile pour enseigner, d&eacute;noncer le mal, redresser, &eacute;duquer dans la justice</em>&quot;, dit Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref4_wyz10se" title="2Tm 3,16" href="#footnote4_wyz10se">4</a>. Malheureusement, il s'est trouv&eacute; quelques eccl&eacute;siastiques pour croire que cela ne devait pas concerner le Cantique, dont la lecture a souvent &eacute;t&eacute; d&eacute;courag&eacute;e voire interdite<a class="see-footnote" id="footnoteref5_8lhyxlh" title="et en 1580, le confesseur de Sainte Th&eacute;r&egrave;se d'Avila lui aurait ordonn&eacute; de br&ucirc;ler ses Pens&eacute;es sur l'Amour de Dieu et en 1589&nbsp;l'Inquisition demande de d&eacute;truire toutes les oeuvres de celle qui deviendra patronne de l'Espagne.." href="#footnote5_8lhyxlh">5</a>.Mais il a &eacute;t&eacute; une source d'inspiration pour les grands mystiques et ses versets ont &eacute;t&eacute; repris par le liturgie de l'&Eacute;glise<a class="see-footnote" id="footnoteref6_bjorai3" title="TDC&nbsp;109,1" href="#footnote6_bjorai3">6</a>. Le Cantique des cantiques nous apprend &agrave; aimer l'amour humain avec le regard de Dieu.</p> <p>Le Cantique nous confirme que la gr&acirc;ce est une r&eacute;alit&eacute; <em>incarn&eacute;e, accessible par les sacrements</em><em>.</em> La gr&acirc;ce s'exprime non pas <em>malgr&eacute;</em> le corps, mais <em>par&nbsp;</em>lui. Pr&eacute;sentant la position de Dubarle, le Pape affirme qu'un <em>amour humain fid&egrave;le et heureux r&eacute;v&egrave;le aux hommes les qualit&eacute;s de l'amour divin</em>. <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-109-ce-cantique-cantiques-nous-apprend-sur-lamour-humain#5">D. Lys </a>note que c'est un po&egrave;me <em>&agrave; la fois sexuel et sacr&eacute;</em>.&nbsp;Enlevez le sacr&eacute; et le Cantique n'est qu'un banal po&egrave;me &eacute;rotique ; enlevez le sexuel et il n'est qu'une vague all&eacute;gorie.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>L'&eacute;merveillement du corps</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;d&eacute;crit le Cantique des Cantiques comme un long d&eacute;veloppement de l'&eacute;merveillement originel d'Adam, lorsqu'il voit la femme pour la premi&egrave;re fois<a class="see-footnote" id="footnoteref7_i0gs9rw" title="Gn 2,23-25" href="#footnote7_i0gs9rw">7</a>. Le point de d&eacute;part de cette fascination qui traverse toute le livre est la f&eacute;minit&eacute; de la fianc&eacute;e et la masculinit&eacute; du fianc&eacute;, dont l'exp&eacute;rience se fait d'abord par le regard.</p> <p>Dans le Cantique, continue le Pape, les &quot;mots, mouvements et gestes des &eacute;poux, leur comportement entier correspondent aux mouvements int&eacute;rieurs de leur coeur&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref8_sakfza6" title="TDC&nbsp;109,3" href="#footnote8_sakfza6">8</a> et leur coeur n'est qu'une flamme br&ucirc;lant d'amour.</p> <p>Cet &eacute;merveillement se manifeste par l'exp&eacute;rience du beau...&nbsp;m&ecirc;me si les m&eacute;taphores ne flatteraient sans doute aucune fianc&eacute;e aujourd'hui<a class="see-footnote" id="footnoteref9_zsax6hk" title="Ct 4,1 : Tes yeux sont des colombes, derri&egrave;re ton voile; tes cheveux comme un troupeau de ch&egrave;vres, ondulant sur les pentes du mont Galaad" href="#footnote9_zsax6hk">9</a>, leur force demeure. Lorqu'on avance dans le texte, les m&eacute;taphores se taisent pour laisser place au langage du corps, mais un langage qui dans le d&eacute;sir de la beaut&eacute; du corps r&eacute;v&egrave;le le d&eacute;sir d'une beaut&eacute; int&eacute;grale :&nbsp; &quot;<em>ouvre moi ma parfaite</em>&quot; ; &quot;<em>sans tache ni ride</em>&quot;.&nbsp;</p> <p>Si dans le cantique, le fianc&eacute; voit sa fianc&eacute;e plus avec les &quot;yeux du corps&quot; tandis qu'elle le contemple plus avec les &quot;yeux du coeur&quot;, leur rapprochement et leur union montre un &eacute;quilibre dans le d&eacute;sir mutuel.&nbsp;En ce sens, lorsque les &eacute;poux s'appellent &quot;mon fr&egrave;re&quot; et &quot;ma soeur&quot;, il ne s'agit pas ici d'inceste, mais simplement de reconna&icirc;tre l'autre en tant que personne partageant la m&ecirc;me humanit&eacute;.&nbsp;La r&eacute;ponse de l'&eacute;poux &agrave; cette fraternit&eacute; dans la diff&eacute;rence sexuelle est claire : <em>n'&eacute;veillez pas, ne r&eacute;veillez pas mon amour, avant l'heure de son bon plaisir.</em><a class="see-footnote" id="footnoteref10_stst49b" title="cf. Ct 8,4. En Ct 8,8 il accepte pleinement de voir une soeur dans sa femme" href="#footnote10_stst49b">10</a></p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Cette dimension de fraternit&eacute; dans l'amour sexuel semble plus difficile &agrave; admettre pour les hommes que pour les femmes.. Consid&eacute;rer une &quot;partenaire sexuelle&quot; potentielle comme une soeur attaque douloureusement ce que la plupart des hommes semblent chercher dans la relation sexuelle : difficile en effet pour lui d'&eacute;prouver de la convoitise pour sa soeur. <strong><em>C'est pr&eacute;cis&eacute;ment le but </em></strong>! Il devrait &eacute;galement lui &ecirc;tre difficile de convoiter sa fianc&eacute;e.</p> <p>Tenter de construire un mariage sans cette dimension de fraternit&eacute; est semblable &agrave; vouloir construire une maison sur le sable.</p> </div> <p>&nbsp;</p> <h4>La sinc&eacute;rit&eacute;, source de dignit&eacute; dans l'amour</h4> <p>La sinc&eacute;rit&eacute; de l'amour des fianc&eacute;s du Cantique leur permet de vivre leur intimit&eacute; dans la s&eacute;curit&eacute; et de la manifester sans craindre le jugement non ajust&eacute; des autres.&nbsp;Ils n'ont pas honte de leur amour car ils ont confiance dans sa puret&eacute;.&nbsp;Comme le dit la fianc&eacute;e : &quot;<em>Te rencontrant dehors, je pourrais t'embrasser, sans que les gens me m&eacute;prisent</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref11_4g4cfau" title="CT 8,1" href="#footnote11_4g4cfau">11</a>.Il ne s'agit en effet pas d'impudeur mais de puret&eacute;. De cette puret&eacute; du regard jaillit la paix du coeur&nbsp; : &quot;<em>J'ai &eacute;t&eacute; &agrave; ses yeux comme celle qui trouve la paix</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref12_erhxss4" title="Ct 8,10" href="#footnote12_erhxss4">12</a>.</p> <p>Une seconde dimension de la personne r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par le Cantique est son inviolabilit&eacute;. Jean-Paul&nbsp;II&nbsp;la commente &agrave; partir de cet extrait : &quot;<em>Elle est un jardin bien clos, ma s&oelig;ur, &ocirc; fianc&eacute;e; un jardin bien clos, une source scell&eacute;e</em>&quot;. Il ne s'agit pas de faire ici l'apologie de la claustration ou du voile, au contraire. Ces m&eacute;taphores sont des expressions de r&eacute;v&eacute;rences devant la <em>dignit&eacute; personnelle du sexe f&eacute;minin</em> : ils expriment un respect pour le myst&egrave;re du corps f&eacute;minin et - puisque le corps exprime la personne - pour la personnalit&eacute; f&eacute;minine.</p> <p><em>Seule la femme poss&egrave;de la cl&eacute; de son propre jardin</em>. Comme dit Jean-Paul II : &quot;<em>la fianc&eacute;e se pr&eacute;sente aux yeux de l'homme comme la ma&icirc;tresse de son propre myst&egrave;re</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref13_itz8czu" title="TDC&nbsp;110, 4" href="#footnote13_itz8czu">13</a>. Ainsi la communion des personnes ne peut se vivre que dans la libert&eacute; du don. Face &agrave; ce myst&egrave;re, l'homme ne force pas la porte, il frappe et initie le don : &quot;<em>J'entends mon bien-aim&eacute; qui frappe. Ouvre-moi, ma s&oelig;ur, mon amie, ma colombe, ma parfaite!</em> &quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref14_986qqob" title="Ct 5,2" href="#footnote14_986qqob">14</a>.</p> <p>Ce n'est pas sans le consentement de sa fianc&eacute;e &agrave; ouvrir sa porte que le fianc&eacute;e &quot;passe sa main par la fente&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref15_kmdds7g" title="Ct 5,4" href="#footnote15_kmdds7g">15</a>. En effet, elle sait qu'il la d&eacute;sire <em>elle</em>, dans toute sa personne, et non pas une r&eacute;duction &agrave; quelques attributs physiques. Elle ouvre donc son jardin et le <em>lui</em> donne. &quot;<em>L&egrave;ve toi vent du nord, accours vent du sud :&nbsp; soufflez sur mon jardin, que ses parfums s'&eacute;coulent ! Que mon bien-aim&eacute; entre dans </em>son <em>jardin et en go&ucirc;te les d&eacute;lices</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref16_z835o0r" title="Ct 4,16" href="#footnote16_z835o0r">16</a>.</p> <p>Lorsque l'amour est v&eacute;cu pleinement (&quot;<em>J'entends mon bien-aim&eacute; qui frappe. &quot; Ouvre-moi, ma s&oelig;ur, mon amie, ma colombe, ma parfaite!</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref17_9skgc0e" title="Ct 5,1" href="#footnote17_9skgc0e">17</a>), la joie qui en jaillit est extr&ecirc;me : le plaisir des &eacute;poux qui &eacute;prouvent un d&eacute;sir <em>saint </em>est bon, tr&egrave;s bon. Preuve en est que le Cantique n'h&eacute;site pas &agrave; le d&eacute;crire sans fard, dans toute se sensualit&eacute; : &quot;<em>Mon bien-aim&eacute; a pass&eacute; la main par la fente, et pour lui mes entrailles ont fr&eacute;mi</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref18_fzzdwuu" title="Ct 5,4" href="#footnote18_fzzdwuu">18</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <h5>Au seuil du jardin...</h5> <p>S'il faut endurer de longs combats pour laisser le Christ purifier nos d&eacute;sirs, s'il faut passer en quelque sorte par le crucifixion pour que le Christ ressuscite notre d&eacute;sir dans sa puret&eacute; originelle, les d&eacute;lices d'une sexualit&eacute; v&eacute;cue en harmonie avec la puret&eacute; du coeur en valent tant la peine !</p> <p>En parlant de l'appel de chaque chr&eacute;tien &agrave; entrer mystiquement dans ce &quot;jardin ferm&eacute;&quot;, Saint Louis Marie Grignon de Montfort dit : &quot;<em>Mais qu'il est difficile &agrave; des p&eacute;cheurs comme nous sommes d'avoir la permission et la capacit&eacute; et la lumi&egrave;re pour entrer dans un lieu si haut et si saint. [...] quelques-uns s'arr&ecirc;teront au seuil, ce sera le plus grand nombre; quelques-uns, en petit nombre, entreront mais n'y feront qu'un pas. Qui fera le second? Qui parviendra jusqu'au troisi&egrave;me? Enfin, qui est celui qui y demeurera ? Celui-l&agrave; seul, &agrave; qui l'Esprit de J&eacute;sus-Christ r&eacute;v&eacute;lera ce secret</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref19_d0xnl1r" title="St Louis de Montfort : Trait&eacute; de la vraie d&eacute;votion &agrave; la Sainte Vierge, adapt&eacute; au fran&ccedil;ais courant" href="#footnote19_d0xnl1r">19</a></p> <p>A moins de soup&ccedil;onner Louis de Montfort de gnosticisme<a class="see-footnote" id="footnoteref20_6xyutpo" title="c'est &agrave; dire de promouvoir un certain &eacute;litisme spirituel" href="#footnote20_6xyutpo">20</a> reconnaissons que le secret dont il nous parle nous est murmur&eacute; dans l'&Eacute;criture Sainte, &agrave; ceux qui ont des oreilles pour entendre, et particuli&egrave;rement dans le Cantique des Cantiques. Saint Louis de Montfort &eacute;crit en effet : &quot;<em>Heureuse et mille fois heureuse est l'&acirc;me ici-bas, &agrave; qui le Saint-Esprit r&eacute;v&egrave;le le secret de Marie pour le conna&icirc;tre; et &agrave; qui il ouvre ce </em><strong><em>jardin clos </em></strong><em>pour y entrer, et cette <strong>fontaine scell&eacute;e </strong>pour y puiser et boire &agrave; longs traits les eaux vives de la gr&acirc;ce! Cette &acirc;me ne trouvera que Dieu [...] infiniment saint et exalt&eacute;, </em><em>en m&ecirc;me temps S</em><em>'adaptant infiniment &agrave; sa faiblesse.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref21_9p779gd" title="St Louis de Montfort : Le secret de Marie, 20, adapt&eacute; au fran&ccedil;ais courant" href="#footnote21_9p779gd">21</a></p> <p>Seule la gr&acirc;ce divine nous soutient dans ce p&eacute;lerinage. Jean-Paul II &eacute;crit<a class="see-footnote" id="footnoteref22_afif58j" title="Novo Millenio Inuente, 33" href="#footnote22_afif58j">22</a> :</p> <blockquote><p>Il s'agit d'un chemin totalement soutenu par la gr&acirc;ce, qui requiert toutefois un fort engagement spirituel et qui conna&icirc;t aussi de douloureuses purifications (la &laquo; nuit obscure &raquo;), mais qui conduit, sous diverses formes possibles, &agrave; la joie indicible v&eacute;cue par les mystiques comme &laquo; union sponsale &raquo;. Comment oublier ici, parmi tant de t&eacute;moignages lumineux, la doctrine de saint Jean de la Croix et de sainte Th&eacute;r&egrave;se d'Avila? </p></blockquote> </div> <p>&nbsp;</p> <p>Remarquons que les &eacute;poux sortent de cette union grandis et non souill&eacute;s. L'&eacute;pouse est toujours inviol&eacute;e car elle reste ma&icirc;tre de son myst&egrave;re. Les &eacute;poux se donnent en s'appartenant. Jean-Paul II <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-110-don-mutuel-de-lhomme-de-la-femme#4">affirme </a>: &quot;Quand l'&eacute;pouse dit <em>Mon bien-aim&eacute; est mien</em> elle veut dire en m&ecirc;me temps <em>C'est celui &agrave; qui je me confie</em>, c'est pourquoi elle continue <em>et je suis sienne</em><a class="see-footnote" id="footnoteref23_qr6trr8" title="Ct 2,16" href="#footnote23_qr6trr8">23</a>.</p> <p>De la m&ecirc;me mani&egrave;re, notre appel &agrave; une <em>appartenance au Christ</em> n'est pas un appel &agrave; l'abolition de la personne et de sa libert&eacute; : le Christ nous respecte comme sa fianc&eacute;e. Si Dieu a un <em>plan</em> pour nous, des objectifs, il nous les fait conna&icirc;tre et nous donne la libert&eacute; de les faire n&ocirc;tres ou de les rejeter. La r&eacute;demption ne nous sera jamais <em>im</em>pos&eacute;e mais <em>pro</em>pos&eacute;e<a class="see-footnote" id="footnoteref24_5ho15dk" title="J'ai mis devant vous la vie et la mort..." href="#footnote24_5ho15dk">24</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <h5>Sensualit&eacute; et spiritualit&eacute;</h5> <p>Nous tendons &agrave; consid&eacute;rer les sens avec suspicion, car c'est par leur m&eacute;diation que nous ressentons la concupiscence, et par eux qu'elle s'exprime.&nbsp;Cepandant, rappelons-nous que c'est le coeur qui convoite, non les sens.</p> <p>Les sens &agrave; appellent &agrave; la communion. Le Cantique des Cantiques est rempli d'&eacute;vocations des sens, notamment la vue, le go&ucirc;t et l'odorat, le toucher.&nbsp;Que disent ces sens, que disent les baisers, sinon le d&eacute;sir de go&ucirc;ter l'autre, de la &quot;consommer&quot; ?&nbsp;Le Christ nous appelle : &quot;go&ucirc;tez et voyez&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref25_oszm0uj" title="cf Ps 33, 9" href="#footnote25_oszm0uj">25</a>. Cet appel est pleinement r&eacute;v&eacute;l&eacute; dans le <em>liturgie eucharistique</em> : la beaut&eacute; de la liturgie, la senteur de l'encens, l'&eacute;clat des cierges, parlent &agrave; nos sens ; plus encore, le plus grand d&eacute;sir du Christ est que nous <em>mangions sa chair et buvions son sang</em>.&nbsp;</p> <h5>Eros et agap&egrave;</h5> <p>Quelle est, dans le Cantique, la relation entre <em>eros</em> (l'amour humain, &eacute;rotique) et <em>agap&egrave;</em> (l'amour divin, sacrificiel)&nbsp;?&nbsp;Rappelons-nous qu'eros n'est pas l'amour corrompu par le p&eacute;ch&eacute;, mais que s'il est bien orient&eacute;, il tend l'&ecirc;tre vers ce qui est vrai, beau et bon. Mais pour cela, il doit s'ouvrir &agrave; <em>agap&egrave;</em>.</p> <p>L'<em>eros </em>est en effet cette part de l'homme qui d&eacute;sire <em>plus</em> : il est un &quot;<em>processus de tension et de recherche</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref26_92n98we" title="TDC&nbsp;111,2" href="#footnote26_92n98we">26</a> nous dit Jean-Paul II, qui est clairement visible dans le Cantique<a class="see-footnote" id="footnoteref27_3toibk4" title="Ct 3,2 et Ct 5,6;5,8" href="#footnote27_3toibk4">27</a>. Cette recherche a une dimension int&eacute;rieure: le coeur veille m&ecirc;me dans le sommeil :</p> <blockquote><p>Sur ma couche, la nuit, j'ai cherch&eacute; celui que mon c&oelig;ur aime. Je l'ai cherch&eacute;, mais ne l'ai point trouv&eacute;! Je me l&egrave;verai donc, et parcourrai la ville. Dans les rues et sur les places, je chercherai celui que mon c&oelig;ur aime. Je l'ai cherch&eacute;, mais ne l'ai point trouv&eacute;!</p></blockquote> <blockquote><p>J'ai ouvert &agrave; mon bien-aim&eacute;, mais tournant le dos, il avait disparu! Sa fuite m'a fait rendre l'&acirc;me. Je l'ai cherch&eacute;, mais ne l'ai point trouv&eacute;, je l'ai appel&eacute;, mais il n'a pas r&eacute;pondu! Je suis malade d'amour. . </p></blockquote> <p>En se surpassant, <em>eros</em> parvient &agrave; la dimension totale du don de sa vie et rejoint <em>agap&egrave;</em>.</p> </div> <p>&nbsp;</p> <h4>L'amour, total et fid&egrave;le</h4> <blockquote><p>&nbsp; Pose-moi <strong>comme un sceau </strong>sur ton c&oelig;ur, comme un sceau sur ton bras. Car l'amour est fort comme la Mort, la passion inflexible comme le Sh&eacute;ol. Ses traits sont des traits de feu, une flamme de Yahv&eacute;. Les grandes eaux ne pourront &eacute;teindre l'amour, ni les fleuves le submerger. Qui offrirait toutes les richesses de sa maison pour acheter l'amour, ne recueillerait que m&eacute;pris.<a class="see-footnote" id="footnoteref28_t31oafe" title="Ct 8,6-7" href="#footnote28_t31oafe">28</a></p></blockquote> <p>L'amour vrai est n&eacute;cessairement <em>fid&egrave;le</em> car il ne consume pas la personne, ne l'&eacute;puise pas, mais la d&eacute;couvre plus profond&eacute;ment chaque jour.&nbsp;La fid&eacute;lit&eacute; des &eacute;poux est signe de l'amour de Dieu, <em>fort comme la mort</em> et que <em>m&ecirc;me les grandes eaux ne peuvent &eacute;teindre</em>.</p> <p>L'amour est &eacute;galement total : il d&eacute;passe en valeur tout autre bien. Lorsque le Christ, totalement donn&eacute; pour son &Eacute;pouse sur la croix, est sur le point de mourir, il d&eacute;clare, selon certaines traductions de la Bible, &quot;<em>tout est consomm&eacute;</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref29_6ioj3dx" title="Jn 19,30" href="#footnote29_6ioj3dx">29</a>.</p> <p><a href="/theologieducorps/system/files/Bernin_0.gif"><img width="88" hspace="5" height="128" align="right" class="triggerclass" alt="Extase de Sainte-Th&eacute;r&egrave;se, Bernini" rel="lightbox" src="/theologieducorps/?q=system/files/Bernin_0.gif" /></a></p> <p>La passion de J&eacute;sus sur la croix est certainement l'assaut de la haine et la mort sur sa personne, du <em>dehors</em>.&nbsp;Mais elle est &eacute;galement don total de sa personne, explosion d'amour qui vient de l'<em>int&eacute;rieur</em>. Ses blesures sont des blessures de haine mais aussi des blessures d'amour.&nbsp;Notre coeur bat &agrave; l'&eacute;cho de cette explosion que nous ne pouvons contenir.</p> <p>Marie a v&eacute;cu quelque chose de ce myst&egrave;re : en acceptant de recevoir dans son corps Celui que l'univers ne peut contenir, elle a accept&eacute; &eacute;galement que son <em>coeur soit transperc&eacute; par l'&eacute;p&eacute;e</em><a class="see-footnote" id="footnoteref30_2z7zqky" title="cf. Lc 2,35" href="#footnote30_2z7zqky">30</a>. L'Extase de Sainte-Th&eacute;r&egrave;se (&agrave; droite) est une illustration frappante de ces <em>blessures d'amour</em>.&nbsp;</p> <h5>Limites du langage du corps</h5> <p>Selon Jean-Paul II, <em>eros</em> conna&icirc;t trois limites :</p> <ol> <li>La premi&egrave;re est la <em>faiblesse du corps</em> : le corps n'est pas &agrave; m&ecirc;me d'exprimer la pleine puissance de l'amour, qui est plus grande que lui. L'Amour Infini implique un corps bless&eacute;, &agrave; l'image des blessures du Christ. <br /> Comment d&eacute;passer cette limite ?&nbsp;justement en accueillant ces blessures, en reconnaissant la faiblesse de notre corps. Cette faiblesse accept&eacute;e humblement devient elle-m&ecirc;me une sorte de langage du corps. <em>Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort</em>, nous dit Saint-Paul<a class="see-footnote" id="footnoteref31_o74gphp" title="2Co 12,10" href="#footnote31_o74gphp">31</a>. Il nous faut entrer dans l'esprit du <em>serviteur inutile</em><a class="see-footnote" id="footnoteref32_rrjck0q" title="Lc 17,7-10" href="#footnote32_rrjck0q">32</a> et passer par la <em>petite voie</em> de Sainte-Th&eacute;r&egrave;se de Lisieux<a class="see-footnote" id="footnoteref33_kfugn0p" title="Histoire d'une &acirc;me" href="#footnote33_kfugn0p">33</a>.</li> <li>La seconde est la <em>perspective de la mort</em>. L'expression corporelle de l'amour s'&eacute;teint avec la mort ; d'ailleurs les &eacute;poux sont mari&eacute;s <em>jusqu'&agrave; ce que la mort les s&eacute;pare</em>, dit-on. <em>Eros</em> survit-il &agrave; la mort ?&nbsp;On l'a vu, il est une <em>flamme du Seigneur que les grandes eaux ne peuvent &eacute;teindre[</em>fn]<a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct8.html">Ct 8,6-7</a></fn>: si l'<em>eros</em> s'ouvre &agrave; la flamme de l'amour-agap&egrave; alors il survit : <em>l'Amour ne passera pas</em><a class="see-footnote" id="footnoteref34_fdc740w" title="1Co 13,8" href="#footnote34_fdc740w">34</a>.</li> <li>La troisi&egrave;me est la <em>jalousie</em>. En effet, celle-ci exige l'exclusivit&eacute; de l'amour. Dans cette vie, l'amour parfait ne peut &ecirc;tre recherch&eacute; qu'avec une seule personne (car l'aveuglement du p&eacute;ch&eacute; et de la concupiscence nous entrainent facilement &agrave; anonymiser les corps pour les r&eacute;ifier). Il nous est difficile d'imaginer une r&eacute;elle <em>communion de personnes</em> qui soit plus &eacute;tendue.&nbsp;En s'ouvrant &agrave; <em>agap&egrave;</em>, l'amour devient &quot;<em>patient et doux, il n'est pas jaloux</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref35_jkjygc6" title="1Co 13,4" href="#footnote35_jkjygc6">35</a>.</li> </ol> <p>En r&eacute;sum&eacute;, l'ultime communion de personnes ne peut &ecirc;tre atteinte qu'en Dieu. Si <em>eros</em> veut devenir signe de la communion en Dieu, il doit rejoindre agap&egrave;. La liturgie est pr&eacute;cis&eacute;ment cette rencontre entre le divin et l'humain. C'est l'objet du chapitre suivant.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_1ketn8g"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_1ketn8g">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-111-veritable-amour-appelle-depassement-de-soi#4">TDC&nbsp;111,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_p24ji2o"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_p24ji2o">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-113-la-dimension-mystique-du-langage-du-corps#2">TDC&nbsp;113</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_j0kdtsy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_j0kdtsy">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-107-mariage-comme-sacrement-se-constitue-sur-la-base-du-langage-du-corps#2">TDC&nbsp;107,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_wyz10se"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_wyz10se">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2Tm%203:16&amp;version=LSG">2Tm 3,16</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_8lhyxlh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_8lhyxlh">5.</a> et en 1580, le confesseur de Sainte Th&eacute;r&egrave;se d'Avila lui aurait ordonn&eacute; de br&ucirc;ler ses <em>Pens&eacute;es sur l'Amour de Dieu</em> et en 1589&nbsp;l'Inquisition demande de d&eacute;truire toutes les oeuvres de celle qui deviendra patronne de l'Espagne..</li> <li class="footnote" id="footnote6_bjorai3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_bjorai3">6.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-109-ce-cantique-cantiques-nous-apprend-sur-lamour-humain#1">TDC&nbsp;109,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_i0gs9rw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_i0gs9rw">7.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%202:23-25&amp;version=LSG">Gn 2,23-25</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_sakfza6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_sakfza6">8.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-109-ce-cantique-cantiques-nous-apprend-sur-lamour-humain#3">TDC&nbsp;109,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_zsax6hk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_zsax6hk">9.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct4.html">Ct 4,1</a> : <em>Tes yeux sont des colombes, derri&egrave;re ton voile; tes cheveux comme un troupeau de ch&egrave;vres, ondulant sur les pentes du mont Galaad</em></li> <li class="footnote" id="footnote10_stst49b"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_stst49b">10.</a> cf. <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct8.html">Ct 8,4</a>. En <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct8.html">Ct 8,8</a> il accepte pleinement de voir une soeur dans sa femme</li> <li class="footnote" id="footnote11_4g4cfau"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_4g4cfau">11.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct8.html">CT 8,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_erhxss4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_erhxss4">12.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct8.html">Ct 8,10</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_itz8czu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_itz8czu">13.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-110-don-mutuel-de-lhomme-de-la-femme#4">TDC&nbsp;110, 4</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_986qqob"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_986qqob">14.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct5.html">Ct 5,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_kmdds7g"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_kmdds7g">15.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct5.html">Ct 5,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_z835o0r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_z835o0r">16.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct4.html">Ct 4,16</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_9skgc0e"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_9skgc0e">17.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct5.html">Ct 5,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_fzzdwuu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_fzzdwuu">18.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct5.html">Ct 5,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_d0xnl1r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_d0xnl1r">19.</a> St Louis de Montfort : <em>Trait&eacute; de la vraie d&eacute;votion &agrave; la Sainte Vierge</em>, adapt&eacute; au fran&ccedil;ais courant</li> <li class="footnote" id="footnote20_6xyutpo"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_6xyutpo">20.</a> c'est &agrave; dire de promouvoir un certain &eacute;litisme spirituel</li> <li class="footnote" id="footnote21_9p779gd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_9p779gd">21.</a> St Louis de Montfort : <em>Le secret de Marie</em>, 20, adapt&eacute; au fran&ccedil;ais courant</li> <li class="footnote" id="footnote22_afif58j"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_afif58j">22.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo Millenio Inuente</a>, 33</li> <li class="footnote" id="footnote23_qr6trr8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_qr6trr8">23.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct2.html">Ct 2,16</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_5ho15dk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_5ho15dk">24.</a> J'ai mis <em>devant vous </em>la vie et la mort...</li> <li class="footnote" id="footnote25_oszm0uj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_oszm0uj">25.</a> cf <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ps%2034:8&amp;version=LSG">Ps 33, 9</a></li> <li class="footnote" id="footnote26_92n98we"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_92n98we">26.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-111-veritable-amour-appelle-depassement-de-soi#2">TDC&nbsp;111,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote27_3toibk4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref27_3toibk4">27.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct3.html">Ct 3,2 </a>et <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct.html">Ct 5,6;5,8</a></li> <li class="footnote" id="footnote28_t31oafe"><a class="footnote-label" href="#footnoteref28_t31oafe">28.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/ct8.html">Ct 8,6-7</a></li> <li class="footnote" id="footnote29_6ioj3dx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref29_6ioj3dx">29.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%2019:30&amp;version=LSG">Jn 19,30</a></li> <li class="footnote" id="footnote30_2z7zqky"><a class="footnote-label" href="#footnoteref30_2z7zqky">30.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%202:35&amp;version=LSG">Lc 2,35</a></li> <li class="footnote" id="footnote31_o74gphp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref31_o74gphp">31.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2co%2012:10&amp;version=LSG">2Co 12,10</a></li> <li class="footnote" id="footnote32_rrjck0q"><a class="footnote-label" href="#footnoteref32_rrjck0q">32.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2017:7-10&amp;version=LSG">Lc 17,7-10</a></li> <li class="footnote" id="footnote33_kfugn0p"><a class="footnote-label" href="#footnoteref33_kfugn0p">33.</a> <em>Histoire d'une &acirc;me</em></li> <li class="footnote" id="footnote34_fdc740w"><a class="footnote-label" href="#footnoteref34_fdc740w">34.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2013:8&amp;version=LSG">1Co 13,8</a></li> <li class="footnote" id="footnote35_jkjygc6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref35_jkjygc6">35.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2013:4&amp;version=LSG">1Co 13,4</a></li> </ul> arts et culture Cantique des Cantiques consentement dignité de la personne eros éthique sexuelle langage du corps sacrement sensualité sexualité Fri, 28 Aug 2009 10:26:40 +0000 Incarnare 43 at http://www.theologieducorps.fr Le Corps Liturgique - Histoire de Tobit http://www.theologieducorps.fr/tdc/corps-liturgique-histoire-de-tobit <p>Quel est le lien entre notre vie de pri&egrave;re et notre vie sexuelle et conjugale ? Y'a t-il m&ecirc;me un quelconque lien, pouvons-nous nous demander... Jean-Paul II consacre cinq cat&eacute;ch&egrave;ses &agrave; d&eacute;velopper cette question &agrave; partir du livre de Tobie. Pour comprendre en quoi le langage du corps peut &ecirc;tre liturgique, il est bon de clarifier ce que l'on entend par liturgie.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La vie conjugale et la liturgie</h4> <p>Si l'on ouvre le Cat&eacute;chisme de l'&Eacute;glise Cat&eacute;chisme<a class="see-footnote" id="footnoteref1_xklf3uh" title="CEC&nbsp;1069" href="#footnote1_xklf3uh">1</a>, on peut lire que le mot liturgie, dans la tradition chr&eacute;tienne, signifie la participation du Peuple de Dieu &agrave; l'oeuvre de Dieu.&nbsp;Qu'est-ce que l'oeuvre de Dieu ?&nbsp;L'&Eacute;vangile<a class="see-footnote" id="footnoteref2_duyn1jt" title="Jn 17,4" href="#footnote2_duyn1jt">2</a> nous apprend que c'est avant-tout le &quot;grand myst&egrave;re&quot; de notre r&eacute;demption en J&eacute;sus Christ, accomplie par sa mort et sa r&eacute;surrection.</p> <p>L'union de l'homme et de la femme dans l'amour conjugal a vocation &agrave; sanctifier le monde en &eacute;tant le signe vivant et visible de la r&eacute;demption. &quot;C&rsquo;est ce Myst&egrave;re du Christ que l&rsquo;&Eacute;glise annonce et c&eacute;l&egrave;bre dans sa Liturgie, afin que les fid&egrave;les en vivent et en t&eacute;moignent dans le monde&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_eiajmdg" title="CEC 1068" href="#footnote3_eiajmdg">3</a>.&nbsp;C'est pr&eacute;cis&eacute;ment ce que font les &eacute;poux lorsqu'ils vivent dans la fid&eacute;lit&eacute; au langage que Dieu a inscrit dans leurs corps, homme et femme.&nbsp;</p> <p>Le Cat&eacute;chisme dit &eacute;galement que la liturgie est &quot;c&eacute;l&eacute;bration du culte divin [... et m&ecirc;me] <em>participation &agrave; la pri&egrave;re du Christ, adress&eacute;e au P&egrave;re dans l'Esprit Saint</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_fd3pnbe" title="CEC&nbsp;1070&nbsp;&amp; 1073" href="#footnote4_fd3pnbe">4</a>. Il en va de m&ecirc;me pour la vie conjugale. Quand elle est v&eacute;cue selon le plan de Dieu, l'union conjugale elle-m&ecirc;me devient une profonde pri&egrave;re. Elle est <em>eucharistique</em> quand elle est action de gr&acirc;ce pour le don de partager Sa vie et son amour. En poussant cette analogie, nous pouvons dire que le lit conjugal est l'autel sur lequel les &eacute;poux s'offrent en sacrifice vivant, saint et capable de plair &agrave; Dieu<a class="see-footnote" id="footnoteref5_udainmn" title="cf. Rm&nbsp;12,1" href="#footnote5_udainmn">5</a>.</p> <p>Le mot &quot;liturgie&quot; fait &eacute;galement r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l'annonce de l'&Eacute;vangile et &agrave; la charit&eacute; en acte<a class="see-footnote" id="footnoteref6_g9ujtjy" title="CEC&nbsp;1070" href="#footnote6_g9ujtjy">6</a>. Il en va de m&ecirc;me pour la vie conjugale, qui annonce en permanence l'<a href="?q=node/16">&Eacute;vangile du Corps</a>. En citant le concile Vatican II, le Cat&eacute;chisme continue en disant que &quot;la liturgie est consid&eacute;r&eacute;e comme l&rsquo;exercice de la fonction sacerdotale de J&eacute;sus-Christ, exercice dans lequel la sanctification de l&rsquo;homme est signifi&eacute;e par des signes sensibles et est r&eacute;alis&eacute;e d&rsquo;une mani&egrave;re propre &agrave; chacun d&rsquo;eux&quot;.&nbsp;Dans la vie conjugale, si elle est &quot;r&eacute;alis&eacute;e de la mani&egrave;re qui convient&quot;, les &eacute;poux remplissent la vocation sacerdotale de leur bapt&ecirc;me.&nbsp;</p> <p>En conclusion, il n'est gu&egrave;re suprenant que la vie conjugale soit liturgique puisque toute la vie liturgie gravite autour des sacrements<a class="see-footnote" id="footnoteref7_jsio3jy" title="cf. CEC&nbsp;1113" href="#footnote7_jsio3jy">7</a>.&nbsp;Jean-Paul&nbsp;II&nbsp;dans ce cycle de cat&eacute;ch&egrave;ses montre comment le langage de la liturgie &eacute;claire le langage du corps, et comment c'est &agrave; partir du langage du corps qu'il s'est model&eacute;. La liturgie est ce temps particulier o&ugrave; l'&Eacute;glise vit vraiment la dimension nuptiale de sa relation au Christ par son don au Christ (le <em>fiat</em>) et l'action de gr&acirc;ce pour la grandeur de Son don (<em>magnificat</em>).</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le mariage de Tobie et Sarah</h4> <p>Le livre de Tobie est tr&egrave;s diff&eacute;rent du Cantique des Cantiques, par son extr&ecirc;me sobri&eacute;t&eacute; : pourtant on y trouve une confirmation puissante et claire des principales intuitions de la th&eacute;ologie du corps.</p> <p>Avant de se marier avec Tobie, Sarra a d&eacute;j&agrave; &eacute;pous&eacute; sept maris.&nbsp;A cause du d&eacute;mon, chacun des maris est mort durant la nuit de noce<a class="see-footnote" id="footnoteref8_fm5lqw3" title="cf Tb 6,13-14" href="#footnote8_fm5lqw3">8</a>. L'ange Rapha&euml;l vient voir Tobie et lui dit qu'il est celui qui doit &eacute;pouser Sarra. Tobie a naturellement peur - avec raison puisque <em>le propre p&egrave;re de Sarra est d&eacute;j&agrave; en train de creuser sa tombe pendant la nuit de noce </em>!!<a class="see-footnote" id="footnoteref9_5y7p38y" title="Tb 8,9" href="#footnote9_5y7p38y">9</a>.</p> <p>Face &agrave; la r&eacute;ticence de Tobie, l'ange lui tient ce discours : &quot;<em>Ne tiens pas compte de ce d&eacute;mon, et prends-la. Je te garantis que, d&egrave;s ce soir, elle te sera donn&eacute;e pour femme. [...] N'aie pas peur, elle t'a &eacute;t&eacute; destin&eacute;e d&egrave;s l'origine, c'est &agrave; toi de la sauver. Elle te suivra, elle te donnera des enfants Et quand Tobie entendit parler Rapha&egrave;l, il l'aima, au point de ne plus pouvoir en d&eacute;tacher son c&oelig;ur</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref10_gjcmhyx" title="Tb 6,15-19" href="#footnote10_gjcmhyx">10</a>.</p> <h5>L'Amour face &agrave; la mort</h5> <p>De la m&ecirc;me que le &quot;grand myst&egrave;re&quot; est centr&eacute; sur de l'union <em>en une chair</em>, la grande bataille entre le bien et le mal trouve ici son paroxysme. Jean-Paul II affirme que, dans l'union conjugale, &quot;les choix et les actes des &eacute;poux assument tout le poids de l'existence humaine&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref11_28lbqtp" title="TDC&nbsp;112,3" href="#footnote11_28lbqtp">11</a>.</p> <p>Le Cantique des cantiques est tr&egrave;s imag&eacute; et c&eacute;l&egrave;bre la vie ; &agrave; l'oppos&eacute;, les &eacute;poux du livre de Tobie sont face &agrave; la mort qui, dans le dialogue amoureux, cr&eacute;e le silence. Ils r&eacute;alisent que &quot;dans le signe sacramentel de l'union conjugale, le corps s'exprime aussi par le myst&egrave;re de la vie et de la mort, peut-&ecirc;tre avec plus d'&eacute;loquence que partout ailleurs&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref12_j5eog92" title="TDC&nbsp;112,3" href="#footnote12_j5eog92">12</a>.</p> <p>Rien n'est plus loin de l'esprit de la plupart des &eacute;poux au jour de leur mariage que l'&eacute;ventualit&eacute; de leur propre mort. Pour Tobie et Sarra, la mort est l&agrave; face &agrave; eux, d&egrave;s le d&eacute;but de leur mariage : <em>quelle profondeur leur amour prend-il alors ?&nbsp;</em>de quelle profondeur leur amour a t-il besoin pour vaincre la mort ?&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La pri&egrave;re de Tobie et Sarra</h4> <p>L'ange a donn&eacute; &agrave; Tobie des instructions pour se lib&eacute;rer des griffes du d&eacute;mon : la plus importante d'entre elles est <em>la pri&egrave;re</em>. &quot;<em>Puis, au moment de vous unir</em>&quot;, dit l'ange, &quot;<em>levez-vous d'abord tous les deux pour prier. Demandez au Seigneur du Ciel de vous accorder sa gr&acirc;ce et sa protection</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref13_yussjp9" title="Tb 6,17" href="#footnote13_yussjp9">13</a>.&quot;<em>Et ils dirent de concert : &quot;Amen, amen!</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref14_bmxhwzu" title="Tb 8,8" href="#footnote14_bmxhwzu">14</a> : les &eacute;poux prient d'une seule voix. Rien ne solidifie plus l'union des &eacute;poux que la pri&egrave;re commune dans l'intimit&eacute;.&nbsp;</p> <blockquote><p>&nbsp;Tobie se leva du lit, et dit &agrave; Sarra : &quot;Debout, ma s&oelig;ur! Il faut prier tous deux, et recourir &agrave; notre Seigneur, pour obtenir sa gr&acirc;ce et sa protection.&quot; Il commen&ccedil;a ainsi Tu es b&eacute;ni, Dieu de nos p&egrave;res, et ton Nom est b&eacute;ni dans tous les si&egrave;cles des si&egrave;cles! Que te b&eacute;nissent les cieux, et toutes tes cr&eacute;atures dans tous les si&egrave;cles! C'est toi qui as cr&eacute;&eacute; Adam, c'est toi qui as cr&eacute;&eacute; Eve sa femme, pour &ecirc;tre son secours et son appui, et la race humaine est n&eacute;e de ces deux-l&agrave;. C'est toi qui as dit Il ne faut pas que l'homme reste seul, faisons-lui une aide semblable &agrave; lui. Et maintenant, ce n'est pas le plaisir que je cherche en prenant ma s&oelig;ur, mais je le fais d'un c&oelig;ur sinc&egrave;re. Daigne avoir piti&eacute; d'elle et de moi et nous mener ensemble &agrave; la vieillesse!</p></blockquote> <p>Remarquons que :</p> <ul> <li>Comme le Christ y invitera plus tard les pharisiens, Tobie et sa femme tournent leur coeur vers le plan originel de Dieu pour le mariage.</li> <li>Tobie appelle sa femme &quot;soeur&quot; comme dans le <a href="?q=node/43">Cantique des Cantiques</a>.</li> <li>Il fait la distinction entre la convoitise et le don sinc&egrave;re de soi</li> <li>Il a l'intention de passer toute sa vie avec Sarra.</li> <li>Tobie sait qu'ils ne peuvent r&eacute;pondre &agrave; cet appel en comptant sur leurs propres forces : ils ont besoin de la gr&acirc;ce de Dieu.&nbsp;</li> </ul> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Tr&egrave;s peu de gens mesurent la port&eacute;e et les cons&eacute;quences de leurs choix en mati&egrave;re de sexualit&eacute;. Encore moins comprennent l'influence de la disposition de coeur avec laquelle ils abordent l'union sexuelle. Ces choix et cette vision sont un barom&egrave;tre qui permet de comprendre (et pr&eacute;voir) la sant&eacute; du couple.&nbsp;</p> <p>Tr&egrave;s peu d'&eacute;checs conjugaux ne peuvent &ecirc;tre li&eacute;s, directement ou indirectement, &agrave; une incapacit&eacute; de lire en v&eacute;rit&eacute; le langage du corps. Mais, quels que soient nos &eacute;checs &agrave; cet &eacute;gard, tout espoir n'est pas perdu : nous pouvons comme Tobie et Sarra, demander la gr&acirc;ce et la protection du Seigneur.</p> </div> <p> L'<em>eros</em> s&eacute;par&eacute; de l'<em>ethos</em> apporte la souffrance et la mort, comme le d&eacute;couvre douloureusement Sarra et ses septs maris. Tobie et Sarra vivent l'<em>eros</em> li&eacute; &agrave; l'<em>ethos</em>, et la pri&egrave;re r&eacute;v&egrave;le ce rapprochement entre ces deux r&eacute;alit&eacute;s dans son coeur : cela porte du fruit.</p> <p>&quot;<em>Il n'y a pas de crainte dans l'amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte</em>&quot;, dit Jean<a class="see-footnote" id="footnoteref15_4miujtw" title="1Jn 4,18" href="#footnote15_4miujtw">15</a> Voil&agrave; ce que Jean-Paul II crie haut et fort : &quot;<em><strong>n'ayez pas peur !</strong></em>&quot;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le Credo des &eacute;poux</h4> <p>L'un des sommets de la liturgie est la profession de foi, le <em>credo</em>. Il couvre en quelque mots l'ensemble de la connaissance r&eacute;v&eacute;l&eacute;e dans les Ancien et Nouveau Testaments. &quot;R&eacute;citer avec foi le Credo, c&rsquo;est entrer en communion avec Dieu le P&egrave;re, le Fils et le Saint-Esprit, c&rsquo;est entrer aussi en communion avec l&rsquo;&Eacute;glise toute enti&egrave;re&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref16_2eca9gp" title="CEC&nbsp;197" href="#footnote16_2eca9gp">16</a>.</p> <p>La pri&egrave;re de Tobie et Sarra prend la forme d'un <em>credo conjugal</em><a class="see-footnote" id="footnoteref17_ffg421l" title="TDC 112,4" href="#footnote17_ffg421l">17</a>. Dans la Gen&egrave;se, le serpent qui veut attaquer la bienveillance de Dieu attaque en disant &quot;Dieu a t-il r&eacute;ellement dit..&quot; Comme un antidote &agrave; cette attaque du nom de Dieu, Tobie et Sarra commence leur pri&egrave;re par une action de gr&acirc;ce &quot;<em>B&eacute;ni sois-tu</em>&quot; : ils parlent au nom de toute la cr&eacute;ation et entrent dans cette bataille cosmique. Ils r&eacute;affirment ensuite la bont&eacute; du plan originel de Dieu, puis reconnaissent &agrave; la fois leur d&eacute;sir de s'y conformer et leur incapacit&eacute; &agrave; le faire sans l'aide de Dieu.</p> <p>Tobie et Sarra sont vraiment <em><a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-112-lamour-soutenu-par-la-priere-est-plus-fort-la-mort#5">ministres </a>du sacrement</em> dans leur union qui t&eacute;moigne de Dieu-Amour. Cette union est aussi un t&eacute;moignage au Dieu qui donne la vie, un cri qui proclame &quot;&ocirc; mort o&ugrave; est ta victoire ? &ocirc; mort o&ugrave; est ton aiguillon&nbsp;?&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref18_afjcr8k" title="1Co 15,55" href="#footnote18_afjcr8k">18</a></p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le mariage, sacrement</h4> <p>Le cinqui&egrave;me chapitre de la lettre aux &eacute;ph&eacute;siens, en proclamant que l'amour humain est un grand myst&egrave;re li&eacute; &agrave; celui de la r&eacute;demption<a class="see-footnote" id="footnoteref19_dw689er" title="Ep 5,31-32" href="#footnote19_dw689er">19</a>, &eacute;tablit clairement le lien entre le langage du corps et le langage liturgique, qui parlent tous deux de la r&eacute;demption. Il donne toute sa valeur au mariage en identifiant que, dans le plan de Dieu, celui-ci est signe de la communion entre le Christ et l'&Eacute;glise, en m&ecirc;me temps qu'il donne aux &eacute;poux un mod&egrave;le &agrave; suivre pour vivre conform&eacute;ment au plan de Dieu.</p> <p>Il montre &eacute;galement que le langage du corps comporte deux dimensions essentielles : il est <em>mystique </em>et <em>liturgique</em> - donc <em>saint</em>. Il est mystique dans la mesure o&ugrave; il fait go&ucirc;ter de mani&egrave;re sensible la r&eacute;alit&eacute; invisible de l'amour de Dieu, liturgique car il est action de gr&acirc;ce pour ce don de Dieu, dans la mesure o&ugrave; il est v&eacute;cu dans la v&eacute;rit&eacute;. En cr&eacute;ant un lien ins&eacute;cable entre le corps et la liturgie, il nous &eacute;vite la tentation du manich&eacute;isme, pour sans cesse nous rappeler que la saintet&eacute; se greffe dans notre humanit&eacute;, et non dans un fantasme de perfection<a class="see-footnote" id="footnoteref20_ize04ga" title="cf TDC&nbsp;113,2" href="#footnote20_ize04ga">20</a>.</p> <p>Il nous appelle &agrave; vivre une attirance sexuelle dans la maturit&eacute; spirituelle, &agrave; &ecirc;tre <em>soumis les uns aux autres par respect pour le Christ</em>, par cette <em>crainte du Seigneur</em> ou <em>respect du sacr&eacute;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref21_3mq8sx1" title="TDC 113,4" href="#footnote21_3mq8sx1">21</a> dont le Pape nous rappelle qu'elle est l'un des cette dons de l'Esprit. Il nous montre qu'une vie chaste n'est pas une vie d&eacute;nu&eacute;e d'&eacute;rotisme.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_xklf3uh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_xklf3uh">1.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2O.HTM">CEC&nbsp;1069</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_duyn1jt"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_duyn1jt">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%2017:4&amp;version=LSG">Jn 17,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_eiajmdg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_eiajmdg">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2O.HTM">CEC 1068</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_fd3pnbe"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_fd3pnbe">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2O.HTM">CEC&nbsp;1070&nbsp;&amp; 1073</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_udainmn"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_udainmn">5.</a> cf. Rm&nbsp;12,1</li> <li class="footnote" id="footnote6_g9ujtjy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_g9ujtjy">6.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2O.HTM">CEC&nbsp;1070</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_jsio3jy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_jsio3jy">7.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2U.HTM">CEC&nbsp;1113</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_fm5lqw3"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_fm5lqw3">8.</a> cf <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/tb6.html">Tb 6,13-14</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_5y7p38y"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_5y7p38y">9.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/tb8.html">Tb 8,9</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_gjcmhyx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_gjcmhyx">10.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/tb6.html">Tb 6,15-19</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_28lbqtp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_28lbqtp">11.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-112-lamour-soutenu-par-la-priere-est-plus-fort-la-mort#3">TDC&nbsp;112,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_j5eog92"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_j5eog92">12.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-112-lamour-soutenu-par-la-priere-est-plus-fort-la-mort#3">TDC&nbsp;112,3</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_yussjp9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_yussjp9">13.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/tb6.html">Tb 6,17</a></li> <li class="footnote" id="footnote14_bmxhwzu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_bmxhwzu">14.</a> <a href="http://www.biblia-cerf.com/BJ/tb8.html">Tb 8,8</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_4miujtw"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_4miujtw">15.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn%204:18&amp;version=LSG">1Jn 4,18</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_2eca9gp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_2eca9gp">16.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P15.HTM">CEC&nbsp;197</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_ffg421l"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_ffg421l">17.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-112-lamour-soutenu-par-la-priere-est-plus-fort-la-mort#4">TDC 112,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_afjcr8k"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_afjcr8k">18.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2015:55&amp;version=LSG">1Co 15,55</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_dw689er"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_dw689er">19.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:31-32&amp;version=LSG">Ep 5,31-32</a></li> <li class="footnote" id="footnote20_ize04ga"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_ize04ga">20.</a> cf <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-113-la-dimension-mystique-du-langage-du-corps#2">TDC&nbsp;113,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote21_3mq8sx1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_3mq8sx1">21.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-113-la-dimension-mystique-du-langage-du-corps#4">TDC 113,4</a></li> </ul> langage du corps liturgie Fri, 28 Aug 2009 10:28:36 +0000 Incarnare 44 at http://www.theologieducorps.fr Amour et fécondité http://www.theologieducorps.fr/tdc/amour-fecondite <p>&quot;<em>Nos r&eacute;flexions sur l'amour humain dans le plan de Dieu seraient en quelque sorte incompl&egrave;tes</em>&quot;, observe le Pape, &quot;<em>si nous ne tentions pas d'en voir les applications concr&egrave;tes dans la morale conjugale et familiale</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_jmcjslm" title="TDC&nbsp;114,1" href="#footnote1_jmcjslm">1</a>. Le Pape consacre donc 15 cat&eacute;ch&egrave;ses &agrave; ce &quot;<em>long commentaire d'Humanae Vitae</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_aixe6sb" title="TDC&nbsp;129,2" href="#footnote2_aixe6sb">2</a>.</p> <p>Ces r&eacute;flexions ne peuvent &ecirc;tre bien comprises qu'&agrave; la lumi&egrave;re de la vision biblique, anthropologique, th&eacute;ologique, sacramentelle et personnaliste que <a href="?q=node/2">nous avons d&eacute;taill&eacute;e</a> jusqu'&agrave; ce point. Nous encourageons donc le lecteur &agrave; ne pas lire ces pages s&eacute;par&eacute;es de leur contexte.&nbsp;</p> <p>Beaucoup voient dans les enseignements de <em>Humanae Vitae </em>un rappel cinglant de notre condition de p&eacute;cheur li&eacute;e &agrave; une crainte du corps. L'encyclique va en fait beaucoup plus loin que cela : elle proclame la r&eacute;demption, dont l'exp&eacute;rience concr&egrave;te se fait aujourd'hui par le corps. Le probl&egrave;me de la vie telle que beaucoup de chr&eacute;tiens la vivent se situe dans le lien entre foi et morale.&nbsp;En bref : nous croyons &agrave; la r&eacute;surrection comme &agrave; un concept, non comme une r&eacute;alit&eacute; <em>in-carn&eacute;e</em> : en cons&eacute;quence notre morale n'est qu'un ensemble de normes d&eacute;tach&eacute;es de tout <em>ethos</em>.</p> <p>Dieu se r&eacute;v&egrave;le comme &quot;Amour&quot; et &quot;P&egrave;re&quot;. La question que pose <em>Humanae Vitae</em> est simple : <span>A quoi doit ressembler l'amour conjugal pour refl&eacute;ter l'Amour et le P&egrave;re, afin que nous puissions y d&eacute;couvrir le plan de Dieu ?</span></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_jmcjslm"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_jmcjslm">1.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-114-avec-humanae-vitae-considerer-deux-significations-de-lacte-conjugal">TDC&nbsp;114,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_aixe6sb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_aixe6sb">2.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-129-reponses-aux-interrogatoires-sur-mariage-la-procreation#2">TDC&nbsp;129,2</a></li> </ul> humanae vitae Thu, 06 Aug 2009 09:17:02 +0000 Incarnare 7 at http://www.theologieducorps.fr Questions éthiques dans le Mariage http://www.theologieducorps.fr/tdc/questions-ethiques-dans-mariage <p>Si on sent clairement l'influence qu'a eu un certain cardinal polonais dans la formulation personnaliste de certains textes de Vatican II, notamment dans les sections sur le mariage<a class="see-footnote" id="footnoteref1_4xtclyb" title="Cf. Gaudium et Spes, 47 &agrave; 52" href="#footnote1_4xtclyb">1</a> et dans le texte de l'encyclique <em>Humanae Vitae</em>, Paul VI, dans cette derni&egrave;re, n'a pas totalement repris dans toute sa coh&eacute;rence la d&eacute;marche personnaliste de Karol Wojtila.</p> <p>Humanae Vitae rappelle la doctrine constante de l'&Eacute;glise sur la r&eacute;gulation des naissances : elle &quot;<em>enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert &agrave; la transmission de la vie</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref2_e6c7hs5" title="Humanae Vitae, 11" href="#footnote2_e6c7hs5">2</a>. Cependant, la nature de la justification qui sous-tend la doctrine &eacute;volue, malgr&eacute; le titre de ce passage<a class="see-footnote" id="footnoteref3_2gtatwk" title="&quot;Respecter la nature et les finalit&eacute;s de l'acte matrimonial&quot;" href="#footnote3_2gtatwk">3</a> : ce n'est plus tant la <em>finalit&eacute;</em> qui permet d'&eacute;valuer la moralit&eacute; des actes pos&eacute;s par les &eacute;poux que leur <em>signification</em>, leur <em>sens profond</em><a class="see-footnote" id="footnoteref4_c9xchjg" title="ce qui n'est pas surprenant, vu le d&eacute;veloppement sur le langage du corps" href="#footnote4_c9xchjg">4</a> pour les &eacute;poux.</p> <p>C'est un passage significatif d'une <em>th&eacute;ologie de la nature</em> vers une <em>th&eacute;ologie de la personne</em>. Une th&eacute;ologie de la nature confronte en effet des faits objectifs &agrave; notre subjectivit&eacute;, confrontation qui m&egrave;ne souvent &agrave; l'incompr&eacute;hension ; la th&eacute;ologie de la personne invite chacun &agrave; voir dans sa propre exp&eacute;rience la source de l'&eacute;thique. <br /> La condition de la validit&eacute; d'un tel passage est de ne pas op&eacute;rer de <em>s&eacute;paration </em>artificielle entre nature et personne, ni entre corps et esprit, mais de voir comment elles sont <em>li&eacute;es</em>, c'est &agrave; dire de reconna&icirc;tre qu'un discernement clair de notre exp&eacute;rience humaine rejoint la v&eacute;rit&eacute; objective de la nature, &agrave; condition d'&ecirc;tre plong&eacute; dans la r&eacute;demption par le Christ.&nbsp;</p> <p>Ainsi, il ne s'agit pas tant d'&eacute;valuer la moralit&eacute; d'un <em>acte</em> comme un concept abstrait, que de comprendre si la <em>mani&egrave;re dont l'acte est r&eacute;alis&eacute;</em> correspond &agrave; la nature et &agrave; la dignit&eacute; profonde de la personne qui agit. Il est int&eacute;ressant de constater que la section du Cat&eacute;chisme consacr&eacute;e &agrave; la moralit&eacute; commence par &quot;<em>Chr&eacute;tien, reconnais ta dignit&eacute;</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_c3i7p39" title="CEC&nbsp;1691" href="#footnote5_c3i7p39">5</a>.</p> <p>En cons&eacute;quence, la question &quot;jusqu'o&ugrave; puis-je aller ?&quot; n'est <em>pas pertinente</em>. La question &agrave; laquelle nous tentons de r&eacute;pondre au quotidien doit &ecirc;tre &quot;<em>comment ma vie peut-elle &ecirc;tre un signe fid&egrave;le de l'Amour de Dieu</em>&quot;. Ceci est important certes pour les autres, mais aussi pour soi-m&ecirc;me, car notre jugement et notre discernement sont&nbsp; orient&eacute;s par notre fa&ccedil;on de vivre. La persistance dans l'alt&eacute;ration du langage du corps alt&egrave;re &eacute;galement notre vision de notre personne et notre discernement.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Signe et n&eacute;gation du signe</h4> <p>Les couples, dans l'acte conjugal, sont appel&eacute;s &agrave; <em>renouveler les voeux (prononc&eacute;s &agrave; l'autel) avec leurs corps. </em>A ce moment-cl&eacute; de la relation nous devons &ecirc;tre attentifs &agrave; bien comprendre ce que le corps exprime, pour &quot;<em>agir dans la v&eacute;rit&eacute; et nous comporter en conformit&eacute; avec notre dignit&eacute; et la norme morale</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_2qa7lc4" title="TDC&nbsp;114,2 : notons que la norme n'est pas la source unique de la morale ; elle n'est pas conventionnelle ou purement sociale." href="#footnote6_2qa7lc4">6</a></p> <p>On peut parler moralement de <em>bien ou de mal </em>selon que les &eacute;poux donnent ou non &agrave; leur union le <em>caract&egrave;re d'un signe v&eacute;ridique</em><a class="see-footnote" id="footnoteref7_twxk3hl" title="TDC&nbsp;37,6" href="#footnote7_twxk3hl">7</a> (selon que ce signe r&eacute;v&egrave;le r&eacute;ellementl l'amour - cr&eacute;ateur et r&eacute;dempteur - de Dieu). En d'autre terme, un comportement sexuel &quot;moralement juste&quot; signifie simplement un comportement sexuel &quot;<em>sacramentellement efficace</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref8_l5wn4jq" title="Expression due &agrave; Pr. Mary Rousseau, Eucharist and Gender, Catholic Dossier, 1996." href="#footnote8_l5wn4jq">8</a>.</p> <p>Un signe sacramentel est efficace lorsqu'il signifie correctement la r&eacute;alit&eacute; spirituelle qu'il communique. L'acte sexuel signifie <em>l'union du Christ et de l'&Eacute;glise</em><a class="see-footnote" id="footnoteref9_btyem8a" title="Ep 5,31-32" href="#footnote9_btyem8a">9</a>, pas comme un concept mais pr&eacute;cis&eacute;ment dans l'oeuvre de la <em>cr&eacute;ation</em> et de la <em>r&eacute;demption</em>. On voit l&agrave; &eacute;merger la raison <em>th&eacute;ologique</em> derri&egrave;re la position de l'&Eacute;glise contre la contraception : celle-ci a pour but de priver l'acte sexuel de son potentiel <em>pro-cr&eacute;ateur</em> (NB: cela <a href="#parentalite">ne signifie pas</a> qu'il ne soit pas licite d'espacer les naissances).</p> <p>Un tel comportement serait une <em>profanation </em>du sacrement.&nbsp;Expliquons ce terme<a class="see-footnote" id="footnoteref10_310tg0p" title="qui souffre d'une image un peu d&eacute;suette voire compl&egrave;tement pervertie" href="#footnote10_310tg0p">10</a> : le profane (de pro-fanum : devant le temple) d&eacute;signe ce qui n'est pas sacr&eacute;. Or pour l'&Eacute;glise, la <em>sexualit&eacute; est sacr&eacute;e</em> (et non diabolique, comme le croient un certain nombre de gens - et malheureusement certains catholiques) : d&eacute;tacher l'acte de sa signification correspond &agrave; basculer dans une vision manich&eacute;enne de la personne, o&ugrave; l'esprit et le corps sont s&eacute;par&eacute;s, l'esprit dominant le corps, qui est totalement oppos&eacute;e au christianisme.</p> <p>Ce qui est en jeu est la V&eacute;rit&eacute; de la personne, au niveau <em>ontologique</em> ('de la nature') et au niveau <em>subjectif et psychologique</em> ('de la signification')<a class="see-footnote" id="footnoteref11_scjcy7n" title="TDC&nbsp;114,4" href="#footnote11_scjcy7n">11</a>&nbsp; Vue dans cette optique, le rejet de la contraception n'est pas une barri&egrave;re morale arbitraire, mais une cons&eacute;quence logique : aucun couple qui a compris le sens profond de la relation sexuelle ne <em>d&eacute;sire</em> la vivre ainsi.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La v&eacute;rit&eacute; de la norme morale et son applicabilit&eacute;</h4> <p>Paul VI pr&eacute;sente ainsi cet enseignement avec confiance : &quot;<em>Nous pensons que les hommes de notre temps sont particuli&egrave;rement en mesure de comprendre le caract&egrave;re profond&eacute;ment raisonnable et humain de ce principe fondamental</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref12_pez39lg" title="Humanae Vitae, 12" href="#footnote12_pez39lg">12</a>.&nbsp;</p> <p>Si le rejet de la contraception n'est pas inscrit tel quel dans la Bible<a class="see-footnote" id="footnoteref13_3ux4fl8" title="Note pour nos amis adeptes du Sola Scriptura : Certains th&eacute;ologiens protestants voient le fondement de ce rejet en Gn 38,8-10." href="#footnote13_3ux4fl8">13</a>, une bonne compr&eacute;hension du caract&egrave;re th&eacute;ologique du corps permet de comprendre que cette norme n'est pas d'origine humaine, mais divine : bref, que c'est un <em>appel</em> et non une <em>condamnation</em>. C'est pourquoi<a class="see-footnote" id="footnoteref14_ri9k985" title="On entend souvent que l'&Eacute;glise refuse de r&eacute;-examiner la question par argument d'autorit&eacute;.&nbsp;C'est en fait l'inverse : c'est par manque d'autorit&eacute; que l'&Eacute;glise consid&egrave;re cet enseignement comme d&eacute;finitif. L'&Eacute;glise ne s'arroge pas le droit de contredire&nbsp; (ie. &quot;parler contre&quot;) Dieu." href="#footnote14_ri9k985">14</a> l'&Eacute;glise consid&egrave;re <em>cet enseignement comme d&eacute;finitif et irr&eacute;formable</em><a class="see-footnote" id="footnoteref15_f7jy9s1" title="Vademecum pour les confesseurs sur certains sujets de morale li&eacute;s &agrave; la vie conjugale, 2,4" href="#footnote15_f7jy9s1">15</a>.</p> <p>Certains pr&eacute;tendent que l'encyclique est un &quot;retour en arri&egrave;re&quot; par rapport aux &quot;progr&egrave;s&quot; du Concile Vatican II. En r&eacute;alit&eacute;, l'enseignement sur cette question n'a pas boug&eacute; et les textes m&ecirc;me du Concile citent dans leurs sources certaines des affirmations les plus fortes de ces principes<a class="see-footnote" id="footnoteref16_xpect46" title="Gaudium et Spes, 51 (14) cite par exemple Casti connubi de Pie XI.&nbsp;Certains ont toutefois cru &agrave; une &eacute;volution du magist&egrave;re du fait de la mention dans cette note d'une commission charg&eacute;e d'examiner plus sp&eacute;cifiquement la question de la pillule, commission que Paul VI&nbsp;a choisi de ne pas suivre dans son encyclique : ce cas est suffisament rare pour comprendre que Paul VI&nbsp;a m&ucirc;rement r&eacute;fl&eacute;chi sa d&eacute;cision." href="#footnote16_xpect46">16</a>.</p> <p>Il est important de souligner que cet enseignement correspond &agrave; un r&eacute;el souci <em>pastoral</em>, c'est &agrave; dire qu'il ne s'agit pas pour le magist&egrave;re d'affirmer des concepts, mais de chercher le bien de l'homme, en prenant en compte ses difficult&eacute;s. <br /> Tout au long de son encyclique, Paul VI montre qu'il est conscient et a souci des probl&egrave;mes et questions des hommes et femmes modernes ; il reconna&icirc;t que cet enseignement &quot;<em>pourra appara&icirc;tre &agrave; beaucoup difficile, pour ne pas dire impossible &agrave; mettre en pratique</em>. <em>Et certes, comme toutes les r&eacute;alit&eacute;s grandes et bienfaisantes, cette loi requiert une s&eacute;rieuse application et beaucoup d'efforts, individuels, familiaux et sociaux. On peut m&ecirc;me dire qu'elle ne serait pas observable sans l'aide de Dieu qui soutient et fortifie la bonne volont&eacute; des hommes</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref17_sfbk1ze" title="Humanae Vitae, 20" href="#footnote17_sfbk1ze">17</a>&nbsp; <br /> Cette derni&egrave;re r&eacute;flexion n'est pas sans rappeler la pri&egrave;re adress&eacute;e par Tobie et Sarra &agrave; Dieu le soir de leur nuit de noce...&nbsp;la vie chr&eacute;tienne ne se vit qu'au pied de la croix, et c'est souvent par crainte de ce <em>passage </em>par la croix que nous renon&ccedil;ons : rappelons-nous alors la mis&eacute;ricorde du Christ pour Pierre et remettons-nous en chemin !</p> <p>&quot;La th&eacute;ologie du corps n'est pas une <em>th&eacute;orie</em> mais une <em>p&eacute;dagogie</em> chr&eacute;tienne du corps fond&eacute;e sur l'&Eacute;criture&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref18_7abnj0y" title="TDC 118,5" href="#footnote18_7abnj0y">18</a>, dit Jean-Paul II. Le choix de Paul VI &eacute;tait de croire ou non dans la puissance de l'&Eacute;vangile<a class="see-footnote" id="footnoteref19_i7ro43c" title="Humanae Vitae, 29 : &quot;Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme &eacute;minente de charit&eacute; envers les &acirc;mes&quot;" href="#footnote19_i7ro43c">19</a> tout en prenant aux compte avec mis&eacute;ricorde nos faiblesses..<a class="see-footnote" id="footnoteref20_3l4o38r" title="Humanae Vitae, 29 : &quot;Mais cela doit toujours &ecirc;tre accompagn&eacute; de la patience et de la bont&eacute; dont le Seigneur lui-m&ecirc;me a donn&eacute; l'exemple en traitant avec les hommes. Venu non pour juger, mais pour sauver il fut certes intransigeant avec le mal, mais mis&eacute;ricordieux envers les personnes. Au milieu de leurs difficult&eacute;s, que les &eacute;poux retrouvent toujours, dans la parole et dans le c&oelig;ur du pr&ecirc;tre, l'&eacute;cho de la voix et de l'amour du R&eacute;dempteur&quot;" href="#footnote20_3l4o38r">20</a> Humanae Vitae appelle en fait les hommes et femmes &agrave; vivre leur propre &quot;grandeur&quot; : <em>est-ce antipastoral, impraticable ? </em>Nous avons la r&eacute;ponse de Jean-Paul II&nbsp;&agrave; cette question<a class="see-footnote" id="footnoteref21_l2m67og" title="Veritatis Splendor, 103" href="#footnote21_l2m67og">21</a> :</p> <blockquote><p><em>Les possibilit&eacute;s &laquo; concr&egrave;tes &raquo; de l'homme ne se trouvent que dans le myst&egrave;re de la R&eacute;demption du Christ</em>.&nbsp; &laquo; Ce serait une tr&egrave;s grave erreur que d'en conclure que la r&egrave;gle enseign&eacute;e par l'Eglise est en elle m&ecirc;me seulement un &quot; id&eacute;al &quot; qui doit ensuite &ecirc;tre adapt&eacute;, proportionn&eacute;, gradu&eacute;, en fonction, dit-on, des possibilit&eacute;s concr&egrave;tes de l'homme, selon un &quot; &eacute;quilibrage des divers biens en question &quot;. Mais quelles sont les &quot; possibilit&eacute;s concr&egrave;tes de l'homme &quot; ? <em>Et de quel homme parle-t-on ? </em>De l'homme <em>domin&eacute; </em>par la concupiscence ou bien de l'homme <em>rachet&eacute; par le Christ ? </em>Car c'est de cela qu'il s'agit : de la <em>r&eacute;alit&eacute; </em>de la R&eacute;demption par le Christ. <strong><em>Le Christ nous a rachet&eacute;s ! </em></strong>Cela signifie : il nous a donn&eacute; la <em>possibilit&eacute; </em>de r&eacute;aliser <em>l'enti&egrave;re </em>v&eacute;rit&eacute; de notre &ecirc;tre ; il a lib&eacute;r&eacute; notre libert&eacute; de la <em>domination </em>de la concupiscence. Et si l'homme rachet&eacute; p&egrave;che encore, cela est d&ucirc; non pas &agrave; l'imperfection de l'acte r&eacute;dempteur du Christ, mais &agrave; la <em>volont&eacute; </em>de l'homme de se soustraire &agrave; la gr&acirc;ce qui vient de cet acte. Le commandement de Dieu est certainement proportionn&eacute; aux capacit&eacute;s de l'homme, mais aux capacit&eacute;s de l'homme auquel est donn&eacute; l'Esprit Saint, de l'homme qui, s'il est tomb&eacute; dans le p&eacute;ch&eacute;, peut toujours obtenir le pardon et jouir de la pr&eacute;sence de l'Esprit &raquo; </p></blockquote> <p><em>Humanae Vitae</em> consid&eacute;r&eacute;e parfois comme oppressante, appelle en r&eacute;alit&eacute; &agrave; une vraie <em>lib&eacute;ration sexuelle</em>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4><a name="parentalite"></a>Une Parentalit&eacute; responsable</h4> <p>Quiconque conna&icirc;t un tant soit peu l'enseignement authentique de l'&Eacute;glise sait que son opposition &agrave; la contraception ne signifie pas que les couples doivent laisser &quot;au hasard&quot; le nombre d'enfants dans leur famille. Jean-Paul II&nbsp;affirme<a class="see-footnote" id="footnoteref22_xdksem8" title="confirmant en cela les enseignements et du Concile et d'Humanae Vitae" href="#footnote22_xdksem8">22</a> que la parentalit&eacute; responsable implique que le &quot;couple prenne en compte dans ce domaine ses devoirs envers Dieu, envers eux-m&ecirc;me, envers leur famille et la soci&eacute;t&eacute;, dans une saine hi&eacute;rarchie de valeurs.&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref23_omuxjdb" title="TDC 117,6" href="#footnote23_omuxjdb">23</a>.</p> <p>Si le conseil d'un pr&ecirc;tre ou d'un directeur spirituel peuvent &ecirc;tre d'une aide certaine, l'&Eacute;glise enseigne sagement que &quot;<em>ce jugement, ce sont en dernier ressort les &eacute;poux eux-m&ecirc;mes qui doivent l'arr&ecirc;ter devant Dieu</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref24_d7e6h9j" title="Gaudium et Spes, 50" href="#footnote24_d7e6h9j">24</a>. L'unique direction que donne le Concile est de prendre en consid&eacute;ration le &quot;leur bien et le bien des enfants n&eacute;s et &agrave; na&icirc;tre&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref25_063lxfh" title="Ibid" href="#footnote25_063lxfh">25</a>, de &quot;discerner les conditions aussi bien mat&eacute;rielles que spirituelles de leur &eacute;poque et de leur situation&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref26_stngxzz" title="Ibid" href="#footnote26_stngxzz">26</a>, et de tenir &quot;compte enfin du bien de la communaut&eacute; familiale, des besoins de la soci&eacute;t&eacute; temporelle et de l'Eglise elle-m&ecirc;me&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref27_3cwgoh4" title="Ibid" href="#footnote27_3cwgoh4">27</a>.</p> <p>Un couple peut m&eacute;diter ces consid&eacute;rations et d&eacute;cider en toute libert&eacute; d'avoir une famille nombreuse ; un autre pourra m&eacute;diter ces consid&eacute;rations et d&eacute;cider en toute libert&eacute; d'avoir une famille plus r&eacute;duite. L'&Eacute;glise reconna&icirc;t que les deux exercent alors une parentalit&eacute; responsable.</p> <p>Humanae Vitae reconna&icirc;t qu'un couple peut avoir des <em>raisons l&eacute;gitimes</em> d'&eacute;viter une grossesse, sans que cela ne <em>l&eacute;gitime </em>l'usage de la contraception. Comment comprendre cela ? La r&eacute;ponse se trouve dans le Concile<a class="see-footnote" id="footnoteref28_zl63hax" title="Gaudium et Spes, 51" href="#footnote28_zl63hax">28</a></p> <blockquote><p>&nbsp; Les actes sp&eacute;cifiques de la vie conjugale, accomplis selon l'authentique dignit&eacute; humaine, doivent &ecirc;tre eux-m&ecirc;mes entour&eacute;s d'un grand respect. Lorsqu'il s'agit de mettre en accord l'amour conjugal avec la transmission responsable de la vie, la moralit&eacute; du comportement ne d&eacute;pend donc pas de la seule sinc&eacute;rit&eacute; de l'intention et de la seule appr&eacute;ciation des motifs; mais elle doit &ecirc;tre d&eacute;termin&eacute;e selon des crit&egrave;res objectifs, <em>tir&eacute;s de la nature m&ecirc;me de la personne et de ses actes</em>, crit&egrave;res qui <em>respectent, dans un contexte d'amour v&eacute;ritable, la signification totale d'une donation r&eacute;ciproque et d'une procr&eacute;ation &agrave; la mesure de l'homme</em>; <strong><em>chose impossible si la vertu de chastet&eacute; conjugale n'est pas pratiqu&eacute;e d'un coeur loyal</em></strong>.</p></blockquote> <p>Comment un couple qui a des <em>raisons l&eacute;gitimes</em> d'&eacute;viter une grossesse peut-il le faire sans s&eacute;parer les dimensions unitive et procr&eacute;ative de la sexualit&eacute; ?&nbsp;Pour comprendre cela, montrons les limites de contraception avant d'exposer ce &agrave; quoi l'&Eacute;glise appelle les couples.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Le mensonge de la contraception</h4> <p>La raison d'&ecirc;tre de la relation sexuelle est de former une v&eacute;ritable <em>communion de personnes</em>, dont la communion de la Sainte Trinit&eacute; est &agrave; la fois la source et le crit&egrave;re. A travers des gestes et des r&eacute;actions, dans la dynamique de la tension et du plaisir mutuellement offert, <em>le corps</em>, en action et en interaction, <em>donc la personne, parle</em>.</p> <p>Que dit-il ?&nbsp;A partir de l'enseignement de Jean-Paul II&nbsp;sur le caract&egrave;re proph&eacute;tique du corps, nous pouvons conclure que si le mari aime sa femme &quot;comme le Christ aime l'&Eacute;glise&quot; alors il dit &quot;<em>Voici mon corps donn&eacute; pour toi</em> &quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref29_p98p513" title="Lc&nbsp;22,19" href="#footnote29_p98p513">29</a> ; si la femme r&eacute;pond &agrave; son mari comme l'&Eacute;glise au Christ, &agrave; l'image de Marie, alors elle dit : &quot;<em>Qu'il me soit fait selon ta parole.</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref30_q60apng" title="Lc&nbsp;1,38" href="#footnote30_q60apng">30</a>&nbsp;</p> <p>La contraception introduit une s&eacute;paration entre le corps et l'esprit : elle dit &quot;je t'aime, mais sans ta fertilit&eacute;&quot;.&nbsp;La dynamique de la tension et du plaisir, devient une fin en soi plus que le fruit de l'amour. A&nbsp;moyen terme, ce d&eacute;faut d'&eacute;coute du corps conduit chacun &agrave; ne chercher que son propre plaisir, l'autre n'&eacute;tant qu'un moyen pour arriver &agrave; cette fin. Une fois encore, ce n'est pas le d&eacute;sir d'&eacute;viter une grossesse qui d&eacute;nature la relation, mais la st&eacute;rilisation d'une union potentiellement f&eacute;conde.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Une r&eacute;gulation &eacute;thique des naissances</h4> <p>Supposons qu'un couple comprenne le langage du corps et tienne &agrave; l'exprimer en v&eacute;rit&eacute; ; mais qu'ils aient des raisons s&eacute;rieuses de ne pas concevoir un autre enfant. Que peuvent-ils faire qui ne d&eacute;nature pas le langage de leur union ?&nbsp;(un indice:&nbsp; vous le faites en ce moment-m&ecirc;me...)</p> <p>Il peuvent <em>s'abstenir</em>. Si l'on y pense, il y a de multiples moments dans la vie d'un couple o&ugrave; la continence est requise : lorsque l'un des &eacute;poux est malade, lorsque l'&eacute;pouse approche de la fin de grossesse, ou dans les jours qui suivent une naissance.&nbsp;L'on s'abstient alors <em>par amour</em>, pour que l'autre ait la certitude qu'il ou elle est respect&eacute;(e) dans sa personne et n'est pas simplement un objet de plaisir. <em>Si l'on ne peut s'abstenir, qu'est ce que cela r&eacute;v&egrave;le de notre fa&ccedil;on d'aimer ?&nbsp;</em></p> <p>Ainsi, ne pas avoir de relations sexuelles fait &eacute;galement partie du langage du corps, comme le silence ponctue la parole<a class="see-footnote" id="footnoteref31_dd76fsb" title="et comme le dit le dicton, le silence qui suit du Mozart est toujours du Mozart" href="#footnote31_dd76fsb">31</a>.&nbsp;La nature cyclique de la sexualit&eacute; f&eacute;minine entra&icirc;ne que certaines p&eacute;riodes sont naturellement infertiles : les &eacute;poux qui ne souhaitent pas avoir d'enfants ne sont pas priv&eacute;s de l'expression corporelle de leur amour, sans en d&eacute;naturer le langage naturel puisque ces jours sont naturellement infertiles.</p> <p>On peut se demander : &agrave; quoi bon le moyen puisque le r&eacute;sultat est le m&ecirc;me ?&nbsp;Prenons une analogie. Entre la mort naturelle et l'euthanasie, la diff&eacute;rence ne se situe pas dans le r&eacute;sultat : dans les deux cas l'on meurt. On peut m&ecirc;me &eacute;prouver un d&eacute;sir (noble) de voir quelqu'un mourir par compassion face &agrave; sa souffrance. Mais dans un cas, on laisse la vie s'exprimer et dans l'autre on se l'approprie et on la manipule. Jean-Paul II appuie ce point : dire que la contraception est justifi&eacute;e revient &agrave; dire qu'il existe des situations o&ugrave; il est justifi&eacute; de ne pas reconna&icirc;tre Dieu comme Dieu. La coninence est une <em>non-procr&eacute;ation</em> tandis que la contraception est une <em>anti-procr&eacute;ation</em>. En ce sens, les m&eacute;thodes naturelles de r&eacute;gulation des naissances ne sont pas des &quot;<em>contra-ceptions</em> naturelles&quot; (par opposition &agrave; des m&eacute;thodes de contraception artificielles) mais des m&eacute;thodes de planification familiale.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Deux conceptions radicalement oppos&eacute;es de la personne</h4> <blockquote><p>&nbsp;La diff&eacute;rence anthropologique et en m&ecirc;me temps morale existant entre la contraception et le recours aux rythmes p&eacute;riodiques [est] beaucoup plus importante et plus profonde qu'on ne le pense habituellement et qui, en derni&egrave;re analyse, implique deux conceptions de la personne et de la sexualit&eacute; humaine irr&eacute;ductibles l'une &agrave; l'autre. </p> <p>Le choix des rythmes naturels comporte l'acceptation du temps de la personne, ici du cycle f&eacute;minin, et aussi l'acceptation du dialogue, du respect r&eacute;ciproque, de la responsabilit&eacute; commune, de la ma&icirc;trise de soi. Accueillir le temps et le dialogue signifie reconna&icirc;tre le caract&egrave;re &agrave; la fois spirituel et corporel de la communion conjugale, et &eacute;galement vivre l'amour personnel dans son exigence de fid&eacute;lit&eacute;. Dans ce contexte, le couple exp&eacute;rimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d'affectivit&eacute; qui constituent la nature profonde de la sexualit&eacute; humaine, jusque dans sa dimension physique. </p> <p>Ainsi, la sexualit&eacute; est respect&eacute;e et promue dans sa dimension vraiment et pleinement humaine, mais n'est jamais &laquo;utilis&eacute;e&raquo; comme un &laquo;objet&raquo; qui, dissolvant l'unit&eacute; personnelle de l'&acirc;me et du corps, atteint la cr&eacute;ation de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne.<a class="see-footnote" id="footnoteref32_u26kc2c" title="Source: Familiaris Consortio, 32" href="#footnote32_u26kc2c">32</a> </p></blockquote> <p>Deux visions du monde et de l'homme s'opposent : l'une, vision int&eacute;grale de l'homme corps et esprit ; l'autre qui voit dans le corps une r&eacute;alit&eacute; purement biologique qui n'a que peu de lien avec un esprit qui exerce sur lui sa domination. La science contemporaine pert trop souvent de vue ce lien entre corps et esprit : nous faisons de l'ing&eacute;nierie agronomique, pourquoi ne pas faire l'ing&eacute;nierie de notre propre corps ?&nbsp;</p> <p>Une distinction &eacute;galement importante est celle du type de domination que l'homme exerce sur la cr&eacute;ation, particuli&egrave;rement sur son propre corps. La vision positive de cette domination est la ma&icirc;trise de soi : c'est le cas de l'homme qui entre dans l'&eacute;coute de sa femme pour suivre son cycle naturel. Cette vision proclame : <em>le corps n'est pas tout</em>. Une autre vision, oppos&eacute;e, proclame : <em>le corps n'est rien</em>. C'est la tyrannie sur le corps, inspir&eacute;e du manich&eacute;isme. Fondamentalement perverse<a class="see-footnote" id="footnoteref33_k2121yh" title="elle intervient notamment dans de nombreux troubles dont ceux de l'alimentation" href="#footnote33_k2121yh">33</a> elle proclame que l'homme peut tout sur son corps, et qu'aucune v&eacute;rit&eacute; naturelle n'a d'influence sur ce qu'il est bon ou non de faire avec.</p> <p>Pourquoi st&eacute;rilisons-nous nos animaux ?&nbsp;justement parce qu'il ne sont pas capables de cette ma&icirc;trise de soi. Nous le pouvons. Dire le contraire revient &agrave; renier notre solitude originelle devant Dieu, &agrave; renier ce qui nous distingue des animaux et renier notre dignit&eacute; de sujets. <br /> Sans ma&icirc;trise de soi, pas de vrai don : si nous ne savons pas dire &quot;non&quot;, quelle valeur a notre &quot;oui&quot; ?&nbsp;</p> <p>En d&eacute;finitive, un fait peu reconnu &eacute;merge : la contraception n'a pas &eacute;t&eacute; invent&eacute;e pour emp&ecirc;cher les grossesses. Nous avions un moyen parfaitement s&ucirc;r, infaillible pour cela : <em>la continence</em>. Les raisons de l'invention de la contraception sont multiples, mais l'une d'entre elles est clairement la &quot;n&eacute;cessit&eacute;&quot; de satisfaire nos instincts sexuels sans restreinte ni ma&icirc;trise de soi : en bref, la <em>concupiscence</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref34_tn0bj0c" title="Il est int&eacute;ressant de constater que sur les sites web qui pr&eacute;sentent les m&eacute;thodes naturelles parmi les autres contraceptions, une contre-indication est souvent cit&eacute;e : &quot;suppose la coop&eacute;ration du partenaire&quot;.&nbsp;Cela en dit long sur la qualit&eacute; des relations..." href="#footnote34_tn0bj0c">34</a></p> <div class="special"> <div class="special-top">Zoom...</div> <p>Le Magist&egrave;re insiste sur un &eacute;l&eacute;ment qui est n&eacute;cessaire &agrave; l'&eacute;quilibre de sa position<a class="see-footnote" id="footnoteref35_zmj4qfy" title="TDC 120,1" href="#footnote35_zmj4qfy">35</a>, et qui fait souvent d&eacute;faut dans les cercles qui acceptent l'enseignement de l'&Eacute;glise sur la contraception : l'existence de <em>raisons l&eacute;gitimes</em> d'&eacute;viter une grossesse. Certains semblent oublier la n&eacute;cessit&eacute; de ces raisons l&eacute;gitimes, tandis que d'autres semblent croire que les couples seraient oblig&eacute;s de procr&eacute;er, sauf &agrave; tomber dans l'&eacute;go&iuml;sme.</p> <p>Le danger de la premi&egrave;re mentalit&eacute; est l'&eacute;go&iuml;sme exprim&eacute; dans le refus de l'enfant ; cependant la seconde mentalit&eacute; peut cacher une autre forme d'&eacute;go&iuml;sme moins &eacute;vidente.</p> <p>Les familles nombreuses sont dans leur grande majorit&eacute; issue d'une r&eacute;flexion prudente et avis&eacute;e et le don sinc&egrave;re de soi. Cependant, elles sont parfois le r&eacute;sultat d'un manque de libert&eacute; de s'abstenir de relation sexuelle.&nbsp;Or la ma&icirc;trise de soi est le pr&eacute;requis de l'amour conjugal authentique.</p> <p>La pratique de p&eacute;riodes de continence <em>choisies</em><a class="see-footnote" id="footnoteref36_wz1hpur" title="et les p&eacute;riodes infertiles ne sont pas contre-indiqu&eacute;es" href="#footnote36_wz1hpur">36</a> est sans doute d'une grande aide au d&eacute;veloppement d'un amour authentique, &agrave; condition qu'elles ne soient pas pour l'un des &eacute;poux le masque d'une r&eacute;ticence face &agrave; la sexualit&eacute;. Saint-Paul sugg&egrave;re<a class="see-footnote" id="footnoteref37_smt5eku" title="1Co 7,5" href="#footnote37_smt5eku">37</a> que ce soit pour des p&eacute;riodes courtes et pour le b&eacute;n&eacute;fice de la pri&egrave;re.<a class="see-footnote" id="footnoteref38_594om4q" title="qui a dit : &quot;car&ecirc;me&quot;&nbsp;? " href="#footnote38_594om4q">38</a></p> </div> <p> La vision de Jean-Paul II&nbsp;est une <em>interpr&eacute;tation personnaliste de la loi naturelle</em><a class="see-footnote" id="footnoteref39_x3smf3f" title="cf.&nbsp;CEC&nbsp;1954-60" href="#footnote39_x3smf3f">39</a> : celle-ci n'est pas la &quot;loi de la jungle&quot; mais l'interpr&eacute;tation du sens moral de l'homme au commencement, avant d'&ecirc;tre marqu&eacute; par le p&eacute;ch&eacute;. Elle vise donc l'appel et la vocation profonde de l'homme : plus qu'une loi naturelle impersonnelle, c'est de la fid&eacute;lit&eacute; &agrave; un <em>Cr&eacute;ateur personnel</em> qui est en jeu<a class="see-footnote" id="footnoteref40_w95ixtp" title="cf TDC&nbsp;120,6" href="#footnote40_w95ixtp">40</a>.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_4xtclyb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_4xtclyb">1.</a> Cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 47 &agrave; 52</li> <li class="footnote" id="footnote2_e6c7hs5"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_e6c7hs5">2.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 11</li> <li class="footnote" id="footnote3_2gtatwk"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_2gtatwk">3.</a> &quot;Respecter la nature et les finalit&eacute;s de l'acte matrimonial&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote4_c9xchjg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_c9xchjg">4.</a> ce qui n'est pas surprenant, vu le d&eacute;veloppement sur le <em>langage du corps</em></li> <li class="footnote" id="footnote5_c3i7p39"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_c3i7p39">5.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P57.HTM">CEC&nbsp;1691</a></li> <li class="footnote" id="footnote6_2qa7lc4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_2qa7lc4">6.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-114-avec-humanae-vitae-considerer-deux-significations-de-lacte-conjugal#2">TDC&nbsp;114,2</a> : notons que la norme n'est pas la source unique de la morale ; elle n'est pas conventionnelle ou purement sociale.</li> <li class="footnote" id="footnote7_twxk3hl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_twxk3hl">7.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-037-ladultere-dans-livres-prophetiques#6">TDC&nbsp;37,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_l5wn4jq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_l5wn4jq">8.</a> Expression due &agrave; Pr. Mary Rousseau, <em>Eucharist and Gender</em>, Catholic Dossier, 1996.</li> <li class="footnote" id="footnote9_btyem8a"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_btyem8a">9.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Ep%205:31-32&amp;version=LSG">Ep 5,31-32</a></li> <li class="footnote" id="footnote10_310tg0p"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_310tg0p">10.</a> qui souffre d'une image un peu d&eacute;suette voire compl&egrave;tement pervertie</li> <li class="footnote" id="footnote11_scjcy7n"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_scjcy7n">11.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-114-avec-humanae-vitae-considerer-deux-significations-de-lacte-conjugal#4">TDC&nbsp;114,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_pez39lg"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_pez39lg">12.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 12</li> <li class="footnote" id="footnote13_3ux4fl8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_3ux4fl8">13.</a> Note pour nos amis adeptes du <em>Sola Scriptura</em> : Certains th&eacute;ologiens protestants voient le fondement de ce rejet en <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Gn%2038:8-10&amp;version=LSG">Gn 38,8-10</a>.</li> <li class="footnote" id="footnote14_ri9k985"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_ri9k985">14.</a> On entend souvent que l'&Eacute;glise refuse de r&eacute;-examiner la question par argument d'autorit&eacute;.&nbsp;C'est en fait l'inverse : c'est par <em>manque d'autorit&eacute;</em> que l'&Eacute;glise consid&egrave;re cet enseignement comme d&eacute;finitif. L'&Eacute;glise ne s'arroge pas le droit de <em>contredire&nbsp; </em>(ie. &quot;parler contre&quot;) Dieu.</li> <li class="footnote" id="footnote15_f7jy9s1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_f7jy9s1">15.</a> <a href="http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/family/documents/rc_pc_family_doc_12021997_vademecum_fr.html">Vademecum pour les confesseurs sur certains sujets de morale li&eacute;s &agrave; la vie conjugale</a>, 2,4</li> <li class="footnote" id="footnote16_xpect46"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_xpect46">16.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 51 (14) cite par exemple <em>Casti connubi</em> de Pie XI.&nbsp;Certains ont toutefois cru &agrave; une &eacute;volution du magist&egrave;re du fait de la mention dans cette note d'une commission charg&eacute;e d'examiner plus sp&eacute;cifiquement la question de la pillule, commission que Paul VI&nbsp;a choisi de ne pas suivre dans son encyclique : ce cas est suffisament rare pour comprendre que Paul VI&nbsp;a m&ucirc;rement r&eacute;fl&eacute;chi sa d&eacute;cision.</li> <li class="footnote" id="footnote17_sfbk1ze"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_sfbk1ze">17.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 20</li> <li class="footnote" id="footnote18_7abnj0y"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_7abnj0y">18.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-118-humanae-vitae-distingue-ce-est-licite-non-pour-la-regulation-de-la-fertilite#5">TDC 118,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_i7ro43c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_i7ro43c">19.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 29 : &quot;<em>Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme &eacute;minente de charit&eacute; envers les &acirc;mes</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote20_3l4o38r"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_3l4o38r">20.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 29 : &quot;<em>Mais cela doit toujours &ecirc;tre accompagn&eacute; de la patience et de la bont&eacute; dont le Seigneur lui-m&ecirc;me a donn&eacute; l'exemple en traitant avec les hommes. Venu non pour juger, mais pour sauver il fut certes intransigeant avec le mal, mais mis&eacute;ricordieux envers les personnes. Au milieu de leurs difficult&eacute;s, que les &eacute;poux retrouvent toujours, dans la parole et dans le c&oelig;ur du pr&ecirc;tre, l'&eacute;cho de la voix et de l'amour du R&eacute;dempteur</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote21_l2m67og"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_l2m67og">21.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_06081993_veritatis-splendor_fr.html">Veritatis Splendor</a>, 103</li> <li class="footnote" id="footnote22_xdksem8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_xdksem8">22.</a> confirmant en cela les enseignements <em>et</em> du Concile <em>et </em>d'Humanae Vitae</li> <li class="footnote" id="footnote23_omuxjdb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_omuxjdb">23.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-117-paternite-materrnite-responsables-la-lumiere-dhumanae-vitae#6">TDC 117,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_d7e6h9j"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_d7e6h9j">24.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 50</li> <li class="footnote" id="footnote25_063lxfh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_063lxfh">25.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Ibid</a></li> <li class="footnote" id="footnote26_stngxzz"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_stngxzz">26.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Ibid</a></li> <li class="footnote" id="footnote27_3cwgoh4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref27_3cwgoh4">27.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Ibid</a></li> <li class="footnote" id="footnote28_zl63hax"><a class="footnote-label" href="#footnoteref28_zl63hax">28.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 51</li> <li class="footnote" id="footnote29_p98p513"><a class="footnote-label" href="#footnoteref29_p98p513">29.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%2022:19&amp;version=LSG">Lc&nbsp;22,19</a></li> <li class="footnote" id="footnote30_q60apng"><a class="footnote-label" href="#footnoteref30_q60apng">30.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%201:38&amp;version=LSG">Lc&nbsp;1,38</a></li> <li class="footnote" id="footnote31_dd76fsb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref31_dd76fsb">31.</a> et comme le dit le dicton, le silence qui suit du Mozart est toujours du Mozart</li> <li class="footnote" id="footnote32_u26kc2c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref32_u26kc2c">32.</a> Source: <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio_fr.html">Familiaris Consortio</a>, 32</li> <li class="footnote" id="footnote33_k2121yh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref33_k2121yh">33.</a> elle intervient notamment dans de nombreux troubles dont ceux de l'alimentation</li> <li class="footnote" id="footnote34_tn0bj0c"><a class="footnote-label" href="#footnoteref34_tn0bj0c">34.</a> Il est int&eacute;ressant de constater que sur les sites web qui pr&eacute;sentent les m&eacute;thodes naturelles parmi les autres contraceptions, une contre-indication est souvent cit&eacute;e : &quot;suppose la coop&eacute;ration du partenaire&quot;.&nbsp;Cela en dit long sur la qualit&eacute; des relations...</li> <li class="footnote" id="footnote35_zmj4qfy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref35_zmj4qfy">35.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-120-vision-correcte-valeurs-de-la-vie-de-la-famille#1">TDC 120,1</a></li> <li class="footnote" id="footnote36_wz1hpur"><a class="footnote-label" href="#footnoteref36_wz1hpur">36.</a> et les p&eacute;riodes infertiles ne sont pas contre-indiqu&eacute;es</li> <li class="footnote" id="footnote37_smt5eku"><a class="footnote-label" href="#footnoteref37_smt5eku">37.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%207:5&amp;version=LSG">1Co 7,5</a></li> <li class="footnote" id="footnote38_594om4q"><a class="footnote-label" href="#footnoteref38_594om4q">38.</a> qui a dit : &quot;car&ecirc;me&quot;&nbsp;? </li> <li class="footnote" id="footnote39_x3smf3f"><a class="footnote-label" href="#footnoteref39_x3smf3f">39.</a> cf.&nbsp;<a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P6O.HTM">CEC&nbsp;1954-60</a></li> <li class="footnote" id="footnote40_w95ixtp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref40_w95ixtp">40.</a> cf <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-120-vision-correcte-valeurs-de-la-vie-de-la-famille#6">TDC&nbsp;120,6</a></li> </ul> abstinence chasteté concupiscence contraception dignité de la personne domination du corps fidélité humanae vitae loi naturelle norme parentalité parentalité responsable planification familiale naturelle rédemption rédemption du corps régulation des naissances sacrement vision totale Fri, 28 Aug 2009 10:30:43 +0000 Incarnare 45 at http://www.theologieducorps.fr Eléments de Spiritualité Conjugale http://www.theologieducorps.fr/tdc/elements-de-spiritualite-conjugale <p>&nbsp;</p> <p>Les Cat&eacute;ch&egrave;ses de Jean-Paul II suivent un sch&eacute;ma bien pr&eacute;cis : lorsqu'il a enseign&eacute; un point qui pose difficult&eacute;, il ne manque pas de proclamer la <em>puissance </em>de la r&eacute;demption, et son <em>efficacit&eacute;</em> dans nos vies, qui am&egrave;ne les hommes et les femmes &agrave; ne pas seulement respecter la loi mais l'<em>accomplir dans la joie</em>. Le Pape pr&eacute;sente toujours l'<em>&eacute;thique</em> &agrave; la lumi&egrave;re de l'<em>ethos</em>, la <em>loi </em>&agrave; la lumi&egrave;re de la <em>gr&acirc;ce</em>, et ici la dimension <em>normative</em> d'Humanae Vitae dans la perspective de la <em>spiritualit&eacute; conjugale</em>.</p> <p>Pour comprendre la <em>faisabilit&eacute;</em> des enseignements du Saint-P&egrave;re, nous devons toujours garder &agrave; l'esprit son <a href="?q=node/38">enseignement sur la <em>puret&eacute;</em> comprise comme <em>vie dans l'Esprit</em></a><a class="see-footnote" id="footnoteref1_cf8wrrp" title="Ga 5,25 : Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit" href="#footnote1_cf8wrrp">1</a>. La vie conjugale des &eacute;poux n'est rien d'autre que l'engagement ferme &agrave; demeurer ouverts &agrave; l'action de l'Esprit.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>La puissance de la cons&eacute;cration sacramentelle</h4> <p>Beaucoup d'entre-nous, &agrave; la lumi&egrave;re de nos faiblesses, consid&eacute;rons l'enseignement de l'&Eacute;glise comme irr&eacute;aliste. Paul VI veut nous rassurer en affirmant que la puissance de Dieu trouve sa plus forte expression dans la faiblesse<a class="see-footnote" id="footnoteref2_x3bq257" title="2Co 12,9-10 : Mais il m'a d&eacute;clar&eacute; : &laquo; Ma gr&acirc;ce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. &raquo; Je n'h&eacute;siterai donc pas &agrave; mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand coeur pour le Christ les faiblesses" href="#footnote2_x3bq257">2</a>, lorsqu'il dit qu'il ne faut pas &quot;dissimuler les difficult&eacute;s, parfois graves, qui sont inh&eacute;rentes &agrave; la vie des &eacute;poux chr&eacute;tiens&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref3_eym2p7d" title="Humanae Vitae, 25" href="#footnote3_eym2p7d">3</a>.</p> <p>Humanae Vitae fait donc cas de la faiblesse de l'homme mais ne s'arr&ecirc;te pas l&agrave; : ce serait priver la croix de sa puissance. Sa conclusion est une supplication &agrave; Dieu pour qu'il r&eacute;pande l'abondance de sa gr&acirc;ce.&nbsp;Les hommes et les femmes peuvent-ils appliquer cet enseignement en comptant sur leurs propres forces ?&nbsp;Une r&eacute;ponse r&eacute;aliste est : &quot;non&quot;. Mais il s'adresse &agrave; des hommes et des femmes qui ont &eacute;t&eacute; <em>lib&eacute;r&eacute;s par le Christ</em> pour <em>aimer comme il aime</em>. &laquo; Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible. &raquo;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_wyjhxdq" title="Mt 19,26" href="#footnote4_wyjhxdq">4</a></p> <p>Croyons nous que le Christ est mort et ressuscit&eacute; pour nous lib&eacute;rer du p&eacute;ch&eacute; et nous donner la gr&acirc;ce de vivre selon le plan originel de Dieu ?&nbsp;Croyons-nous que l'Esprit Saint - l'amour et la puissance m&ecirc;me de Dieu - nous a &eacute;t&eacute; donn&eacute; ?&nbsp;C'est la question &agrave; laquelle nous nous confrontons : condamner l'&Eacute;glise parce qu'elle appelle les hommes et les femmes &agrave; vivre pleinement leur vocation, parce qu'elle les appelle &agrave; la saintet&eacute;, revient &agrave; r&eacute;pondre par la n&eacute;gative.&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Des moyens infaillibles pour vivre cette spiritualit&eacute;</h4> <p>Pour vivre pleinement la th&eacute;ologie du corps, Dieu, par l'&Eacute;glise, nous offre quelques ressources qui sont<a class="see-footnote" id="footnoteref5_jx7m459" title="&ocirc; surprise ?!" href="#footnote5_jx7m459">5</a> les m&ecirc;mes que pour vivre une vie chr&eacute;tienne authentique : la <em>pri&egrave;re</em>, l'<em>Eucharistie</em>, et la <em>r&eacute;conciliation</em>.</p> <ul> <li><em>la pri&egrave;re </em>: les chr&eacute;tiens sont appel&eacute;s &agrave; renouveler l'homme int&eacute;rieur. <a href="?q=node/31">Rappelons-nous</a> que le Christ nous dit que c'est &quot;<a href="?q=node/33">dans le coeur</a>&quot; que se joue notre puret&eacute;. Nous sommes donc invit&eacute;s &agrave; vivre &quot;une relation vivante et personnelle avec le Dieu vivant et vrai. Cette relation est la pri&egrave;re&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref6_klo8dqo" title="CEC&nbsp;2558" href="#footnote6_klo8dqo">6</a>.C'est ce lieu o&ugrave; nous laissons &quot;tomber nos masques et retourner notre c&oelig;ur vers le Seigneur qui nous aime afin de nous remettre &agrave; Lui comme une offrande &agrave; purifier et &agrave; transformer&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref7_6kl09z1" title="CEC 2711" href="#footnote7_6kl09z1">7</a> Nous avons d&eacute;j&agrave; cit&eacute; Jean-Paul II &agrave; ce sujet<a class="see-footnote" id="footnoteref8_ou5ajdi" title="Novo Millenio Inuente, 33" href="#footnote8_ou5ajdi">8</a> :<br /> <blockquote>&nbsp; La grande tradition mystique de l'&Eacute;glise, en Orient comme en Occident, [...] montre comment la pri&egrave;re peut progresser, comme un v&eacute;ritable dialogue d'amour, au point de rendre la personne humaine totalement poss&eacute;d&eacute;e par le Bien-Aim&eacute; divin, vibrant au contact de l'Esprit, filialement abandonn&eacute;e dans le c&oelig;ur du P&egrave;re. On fait alors l'exp&eacute;rience vivante de la promesse du Christ: &laquo; Celui qui m'aime sera aim&eacute; de mon P&egrave;re; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai &agrave; lui &raquo; (<a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%2014:21&amp;version=LSG">Jn 14,21</a>). <br /> &nbsp; Il s'agit d'un chemin totalement soutenu par la gr&acirc;ce, qui requiert toutefois un fort engagement spirituel et qui conna&icirc;t aussi de douloureuses purifications (la &laquo; nuit obscure &raquo;), mais qui conduit, sous diverses formes possibles, &agrave; la joie indicible v&eacute;cue par les mystiques comme &laquo; union sponsale &raquo;.</blockquote> <p>Pr&eacute;cisons que si nous voulons entendre Dieu nous parler, la meilleure solution est encore de L'&eacute;couter et d'accorder de l'attention &agrave; sa Parole. La lecture priante de l'&Eacute;criture Sainte fait donc pleinement partie de la pri&egrave;re pour entrer en relation avec le Verbe de Dieu.&nbsp;</p> <p> La pri&egrave;re personnelle de chacun des &eacute;poux est la fondation du couple et la pri&egrave;re conjugale son ciment.</p> </li> <li><em>l'Eucharistie</em> : en recevant l'Eucharistie, nous vivons dans la foi toute la th&eacute;ologie du corps.Ce sacrement c&eacute;l&egrave;bre l'union du Christ et de l'&Eacute;glise, le <em>don parfait du Christ</em> - &quot;voici mon corps livr&eacute; pour vous&quot; - auquel l'&Eacute;glise r&eacute;pond d'abord &quot;je ne suis pas digne de te recevoir&quot; puis, face &agrave; l'incroyable volont&eacute; de Dieu de se donner &agrave; nous<a class="see-footnote" id="footnoteref9_7hzg6ws" title="non pas malgr&eacute; notre p&eacute;ch&eacute;, mais pour nous sauver du p&eacute;ch&eacute;" href="#footnote9_7hzg6ws">9</a>- &quot;qu'il me soit fait selon ta parole&quot;. Saint &Eacute;phrem &eacute;crit : &quot;<em>celui qui le mange avec foi mange le Feu et l'Esprit</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref10_ypr0288" title="Ecclesia in Eucharistia, 17" href="#footnote10_ypr0288">10</a>. Jean-Paul II&nbsp;partage avec nous sa vision<a class="see-footnote" id="footnoteref11_6nl1zy1" title="Ecclesia in Eucharistia, 60" href="#footnote11_6nl1zy1">11</a> :&nbsp;<br /> <blockquote>Dans l'Eucharistie, nous avons J&eacute;sus, nous avons son sacrifice r&eacute;dempteur, nous avons sa r&eacute;surrection, nous avons le don de l'Esprit Saint, nous avons l'adoration, l'ob&eacute;issance et l'amour envers le P&egrave;re. Si nous n&eacute;gligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter rem&egrave;de &agrave; notre indigence?</blockquote> </li> <li><em>la r&eacute;conciliation </em>:au sein du couple, elle est essentielle pour que chacun montre &agrave; l'autre qu'il ne le ou la r&eacute;duit pas &agrave; ses imperfections, pour lui montrer sa dignit&eacute; qui r&eacute;side dans la valeur virgniale originelle de sa cr&eacute;ation et son appel &agrave; la saintet&eacute; dans la r&eacute;demption. Elle permet &eacute;galement &agrave; chacun de prendre conscience de ses propres imperfections et de r&eacute;aliser la beaut&eacute; du don de l'autre : &quot;je ne suis pas digne de te recevoir... mais dis seulement une parole et je serai gu&eacute;ri&quot;.&nbsp;<br /> Ce pardon doit &ecirc;tre fr&eacute;quent : notons qu'&agrave; la messe la phrase qui pr&eacute;c&egrave;de est prononc&eacute;e... seulement une trentaine de minutes apr&egrave;s avoir re&ccedil;u le pardon de nos p&eacute;ch&eacute;s. Cette fr&eacute;quence aide &agrave; la formation de notre conscience<a class="see-footnote" id="footnoteref12_ymqc8kd" title="cf. CEC 1458" href="#footnote12_ymqc8kd">12</a>. <p> Notre dignit&eacute; et notre salut sont dans le Christ, aussi la r&eacute;conciliation des &eacute;poux n'a de sens que si nous demandons &agrave; Dieu d'&eacute;clairer notre conscience et de restaurer en nous la puret&eacute; de nos origines, afin que nous vivions selon le plan parfait trac&eacute; par notre Cr&eacute;ateur. Le <span style="font-style: italic;">S</span><em>acrement de la R&eacute;conciliation</em> est pr&eacute;cis&eacute;ment le lieu pour cela. S'il peut &ecirc;tre dur d'y aller<a class="see-footnote" id="footnoteref13_gomdxcj" title="et l'auteur de ces lignes en sait quelque chose" href="#footnote13_gomdxcj">13</a> (car cela impose de mettre en relation la r&eacute;alit&eacute; de nos vies avec une <em>&eacute;thique</em> qui nous ext&eacute;rieurs car nous sommes p&eacute;cheurs) il est essentiel car permet d'ajuster notre coeur (de d&eacute;velopper une <em>ethos</em>) au coeur de Dieu. <br /> Le sacrement de la r&eacute;conciliation nous permet &eacute;galement de nous laisser regarder par le Christ et de contempler son regard d'amour.C'est dans ce regard que nous trouvons les forces pour mener le combat pour revendiquer notre dignit&eacute; face &agrave; l'adversaire<a class="see-footnote" id="footnoteref14_ry4fdke" title="cf. CEC&nbsp;1496" href="#footnote14_ry4fdke">14</a>.</p></li> </ul> <p>&nbsp;</p> <h4>L'amour conjugal dans la vie des &eacute;poux</h4> <p>Une th&eacute;ologie &quot;objectivisite&quot;, qui tentait de d&eacute;crire de l'ext&eacute;rieur la vie conjugale ne pouvait mettre &agrave; jour le r&ocirc;le fondamental de l'amour conjugal dans la vie des &eacute;poux. C'est pourquoi elle se concentrait sur les <em>finalit&eacute;s</em> du mariage chr&eacute;tiens, dont la premi&egrave;re est la procr&eacute;ation et les secondes sont le secours mutuel et le <a href="?q=node/32">rem&egrave;de de la concupiscence</a>.</p> <p>L'av&egrave;nement de l'amour conjugal dans la th&eacute;ologie du mariage a connu quelques difficult&eacute;s : certains ont en effet cru pouvoir l'identifier avec le secours mutuel que se doivent les &eacute;poux. En cons&eacute;quence, ils l'ont oppos&eacute; &agrave; la procr&eacute;ation comme finalit&eacute; premi&egrave;re du mariage. D'autres, face &agrave; cette erreur, se sont radicalement oppos&eacute;s (!) &agrave; l'entr&eacute;e de l'amour dans la th&eacute;ologie du mariage : ceux-l&agrave; ont eu peur de l'arriv&eacute;e de la subjectivit&eacute; dans une th&eacute;ologie objectiviste.</p> <p>Jean-Paul&nbsp;II&nbsp;r&eacute;concilie subjectivit&eacute; et v&eacute;rit&eacute; objective dans sa d&eacute;finition de l'amour. Citant Saint-Paul, il nous dit que l'amour authentique est l'amour qui &quot;trouve sa joie dans ce qui est <em>vrai</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref15_6ic1woq" title="1Co 13,6" href="#footnote15_6ic1woq">15</a>. L'amour n'est pas un simple sentiment : il proc&egrave;de de la V&eacute;rit&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref16_kcg9oxb" title="Jn 14,6" href="#footnote16_kcg9oxb">16</a> ; Dieu est Amour<a class="see-footnote" id="footnoteref17_m9esnrx" title="1Jn 4,8" href="#footnote17_m9esnrx">17</a>. L'amour coup&eacute; de Dieu n'est pas Amour, c'est une contrefa&ccedil;on du monde : l'amour authentique est toujours &quot;du P&egrave;re&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref18_at7rhzy" title="cf. 1Jn 2,16" href="#footnote18_at7rhzy">18</a>.<br /> Cet amour authentique est il possible ou sommes-nous condamn&eacute;s &agrave; la contrefa&ccedil;on ?&nbsp;Le Pape insiste toujours sur la r&eacute;alit&eacute; effective de la r&eacute;demption et sur le fait que nous sommes appel&eacute;s, et appel&eacute;s avec <em>force</em>, &agrave; la saintet&eacute;.</p> <p>Quel est la place de cet amour authentique dans le mariage ?&nbsp;L'amour conjugal est en quelque sorte le coeur, l'<em>&acirc;me</em> du mariage. Ainsi les finalit&eacute;s du mariage sont celles de l'amour conjugal.&nbsp;L'amour conjugal est l'accomplissement du mariage : c'est lui qui permet aux &eacute;poux de r&eacute;pondre aux exigences du mariage en tant que signe sacramentel.&nbsp;</p> <p>L'un des reproches fait &agrave; Humanae Vitae est que son rejet de la contraception emp&ecirc;che aux &eacute;poux d'exprimer leur amour.&nbsp;Jean-Paul II r&eacute;torque que la continence temporaire est un bon &quot;test&quot; de l'amour : un couple qui ne peut s'abstenir doit se demander s&eacute;rieusement s'il n'a pas confondu (peut-&ecirc;tre involontairement) l'amour pour sa contrefa&ccedil;on, la concupiscence.</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Enjeux spirituels de l'&eacute;thique chr&eacute;tienne</h4> <p>Choisir l'amour authentique comporte un enjeu majeur : comme le montre l'histoire de Tobie et Sarra, cet enjeu est une question de vie et de mort. C'est &eacute;galement un choix de vie, qui exige une permanence. Jean-Paul II implique que l'abstinence p&eacute;riodique, par exemple, n'est pas simplement une technique de &quot;morale temporaire&quot; : elle est sous-tendue par la chastet&eacute;, qui est une &eacute;thique de vie permanente.&nbsp;</p> <p>L'enjeu est de vivre la vertu de temp&eacute;rance. Comme l'abstinence, celle-ci a mauvaise presse, comme si toutes deux impliquaient une renonciation.&nbsp;Certes, elles impliquent de renoncer &agrave; la convoitise et &agrave; la tentation de vouloir &ecirc;tre le centre de l'univers (ou mieux, que nos pulsions imm&eacute;diates soient le centre de l'univers).&nbsp;Mais elles sont avant tout un choix positif, le choix d'&ecirc;tre capable d'orienter nos r&eacute;actions instinctives. Il ne s'agit pas de tyranniser nos passions en voulant les emp&ecirc;cher de nous tyranniser, mais de les orienter vers le bien.</p> <p>Cette vision de la continence va au-del&agrave; de la vision de St Thomas, pour qui il s'agit avant tout de la lutte de la volont&eacute; contre la pulsion : pour Jean-Paul II&nbsp;il s'agit d'orienter profond&eacute;ment notre coeur pour que m&ecirc;me nos pulsions soient orient&eacute;es vers le bien (ce que St Thomas appelait la vertu). Dans notre <a href="?q=node/32">histoire des deux &eacute;v&ecirc;ques</a>, celui qui d&eacute;tourne le regard vit la continence au sens de St Thomas, mais l'autre est r&eacute;ellement vertueux.</p> <p>Puisqu'il s'agit de faire entrer son coeur dans une disposition nouvelle, Jean-Paul II&nbsp;conseille, de mani&egrave;re tr&egrave;s pastorale, de commencer par de petites choses. Apr&egrave;s tout, aucun halt&eacute;rophile n'a commenc&eacute; en soulevant 200kg du premier coup. Enfin, la continence n'est pas seulement une chose pour laquelle nous devons nous exercer, mais aussi un don pour lequel nous devons prier. Le Cat&eacute;chisme cite St Augustin<a class="see-footnote" id="footnoteref19_ka4gi67" title="CEC&nbsp;2520" href="#footnote19_ka4gi67">19</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp; Je croyais que la continence relevait de mes propres forces, forces que je ne me connaissais pas. Et j&rsquo;&eacute;tais assez sot pour ne pas savoir que personne ne peut &ecirc;tre continent, si tu ne le lui donnes. Et certes, tu l&rsquo;aurais donn&eacute;, si de mon g&eacute;missement int&eacute;rieur, j&rsquo;avais frapp&eacute; &agrave; tes oreilles et si d&rsquo;une foi solide, j&rsquo;avais jet&eacute; en toi mon souci</p></blockquote> <p>Cet engagement est total : si certains sont pr&ecirc;ts &agrave; <em>tuer</em> pour satisfaire leur concupiscence, les chr&eacute;tiens aux doivent &ecirc;tre pr&ecirc;ts &agrave; <em>mourir </em> plut&ocirc;t que de se d&eacute;tourner de l'Amour vers la convoitise.</p> <p>Cet engagement total ne peut se faire que si l'attrait de la <em>ma&icirc;trise</em> de soi vient de l'&eacute;merveillement pour la <em>beaut&eacute;</em> de la sexualit&eacute; et non de sa <em>d&eacute;valorisation</em>. La pruderie et le rigorisme peuvent ainsi se d&eacute;guiser en vertu, mais d&eacute;montrent en fait un manque de vertu, car elles proc&egrave;dent du manich&eacute;isme qui conduit &agrave; l'insensibilit&eacute; &agrave; la valeur de l'amour. Le discernement se fait par les fruits : si la continence provient de la chastet&eacute;, alors l'union sexuelle et le fait m&ecirc;me d'&ecirc;tre embrass&eacute;e, enlac&eacute;e et caress&eacute;e par son mari procurera &agrave; sa femme une grande joie, du fait de la certitude de l'absence d'&eacute;go&iuml;sme chez celui-ci.</p> <p>Les deux formes de d&eacute;sir sont l'<em>excitation </em>et l'<em>&eacute;motion. </em>La plupart des hommes &eacute;prouveront le d&eacute;sir d'abord sous la forme de la stimulation, de l'excitation tandis que la plupart des femmes l'&eacute;prouveront d'abord sous la forme de l'&eacute;motion. <br /> Les <em>deux</em> sont bonnes &agrave; l'origine, les <em>deux</em> ont leur contrefa&ccedil;on dans la concupiscence, qui traite l'autre sexe comme un moyen d'obtenir sa propre satisfaction &eacute;go&iuml;ste, les <em>deux</em> sont l'objet de la <em>r&eacute;demption</em>. Le d&eacute;sir, dit Wojtyla<a class="see-footnote" id="footnoteref20_5jnflud" title="cf.&nbsp;Amour et Responsabilit&eacute;" href="#footnote20_5jnflud">20</a>, est la mati&egrave;re premi&egrave;re de l'amour : il est cependant nuisible de confondre la mati&egrave;re premi&egrave;re et le produit fini ! <br /> Lorsque le Pape les distingue, ce n'est d'ailleurs pas pour les opposer : c'est l'<em>union des deux langages</em> et leur interp&eacute;n&eacute;tration dans l'amour que permet la vertu.</p> <p><a href="?q=node/38">Rappelons-nous</a> que le Pape souligne que &quot;<em>l'antith&egrave;se et d'une certaine mani&egrave;re la n&eacute;gation de [...] la libert&eacute; se produit lorsque celle-ci devient un pr&eacute;texte pour 'vivre selon la chair' &quot;</em>. Vouloir se &quot;lib&eacute;rer de la continence&quot;, c'est vouloir &ecirc;tre <em>libre de la libert&eacute;</em> pour choisir <em>librement </em><em>l'esclavage</em>.</p> <p>La source et le fruit de cette &eacute;thique est la r&eacute;v&eacute;rence pour le Christ (c'est-&agrave;-dire l'&eacute;merveillement dont l'image originelle est la joie d'Adam lorsqu'il d&eacute;couvre &Egrave;ve). Lorsque qu'une femme et son mari s'ouvrent au don de la pi&eacute;t&eacute; et de la crainte de Dieu, l'Esprit inspire dans leur coeur une sensibilit&eacute; particuli&egrave;re pour tout ce qui, dans la cr&eacute;ation, refl&egrave;te la sagesse et l'amour de Dieu. Ils en viennent &agrave; voir - et v&eacute;n&eacute;rer - leur corpor&eacute;it&eacute; et leur union avec le regard bienveillant de Dieu !! A cette v&eacute;n&eacute;ration s'ajoute une crainte<a class="see-footnote" id="footnoteref21_2iedgjx" title="ne pas comprendre crainte ici comme 'peur'" href="#footnote21_2iedgjx">21</a> salvifique de porter atteinte &agrave; cette beaut&eacute;.</p> <p>En s'aimant ainsi, les &eacute;poux se reconnaissent et s'affirment mutellement.&nbsp;La concupiscence ne b&eacute;nit pas l'autre &quot;je&quot; comme une personne cr&eacute;&eacute;e pour elle m&ecirc;me ; elle voit l'autre comme un objet. Si notre but est de satisfaire un d&eacute;sir, nous pouvons le faire de nombreuses mani&egrave;re diff&eacute;rentes et avec de nombreuses personnes diff&eacute;rentes. La personne-objet de concupiscence en vient &agrave; r&eacute;aliser : &quot;tu ne <em>me </em>d&eacute;sire pas&quot;, &quot;tu ne <em>m'</em>aime pas <em>moi</em> &quot;. A l'inverse, la personne aim&eacute;e pour elle-m&ecirc;me est en paix, car elle sait qu'elle est aim&eacute;e pour son <em>&ecirc;tre entier </em>et n'a pas peur d'&ecirc;tre rejet&eacute;e : elle peut &ecirc;tre <em>nue et d&eacute;pourvue de honte</em>. C'est pourquoi <em>chaque</em> relation sexuelle compte.</p> <p>Nous savons consciemment lorsque nous vivons la relation sexuelle dans l'amour authentique ou la convoitise. Si un doute subsiste dans votre esprit, posez vous la question : &quot;est-ce que je veux que l'Esprit Saint soit pr&eacute;sent &agrave; cet instant pr&eacute;cis ?&quot; Si la r&eacute;ponse est <em>non </em> (ou un silence g&ecirc;n&eacute;), il y a des chances que vos pr&eacute;liminaires soient une sorte d'<em>anti-&eacute;picl&egrave;se</em>, comme si le pr&ecirc;tre c&eacute;l&eacute;brant l'Eucharistie disait &quot;<em>Que ton Esprit ne vienne pas sur ces dons</em>&quot;...&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Enjeux pour le monde</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;en concluant sa r&eacute;flexion de la Th&eacute;ologie du Corps sur le mariage et la sexualit&eacute; reconna&icirc;t que d'autres th&egrave;mes essentiels trouvent leur place dans cette th&eacute;ologie sans avoir pu &ecirc;tre abord&eacute;s (la maladie, l'assistance &agrave; la procr&eacute;ation, l'euthanasie, le handicap, la souffrance, la mort etc..). Aux th&eacute;ologiens de demain de se saisir de ces questions d'importance majeures pour notre civilisation.</p> <p>La question des relations entre la technique et l'&eacute;thique, abord&eacute;e en pointill&eacute;s avec la question de la contraception, m&eacute;rite un d&eacute;veloppement plus profond.</p> <p>Les <a href="http://www.theologieducorps.fr/actualites/2009/09/declarations-du-pape-sur-preservatif-appuyees-par-epidemiologiste">controverses r&eacute;centes</a> &agrave; propos de Beno&icirc;t XVI&nbsp;et du pr&eacute;servatif d&eacute;montrent qu'une certaine culture de mort veut fuir dans la technique ses responsabilit&eacute;s et la r&eacute;flexion sur le sens de la vie, en d&eacute;pit souvent d'une r&eacute;elle attention au fait scientifique et au prix d'amalgames<a class="see-footnote" id="footnoteref22_t2julgd" title="L'efficacit&eacute; du pr&eacute;servatif comme protection contre les MST&nbsp;au sein d'un couple et son efficacit&eacute; comme unique moyen de limitation d'une &eacute;pid&eacute;mie sont par exemple deux ph&eacute;nom&egrave;nes tout &agrave; fait diff&eacute;rent" href="#footnote22_t2julgd">22</a>.</p> <p>Rappelons enfin que le r&ocirc;le de l'&Eacute;glise est de &quot;porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la d&eacute;livrance, et aux aveugles qu'ils verront la lumi&egrave;re, apporter aux opprim&eacute;s la lib&eacute;ration&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref23_s7257ua" title="Lc 4,18" href="#footnote23_s7257ua">23</a> et qu'</p> <p class="rtecenter"><em>A chaque instant de l'histoire et sous toutes les latitudes, <br /> la dignit&eacute; et l'&eacute;quilibre de la vie humaine d&eacute;pend <br /> de qui elle est pour lui et de qui il est pour elle.</em></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_cf8wrrp"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_cf8wrrp">1.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ga%205,25">Ga 5,25</a> : <em> Puisque l'Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l'Esprit</em></li> <li class="footnote" id="footnote2_x3bq257"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_x3bq257">2.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=2Co%2012:9-10&amp;version=LSG">2Co 12,9-10</a> : <em>Mais il m'a d&eacute;clar&eacute; : &laquo; Ma gr&acirc;ce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. &raquo; Je n'h&eacute;siterai donc pas &agrave; mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand coeur pour le Christ les faiblesses</em></li> <li class="footnote" id="footnote3_eym2p7d"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_eym2p7d">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 25</li> <li class="footnote" id="footnote4_wyjhxdq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_wyjhxdq">4.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Mt%2019:26&amp;version=LSG">Mt 19,26</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_jx7m459"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_jx7m459">5.</a> &ocirc; surprise ?!</li> <li class="footnote" id="footnote6_klo8dqo"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_klo8dqo">6.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8U.HTM">CEC&nbsp;2558</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_6kl09z1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_6kl09z1">7.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P9H.HTM">CEC 2711</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_ou5ajdi"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_ou5ajdi">8.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html">Novo Millenio Inuente</a>, 33</li> <li class="footnote" id="footnote9_7hzg6ws"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_7hzg6ws">9.</a> non pas malgr&eacute; notre p&eacute;ch&eacute;, mais pour nous sauver du p&eacute;ch&eacute;</li> <li class="footnote" id="footnote10_ypr0288"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_ypr0288">10.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/special_features/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_20030417_ecclesia_eucharistia_fr.html">Ecclesia in Eucharistia</a>, 17</li> <li class="footnote" id="footnote11_6nl1zy1"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_6nl1zy1">11.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/special_features/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_20030417_ecclesia_eucharistia_fr.html">Ecclesia in Eucharistia</a>, 60</li> <li class="footnote" id="footnote12_ymqc8kd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_ymqc8kd">12.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P48.HTM">CEC 1458</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_gomdxcj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_gomdxcj">13.</a> et l'auteur de ces lignes en sait quelque chose</li> <li class="footnote" id="footnote14_ry4fdke"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_ry4fdke">14.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P4D.HTM">CEC&nbsp;1496</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_6ic1woq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_6ic1woq">15.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Co%2013:6&amp;version=LSG">1Co 13,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote16_kcg9oxb"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_kcg9oxb">16.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Jn%2014:6&amp;version=LSG">Jn 14,6</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_m9esnrx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_m9esnrx">17.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn%204:8&amp;version=LSG">1Jn 4,8</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_at7rhzy"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_at7rhzy">18.</a> cf. <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=1Jn%202:16&amp;version=LSG">1Jn 2,16</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_ka4gi67"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_ka4gi67">19.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8M.HTM">CEC&nbsp;2520</a></li> <li class="footnote" id="footnote20_5jnflud"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_5jnflud">20.</a> cf.&nbsp;<em>Amour et Responsabilit&eacute;</em></li> <li class="footnote" id="footnote21_2iedgjx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_2iedgjx">21.</a> ne pas comprendre crainte ici comme 'peur'</li> <li class="footnote" id="footnote22_t2julgd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_t2julgd">22.</a> L'efficacit&eacute; du pr&eacute;servatif comme protection contre les MST&nbsp;au sein d'<em>un </em>couple et son efficacit&eacute; comme <em>unique</em> moyen de limitation d'une &eacute;pid&eacute;mie sont par exemple deux ph&eacute;nom&egrave;nes tout &agrave; fait diff&eacute;rent</li> <li class="footnote" id="footnote23_s7257ua"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_s7257ua">23.</a> <a href="http://www.biblegateway.com/passage/?search=Lc%204:18&amp;version=LSG">Lc 4,18</a></li> </ul> abstinence amour combat spirituel concupiscence continence Eucharistie prière réconciliation rédemption rédemption du corps Théologie du corps Fri, 28 Aug 2009 10:32:11 +0000 Incarnare 46 at http://www.theologieducorps.fr Qu'est ce que la théologie du corps ? http://www.theologieducorps.fr/tdc/quest-ce-la-theologie-du-corps <p>La &quot;Th&eacute;ologie du Corps&quot; est la vision int&eacute;grale de la personne humaine - corps, &acirc;me et esprit - d&eacute;velopp&eacute;e par le Pape Jean Paul II.&nbsp;Comme il l'explique, le corps humain a une signification pr&eacute;cise ; il porte des r&eacute;ponses aux questions les plus essentielles de notre existence :</p> <ul> <li>La vie a t-elle un sens et, si oui, quel est-il ?&nbsp;</li> <li>Pourquoi avons-nous &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;s homme et femme ?&nbsp;que nous soyons de l'un ou l'autre sexe importe t-il vraiment ?&nbsp;</li> <li>Pourquoi l'homme et la femme &eacute;taient-ils, au commencement, appel&eacute;s &agrave; la communion ? Qu'est-ce que l'union conjugale d'un homme et d'une femme dit de Dieu et de son plan pour notre vie ?</li> <li>Quel est le sens des vocations au mariage et au c&eacute;libat ?&nbsp;</li> <li>Qu'est-ce qu'aimer ?&nbsp;</li> <li>Est-il vraiment possible d'&ecirc;tre des &quot;coeurs purs&quot; ?</li> </ul> <h4>Les cat&eacute;ch&egrave;ses du mercredi</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;a consacr&eacute; 129&nbsp;cat&eacute;ch&egrave;ses du mercredi, entre 1979&nbsp;et 1984, &agrave; r&eacute;pondre &agrave; ces questions et de nombreuses autres. Ses r&eacute;flexions s'appuient fortement sur les &Eacute;critures, principalement sur les &Eacute;vangiles, les lettres de Saint-Paul et la Gen&egrave;se.</p> <p>Elles d&eacute;veloppent une vision de l'homme vraiment positive - loin du manich&eacute;isme ou de la crainte du corps que la soci&eacute;t&eacute; pr&ecirc;te parfois, &agrave; tort, &agrave; l'&Eacute;glise. Pour cela, Jean-Paul II&nbsp;&eacute;voque l'homme originel, &quot;au commencement&quot;, tel qu'il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; et voulu par Dieu, avant de d&eacute;crire l'homme tel qu'il est aujourd'hui, apr&egrave;s le &quot;p&eacute;ch&eacute; originel&quot;, et le plan de Dieu pour son avenir. Il montre ensuite comment les vocations du mariage et du c&eacute;libat &eacute;clairent notre identit&eacute; et notre appel &agrave; vivre de l'amour de&nbsp;Dieu.</p> <h4>Ce site web</h4> <p>George Weigel, biographe de Jean-Paul II, a qualifi&eacute; ces enseignements datant du d&eacute;but de son pontificat de &quot;bombe &agrave; retardement th&eacute;ologique&quot;, affirmant qu'ils portent le changement th&eacute;ologique le plus profond que l'&Eacute;glise ait connu depuis des si&egrave;cles sur &quot;chacun des th&egrave;mes majeurs du Credo&quot;.&nbsp;</p> <p>Cependant, cet enseignement est encore peu connu : pens&eacute;e dense et souvent mal traduite, elle ne fait l'objet que de peu de commentaires en langue fran&ccedil;aise.&nbsp;Sans avoir l'ambition d'en faire un commentaire exhaustif, ce site web a pour objectif de faire conna&icirc;tre et de promouvoir les enseignements du Pape, dans un langage le plus clair et accessible possible.</p> <p>Si les r&eacute;percussions th&eacute;ologiques sont importantes, elles ne sont pas l'essentiel : cette parole peut marquer <em>chacun de nous, aujourd'hui</em>. Loin d'&ecirc;tre accessoire dans nos vies, la mani&egrave;re dont nous comprenons et vivons la corpor&eacute;it&eacute; et la sexualit&eacute; est &quot;au coeur de toute la Bible&quot;. Elle nous entra&icirc;ne dans la &quot;perspective de l'&eacute;vangile, de l'enseignement et de la mission du Christ tout entiers&quot; : cette mission, selon Jean-Paul II, est de &quot;se marier&quot; avec nous, de nous faire entra&icirc;ner dans une union d'amour &eacute;ternelle avec le P&egrave;re.</p> <p>L'union sexuelle proclame et pr&eacute;figure l'union du Christ et l'&Eacute;glise.&nbsp;En r&eacute;tablissant le lien entre la sexualit&eacute; et le myst&egrave;re chr&eacute;tien, Jean-Paul II&nbsp;ne se contente pas d'ouvrir des nouvelles perspectives pour le mariage et la famille, mais permet &agrave; chacun de red&eacute;couvrir le sens de notre existence enti&egrave;re, le sens de notre vie.</p> catéchèse Théologie du corps Mon, 17 Aug 2009 12:40:34 +0000 Incarnare 12 at http://www.theologieducorps.fr Introduction à la théologie du corps http://www.theologieducorps.fr/tdc/introduction-la-theologie-du-corps <div class="quotes-quote"> <p><em>&quot;Le corps, et lui seul, est capable de rendre visible l'invisible : le spirituel et le divin. Il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; pour amener dans la r&eacute;alit&eacute; visible du monde le myst&egrave;re cach&eacute; de toute &eacute;ternit&eacute; en Dieu, et ainsi en &ecirc;tre le signe.&quot;</em> <br /> &mdash; Jean-Paul II,<cite> Audience du 20 f&eacute;vrier 1980, <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-019-sacrement-du-mystere-de-la-verite-de-lamour#4">TDC 19,4</a></cite></p> </div> <p>Cette citation est la th&egrave;se soutenue Jean-Paul II&nbsp;dans ces cat&eacute;ch&egrave;ses. Le corps nous permet non seulement de <em>voir </em>quelque chose de ce myst&egrave;re invisible, mais &eacute;galement d'y <em>entrer</em>, d'y <em>participer</em>, de le <em>go&ucirc;ter</em>.</p> <p>Le corps est un <strong>antidote &agrave; l'abstraction spirituelle</strong> : nous sommes tous tent&eacute;s de voir Dieu comme un concept, une id&eacute;e th&eacute;ologique, ou de consid&eacute;rer l'experience de la foi comme exclusivement spirituelle et d&eacute;connect&eacute;e de toute exp&eacute;rience concr&egrave;te.&nbsp;Le Dieu que r&eacute;v&egrave;le la Bible n'est pas un concept : c'est une communion &eacute;ternelle de trois <em>Personnes</em> divines, dont l'une a demeur&eacute; parmi nous dans la <em>chair</em><em>.</em></p> <p>Jean-Paul II&nbsp;l'affirme<a class="see-footnote" id="footnoteref1_fp8a1kf" title="Audience du 2 avril 1980, TDC23,4" href="#footnote1_fp8a1kf">1</a> : <em>&quot;lorsque le Verbe s'est fait chair, le corps est entr&eacute; dans la th&eacute;ologie par la grande porte&quot;</em>. Nos questions sur le sens du corps humain nous entra&icirc;nent sur une route qui nous m&egrave;ne de l'union sexuelle &agrave; l'union du Christ et de l'Eglise, puis dans le myst&egrave;re de la Trinit&eacute;.&nbsp;</p> <p>Sur cette route, nombreux sont les obstacles : nos tabous et nos craintes face au myst&egrave;re de notre corpor&eacute;it&eacute;, homme et femme, peuvent ais&eacute;ment nous faire d&eacute;railler.&nbsp;L'ennemi ne cesse de nier la r&eacute;alit&eacute; de l'incarnation<a class="see-footnote" id="footnoteref2_c7j4eo8" title="1Jn 4,2-3: &quot;Voici comment vous saurez si l'Esprit de Dieu les inspire : tout inspir&eacute; qui proclame que J&eacute;sus Christ est venu parmi nous dans la chair, celui-l&agrave; appartient &agrave; Dieu. Tout inspir&eacute; qui refuse de proclamer J&eacute;sus, celui-l&agrave; n'appartient pas &agrave; Dieu : il a l'esprit de l'Anti-Christ, dont on vous a annonc&eacute; la venue et qui est dans le monde d&egrave;s maintenant.&quot;" href="#footnote2_c7j4eo8">2</a>. Face &agrave; tant d'obstacles, il est compr&eacute;hensible que l'histoire du corps en th&eacute;ologie ait un pass&eacute; mouvement&eacute;... Si un certain nombre de penseurs chr&eacute;tiens ont contribu&eacute; de mani&egrave;re d&eacute;cisive &agrave; comprendre de mani&egrave;re juste la beaut&eacute; du corps humain, on peut trouver dans les &eacute;crits d'autres homme d'&eacute;glise ce qui peut appara&icirc;tre comme une suspicion &agrave; l'&eacute;gard du corps.</p> <p>La Th&eacute;ologie du Corps de Jean-Paul II, en s'appuyant sur les saines fondations du pass&eacute; - notamment dans la tradition mystique - rejette et corrige clairement cette suspicion. Preuve de la difficult&eacute; de l'exercice : il a fallu 2000 ans &agrave; l'&Eacute;glise pour parvenir &agrave; formuler int&eacute;gralement cette th&eacute;ologie.</p> <p>Aujourd'hui, cette route en est &agrave; une &eacute;tape cruciale : la modernit&eacute;, qui a conduit la culture occidentale &agrave; placer au d&eacute;but du vingti&egrave;me si&egrave;cle son esp&eacute;rance dans le progr&egrave;s technique infini et dans sa supr&eacute;matie sur l'exigence de sens, a rapidement &eacute;chou&eacute;, produisant les r&eacute;gimes les plus meurtriers de l'histoire ; l'exigence de subjectivit&eacute;, inh&eacute;rente &agrave; une pens&eacute;e fortement marqu&eacute;e par le &quot;je pense donc je suis&quot;, s'est heurt&eacute;e &agrave; une expression trop objective de la morale chr&eacute;tienne, entra&icirc;nant un rejet de celle-ci : la r&eacute;volution sexuelle, au-del&agrave; de la libert&eacute; imm&eacute;diate qu'elle a apport&eacute;, a induit l'id&eacute;e du corps-objet, dont les ravages sont sans doute plus durs encore. <br /> Ce tableau noir ne doit cependant pas &ecirc;tre une cause de pessimisme : mais<em> &quot;c'est l&agrave; un sentiment injustifi&eacute;: nous avons foi en Dieu, P&egrave;re et Seigneur, en sa bont&eacute; et en sa mis&eacute;ricorde. Alors que nous sommes proches du troisi&egrave;me mill&eacute;naire de la R&eacute;demption, Dieu est en train de pr&eacute;parer pour le christianisme un grand printemps que l'on voit d&eacute;j&agrave; poindre.&quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref3_kyu6p6q" title="Redemptoris Missio, 86" href="#footnote3_kyu6p6q">3</a> Jean-Paul II&nbsp;invite &agrave; &quot;franchir le seuil de l'esp&eacute;rance&quot;.</p> <p>&nbsp;</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_fp8a1kf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_fp8a1kf">1.</a> Audience du 2 avril 1980, <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-023-mariage-accomplissement-dune-vocation#4">TDC23,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_c7j4eo8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_c7j4eo8">2.</a> 1Jn 4,2-3: &quot;<em>Voici comment vous saurez si l'Esprit de Dieu les inspire : tout inspir&eacute; qui proclame que J&eacute;sus Christ est venu parmi nous dans la chair, celui-l&agrave; appartient &agrave; Dieu. Tout inspir&eacute; qui refuse de proclamer J&eacute;sus, celui-l&agrave; n'appartient pas &agrave; Dieu : il a l'esprit de l'Anti-Christ, dont on vous a annonc&eacute; la venue et qui est dans le monde d&egrave;s maintenant.</em>&quot;</li> <li class="footnote" id="footnote3_kyu6p6q"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_kyu6p6q">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_07121990_redemptoris-missio_fr.html">Redemptoris Missio</a>, 86</li> </ul> corps incarnation invisible sacrement signe Théologie du corps visible Mon, 17 Aug 2009 15:27:41 +0000 Incarnare 15 at http://www.theologieducorps.fr La "Théologie du Corps" ? http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-theologie-du-corps <h4>Les Cat&eacute;ch&egrave;ses du mercredi</h4> <p>Initialement con&ccedil;ues par Karol Wojtila comme un livre, la &quot;Th&eacute;ologie du Corps&quot; a providentiellement trouv&eacute; un statut nouveau et une audience nouvelle du fait de l'&eacute;lection comme Pape.&nbsp;Jean-Paul II&nbsp;a souhait&eacute; en faire v&eacute;ritablement le socle de son pontificat en y consacrant les audiences du mercredi pendant pr&egrave;s de cinq ans !</p> <p>Le terme de &quot;Cat&eacute;ch&egrave;se&quot; peut &eacute;voquer pour certain une instruction destin&eacute;e aux enfants.&nbsp;En r&eacute;alit&eacute;, il vient du grec <em>katekhein</em> qui signifie '<em>faire r&eacute;sonner la Parole</em>'.&nbsp;Le but de la cat&eacute;ch&egrave;se n'est pas d'acqu&eacute;rir des connaissances ; elle vise &agrave; nous faire entrer dans une plus grande intimit&eacute; avec la Personne du Christ. Le Concile de Vatican II a d'ailleurs insist&eacute; sur la place que les &eacute;v&ecirc;ques doivent y accorder<a class="see-footnote" id="footnoteref1_2btk8le" title="&quot;la pr&eacute;dication et l'enseignement cat&eacute;ch&eacute;tique qui tiennent toujours la premi&egrave;re place&quot;, D&eacute;cret Christus Dominus - 1965" href="#footnote1_2btk8le">1</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <h4><a name="crisecorps"></a>La Crise du Corps</h4> <p>Jean-Paul II&nbsp;a consid&eacute;r&eacute; que l'un des chantiers les plus urgents de son pontificat &eacute;tait de restaurer dans les hommes et les femmes le sens de leur corpor&eacute;it&eacute;. Les p&egrave;lerins pr&eacute;sents ont fait montre de leur &eacute;tonnement : les cat&eacute;ch&egrave;ses ne sont-elles pas cens&eacute;es &eacute;voquer des sujets plus '<em>spirituels</em>'<em> </em>?&nbsp;</p> <p>C'est en fait une telle conception achr&eacute;tienne de la spiritualit&eacute; que Jean-Paul II vise par ces enseignements : l'occident est en effet contamin&eacute; par le divorce cart&eacute;sien entre le corps et l'&acirc;me :</p> <blockquote><p>&quot;Malheureusement, la pens&eacute;e occidentale, avec le d&eacute;veloppement du rationalisme moderne, s'est peu &agrave; peu &eacute;loign&eacute;e de cet enseignement. Le philosophe qui a &eacute;nonc&eacute; le principe du &laquo; cogito, ergo sum &raquo;, &laquo; je pense, donc je suis &raquo;, a aussi imprim&eacute; &agrave; la conception moderne de l'homme le caract&egrave;re dualiste qui la distingue. C'est le propre du rationalisme d'opposer chez l'homme, de mani&egrave;re radicale, l'esprit au corps, et le corps &agrave; l'esprit. Au contraire, l'homme est une personne dans l'unit&eacute; de son corps et de son esprit [...] La s&eacute;paration de l'esprit et du corps dans l'homme a eu pour cons&eacute;quence l'affermissement de la tendance &agrave; traiter le corps humain non selon les cat&eacute;gories de sa ressemblance sp&eacute;cifique avec Dieu, mais selon celles de sa ressemblance avec tous les autres corps pr&eacute;sents dans la nature, corps que l'homme utilise comme mat&eacute;riel pour son activit&eacute; en vue de la production des biens de consommation. Mais tous peuvent imm&eacute;diatement comprendre que l'application &agrave; l'homme de tels crit&egrave;res cache en r&eacute;alit&eacute; d'&eacute;normes dangers. <strong>Lorsque le corps humain [...] est utilis&eacute; comme mat&eacute;riel au m&ecirc;me titre que le corps des animaux [...] on va in&eacute;vitablement vers une terrible d&eacute;rive &eacute;thique</strong>.<a class="see-footnote" id="footnoteref2_57f0lca" title="Jean-Paul II, Lettre aux Familles, 1994" href="#footnote2_57f0lca">2</a></p></blockquote> <p>Le probl&egrave;me du culte du corps actuel n'est pas qu'il accorde trop de valeur au corps, <em>mais qu'il n'en accorde pas assez !</em> Il rejoint en effet - parfois dans l'esprit de certains chr&eacute;tiens - une vieille h&eacute;r&eacute;sie d&eacute;j&agrave; condamn&eacute;e par l'Eglise, le manich&eacute;isme, qui affirme que l'esprit serait la partie digne de la personne, le corps en &eacute;tant la partie indigne.&nbsp;Jean-Paul II&nbsp;poursuit :</p> <blockquote><p>Devant une pareille perspective anthropologique, la famille humaine en arrive &agrave; vivre l'exp&eacute;rience d'un <strong>nouveau manich&eacute;isme</strong>, dans lequel le corps et l'esprit sont radicalement mis en opposition : le corps ne vit pas de l'esprit, et l'esprit ne vivifie pas le corps. Ainsi, l'homme cesse de vivre comme personne et comme sujet. Malgr&eacute; les intentions et les d&eacute;clarations contraires, il devient exclusivement <strong>un objet.</strong> Dans ce sens, par exemple, cette civilisation n&eacute;o-manich&eacute;enne porte &agrave; consid&eacute;rer la sexualit&eacute; humaine plus comme un <strong>terrain de manipulations et d'exploitation </strong>que comme la r&eacute;alit&eacute; de cet &eacute;tonnement originel qui, au matin de la cr&eacute;ation, pousse Adam &agrave; s'&eacute;crier &agrave; la vue d'Eve : &laquo; C'est l'os de mes os et la chair de ma chair &raquo; (Gn 2, 23). C'est l'&eacute;tonnement dont on per&ccedil;oit l'&eacute;cho dans les paroles du Cantique des Cantiques : &laquo; Tu me fais perdre le sens, ma s&oelig;ur, &ocirc; fianc&eacute;e, tu me fais perdre le sens par un seul de tes regards &raquo; (Ct 4, 9). Comme certaines conceptions modernes sont loin de la compr&eacute;hension profonde de la masculinit&eacute; et de la f&eacute;minit&eacute; offerte par la R&eacute;v&eacute;lation divine ! Cette derni&egrave;re nous fait d&eacute;couvrir <strong>dans la sexualit&eacute; humaine une richesse de la personne </strong>qui trouve sa v&eacute;ritable mise en valeur dans la famille et qui exprime aussi sa vocation profonde dans la virginit&eacute; et dans le c&eacute;libat pour le R&egrave;gne de Dieu.</p></blockquote> <p>Nous sommes faits &agrave; l'image et &agrave; la ressemblance de Dieu, affirme la Bible.. cependant, nous perdons de vue ce fait, pour nous attacher &agrave; notre similarit&eacute; aux animaux. En d&eacute;shumanisant ainsi le corps, nous le r&eacute;ifions, le dominons et l'exploitons. L'expression principale de la corpor&eacute;it&eacute; &eacute;tant la sexualit&eacute;, c'est celle-ci qui subit une blessure profonde.&nbsp;</p> <p>Pour d&eacute;passer cette vision du corps, nous devons retrouver l'<em>&eacute;merveillement originel </em>qu'inspirait &agrave; Adam la vue du corps humain. Nous devons reconna&icirc;tre le <em>tr&eacute;sor</em> que constitue la sexualit&eacute; en ce qu'elle est un signe de notre ressemblance &agrave; Dieu et un appel &agrave; vivre &agrave; l'image de Dieu dans le don sinc&egrave;re de soi.&nbsp;C'est le but de la Th&eacute;ologie du Corps de Jean-Paul II.</p> <h4>L'&Eacute;vangile du Corps</h4> <p>La Th&eacute;ologie du Corps est <em>plus qu'une cat&eacute;ch&egrave;se sur l'amour et la sexualit&eacute;</em> : c'est une r&eacute;ponse, non seulement &agrave; la r&eacute;volution sexuelle, mais aussi aux Lumi&egrave;res, au dualisme cart&eacute;sien et aux anthropologies d&eacute;sincarn&eacute;es qui se r&eacute;pandent.</p> <p>Du d&eacute;but &agrave; la fin, ces cat&eacute;ch&egrave;ses appellent &agrave; <em>rencontrer le Christ</em> <em>vivant et incarn&eacute;, </em>et &agrave; comprendre comment <em>son </em>corps nou rev&egrave;le le sens de <em>nos</em> corps.&nbsp;Le Concile Vatican II le r&eacute;sume ainsi :</p> <blockquote><p>En r&eacute;alit&eacute;, le myst&egrave;re de l'homme ne s'&eacute;claire vraiment que dans le myst&egrave;re du Verbe Incarn&eacute;. Adam, en effet, le premier homme, &eacute;tait la figure de Celui qui devait venir le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la r&eacute;v&eacute;lation m&ecirc;me du myst&egrave;re du P&egrave;re et de son amour, manifeste pleinement l'homme &agrave; lui-m&ecirc;me et lui d&eacute;couvre la sublimit&eacute; de sa vocation.<a class="see-footnote" id="footnoteref3_cnfejo9" title="Gaudium et Spes, 22" href="#footnote3_cnfejo9">3</a></p></blockquote> <p>Le <strong>corps du Christ&nbsp;</strong>proclame l'&eacute;vangile du corps : le Verbe n'a pas choisi d'&ecirc;tre un &quot;pur esprit&quot;. Il s'est incarn&eacute; dans le corps d'une femme vierge, a voulu &ecirc;tre baptis&eacute; dans le Jourdain, est transfigur&eacute; sur la montagne, a gu&eacute;ri les malades et pris soin des foules qui avaient faim, avant de livrer son <em>corps</em> pour souffrir sa passion.</p> <p>Nous sommes appel&eacute;s &agrave; partager la vie divine : c'est m&ecirc;me le but de notre cr&eacute;ation<a class="see-footnote" id="footnoteref4_n57zrqu" title="Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-m&ecirc;me, dans un dessein de pure bont&eacute;, a librement cr&eacute;&eacute; l&rsquo;homme pour le faire participer &agrave; sa vie bienheureuse, Cat&eacute;chisme de l'Eglise Catholique, 1" href="#footnote4_n57zrqu">4</a> Nous sommes appel&eacute;s &agrave; l'union avec le Dieu qui a <em>pris chair</em>. Car l'union de l'homme et de la femme en une chair est un &quot;grand myst&egrave;re&quot; qui, d&egrave;s le d&eacute;but de la Gen&egrave;se, signifie et pr&eacute;figure l'union du Christ et de l'&Eacute;glise<a class="see-footnote" id="footnoteref5_9lb1nwa" title="Saint Paul : &quot;A cause de cela, l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme et tous les deux ne feront plus qu'un. Ce myst&egrave;re est grand : je le dis en pensant au Christ et &agrave; l'&Eacute;glise&quot;, Ep 5,31-32" href="#footnote5_9lb1nwa">5</a>. Ceci est une bonne nouvelle, l'<em>&Eacute;vangile du Corps</em></p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_2btk8le"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_2btk8le">1.</a> <em>&quot;la pr&eacute;dication et l'enseignement cat&eacute;ch&eacute;tique qui tiennent toujours la premi&egrave;re place</em>&quot;, <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_decree_19651028_christus-dominus_fr.html">D&eacute;cret Christus Dominus - 1965</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_57f0lca"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_57f0lca">2.</a> Jean-Paul II, <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/letters/documents/hf_jp-ii_let_02021994_families_fr.html">Lettre aux Familles, 1994</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_cnfejo9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_cnfejo9">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 22</li> <li class="footnote" id="footnote4_n57zrqu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_n57zrqu">4.</a> <em>Dieu, infiniment Parfait et Bienheureux en Lui-m&ecirc;me, dans un dessein de pure bont&eacute;, a librement cr&eacute;&eacute; l&rsquo;homme pour le faire participer &agrave; sa vie bienheureuse</em>, <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P3.HTM">Cat&eacute;chisme de l'Eglise Catholique, 1</a></li> <li class="footnote" id="footnote5_9lb1nwa"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_9lb1nwa">5.</a> Saint Paul : &quot;<em>A cause de cela, l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme et tous les deux ne feront plus qu'un. Ce myst&egrave;re est grand : je le dis en pensant au Christ et &agrave; l'&Eacute;glise</em>&quot;, <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ep%205,31-32">Ep 5,31-32</a></li> </ul> catéchèse crise du corps culte du corps évangile du corps Théologie du corps Tue, 18 Aug 2009 17:17:57 +0000 Incarnare 16 at http://www.theologieducorps.fr Le corps, théologique ? http://www.theologieducorps.fr/tdc/corps-theologique <h4>Le Corps, sacrement</h4> <p>Lorsque l'on nous dit 'th&eacute;ologie', peu d'entre nous pense 'corps' ; &agrave; l'inverse lorsque l'on parle du corps, nous ne faisons pas n&eacute;cessairement le lien avec Dieu.&nbsp;L'expression 'Th&eacute;ologie du Corps' peut ainsi sembler une construction artificielle entre deux r&eacute;alit&eacute;s qui n'ont rien &agrave; voir.&nbsp;</p> <p>Cela d&eacute;montre &agrave; quel point la vision du monde cart&eacute;sienne s'est ancr&eacute;e dans nos esprits et comment nous nous sommes &eacute;loign&eacute;s d'une vision v&eacute;ritablement chr&eacute;tienne (ie. qui prend en compte l'incarnation) du monde. Saint-Paul nous dit clairement &agrave; quel point ces deux r&eacute;alit&eacute;s sont li&eacute;es : &quot;Le corps est [...] pour le Seigneur J&eacute;sus, et le Seigneur est pour le corps&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref1_k8ff4ke" title="1Co 6,13" href="#footnote1_k8ff4ke">1</a></p> <p>En effet, nous ne pouvons voir Dieu ; cependant, le Verbe (<em>Logos</em>) s'est fait chair et il a habit&eacute; parmi nous<a class="see-footnote" id="footnoteref2_fneh2km" title="Jn 1,14" href="#footnote2_fneh2km">2</a> et ainsi s'est rendu visible. Le Cat&eacute;chisme de l'Eglise Catholique affirme que <em>dans le corps de J&eacute;sus, &quot;&nbsp;Dieu qui est par nature invisible est devenu visible &agrave; nos yeux&nbsp;&quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref3_b1kpthf" title="CEC 477" href="#footnote3_b1kpthf">3</a>.&nbsp;</p> <p>Rendre visible l'invisible, c'est ce que Jean-Paul II&nbsp;entend par '<em>sacrement</em>' (dans un sens plus large que les 7 sacrements) : le corps humain est <em>sacrement de la personne</em> dans la mesure o&ugrave; il indique qu'il y a chez lui plus que chez les animaux ; le corps du Christ est <em>sacrement de la personne divine</em>.<a class="see-footnote" id="footnoteref4_cy1aa31" title="CEC 515 : Les &Eacute;vangiles sont &eacute;crits par des hommes qui ont &eacute;t&eacute; parmi les premiers &agrave; avoir la foi (cf. Mc 1, 1&nbsp;; Jn 21, 24) et qui veulent la faire partager &agrave; d&rsquo;autres. Ayant connu dans la foi qui est J&eacute;sus, ils ont pu voir et faire voir lestraces de son myst&egrave;redans toute sa vie terrestre. Des langes de sa nativit&eacute; (cf. Lc 2, 7) jusqu&rsquo;au vinaigre de sa passion (cf. Mt 27, 48) et au suaire de sa R&eacute;surrection (cf. Jn 20, 7), tout dans la vie de J&eacute;sus est signe de son myst&egrave;re. A travers ses gestes, ses miracles, ses paroles, il a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;&quot;&nbsp;en Lui habite corporellement toute la pl&eacute;nitude de la divinit&eacute;&nbsp;&quot; (Col 2, 9). Son humanit&eacute; appara&icirc;t ainsi comme le &quot;&nbsp;sacrement&nbsp;&quot;, c&rsquo;est-&agrave;-dire le signe et l&rsquo;instrument de sa divinit&eacute; et du salut qu&rsquo;il apporte&nbsp;: ce qu&rsquo;il y avait de visible dans sa vie terrestre conduisit au myst&egrave;re invisible de sa filiation divine et de sa mission r&eacute;demptrice." href="#footnote4_cy1aa31">4</a></p> <p>Ainsi le corps humain n'est <strong>pas seulement biologique, mais &eacute;galement th&eacute;ologique</strong>. Une vision qui consid&eacute;rerait que le corps n'est qu'un point de r&eacute;f&eacute;rence biologique emp&ecirc;che de comprendre et de vivre la sexualit&eacute; dans sa signification compl&egrave;te.</p> <p>Selon le Pape, <a href="http://?q=node/15">seul le corps est capable de rendre visible l'invisible</a>. Contrairement &agrave; l'id&eacute;e largement r&eacute;pandue (m&ecirc;me chez les catholiques, malgr&eacute; son caract&egrave;re compl&egrave;tement h&eacute;r&eacute;tique), la personne humaine n'est pas un esprit pi&eacute;g&eacute; dans un corps ; le corps n'est pas une carapace<a class="see-footnote" id="footnoteref5_nn2zk75" title="ou &quot;l'homme n'est pas dans son corps comme un pilote en son navire&quot;, r&eacute;futait St Thomas d'Aquin contre l'id&eacute;e de Platon" href="#footnote5_nn2zk75">5</a>. L'&ecirc;tre humain est une union profonde d'un corps et d'une &acirc;me<a class="see-footnote" id="footnoteref6_eg0jter" title="CEC&nbsp;365 : &quot;L&rsquo;unit&eacute; de l&rsquo;&acirc;me et du corps est si profonde que l&rsquo;on doit consid&eacute;rer l&rsquo;&acirc;me comme la &quot;&nbsp;forme&nbsp;&quot; du corps (cf. Cc. Vienne en 1312&nbsp;: DS 902)&nbsp;; c&rsquo;est-&agrave;-dire, c&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;&acirc;me spirituelle que le corps constitu&eacute; de mati&egrave;re est un corps humain et vivant&nbsp;; l&rsquo;esprit et la mati&egrave;re, dans l&rsquo;homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature.&quot;" href="#footnote6_eg0jter">6</a> : la personne humaine <strong>n'a pa</strong><strong>s un corps, elle 'est' un corps.</strong> Nous ne somme pas des esprits incarn&eacute;s, mais des corps spirituels.</p> <h4>Signe du myst&egrave;re cach&eacute; en Dieu</h4> <p>Quel est le &quot;<em>myst&egrave;re tenu cach&eacute; depuis toujours en Dieu</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref7_lp5nff4" title="cf. Ep 3,9" href="#footnote7_lp5nff4">7</a> ? Comment le corps en est-il le signe ?&nbsp;</p> <p>N'entrons pas avec trop de d&eacute;sinvolture dans ces questions, puisque le Saint-P&egrave;re y a consacr&eacute; patiemment 129&nbsp;cat&eacute;ch&egrave;ses.. nous ne commen&ccedil;ons ici qu'&agrave; &eacute;gratigner la surface de la surface..</p> <p>Quelques indications pr&eacute;liminaires toutefois : dans le christianisme, le mot '<em>myst&egrave;re</em>' ne signifie pas une &eacute;nigme divine &agrave; r&eacute;soudre, ni une connaissance r&eacute;serv&eacute;e &agrave; des initi&eacute;s<a class="see-footnote" id="footnoteref8_1m93bz4" title="&ccedil;a, c'est le gnosticisme, et c'est une h&eacute;r&eacute;sie condamn&eacute;e par l'&Eacute;glise d&egrave;s les premiers si&egrave;cles :)" href="#footnote8_1m93bz4">8</a>: il indique la profondeur d'une r&eacute;alit&eacute; qu'on ne peut concevoir parfaitement, toujours plus &agrave; d&eacute;couvrir, l'identit&eacute; profonde de Dieu. Ce myst&egrave;re, indicible et incommunicable<a class="see-footnote" id="footnoteref9_bqtp6kf" title="au sens de communicare, 'qui n'est pas commun'" href="#footnote9_bqtp6kf">9</a>, et l'homme ne peut y acc&eacute;der par ses propres forces : c'est le Myst&egrave;re qui choisit de venir &agrave; notre niveau et de se r&eacute;v&eacute;ler (et il l'a <em>fait</em>). Le Cat&eacute;chisme l'exprime ainsi<a class="see-footnote" id="footnoteref10_ghaknau" title="CEC 221" href="#footnote10_ghaknau">10</a> :</p> <blockquote><p>&quot;&nbsp;Dieu est Amour&nbsp;&quot; (1 Jn 4, 8. 16)&nbsp;: l&rsquo;&Ecirc;tre m&ecirc;me de Dieu est Amour. En envoyant dans la pl&eacute;nitude des temps son Fils unique et l&rsquo;Esprit d&rsquo;Amour, Dieu r&eacute;v&egrave;le son secret le plus intime (cf. 1 Co 2, 7-16&nbsp;; Ep 3, 9-12)&nbsp;: Il est Lui-m&ecirc;me &eacute;ternellement &eacute;change d&rsquo;amour&nbsp;: P&egrave;re, Fils et Esprit Saint, et Il nous a destin&eacute;s &agrave; y avoir part.</p></blockquote> <p>Dieu n'est pas un tyran, ni un esclavagiste ; Il n'est pas un vieil homme barbu assis sur un tr&ocirc;ne et pr&egrave;s &agrave; nous frapper de ses foudres si nous le trahissons. Il n'est pas non plus une 'force impersonelle' &agrave; l'origine du cosmos. Dieu s'est r&eacute;v&eacute;l&eacute; en J&eacute;sus-Christ, par le Saint-Esprit, comme <em>&eacute;ternellement &eacute;change d'amour</em>.</p> <p>Le Cat&eacute;chisme insiste<a class="see-footnote" id="footnoteref11_9edku8y" title="CEC 293" href="#footnote11_9edku8y">11</a> en d&eacute;clarant que la seule raison de notre cr&eacute;ation est pour que nous partagions son amour et sa bont&eacute; :</p> <blockquote><p>&nbsp;Dieu n&rsquo;a pas d&rsquo;autre raison pour cr&eacute;er que son amour et sa bont&eacute;</p></blockquote> <p>Ainsi, tout est <em>don</em> et le bonheur et l'&eacute;panouissement ne peuvent &ecirc;tre trouv&eacute;s que dans l'accueil de ce don. Toute aspiration humaine, toute blessure est signe de notre soif de recevoir ce don - c'est &agrave; dire de participer &agrave; cet &eacute;change d'amour &eacute;ternel.&nbsp;C'est <em>cette </em>r&eacute;alit&eacute; th&eacute;ologique que le corps humain signifie.</p> <p>Qu'est-ce qui nous permet de voir cet appel dans le corps humain ? Le Pape Jean-Paul II&nbsp;affirme que c'est pr&eacute;cis&eacute;ment la beaut&eacute; gratuite de la diff&eacute;rence sexuelle et de l'appel &agrave; l'homme et &agrave; la femme &agrave; devenir&quot;<em>une chair&quot;</em> (Gn 2,24):</p> <blockquote><p>Le sacrement, c'est &agrave; dire le signe visible, est constitu&eacute; de l'Homme, [...] &agrave; travers sa 'masculinit&eacute;' et sa 'f&eacute;minit&eacute;' visibles. [...] Dans ce contexte sacramentel, nous comprenons maintenant pleinement les mots qui constituent le sacrement du mariage, dans Gn 2,24:<em>&quot;l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un.&quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref12_2drqqpj" title="TDC 19,4" href="#footnote12_2drqqpj">12</a></p></blockquote> <p>&nbsp;En d'autres mots, dans le plan de Dieu, c'est l'union conjugale qui communique au monde et signifie le mieux le 'grand myst&egrave;re' de la Trinit&eacute;. Le cardinal Angelo Scola compl&egrave;te<a class="see-footnote" id="footnoteref13_rfctwxa" title="dans The Nuptial Mystery, p131" href="#footnote13_rfctwxa">13</a> en disant que la sexualit&eacute; humaine est un &quot;<em>&eacute;cho dans la cr&eacute;ature du Myst&egrave;re insondable dont le Christ a lev&eacute; le voile : l'unit&eacute; dans la diversit&eacute; de la Trinit&eacute;, les trois personnes qui ne sont qu'un Dieu. [...] le mot appropri&eacute; ce myst&egrave;re imp&eacute;n&eacute;trable est 'Communion'&quot;. </em></p> <p>Le Myst&egrave;re est infiniment plus grand que le corps qui le signifie ; toutefois, le corps permet non seulement de voir ce Myst&egrave;re, mais d'en <em>faire l'exp&eacute;rience</em>.&nbsp;Le signe du sacrement est efficace, c'est la logique de l'Incarnation. Le Cat&eacute;chisme exprime cela ainsi<a class="see-footnote" id="footnoteref14_r9fyff0" title="CEC 1146" href="#footnote14_r9fyff0">14</a> :</p> <blockquote><p>Dans la vie humaine, signes et symboles occupent une place importante. L&rsquo;homme &eacute;tant un &ecirc;tre &agrave; la fois corporel et spirituel, exprime et per&ccedil;oit les r&eacute;alit&eacute;s spirituelles &agrave; travers des signes et des symboles mat&eacute;riels. Comme &ecirc;tre social, l&rsquo;homme a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui, par le langage, par des gestes, par des actions. Il en est de m&ecirc;me pour sa relation &agrave; Dieu.</p></blockquote> <h4>Le lien entre th&eacute;ologie et anthropologie</h4> <p>A nos yeux (obscurcis par le p&eacute;ch&eacute;), une telle affirmation semble presque trop os&eacute;e : comment notre corps, 'terre-&agrave;-terre', peut-il avoir vocation &agrave; r&eacute;v&eacute;ler une r&eacute;alit&eacute; divine si grande ?&nbsp;Ce lien entre th&eacute;ologie et anthropologie est l'un des principaux enseignements re&ccedil;us du Concile Vatican II. Quelques soient nos peurs, Jean-Paul II insiste que nous devons nous y ouvrir &quot;<em>avec foi, ouverture d'esprit et de tout c&oelig;ur</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref15_tfusky4" title="Dives in misericordia, 1: Plus la mission de l'Eglise est centr&eacute;e sur l'homme -plus elle est, pour ainsi dire, anthropocentrique-, plus aussi elle doit s'affirmer et se r&eacute;aliser de mani&egrave;re th&eacute;ocentrique, c'est-&agrave;-dire s'orienter en J&eacute;sus-Christ vers le P&egrave;re. Tandis que les divers courants de pens&eacute;e, anciens et contemporains, &eacute;taient et continuent &agrave; &ecirc;tre enclins &agrave; s&eacute;parer et m&ecirc;me &agrave; opposer th&eacute;ocentrisme et anthropocentrisme, l'Eglise au contraire, &agrave; la suite du Christ, cherche &agrave; assurer leur conjonction organique et profonde dans l'histoire de l'homme. C'est l&agrave; un des principes fondamentaux, et peut &ecirc;tre m&ecirc;me le plus important, de l'enseignement du dernier Concile. Si nous nous proposons donc comme t&acirc;che principale, dans la phase actuelle de l'histoire de l'Eglise, de mettre en &oelig;uvre l'enseignement de ce grand Concile, nous devons nous r&eacute;f&eacute;rer &agrave; ce principe avec foi, ouverture d'esprit et de tout c&oelig;ur." href="#footnote15_tfusky4">15</a></p> <p>Par l'Incarnation, le lien entre ces deux r&eacute;alit&eacute;s est le corps humain.&nbsp;Le corps du Christ est &quot;<em>tabernacle de gloire,[...] o&ugrave; le divin et l'humain se rencontrent dans une &eacute;treinte qui ne pourra jamais &ecirc;tre bris&eacute;e</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref16_7wrxz0d" title="Orientale Lumen, 15" href="#footnote16_7wrxz0d">16</a> et le Christ est &quot;<em>visage humain de Dieu et visage divin de l'homme</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref17_fpnyuqh" title="Ecclesia in America, 67" href="#footnote17_fpnyuqh">17</a>.</p> <p>Le christianisme est souvent accus&eacute; de <strong>diaboliser </strong>le corps : le diable diabolise le corps et en accuse l'Eglise.. au contraire, l'&Eacute;glise <strong>divinise </strong>le corps ! Le Cat&eacute;chisme, citant Saint Athanase, nous apprend que &quot;<em>le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref18_hdh1bnn" title="CEC 460" href="#footnote18_hdh1bnn">18</a>, suivant ainsi les &Eacute;critures qui affirment que dans le corps, par le Christ, &quot;<em>habite la pl&eacute;nitude de la divinit&eacute;</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref19_htn2z9j" title="Col 2,9" href="#footnote19_htn2z9j">19</a>.</p> <h5>Le scandale du Corps</h5> <p>Les paradoxes et implications de l'Incarnation n'ont cess&eacute; de stup&eacute;fier les chr&eacute;tiens<a class="see-footnote" id="footnoteref20_awd7iwt" title="toutes les controverses des premiers si&egrave;cles, notamment l'Arianisme, le Doc&eacute;tisme,&nbsp; le Nestorianisme et le Monophysisme, en sont un t&eacute;moinage clair" href="#footnote20_awd7iwt">20</a> (et ne cessent de nous surprendre) : une divinit&eacute; purement spirituelle est bien plus pratique et bien plus attrayante qu'un Dieu qui a choisi un corps humain.&nbsp;</p> <p>Les Chr&eacute;tiens sont ceux qui, face &agrave; ces paradoxes et implications, affirment &quot;je crois&quot; (<em>credo</em>).&nbsp;L'&Eacute;glise catholique reste en &eacute;merveillement face &agrave; ce myst&egrave;re, honorant les entrailles qui L'ont port&eacute; et le sein qui L'a nourri<a class="see-footnote" id="footnoteref21_8uxcbb2" title="cf. Lc 11,27" href="#footnote21_8uxcbb2">21</a>. Une suspicion &agrave; l'&eacute;gard du corps couvre toute l'exp&eacute;rience humaine. Les chr&eacute;tiens ont &eacute;t&eacute; - et sont - parfois affect&eacute;s par cette suspicion, mais l'&Eacute;glise a d&eacute;fendu la bont&eacute; du monde physique et le caract&egrave;re sacr&eacute; du corps humain contre nombre d'h&eacute;r&eacute;sies<a class="see-footnote" id="footnoteref22_xr96ugu" title="dont l'Arianisme, le Doc&eacute;tisme,&nbsp; le Nestorianisme et le Monophysisme" href="#footnote22_xr96ugu">22</a>.</p> <p>L'&Eacute;glise combat encore aujourd'hui la dichotomie h&eacute;r&eacute;tique &quot;esprit = bien /&nbsp;corps = mal&quot; dont beaucoup croient encore qu'il s'agit d'une croyance v&eacute;ritablement chr&eacute;tienne.. comment insister suffisament ? <em><strong>Le christianisme ne rejette pas le Corps ! </strong></em>Le Cat&eacute;chisme le proclame<a class="see-footnote" id="footnoteref23_xt05dmu" title="CEC 1015" href="#footnote23_xt05dmu">23</a>:</p> <blockquote><p>La <strong>chair </strong>est le pivot du salut. Nous croyons en Dieu qui est le cr&eacute;ateur de la <strong>chair </strong>; nous croyons au Verbe fait <strong>chair </strong>pour racheter la <strong>chair </strong>; nous croyons en la r&eacute;surrection de la <strong>chair</strong>, ach&egrave;vement de la cr&eacute;ation et de la r&eacute;demption de la <strong>chair</strong></p></blockquote> <p>Nous faisons l'exp&eacute;rience de la pr&eacute;sence de Dieu de la mani&egrave;re la plus intime <em>dans notre corps</em>, et les <em>sacrements</em> sont les signes visble de la r&eacute;alit&eacute; invisible de l'action de Dieu. Le mariage n'est pas juste l'un des sacrements : dans la mesure o&ugrave; il nous indique &quot;<em>depuis le commencement</em>&quot; le myst&egrave;re de l'union du Christ et de l'&Eacute;glise, il est selon Jean-Paul II&nbsp;le <em>fondement de tout l'ordre sacramentel</em><a class="see-footnote" id="footnoteref24_4l64991" title="TDC 96,7" href="#footnote24_4l64991">24</a>. Cela signifie qu'il est le <em>prototype</em> de tous les sacrements<a class="see-footnote" id="footnoteref25_gtjef8h" title="TDC&nbsp;99,2" href="#footnote25_gtjef8h">25</a> : le but de chacun &eacute;tant de nous unir avec le Christ (l'Epoux), ce mysticisme nuptial est tr&egrave;s pr&eacute;sent dans le catholicisme<a class="see-footnote" id="footnoteref26_h995p71" title="e.g. chez les carm&eacute;lites, comme Sainte Th&eacute;r&egrave;se d'Avila, Saint Jean de la Croix, Sainte Th&eacute;r&egrave;se de Lisieux" href="#footnote26_h995p71">26</a> et dans la Th&eacute;ologie du Corps.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_k8ff4ke"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_k8ff4ke">1.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?1Co%206,13">1Co 6,13</a></li> <li class="footnote" id="footnote2_fneh2km"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_fneh2km">2.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Jn%201,14">Jn 1,14</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_b1kpthf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_b1kpthf">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1G.HTM">CEC 477</a></li> <li class="footnote" id="footnote4_cy1aa31"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_cy1aa31">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1I.HTM">CEC 515</a> : Les &Eacute;vangiles sont &eacute;crits par des hommes qui ont &eacute;t&eacute; parmi les premiers &agrave; avoir la foi (cf. Mc 1, 1&nbsp;; Jn 21, 24) et qui veulent la faire partager &agrave; d&rsquo;autres. Ayant connu dans la foi qui est J&eacute;sus, ils ont pu voir et faire voir lestraces de son myst&egrave;redans toute sa vie terrestre. Des langes de sa nativit&eacute; (cf. Lc 2, 7) jusqu&rsquo;au vinaigre de sa passion (cf. Mt 27, 48) et au suaire de sa R&eacute;surrection (cf. Jn 20, 7), tout dans la vie de J&eacute;sus est signe de son myst&egrave;re. A travers ses gestes, ses miracles, ses paroles, il a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute; qu&rsquo;&quot;&nbsp;en Lui habite corporellement toute la pl&eacute;nitude de la divinit&eacute;&nbsp;&quot; (Col 2, 9). Son humanit&eacute; appara&icirc;t ainsi comme le &quot;&nbsp;sacrement&nbsp;&quot;, c&rsquo;est-&agrave;-dire le signe et l&rsquo;instrument de sa divinit&eacute; et du salut qu&rsquo;il apporte&nbsp;: ce qu&rsquo;il y avait de visible dans sa vie terrestre conduisit au myst&egrave;re invisible de sa filiation divine et de sa mission r&eacute;demptrice.</li> <li class="footnote" id="footnote5_nn2zk75"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_nn2zk75">5.</a> ou <em>&quot;l'homme n'est pas dans son corps comme un pilote en son navire</em>&quot;, r&eacute;futait St Thomas d'Aquin contre l'id&eacute;e de Platon</li> <li class="footnote" id="footnote6_eg0jter"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_eg0jter">6.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1C.HTM">CEC&nbsp;365</a> : &quot;<em>L&rsquo;unit&eacute; de l&rsquo;&acirc;me et du corps est si profonde que l&rsquo;on doit consid&eacute;rer l&rsquo;&acirc;me comme la &quot;&nbsp;forme&nbsp;&quot; du corps (cf. Cc. Vienne en 1312&nbsp;: DS 902)&nbsp;; c&rsquo;est-&agrave;-dire, c&rsquo;est gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;&acirc;me spirituelle que le corps constitu&eacute; de mati&egrave;re est un corps humain et vivant&nbsp;; l&rsquo;esprit et la mati&egrave;re, dans l&rsquo;homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature.&quot;</em></li> <li class="footnote" id="footnote7_lp5nff4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_lp5nff4">7.</a> cf. <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ep%203,9">Ep 3,9</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_1m93bz4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_1m93bz4">8.</a> &ccedil;a, c'est le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gnosticisme">gnosticisme</a>, et c'est une h&eacute;r&eacute;sie condamn&eacute;e par l'&Eacute;glise d&egrave;s les premiers si&egrave;cles :)</li> <li class="footnote" id="footnote9_bqtp6kf"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_bqtp6kf">9.</a> au sens de <em>communicare</em>, 'qui n'est pas commun'</li> <li class="footnote" id="footnote10_ghaknau"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_ghaknau">10.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P17.HTM">CEC 221</a></li> <li class="footnote" id="footnote11_9edku8y"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_9edku8y">11.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1A.HTM">CEC 293</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_2drqqpj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_2drqqpj">12.</a> TDC 19,4</li> <li class="footnote" id="footnote13_rfctwxa"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_rfctwxa">13.</a> dans <a href="http://www.amazon.com/Nuptial-Mystery-Ressourcement-Retrieval-Catholic/dp/0802828310?tag=theologi-20"><em>The Nuptial Mystery</em></a>, p131</li> <li class="footnote" id="footnote14_r9fyff0"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_r9fyff0">14.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P33.HTM">CEC 1146</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_tfusky4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_tfusky4">15.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_30111980_dives-in-misericordia_fr.html">Dives in misericordia</a>, 1: <em>Plus la mission de l'Eglise est centr&eacute;e sur l'homme -plus elle est, pour ainsi dire, anthropocentrique-, plus aussi elle doit s'affirmer et se r&eacute;aliser de mani&egrave;re th&eacute;ocentrique, c'est-&agrave;-dire s'orienter en J&eacute;sus-Christ vers le P&egrave;re. Tandis que les divers courants de pens&eacute;e, anciens et contemporains, &eacute;taient et continuent &agrave; &ecirc;tre enclins &agrave; s&eacute;parer et m&ecirc;me &agrave; opposer th&eacute;ocentrisme et anthropocentrisme, l'Eglise au contraire, &agrave; la suite du Christ, cherche &agrave; assurer leur conjonction organique et profonde dans l'histoire de l'homme. C'est l&agrave; un des principes fondamentaux, et peut &ecirc;tre m&ecirc;me le plus important, de l'enseignement du dernier Concile. Si nous nous proposons donc comme t&acirc;che principale, dans la phase actuelle de l'histoire de l'Eglise, de mettre en &oelig;uvre l'enseignement de ce grand Concile, nous devons nous r&eacute;f&eacute;rer &agrave; ce principe avec foi, ouverture d'esprit et de tout c&oelig;ur.</em></li> <li class="footnote" id="footnote16_7wrxz0d"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_7wrxz0d">16.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_02051995_orientale-lumen_fr.html">Orientale Lumen, 15</a></li> <li class="footnote" id="footnote17_fpnyuqh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_fpnyuqh">17.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_22011999_ecclesia-in-america_fr.html">Ecclesia in America</a>, 67</li> <li class="footnote" id="footnote18_hdh1bnn"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_hdh1bnn">18.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1G.HTM">CEC 460</a></li> <li class="footnote" id="footnote19_htn2z9j"><a class="footnote-label" href="#footnoteref19_htn2z9j">19.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Col%202,9">Col 2,9</a></li> <li class="footnote" id="footnote20_awd7iwt"><a class="footnote-label" href="#footnoteref20_awd7iwt">20.</a> toutes les controverses des premiers si&egrave;cles, notamment l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arianisme">Arianisme</a>, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Doc%C3%A9tisme">Doc&eacute;tisme</a>,&nbsp; le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestorianisme">Nestorianisme</a> et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monophysisme">Monophysisme</a>, en sont un t&eacute;moinage clair</li> <li class="footnote" id="footnote21_8uxcbb2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref21_8uxcbb2">21.</a> cf. <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Lc%2011,27">Lc 11,27</a></li> <li class="footnote" id="footnote22_xr96ugu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref22_xr96ugu">22.</a> dont l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Arianisme">Arianisme</a>, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Doc%C3%A9tisme">Doc&eacute;tisme</a>,&nbsp; le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestorianisme">Nestorianisme</a> et le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Monophysisme">Monophysisme</a></li> <li class="footnote" id="footnote23_xt05dmu"><a class="footnote-label" href="#footnoteref23_xt05dmu">23.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P2E.HTM">CEC 1015</a></li> <li class="footnote" id="footnote24_4l64991"><a class="footnote-label" href="#footnoteref24_4l64991">24.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-096-lanalogie-de-lamour-divin-de-lamour-conjugal#7">TDC 96,7</a></li> <li class="footnote" id="footnote25_gtjef8h"><a class="footnote-label" href="#footnoteref25_gtjef8h">25.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-099-mariage-partie-integrante-de-la-nouvelle-economie-sacramentelle#2">TDC&nbsp;99,2</a></li> <li class="footnote" id="footnote26_h995p71"><a class="footnote-label" href="#footnoteref26_h995p71">26.</a> e.g. chez les carm&eacute;lites, comme Sainte Th&eacute;r&egrave;se d'Avila, Saint Jean de la Croix, Sainte Th&eacute;r&egrave;se de Lisieux</li> </ul> anthropologie mystère sacrement signe Verbe Wed, 19 Aug 2009 10:06:39 +0000 Incarnare 17 at http://www.theologieducorps.fr L'analogie du Mariage http://www.theologieducorps.fr/tdc/lanalogie-du-mariage <h4>Dieu vous nous &quot;&eacute;pouser&quot;</h4> <p>La Bible utilise nombre de m&eacute;taphores pour d&eacute;crire la relation de Dieu avec l'humanit&eacute; : le P&egrave;re et ses enfants, le ma&icirc;tre et ses serviteurs, le berger et son troupeau, la vigneron et la vigne, etc. L'une d'entre elle trouve toutefois une r&eacute;sonnance particuli&egrave;re : celle de la relation amoureuse, du Fianc&eacute; et de la Fianc&eacute;e, celle de l'&Eacute;poux et de l'&Eacute;pouse.</p> <p>Les &Eacute;critures tout enti&egrave;res racontent en effet l'histoire d'un mariage : elle s&rsquo;ouvre sur la cr&eacute;ation de l&rsquo;homme et de la femme et sur leur appel &agrave; &ecirc;tre 'une chair'. Dans l'Ancien Testament, les proph&egrave;tes parlent de l'amour de Dieu comme celui du mari pour sa femme.&nbsp;Le Cantique des Cantiques, po&egrave;me &eacute;rotique situ&eacute; exactement au milieu de la Bible, a donn&eacute; &agrave; de nombreux mystiques les mots pour d&eacute;crire leur relation au Christ. Le Christ <em>incarne r&eacute;ellement</em> dans les &Eacute;vangiles l'amour divin, devenant '<em>une chair</em>' avec l'humanit&eacute; et donnant <em>son corps</em>.&nbsp;Enfin, la Bible s&rsquo;ach&egrave;ve sur la vision des &quot;&nbsp;noces de l&rsquo;Agneau&nbsp;&quot; (<a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ap%2019,7-9">Ap 19, 7. 9</a>).&nbsp;</p> <p>Observons que les <em>premiers mots prononc&eacute;s </em> dans la bible sont ceux d'Adam s'&eacute;merveillant &agrave; la vue de sa fianc&eacute;e nue : &quot;<em><font><font face="Tahoma" size="2">Cette fois-ci, la voil&agrave;</font></font> !</em>&quot; (<a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%202,23">Gn 2,23</a>). Les <em>derniers mots </em>sont ceux de la Fianc&eacute;e d&eacute;sirant le don de son Fianc&eacute; : <font><font face="Tahoma" size="2">&quot;L'Esprit et l'&Eacute;pouse disent : &laquo; Viens ! &raquo; [...] Viens Seigneur J&eacute;sus !&quot; (<a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ap%2022,17-20">Ap 22,17-20</a>).<br /> </font></font></p> <p><font><font face="Tahoma" size="2">En respectant notre libert&eacute;, le Fianc&eacute; c&eacute;leste s'offre et attend notre <em>fiat</em><a class="see-footnote" id="footnoteref1_bckyxks" title="R&eacute;ponse de Marie &agrave; l'ange : &quot;qu'il me soit fait selon ta parole&quot;." href="#footnote1_bckyxks">1</a>, notre &quot;oui&quot; libre &agrave; son invitation. </font></font>Ce don de soi n'est pas une sp&eacute;culation conceptuelle, elle est <em>juste ici, inscrite dans nos corps</em> !<a class="see-footnote" id="footnoteref2_1yds00m" title="Rappel : Ep 5,32: A cause de cela, l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme et tous les deux ne feront plus qu'un. Ce myst&egrave;re est grand ; je le dis en pensant au Christ et &agrave; l'Eglise." href="#footnote2_1yds00m">2</a></p> <p>O&ugrave; le mariage avec le Christ sera t-il consomm&eacute; ?&nbsp;<em>Dans le Royaume des Cieux</em>, mais il est d&eacute;j&agrave; accessible <em>aujourd'hui</em>, sacramentellement, dans l'Eucharistie. Jean-Paul II&nbsp;d&eacute;veloppe :</p> <blockquote><p>Nous nous trouvons au centre m&ecirc;me du myst&egrave;re pascal qui r&eacute;v&egrave;le pleinement l'amour sponsal de Dieu. Le Christ est l'Epoux parce qu'&laquo;il s'est livr&eacute; lui-m&ecirc;me&raquo; [...] C'est ainsi qu'il &laquo;aima jusqu'&agrave; la fin&raquo; (Jn 13, 1). L'Eucharistie est le sacrement [...] de l'Epoux, de l'Epouse. [...] Tout cela est dit dans la Lettre aux Eph&eacute;siens. Dans le &laquo;grand myst&egrave;re&raquo; du Christ et de l'Eglise se trouve introduite l'&eacute;ternelle &laquo;unit&eacute; des deux&raquo; constitu&eacute;e d&egrave;s le &laquo;commencement&raquo; entre l'homme et la femme. [...] le Christ, en instituant l'Eucharistie [...] voulait de cette fa&ccedil;on exprimer la relation entre l'homme et la femme, entre ce qui est &laquo;f&eacute;minin&raquo; et ce qui est &laquo;masculin&raquo;, voulue par Dieu tant dans le myst&egrave;re de la Cr&eacute;ation que dans celui de la R&eacute;demption.</p></blockquote> <p>M&eacute;ditons un instant sur cette r&eacute;flexion : selon Jean-Paul II, l'Ecuharistie nous <em>r&eacute;v&egrave;le le sens profond </em>de notre sexualit&eacute;. Dans l'Eucharistie, le Christ se r&eacute;v&egrave;le aux hommes et faire r&eacute;sonner clairement son appel ; r&eacute;ciproquement, une fois nos distorsions dues au p&eacute;ch&eacute; enlev&eacute;es, c'est <em>dans la sexualit&eacute; </em>que nous d&eacute;couvrons et que nous est signifi&eacute; le sens de l'Eucharistie.<br /> Le lien se trouve dans cette parole du Christ, que chacun, mais plus encore les couples, est appel&eacute; &agrave; m&eacute;diter et vivre : &quot;<strong><em>ceci est mon corps, livr&eacute;/donn&eacute; pour vous/toi</em></strong>&quot;.</p> <p>Cette '<em>analogie sponsale</em>' n'est pas une co&iuml;ncidence. Lorsque Dieu &eacute;tablit une alliance avec les hommes, l'union des &eacute;poux en est un signe privil&eacute;gi&eacute;, que ce soit avec Adam<a class="see-footnote" id="footnoteref3_99dfrnj" title="Gn 1,28 : Dieu les b&eacute;nit et leur dit : &laquo; Soyez f&eacute;conds et multipliez-vous &raquo;" href="#footnote3_99dfrnj">3</a>, No&eacute;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_ykq7jo2" title="Gn 9,1: Dieu b&eacute;nit No&eacute; et ses fils. Il dit : &laquo; Soyez f&eacute;conds, multipliez-vous &raquo;" href="#footnote4_ykq7jo2">4</a>, Abraham<a class="see-footnote" id="footnoteref5_1lq2o3p" title="Gn 17,5-6 : je fais de toi le p&egrave;re d'un grand nombre de peuples. Je te ferai porter des fruits &agrave; l'infini, de toi je ferai des peuples" href="#footnote5_1lq2o3p">5</a>, Jacob<a class="see-footnote" id="footnoteref6_bc931cl" title="Gn 35,11 : Dieu lui dit: Je suis le Dieu tout puissant. Sois f&eacute;cond, et multiplie: une nation et une multitude de nations na&icirc;tront de toi" href="#footnote6_bc931cl">6</a> ou Mo&iuml;se<a class="see-footnote" id="footnoteref7_1bzz035" title="Lv 26,9 : Je me tournerai vers vous, je vous rendrai f&eacute;conds et je vous multiplierai, et je maintiendrai mon alliance avec vous." href="#footnote7_1bzz035">7</a></p> <p>Cette alliance est alors signifi&eacute;e dans la chair par la circoncision :</p> <blockquote cite="Gn 17,11-13"><p>Vous vous circoncirez; et ce sera un signe d'alliance entre moi et vous.On devra circoncire celui qui est n&eacute; dans la maison et celui qui est acquis &agrave; prix d'argent; et mon alliance sera dans votre chair une alliance perp&eacute;tuelle.</p></blockquote> <p>Comment une <em>telle marque physique </em>peut-elle &ecirc;tre signe de l'amour d'alliance de Dieu ?&nbsp;Les experts en histoire juives auront sans doute des explications vari&eacute;es (suivant les tribus etc.) mais consid&eacute;rons quelques faits simples : <em>qui serait t&eacute;moin le plus souvent de ce signe et dans quelle circonstance ?</em> A chaque fois que des descendants d'Abraham vivent dans l'union sexuelle la r&eacute;alit&eacute; du don de leur personne dans le mariage, la circoncision leur rappelle la promesse divine d'un amour f&eacute;cond.</p> <p>L'Eglise voit dans ce signe de l'ancienne alliance la pr&eacute;figuration de la nouvelle alliance (ie. du don total, sinc&egrave;re, fid&egrave;le et f&eacute;cond du corps du Christ)<a class="see-footnote" id="footnoteref8_rgdgruc" title="cf. CEC&nbsp;1150" href="#footnote8_rgdgruc">8</a>. Dans le Christ mis &agrave; nu et son corps donn&eacute; pour nous, l'alliance promise &agrave; Abraham est accomplie ; la f&eacute;condit&eacute; promise par le signe de la circoncision est accomplie dans le sacrifice eucharistique : &quot;<em>Femme, voici ton fils</em>&quot; (<a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Jn%2019,26">Jn 19,26</a>).</p> <p>&nbsp;</p> <h4>Entrer dans une bonne compr&eacute;hension de l'analogie sponsale</h4> <p>Angelo Cardinal Scola<a class="see-footnote" id="footnoteref9_204rkkj" title="dans son ouvrage The Nuptial Mystery" href="#footnote9_204rkkj">9</a> nous met en garde contre deux dangers qui nous guettent face &agrave; une telle analogie :</p> <ul> <li>Une interpr&eacute;tation maximaliste d&eacute;forme notre vision de Dieu en l'identifiant &agrave; l'homme (anthropomorphisme), voire en lui attribuant une sexualit&eacute;. Cette interpr&eacute;tation (qui nous conduit droit &agrave; l'h&eacute;r&eacute;sie) conduit &agrave; consid&eacute;rer que les cat&eacute;gories li&eacute;es &agrave; la nuptialit&eacute; sont les seules &agrave; &eacute;clairer le myst&egrave;re de Dieu. <br /> Le myst&egrave;re de Dieu est transcendant et ne se limite pas &agrave; cette analogie : la Trinit&eacute; n'est d'ailleurs pas d&eacute;crite comme P&egrave;re-M&egrave;re-Fils mais comme P&egrave;re-Fils-Esprit.</li> <li>Une interpr&eacute;tation minimaliste, souvent motiv&eacute;e par un refus du corps, conduit &agrave; ramener cette analogie au niveau de la parabole, en l'assimilant par exemple au niveau de l'image du berger et de ses brebis.&nbsp;L'analogie est imparfaite - comme toute analogie - mais Jean-Paul&nbsp;II affirme<a class="see-footnote" id="footnoteref10_1cz2fys" title="dans l'hom&eacute;lie de la f&ecirc;te de la Sainte Famille, 1988" href="#footnote10_1cz2fys">10</a> que c'est la <em>moins imparfaite</em>.</li> </ul> <h5>Comprendre la valeur propre &agrave; cette analogie sponsale</h5> <p>La valeur particuli&egrave;re de cette analogie est li&eacute;e au fait qu'elle seule souligne le <em>fait que Dieu veut faire don total de Lui-m&ecirc;me</em><a class="see-footnote" id="footnoteref11_715w3sl" title="TDC&nbsp;96,4" href="#footnote11_715w3sl">11</a>. Jean-Paul II veut clarifier ce point en le disant litt&eacute;ralement<a class="see-footnote" id="footnoteref12_3lfjrjq" title="TDC 14,4" href="#footnote12_3lfjrjq">12</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;C'est ce qu'est le corps : un t&eacute;moin du don fondamental qu'est la cr&eacute;ation, et ainsi un t&eacute;moin de l'Amour qui en est &agrave; l'origine. La masculinit&eacute; et la f&eacute;minit&eacute;, c'est &agrave; dire la sexualit&eacute;, est le signe originel de don cr&eacute;atif [de Dieu].&nbsp;C'est dans ce sens que la sexualit&eacute; entre dans la Th&eacute;ologie du Corps. </p></blockquote> <p>Cette analogie pr&eacute;sente trois grandes dimensions : tout d'abord, la compl&eacute;mentarit&eacute; dans la diff&eacute;rence sexuelle et l'alt&eacute;rit&eacute;, qui - seconde dimension - nous appelle &agrave; la communion par le don de nous-m&ecirc;mes, communion qui&nbsp; - et c'est la troisi&egrave;me dimension - est source de f&eacute;condit&eacute;.&nbsp;</p> <p>Ces trois dimensions - compl&eacute;mentarit&eacute;, don mutuel de soi, f&eacute;condit&eacute; - se trouvent dans tout amour. <em>&quot;Toute forme d'amour sera toujours marqu&eacute;e de cette caract&eacute;ristique masculine ou f&eacute;minine&quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref13_05s25mi" title="Conseil Pontifical pour la Famille, V&eacute;rit&eacute; et signfication de la sexualit&eacute; humaine." href="#footnote13_05s25mi">13</a></p> <p>On peut &ecirc;tre tent&eacute; de croire que, si Saint-Paul dit que ce myst&egrave;re est en lien avec le Christ et l'Eglise<a class="see-footnote" id="footnoteref14_fyr62hx" title="rappel: Ep 5,31-32" href="#footnote14_fyr62hx">14</a>, seule l'institution serait concern&eacute;e : Jean-Paul II corrige, en nous rappelant que l'&Eacute;glise n'est corps du Christ que par la communion de chaque homme et chaque femme avec le Christ. Ainsi nous sommes chacun concern&eacute;s par cette analogie : <em>notre</em> sexualit&eacute; a vocation &agrave; &ecirc;tre signe de l'amour de Dieu :</p> <blockquote><p>&nbsp;On ne peut donc comprendre l'Eglise comme Corps mystique du Christ, comme signe de l'Alliance de l'homme avec Dieu dans le Christ, comme sacrement universel du salut, sans se r&eacute;f&eacute;rer au &laquo; grand myst&egrave;re &raquo;, en rapport avec la cr&eacute;ation de l'homme, homme et femme, et avec la vocation des deux &agrave; l'amour conjugal, &agrave; la paternit&eacute; et &agrave; la maternit&eacute;. Le &laquo; grand myst&egrave;re &raquo;, qui est l'Eglise et l'humanit&eacute; dans le Christ, n'existe pas sans le &laquo; grand myst&egrave;re &raquo; qui s'exprime dans le fait d'&ecirc;tre &laquo; une seule chair &raquo; (cf. Gn 2, 24 ; Ep 5, 31-32), c'est-&agrave;- dire dans la r&eacute;alit&eacute; du mariage et de la famille. </p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>L'influence de Saint Jean de la Croix</h4> <p>Le carm&eacute;lite espagnol, nomm&eacute; Docteur de l'&Eacute;glise lorsque Karol Wojtila avait 6&nbsp;ans, croyait que le christianisme &eacute;tait par nature une &quot;<em>demande en mariage spirituel</em>&quot; de Dieu. Ce mariage implique, selon Saint Jean de la Croix<a class="see-footnote" id="footnoteref15_76f4wap" title="Saint Jean de la Croix, Commentaire de la strophe 22 du Cantique Spirituel" href="#footnote15_76f4wap">15</a> :</p> <blockquote><p>une transformation totale dans le Bien-aim&eacute; : les deux parties s'y livrent l'une &agrave; l'autre en totale possession l'une de l'autre, avec une certaine consommation de l'union d'amour, qui fait l'&acirc;me divine et Dieu par participation.. Cet &eacute;tat est le plus haut qu'on puisse atteindre en cette vie. [Comme dans la consommation charnelle o&ugrave; les deux ne font plus qu'un,] une fois le mariage spirituel consomm&eacute; entre Dieu et l'&acirc;me, il y a deux natures fondues dans un m&ecirc;me esprit et un m&ecirc;me amour... </p></blockquote> <p>Le saint continue en affirmant qu'ultimement, le plan de Dieu est que chacun puisse dire &agrave; la suite du Christ &quot;<em>tout ce qui est &agrave; moi est &agrave; toi et tout ce qui est &agrave; toi est &agrave; mo</em>i&quot;. Ici se joue le lien entre l'image des &Eacute;poux et l'image du P&egrave;re et du Fils.</p> <p>Cette participation &agrave; l'&eacute;change intime de la Trinit&eacute; n'est pas un concept th&eacute;ologique, mais une r&eacute;alit&eacute; &agrave; vivre. Et nul besoin d'&ecirc;tre th&eacute;ologien pour cela, nous dit Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref16_nt2f68p" title="Ma&icirc;tre dans la Foi, lettre apostolique adress&eacute;e au sup&eacute;rieur g&eacute;n&eacute;ral de l'ordre des carmes d&eacute;chaux &agrave; l'occasion du 400e anniversaire de la mort de Jean de la Croix" href="#footnote16_nt2f68p">16</a> :</p> <blockquote><p>&nbsp;Cette connaissance intime et 'savoureuse' que nous appelons experience de Dieu [...] va beaucoup plus loin que la r&eacute;flexion th&eacute;ologique ou philosophique. Et beaucoup d'&acirc;mes simples et modestes la re&ccedil;oivent de Dieu par l'action de l'Esprit. </p></blockquote> <p>Heureux les simples d'esprit ! Ils peuvent vivre cette r&eacute;alit&eacute; du don de l'amour sans s'encombrer de th&eacute;ologie, et &ecirc;tre touch&eacute;s directement dans leur coeur. Le Cat&eacute;chisme le dit<a class="see-footnote" id="footnoteref17_ng7mbpd" title="CEC 2563" href="#footnote17_ng7mbpd">17</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Le c&oelig;ur est la demeure o&ugrave; je suis, o&ugrave; j&rsquo;habite (selon l&rsquo;expression s&eacute;mitique ou biblique : o&ugrave; je &quot; descends &quot;). Il est notre centre cach&eacute;, insaisissable par notre raison et par autrui ; seul l&rsquo;Esprit de Dieu peut le sonder et le conna&icirc;tre.</p></blockquote> <p>L'&eacute;tude de la Th&eacute;ologie du Corps n'est pas une question de connaissances, mais d'exp&eacute;rience. Il ne s'agit pas de nous <em>in-former </em>mais de nous <em>trans-former</em>. Cette d&eacute;couverte se fait <em>&agrave; genoux</em>, dans la pri&egrave;re et l'abandon : il ne s'agit pas d'une exp&eacute;rience r&eacute;serv&eacute;e &agrave; une &eacute;lite, mais du d&eacute;veloppement normal d'une vie surnaturelle de foi et d'amour. Citons encore Jean-Paul II <a class="see-footnote" id="footnoteref18_64mbr58" title="in Novo Millenio Ineunte, lettre apostolique pour la fin du jubil&eacute; de l'an 2000" href="#footnote18_64mbr58">18</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp; Le fait que l'on enregistre aujourd'hui, dans le monde, malgr&eacute; les vastes processus de s&eacute;cularisation, une exigence diffuse de spiritualit&eacute;, qui s'exprime justement en grande partie dans un besoin renouvel&eacute; de pri&egrave;re, n'est-il pas un &laquo; signe des temps &raquo;? [...]<br /> &nbsp; La grande tradition mystique de l'&Eacute;glise, en Orient comme en Occident, [...] montre comment la pri&egrave;re peut progresser, comme un v&eacute;ritable dialogue d'amour, au point de rendre la personne humaine totalement poss&eacute;d&eacute;e par le Bien-Aim&eacute; divin, vibrant au contact de l'Esprit, filialement abandonn&eacute;e dans le c&oelig;ur du P&egrave;re. On fait alors l'exp&eacute;rience vivante de la promesse du Christ: &laquo; Celui qui m'aime sera aim&eacute; de mon P&egrave;re; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai &agrave; lui &raquo; (Jn 14,21). <br /> &nbsp; Il s'agit d'un chemin totalement soutenu par la gr&acirc;ce, qui requiert toutefois un fort engagement spirituel et qui conna&icirc;t aussi de douloureuses purifications (la &laquo; nuit obscure &raquo;), mais qui conduit, sous diverses formes possibles, &agrave; la joie indicible v&eacute;cue par les mystiques comme &laquo; union sponsale &raquo;. <strong>Comment oublier ici, parmi tant de t&eacute;moignages lumineux, la doctrine de saint Jean de la Croix et de sainte Th&eacute;r&egrave;se d'Avila? </strong></p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_bckyxks"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_bckyxks">1.</a> R&eacute;ponse de Marie &agrave; l'ange : &quot;<em>qu'il me soit fait selon ta parole</em>&quot;.</li> <li class="footnote" id="footnote2_1yds00m"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_1yds00m">2.</a> Rappel : <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ep%205,31-32">Ep 5,32</a>: <em>A cause de cela, l'homme quittera son p&egrave;re et sa m&egrave;re, il s'attachera &agrave; sa femme et tous les deux ne feront plus qu'un. Ce myst&egrave;re est grand ; je le dis en pensant au Christ et &agrave; l'Eglise.</em></li> <li class="footnote" id="footnote3_99dfrnj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_99dfrnj">3.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%201,28">Gn 1,28</a> : <em>Dieu les b&eacute;nit et leur dit : &laquo; Soyez f&eacute;conds et multipliez-vous &raquo;</em></li> <li class="footnote" id="footnote4_ykq7jo2"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_ykq7jo2">4.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%209,1">Gn 9,1</a>: <em>Dieu b&eacute;nit No&eacute; et ses fils. Il dit : &laquo; Soyez f&eacute;conds, multipliez-vous <em>&raquo;</em></em></li> <li class="footnote" id="footnote5_1lq2o3p"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_1lq2o3p">5.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Gn%2017,5-6">Gn 17,5-6</a> : <em>je fais de toi le p&egrave;re d'un grand nombre de peuples. Je te ferai porter des fruits &agrave; l'infini, de toi je ferai des peuples</em></li> <li class="footnote" id="footnote6_bc931cl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_bc931cl">6.</a> Gn 35,11 : <em>Dieu lui dit: Je suis le Dieu tout puissant. Sois f&eacute;cond, et multiplie: une nation et une multitude de nations na&icirc;tront de toi</em></li> <li class="footnote" id="footnote7_1bzz035"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_1bzz035">7.</a> Lv 26,9 : <em>Je me tournerai vers vous, je vous rendrai f&eacute;conds et je vous multiplierai, et je maintiendrai mon alliance avec vous.</em></li> <li class="footnote" id="footnote8_rgdgruc"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_rgdgruc">8.</a> cf. <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P33.HTM">CEC&nbsp;1150</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_204rkkj"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_204rkkj">9.</a> dans son ouvrage <a href="http://www.amazon.fr/Nuptial-Mystery-Ressourcement-Retrieval-Catholic/dp/0802828310?tag=theologi-20"><em>The Nuptial Mystery</em></a></li> <li class="footnote" id="footnote10_1cz2fys"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_1cz2fys">10.</a> dans l'hom&eacute;lie de la f&ecirc;te de la Sainte Famille, 1988</li> <li class="footnote" id="footnote11_715w3sl"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_715w3sl">11.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-096-lanalogie-de-lamour-divin-de-lamour-conjugal#4">TDC&nbsp;96,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote12_3lfjrjq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref12_3lfjrjq">12.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-014-la-revelation-la-decouverte-de-la-signification-conjugale-du-corps#4">TDC 14,4</a></li> <li class="footnote" id="footnote13_05s25mi"><a class="footnote-label" href="#footnoteref13_05s25mi">13.</a> Conseil Pontifical pour la Famille, <a href="http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/family/documents/rc_pc_family_doc_08121995_human-sexuality_fr.html"><em>V&eacute;rit&eacute; et signfication de la sexualit&eacute; humaine</em></a>.</li> <li class="footnote" id="footnote14_fyr62hx"><a class="footnote-label" href="#footnoteref14_fyr62hx">14.</a> rappel: <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ep 5,31-32">Ep 5,31-32</a></li> <li class="footnote" id="footnote15_76f4wap"><a class="footnote-label" href="#footnoteref15_76f4wap">15.</a> Saint Jean de la Croix, <a href="http://pagesperso-orange.fr/famille.delaye/Jean/cantiqueb_commentaire3.htm"><em>Commentaire de la strophe 22 du Cantique Spirituel</em></a></li> <li class="footnote" id="footnote16_nt2f68p"><a class="footnote-label" href="#footnoteref16_nt2f68p">16.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_19901214_juan-de-la-cruz_sp.html"><em>Ma&icirc;tre dans la Foi</em></a>, lettre apostolique adress&eacute;e au sup&eacute;rieur g&eacute;n&eacute;ral de l'ordre des carmes d&eacute;chaux &agrave; l'occasion du 400e anniversaire de la mort de Jean de la Croix</li> <li class="footnote" id="footnote17_ng7mbpd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref17_ng7mbpd">17.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P8U.HTM">CEC 2563</a></li> <li class="footnote" id="footnote18_64mbr58"><a class="footnote-label" href="#footnoteref18_64mbr58">18.</a> in <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20010106_novo-millennio-ineunte_fr.html"><em>Novo Millenio Ineunte</em></a>, lettre apostolique pour la fin du jubil&eacute; de l'an 2000</li> </ul> alliance analogie analogie sponsale Apocalypse bible Cantique des Cantiques chair don don de soi Eucharistie genèse mariage Saint Jean de la Croix Wed, 19 Aug 2009 12:29:31 +0000 Incarnare 20 at http://www.theologieducorps.fr Le corps, au coeur du combat spirituel http://www.theologieducorps.fr/tdc/corps-au-coeur-du-combat-spirituel <p>La vie humaine est au centre d'un combat spirituel entre le bien et le mal. Le Concile Vatican II le d&eacute;crit ainsi<a class="see-footnote" id="footnoteref1_ibtf8z9" title="Gaudium et Spes, 37" href="#footnote1_ibtf8z9">1</a> :</p> <blockquote><p>Un dur combat contre les puissances des t&eacute;n&egrave;bres passe &agrave; travers toute l'histoire des hommes; commenc&eacute; d&egrave;s les origines, il durera, le Seigneur nous l'a dit(8), jusqu'au dernier jour. Engag&eacute; dans cette bataille, l'homme doit sans cesse combattre pour s'attacher au bien; et ce n'est qu'au prix de grands efforts, avec la gr&acirc;ce de Dieu, qu'il parvient &agrave; r&eacute;aliser son unit&eacute; int&eacute;rieure. </p></blockquote> <p>A quel niveau ce combat se situe-t-il ? Remarquons que le chapitre 5 de la lettre aux &Eacute;ph&eacute;siens, qui se conclut sur cette affirmation de Saint-Paul &quot;<em>ceci [l'union en une chair de l'homme et la femme] est un grand myst&egrave;re, je le dis en pensant au Christ et &agrave; l'&Eacute;glise</em>&quot;, est imm&eacute;diatement suivi... du chapitre 6 qui, apr&egrave;s une exhortation aux enfants, annonce le combat spirituel<a class="see-footnote" id="footnoteref2_s1n7jec" title="Ep 6,11-12" href="#footnote2_s1n7jec">2</a> :</p> <blockquote><p>Rev&ecirc;tez l'&eacute;quipement de Dieu pour le combat, afin de pouvoir tenir contre les manoeuvres du d&eacute;mon. Car nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des t&eacute;n&egrave;bres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous.</p></blockquote> <p>D&egrave;s lors que l'on approche le myst&egrave;re, les &quot;t&eacute;n&egrave;bres tentent de nous en &eacute;loigner&quot;.. par quel moyen ?&nbsp;</p> <h4>Parodie du Sacrement primordial</h4> <p>Toute la cr&eacute;ation fait &eacute;cho &agrave; la beaut&eacute; du Verbe, mais l'humain dispose d'une voix propre pour louer <em>dans la libert&eacute;</em>. Dieu a voulu l'homme libre de ses propres d&eacute;cisions<a class="see-footnote" id="footnoteref3_ebrrin6" title="cf. Si 15,14 : Au commencement il a cr&eacute;&eacute; l&rsquo;homme, et il l&rsquo;a laiss&eacute; dans la main de son conseil " href="#footnote3_ebrrin6">3</a> : en effet, l'homme est la seule cr&eacute;ature voulue pour elle-m&ecirc;me.</p> <p>Au commencement, le corps humain refl&egrave;tait sans t&acirc;che la beaut&eacute; du Verbe, et ainsi <em>ils &eacute;taient nus et n'avaient pas honte</em>. Entre cette exp&eacute;rience primordiale et la feuille de vigne, l'homme et la femme rencontrent le <em>p&egrave;re du mensong</em>e<em>.&nbsp;</em>que Jean-Paul II qualifie d'anti-Verbe<a class="see-footnote" id="footnoteref4_j50fxlh" title="Dominum et Vivificantem, 37" href="#footnote4_j50fxlh">4</a>.</p> <p>Beaucoup d'entre nous ne voient aujourd'hui dans Satan que le symbole du mal, mais posons-nous la question : si il y a un ennemi qui veut nous <em>emp&ecirc;cher </em>d'acc&eacute;der au salut (ie. aux noces de l'Agneau) et que l'union sexuelle entre l'homme et la femme est le <em>signe fondamental </em>que Dieu a voulu donner pour signifier son plan, <strong><em>o&ugrave; l'ennemi va t-il attaquer ?</em></strong><em>&nbsp;o&ugrave; va t-il diriger ses fl&egrave;ches ?&nbsp;</em></p> <p>Le but de Satan est de nous convaincre que nous ne pouvons pas faire confiance &agrave; Dieu, et ainsi d&eacute;tourner notre libert&eacute; de Lui. Tertullien, un &eacute;crivain chr&eacute;tien des premiers si&egrave;cles, remarquait d&eacute;j&agrave;<a class="see-footnote" id="footnoteref5_egeniys" title="Tertullien, Prescription contre les h&eacute;r&eacute;tiques, 40 : Le r&ocirc;le [du Diable] est de pervertir la v&eacute;rit&eacute;. [...] Celui qui s'est si jalousement efforc&eacute; de reproduire dans les choses de l'idol&acirc;trie les rites m&ecirc;mes qui servent &agrave; administrer les &laquo; sacrements &raquo; du Christ, celui-l&agrave; aussi, dans une intention toute pareille, a d&eacute;sir&eacute; passionn&eacute;ment et a pu appliquer &agrave; une foi profane et rivale les instruments des choses divines et des sacrements chr&eacute;tiens, en tirant sa pens&eacute;e de leurs pens&eacute;es, ses paroles de leurs paroles, ses paraboles de leurs paraboles." href="#footnote5_egeniys">5</a> que sa meilleure arme consiste &agrave; <em>parodier les sacrements</em>. Il vise ainsi le Dieu de l'Alliance.</p> <p>Consid&eacute;rons le monde actuel :</p> <ul> <li>Dieu se pr&eacute;sente comme un <em>P&egrave;re aimant </em>; la <em>paternit&eacute;</em> est au centre des attaques du diable avec la p&eacute;dophilie. Cette attaque contre le symbole du p&egrave;re est encore plus violente lorsqu'elle est du fait d'un pr&ecirc;tre.<br /> &nbsp;</li> <li>Dieu se pr&eacute;sente comme <em>Cr&eacute;ateur </em>soucieux de ses cr&eacute;atures ; notre participation a son oeuvre de cr&eacute;ation, la <em>pro-cr&eacute;ation</em>, est handicap&eacute;e avec les souffrances li&eacute;es &agrave; l'infertilit&eacute; ou ni&eacute;e avec l'avortement.<br /> &nbsp;</li> <li>Dieu se pr&eacute;sente comme <em>Don total et fid&egrave;le</em> ; le diable par l'<em>infid&eacute;lit&eacute; et le divorce</em> nous fait douter de la possibilit&eacute;-m&ecirc;me d'un tel don, nous &eacute;loignant ainsi du <em>mariage</em>.<br /> &nbsp;</li> <li>Dieu est un dieu <span style="font-style: italic;">P</span><em>ersonnel</em>, qui aime chacun <em>personnellement</em> ; la <em>pornographie</em> pr&eacute;sente des corps <em>impersonnels</em>, anonymis&eacute;s dont on n'attend pas qu'ils se donnent pour se les approprier et que ne r&eacute;v&egrave;lent pas le signe de la beaut&eacute; de la Personne.</li> </ul> <p>En effet, <strong>c'est ce qui est le plus sacr&eacute; qui est le plus lourdement profan&eacute;</strong> : en retournant ce fait, il suffit de regarder ces choses de notre monde qui sont le plus fr&eacute;quemment et le plus violamment attaqu&eacute;es pour, en n&eacute;gatif, retrouver ce qui a la plus de valeur aux yeux de Dieu.</p> <p>Le&nbsp;diable n'a qu'un pouvoir limit&eacute; : tout ce qu'il peut faire, c'est proposer une <em>contrefa&ccedil;on de l'Amour</em>, prendre le myst&egrave;re de Dieu et de la beaut&eacute; de notre cr&eacute;ation et les tordre.</p> <h4>Symbolique et diabolique</h4> <p>Notre culture vit un combar entre le <em>symbolique&nbsp;</em>et le <em>diabolique</em>. En grec, <em>symballein</em> signifie 'rassembler, unir' ; <em>diaballein </em>signifie 's&eacute;parer, disperser'. Le plan de Dieu, symbolis&eacute; par le corps, est l'union, la communion, le mariage ; le diable en fait une contrefa&ccedil;on en le diabolisant par la s&eacute;paration et le divorce.</p> <p>Beaucoup d'entre nous vivent la tentation de &quot;spiritualiser&quot; l'appel de Dieu &agrave; la saintet&eacute;. Cependant, l'esprit qui nie la r&eacute;alit&eacute; charnelle n'est pas l'Esprit de Dieu<a class="see-footnote" id="footnoteref6_fnqyd6t" title="cf. 1Jn 4,2-3" href="#footnote6_fnqyd6t">6</a> et c&eacute;der &agrave; cette tentation fait de nous des schyzophr&egrave;nes spirituels.</p> <p>Comment vaincre alors ce mensonge et vivre une vie spirituelle incarn&eacute;e ? Ne c&eacute;dons pas &agrave; la tentation de nous &eacute;loigner du corps au motif que le diable l'a d&eacute;tourn&eacute; de son objectif : prenons <em>&quot;l'&eacute;quipement de Dieu pour le combat&quot;</em> et revendiquons ce que Satan a plagi&eacute; et parodi&eacute;.</p> <p>Nous &eacute;viter ce &quot;d&eacute;doublement de personnalit&eacute;&quot; est exactement le but de la Th&eacute;ologie du Corps.</p> <h4>Ang&eacute;lisme et animalisme</h4> <p>Les anges sont des personnes, sans &ecirc;tre corporels ; les animaux sont corporels mais ne sont pas des personnes. L'homme est une personne &agrave; la fois corporelle et spirituelle.&nbsp;Le Cat&eacute;chisme insiste<a class="see-footnote" id="footnoteref7_mawrcea" title="CEC 327" href="#footnote7_mawrcea">7</a> lourdement<a class="see-footnote" id="footnoteref8_ks7um62" title="CEC 362-368" href="#footnote8_ks7um62">8</a> sur ce point, et notamment sur le fait que Dieu a voulu ces deux natures qui sont, comme telles, <em>tr&egrave;s bonnes</em>.</p> <p>Au commencement cette nature double se vit dans l'harmonie et est un signe efficace de l'appel au don sinc&egrave;re de soi. Cependant, quand l'homme a accept&eacute; l'anti-Verbe, son p&eacute;ch&eacute; a alt&eacute;r&eacute; cette harmonie, provoquant un v&eacute;ritable divorce.&nbsp;Le monde touch&eacute; par le p&eacute;ch&eacute; est ainsi un monde o&ugrave; les &Eacute;poux ne se reconnaissent pas : s&eacute;paration entre le divin et l'humain, entre le ciel et la terre, l'&acirc;me et le corps, la spiritualit&eacute; et la sexualit&eacute;, la sacralit&eacute; et la sensualit&eacute;, la masculinit&eacute; et la f&eacute;minit&eacute;.</p> <p>Ceux qui perp&eacute;tuent ce divorce entendent le vivre comme s'il s'agissait d'une donn&eacute;e fondamentale : ils tombent ainsi dans l'un de ces deux travers qui m&egrave;nent l'un comme l'autre &agrave; la destruction de la personne et de la culture.</p> <ul> <li>l'<em>Ang&eacute;lisme </em>promeut une vie spirituelle, divorc&eacute;e du corps. En &eacute;chouant &agrave; reconna&icirc;tre la dignit&eacute; du corps, il m&egrave;ne &agrave; la <em>pruderie </em>ou au puritanisme. La morale qui en d&eacute;coule est le <em>rigorisme</em> qui condamne des manifestations de la sexualit&eacute; parmi les plus naturelles. Le grand danger en est qu'il peut facilement &ecirc;tre confondu pour de la saintet&eacute;. <p> &nbsp;</p></li> <li>l'Animalisme issu du mat&eacute;rialisme promeut une vie charnelle divorc&eacute;e de l'esprit. En &eacute;chouant &agrave; consid&eacute;rer que le corps et la sexualit&eacute; doivent &ecirc;tre &eacute;clair&eacute;es par la dignit&eacute; spirituelle de l'homme, il vise l'ind&eacute;cence ; il confond le plaisir physique et la satisfaction ultime de l'homme. La morale qui en d&eacute;coule est le permissivisme et le libertarisme, qui condamne toute forme de temp&eacute;rance comme un obstacle &agrave; la libert&eacute;. Pour le trouver, il suffit d'allumer votre t&eacute;l&eacute;vison !</li> </ul> <h4>R&eacute;unir le Corps et l'Esprit</h4> <p>L'attaque de la paternit&eacute; de Dieu - sur le fait que <em>Dieu est Amour</em> - a connu diff&eacute;rentes &eacute;tapes au cours de l'histoire. Elle est d'abord pass&eacute; par la destruction syst&eacute;matique de notre repr&eacute;sentation de Dieu pour arriver, dans une nouvelle &eacute;tape de l'Histoire lorsque la &quot;culture du mort&quot; y a &eacute;t&eacute; pr&ecirc;te, &agrave; la n&eacute;gation m&ecirc;me de son existence, dans l'ath&eacute;isme humaniste.&nbsp;</p> <p>Nos soci&eacute;t&eacute;s, et nous-m&ecirc;mes, tendons &agrave; osciller entre ces deux extr&ecirc;mes. Cependant le Christ propose une autre voie par l'Incarnation.Voici en somme ce que nous dit le Christ : &quot;<em>Tu ne crois pas dans l'Amour de mon P&egrave;re ? Je vais le rendre tangible, je vais l'incarner pour que vous puissiez Le go&ucirc;ter et Le voir. Vous ne croyez pas que Dieu veut vous donner la vie ? Je vais donner ma vie, mon corps et mon sang, pour vous afin que mon sang vous vivifie.&nbsp;Vous pensiez que Dieu est un esclavagiste ou un tyran, qu'il vous fouetterait si vous lui en donniez l'occasion ?&nbsp;Je vais prendre pour vous la forme de l'esclave et je vous laisserai me flageller et me clouer sur un arbre ; pour vous montrer que mon P&egrave;re n'a aucun d&eacute;sir de domination sur vous, je vais vous laisser me dominer. Je ne suis pas venu vous condamner, mais vous sauver ; je ne veux pas vous r&eacute;duire en esclavage mais faire de vous des hommes libres. Ne soyez pas incroyants : <strong>croyez </strong>et recevez le don de la vie que je vous offre.&quot; </em></p> <p>Croire, pour un chr&eacute;tien, ce n'est pas adh&eacute;rer &agrave; une fable. On ne croit pas &quot;<em>&agrave;</em><em> quelquechose</em>&quot; mais &quot;<em>en quelqu'un&quot;</em> ! Avoir la foi, c'est accepter le don de Dieu, de croire qu'il m'a cr&eacute;&eacute; et que cela &eacute;tait bon, tr&egrave;s bon. C'est baisser les boucliers pour s'ouvrir &agrave; la Vie.&nbsp;Jean-Paul II&nbsp;nous explique<a class="see-footnote" id="footnoteref9_ah9focs" title="Redemptor Hominis, 10" href="#footnote9_ah9focs">9</a> :</p> <blockquote><p>[Dans sa participation &agrave; la r&eacute;demption,] l'homme retrouve la grandeur, la dignit&eacute; et la valeur propre de son humanit&eacute;. [Il] se trouve de nouveau &laquo;confirm&eacute;&raquo; et il est en quelque sorte cr&eacute;&eacute; de nouveau. Il est cr&eacute;&eacute; de nouveau! [...] L'homme qui veut se comprendre lui-m&ecirc;me jusqu'au fond ne doit pas se contenter pour son &ecirc;tre propre de crit&egrave;res et de mesures qui seraient imm&eacute;diats, partiaux, souvent superficiels et m&ecirc;me seulement apparents; mais il doit, avec ses inqui&eacute;tudes, ses incertitudes et m&ecirc;me avec sa faiblesse et son p&eacute;ch&eacute;, avec sa vie et sa mort, s'approcher du Christ. Il doit, pour ainsi dire, entrer dans le Christ avec tout son &ecirc;tre, il doit &laquo;s'approprier&raquo; et assimiler toute la r&eacute;alit&eacute; de l'Incarnation et de la R&eacute;demption pour se retrouver soi-m&ecirc;me. S'il laisse ce processus se r&eacute;aliser profond&eacute;ment en lui, il produit alors des fruits non seulement d'adoration envers Dieu, mais aussi de profond &eacute;merveillement pour soi-m&ecirc;me.</p></blockquote> <p>Le mal a jet&eacute; le doute sur la V&eacute;rit&eacute; &quot;<em>Dieu est Amour</em>&quot; et en cons&eacute;quence a implant&eacute; en nous l'image du ma&icirc;tre et de l'esclave comme mod&egrave;le de relation avec Dieu. <em>Ce paradigme est &eacute;tranger &agrave; l'&Eacute;vangile</em>, affirme Jean-Paul II<a class="see-footnote" id="footnoteref10_x2b3esq" title="cf.&nbsp;Franchir le seuil de l'esp&eacute;rance" href="#footnote10_x2b3esq">10</a>.</p> <p>La vie lib&eacute;r&eacute;e de ce fardeau devient action de gr&acirc;ce (<em>eucharistia</em>)</p> <h4>L'homme ne peut vivre sans amour</h4> <p>Notre cr&eacute;ation &agrave; l'image de l'Amour qui donne la vie explique pourquoi le corps et la sexualit&eacute; nous fascinent et pourquoi nous avons &agrave; ce point besoin d'intimit&eacute;, de tendresse et d'union. Oui, dans le monde tomb&eacute; loin de Dieu, cette fascination se manifeste de mani&egrave;re destructrice. Mais si nous corrigeons la convoitise qui nous aveugle, nous r&eacute;alisons que cette fascination r&eacute;v&egrave;le une soif de Dieu. Jean-Paul II&nbsp;d&eacute;veloppe<a class="see-footnote" id="footnoteref11_ioawoxd" title="Redemptor Hominis, 10" href="#footnote11_ioawoxd">11</a>:</p> <blockquote><p>L'homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-m&ecirc;me un &ecirc;tre incompr&eacute;hensible, sa vie est priv&eacute;e de sens s'il ne re&ccedil;oit pas la r&eacute;v&eacute;lation de l'amour, s'il ne rencontre pas l'amour, s'il n'en fait pas l'exp&eacute;rience et s'il ne le fait pas sien, s'il n'y participe pas fortement. C'est pourquoi, comme on l'a d&eacute;j&agrave; dit, le Christ R&eacute;dempteur r&eacute;v&egrave;le pleinement l'homme &agrave; lui-m&ecirc;me. </p></blockquote> <p><strong>Christ ne vient pas pour d&eacute;truire en nous l'humanit&eacute; mais pour la restaurer dans sa gloire originelle. Voici la proposition que l'Eglise fait au monde ! </strong>Malheureusement, m&ecirc;me dans des pays chr&eacute;tiens, beaucoup d'hommes et de femmes n'ont pas encore entendu cette proposition. Les gens continuent de penser que le Christianisme est une liste de commandements et de r&egrave;gles, particuli&egrave;rement strictes d&egrave;s lors qu'il s'agit de sexualit&eacute;. Quelle appauvrissement ! <br /> Le monde occidental est aujourd'hui &quot;un champ &agrave; moissonner&quot;. Le projet philophique et th&eacute;ologique de Jean-Paul&nbsp;II est sans doute l'un des principaux outils de cette moisson.</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_ibtf8z9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_ibtf8z9">1.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651207_gaudium-et-spes_fr.html">Gaudium et Spes</a>, 37</li> <li class="footnote" id="footnote2_s1n7jec"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_s1n7jec">2.</a> <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?Ep%206,11-12">Ep 6,11-12</a></li> <li class="footnote" id="footnote3_ebrrin6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_ebrrin6">3.</a> cf. Si 15,14 : <em>Au commencement il a cr&eacute;&eacute; l&rsquo;homme, et il l&rsquo;a laiss&eacute; dans la main de son conseil </em></li> <li class="footnote" id="footnote4_j50fxlh"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_j50fxlh">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_18051986_dominum-et-vivificantem_fr.html">Dominum et Vivificantem</a>, 37</li> <li class="footnote" id="footnote5_egeniys"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_egeniys">5.</a> Tertullien, <a href="http://www.tertullian.org/french/depraescriptione.htm">Prescription contre les h&eacute;r&eacute;tiques</a>, 40 : <em>Le r&ocirc;le [du Diable] est de pervertir la v&eacute;rit&eacute;. [...] Celui qui s'est si jalousement efforc&eacute; de reproduire dans les choses de l'idol&acirc;trie les rites m&ecirc;mes qui servent &agrave; administrer les &laquo; sacrements &raquo; du Christ, celui-l&agrave; aussi, dans une intention toute pareille, a d&eacute;sir&eacute; passionn&eacute;ment et a pu appliquer &agrave; une foi profane et rivale les instruments des choses divines et des sacrements chr&eacute;tiens, en tirant sa pens&eacute;e de leurs pens&eacute;es, ses paroles de leurs paroles, ses paraboles de leurs paraboles</em>.</li> <li class="footnote" id="footnote6_fnqyd6t"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_fnqyd6t">6.</a> cf. <a href="http://services.liturgiecatholique.fr/bible/reference_get.php?1Jn%204,2-3">1Jn 4,2-3</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_mawrcea"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_mawrcea">7.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1B.HTM">CEC 327</a></li> <li class="footnote" id="footnote8_ks7um62"><a class="footnote-label" href="#footnoteref8_ks7um62">8.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1C.HTM">CEC 362-368</a></li> <li class="footnote" id="footnote9_ah9focs"><a class="footnote-label" href="#footnoteref9_ah9focs">9.</a> <a href="http://www.vatican.va/edocs/FRA0077/__P3.HTM">Redemptor Hominis</a>, 10</li> <li class="footnote" id="footnote10_x2b3esq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref10_x2b3esq">10.</a> cf.&nbsp;Franchir le seuil de l'esp&eacute;rance</li> <li class="footnote" id="footnote11_ioawoxd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref11_ioawoxd">11.</a> <a href="http://www.vatican.va/edocs/FRA0077/__P3.HTM">Redemptor Hominis</a>, 10</li> </ul> angélisme animalisme combat spirituel corps parodie sacrement symbole Thu, 20 Aug 2009 09:03:39 +0000 Incarnare 21 at http://www.theologieducorps.fr La "méthode Wojtyla" http://www.theologieducorps.fr/tdc/la-methode-wojtyla <h4>Le d&eacute;veloppement du subjectivisme</h4> <p>Le monde actuel semble refuser d'instinct le message de l'&Eacute;glise : en effet, la modernit&eacute; n'a pas fait que r&eacute;volutionner les sciences, les technologies, l'&eacute;conomie et la politique ; elle a r&eacute;ellement chang&eacute; les modes de pens&eacute;e avec le rationalisme, qui ne laisse aucune place pour le &quot;<em>grand Myst&egrave;re</em>&quot; du Christ et de l'&Eacute;glise. Jean-Paul II explique<a class="see-footnote" id="footnoteref1_q3e2kam" title="Lettre aux famille, 19" href="#footnote1_q3e2kam">1</a>:</p> <blockquote><p>&nbsp;Le rationalisme moderne <em>ne supporte pas le myst&egrave;re</em>. Il n'accepte pas le myst&egrave;re de l'homme, homme et femme, ni ne veut reconna&icirc;tre que la pleine v&eacute;rit&eacute; sur l'homme a &eacute;t&eacute; r&eacute;v&eacute;l&eacute;e en J&eacute;sus-Christ. En particulier, il ne tol&egrave;re pas le &laquo; grand myst&egrave;re &raquo; annonc&eacute; dans la Lettre aux Eph&eacute;siens, et il le combat de mani&egrave;re radicale. S'il reconna&icirc;t, dans un contexte de vague d&eacute;isme, la possibilit&eacute; et m&ecirc;me le besoin d'un Etre supr&ecirc;me ou divin, il r&eacute;cuse fermement la notion d'un Dieu qui se fait homme pour sauver l'homme. <strong>Pour le rationalisme, il est impensable que Dieu </strong>soit le R&eacute;dempteur, encore moins qu'il <strong>soit &laquo; l'Epoux &raquo;</strong>, la source originelle et unique de l'amour sponsal humain. Il interpr&egrave;te la cr&eacute;ation et le sens de l'existence humaine de mani&egrave;re radicalement diff&eacute;rente.</p></blockquote> <p>Le slogan du rationalisme a &eacute;t&eacute; forg&eacute; par Descartes : &quot;<em>je pense donc je suis</em>&quot;. Alors que pour St Thomas, l'existence &eacute;tait la condition de la pens&eacute;e, chez Descartes c'est la pens&eacute;e qui d&eacute;termine l'existence : le monde commence en quelque sorte avec moi et je suis son centre...</p> <p>Une philophie de l'&ecirc;tre accepte qu'il existe une r&eacute;alit&eacute; qui &eacute;tait l&agrave; avant moi et me d&eacute;passe, un &Ecirc;tre incr&eacute;&eacute; qui m'a cr&eacute;&eacute; comme je suis (pour penser). <em>Mes pens&eacute;es subjectives doivent donc se confronter &agrave; cette r&eacute;alit&eacute; objective</em>. Si je r&eacute;duis le monde a ce que je peux en penser alors l'homme est (ou plut&ocirc;t <em>je suis</em>) la mesure de toute chose et non pas Dieu. Ainsi, le d&eacute;veloppement du sujet en philosophie a rapidement vir&eacute; au subjectivisme et par cons&eacute;quence au relativisme moral.</p> <p><em>Il n'y a pas de v&eacute;rit&eacute;</em>, affirment-ils<a class="see-footnote" id="footnoteref2_x7dxec4" title="comme d&eacute;j&agrave; Pilate en son temps, qui avait le m&eacute;rite de le formuler de mani&egrave;re interrogative." href="#footnote2_x7dxec4">2</a> Pourquoi ce refus ?&nbsp;Parce que la valeur supr&ecirc;me de l'homme moderne est la <em>libert&eacute;</em>. <strong>Pour lui, l'existence d'une v&eacute;rit&eacute; objective est per&ccedil;ue comme une menace &agrave; sa libert&eacute;</strong>. Jean-Paul II l'affirme<a class="see-footnote" id="footnoteref3_sflf7n8" title="Fides et ratio, 90" href="#footnote3_sflf7n8">3</a> : <em>&quot;V&eacute;rit&eacute; et libert&eacute;, en effet, vont de pair ou bien elles p&eacute;rissent mis&eacute;rablement ensemble</em>&quot;.</p> <p><em>La v&eacute;rit&eacute; sans libert&eacute;</em> m&egrave;ne &agrave; la tyrannie, &agrave; la conversion par l'&eacute;p&eacute;e et &agrave; une religion guerri&egrave;re. C'est manifeste aujourd'hui. Mais la <em>libert&eacute; sans la v&eacute;rit&eacute; </em>est <em>&eacute;galement tyrannique</em>. Sans V&eacute;rit&eacute;, sans norme objective du bien, tout ce qui existe est une lutte de pouvoir entre opinions : ceux qui ont le plus de pouvoir, d'influence, de force militaire imposent une vision du monde &agrave; leur service. <em>&quot;Ainsi la d&eacute;mocratie, en d&eacute;pit de ses principes, s'achemine vers un totalitarisme caract&eacute;ris&eacute;</em>&quot;<a class="see-footnote" id="footnoteref4_a7ojko6" title="Evangelium Vitae, 20" href="#footnote4_a7ojko6">4</a>.</p> <p><strong>Reconnaissons que les formulations traditionnelles de la foi catholique font la part belle au fait objectif</strong>, n&eacute;gligeant l'exp&eacute;rience individuelle de chacun, amenant certains &agrave; s&eacute;parer la v&eacute;rit&eacute; de la libert&eacute;. La cl&eacute; de la pens&eacute;e de Jean-Paul II&nbsp;est <strong>la confiance que l'exp&eacute;rience subjective, bien discern&eacute;e, m&egrave;ne &agrave; la v&eacute;rit&eacute; objective</strong>. Le respect de la libert&eacute; individuelle est donc un point de foi. </p> <p>&nbsp;</p> <h4>Un personnalisme thomiste</h4> <p>Jean-Paul II a &eacute;t&eacute; form&eacute; dans la pens&eacute;e de Saint Thomas d'Aquin, qui privil&eacute;gie une compr&eacute;hension objeciviste de l'homme. En effet, s'il &eacute;tait familier avec les id&eacute;es de personne et de sujet, Saint Thomas ne disposait pas d'un certain nombre d'outils - comme la psychologie, etc. - pour penser l'exp&eacute;rience propre &agrave; chaque individu. </p> <p>Karol Wojtyla a &eacute;crit sa th&egrave;se d'habilitation sur la pens&eacute;e du philosophe Max Scheler<a class="see-footnote" id="footnoteref5_1c9g6d9" title="&Eacute;valuation des possibilit&eacute;s de construire l'&eacute;thique chr&eacute;tienne sur la base du syst&egrave;me de Max Scheler" href="#footnote5_1c9g6d9">5</a>.&nbsp;Celui-ci, s'opposant &agrave; la morale strictement objective de Kant, essaie de recr&eacute;er la morale chr&eacute;tienne, depuis ses bases, en partant de l'exp&eacute;rience individuelle, en s'appuyant sur une m&eacute;thode appel&eacute;e <em>ph&eacute;nom&eacute;nologie</em>. </p> <p>La ph&eacute;nom&eacute;nologie cherche &agrave; analyser l'exp&eacute;rience individuelle, en fait en la laissant parler sans imposer d'embl&eacute;e un syst&egrave;me de valeurs. La force de Jean-Paul II&nbsp;est d'avoir compris que cette m&eacute;thode &eacute;tait &eacute;galement une porte d'acc&egrave;s &agrave; la V&eacute;rit&eacute;, objective : <em>L&rsquo;&Eacute;glise sait &quot;&nbsp;que son message est en accord avec le fond secret du c&oelig;ur humain &quot;</em><a class="see-footnote" id="footnoteref6_fel3aop" title="CEC 2126" href="#footnote6_fel3aop">6</a> affirme le Cat&eacute;chisme. </p> <p><em>Comme il est fr&eacute;quent que la doctrine de l'Eglise soit rejet&eacute;e parce que sa formulation laisse penser qu'elle compl&egrave;tement d&eacute;connect&eacute;e du concret de la vie quotidienne ! Comme il est fr&eacute;quent que les enfants, une fois adultes, rejettent la foi parce que leurs &eacute;ducateurs - parents, pr&ecirc;tres, cat&eacute;chistes - leur ont impos&eacute; la religion sans respecter -&nbsp; ni les &eacute;duquer dans - leur libert&eacute; humaine authentique ?&nbsp;</em></p> <p>Il ne s'agit pas de simplement conna&icirc;tre la v&eacute;rit&eacute;, mais de l'int&eacute;rioriser, de la vivre comme un bien lib&eacute;rateur. Toutefois, on ne peut aimer sans r&eacute;serve la v&eacute;rit&eacute; sans crainte pour notre libert&eacute; que si cette v&eacute;rit&eacute; est elle-m&ecirc;me <em>l'Amour </em>parfait. Devinez ?&nbsp;C'est le cas ! La <em>V&eacute;rit&eacute; est Amour</em>, c'est le <em>Christ</em> !!<a class="see-footnote" id="footnoteref7_erixxu4" title="On ne peut que conseiller de lire l'encyclique Caritas in Veritate de Beno&icirc;t XVI, qui en son introduction d&eacute;veloppe &ccedil;a de mani&egrave;re claire." href="#footnote7_erixxu4">7</a></p> <p>&nbsp;</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_q3e2kam"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_q3e2kam">1.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/letters/documents/hf_jp-ii_let_02021994_families_fr.html">Lettre aux famille</a>, 19</li> <li class="footnote" id="footnote2_x7dxec4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_x7dxec4">2.</a> comme d&eacute;j&agrave; Pilate en son temps, qui avait le m&eacute;rite de le formuler de mani&egrave;re interrogative.</li> <li class="footnote" id="footnote3_sflf7n8"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_sflf7n8">3.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_15101998_fides-et-ratio_fr.html">Fides et ratio</a>, 90</li> <li class="footnote" id="footnote4_a7ojko6"><a class="footnote-label" href="#footnoteref4_a7ojko6">4.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae_fr.html">Evangelium Vitae</a>, 20</li> <li class="footnote" id="footnote5_1c9g6d9"><a class="footnote-label" href="#footnoteref5_1c9g6d9">5.</a> <em>&Eacute;valuation des possibilit&eacute;s de construire l'&eacute;thique chr&eacute;tienne sur la base du syst&egrave;me de Max Scheler</em></li> <li class="footnote" id="footnote6_fel3aop"><a class="footnote-label" href="#footnoteref6_fel3aop">6.</a> <a href="http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P79.HTM">CEC 2126</a></li> <li class="footnote" id="footnote7_erixxu4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref7_erixxu4">7.</a> On ne peut que conseiller de lire l'encyclique <a href="http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20090629_caritas-in-veritate_fr.html"><em>Caritas in Veritate</em></a> de Beno&icirc;t XVI, qui en son introduction d&eacute;veloppe &ccedil;a de mani&egrave;re claire.</li> </ul> modernité personnalisme phénoménologie rationalisme splendeur de la vérité subjectivisme thomisme Fri, 21 Aug 2009 08:43:21 +0000 Incarnare 22 at http://www.theologieducorps.fr Humanae Vitae et sa réception http://www.theologieducorps.fr/tdc/humanae-vitae-sa-reception <h4>N&eacute;cessit&eacute; d'une vision globale de l'homme :</h4> <p>La principale difficult&eacute; de r&eacute;ception de l'encyclique de Paul, Humanae Vitae, en 1968, tient au lien que l'&Eacute;glise reconna&icirc;t entre la sexualit&eacute; et la procr&eacute;ation. On a pu le voir avant, deux anthropologies s'affrontent ici.</p> <p>Le rationalisme moderne ne voit dans le corps qu'une donn&eacute;e biologique : si la personne n'<em>est </em>pas un corps, mais qu'elle <em>poss&egrave;de </em>un corps (comme on poss&egrave;derait une maison), alors il est moralement neutre de manipuler et dominer le corps comme l'homme domine le reste de la cr&eacute;ation. Finalement, dans ce mode de pens&eacute;e, on peut alt&eacute;rer sa fertilit&eacute; comme alt&egrave;re sa couleur de cheveux. <br /> L'&Eacute;glise insiste sur le fait que nous <em>sommes </em>des corps et qu'une telle manipulation a des r&eacute;percussions sur la personne toute enti&egrave;re.</p> <p>Le rationalisme pr&eacute;sente des bouts de v&eacute;rit&eacute;s s&eacute;par&eacute;es les unes des autres ; dans Humanae Vitae, Paul VI identifie le besoin d'une vision globale de l'homme<a class="see-footnote" id="footnoteref1_s92t6f4" title="Humanae Vitae, 7" href="#footnote1_s92t6f4">1</a>.&nbsp;L'ennui c'est qu'il ne propose pas cette vision, se bornant &agrave; identifier ses cons&eacute;quences morales. Jean-Paul II&nbsp;r&eacute;pare cet oubli : sa Th&eacute;ologie du Corps est pr&eacute;cis&eacute;ment la fondation de la doctrine rappel&eacute;e par Paul VI.</p> <p>Loin de s'opposer &agrave; l'encyclique, Jean-Paul II&nbsp;pr&eacute;cise, dans la derni&egrave;re cat&eacute;ch&egrave;se de la Th&eacute;ologie du Corps, que cette s&eacute;rie constitue un long commentaire de celle-ci. Il mentionne &eacute;galement qu'il a appel&eacute; les th&eacute;ologiens dans l'exhortation <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio_fr.html">Familiaris Consortio</a> &agrave; venir compl&eacute;ter l'&eacute;difice qu'il a commenc&eacute; &agrave; b&acirc;tir en s'appuyant sur ses deux piliers : l'&Eacute;criture Sainte et le Personnalisme. Ecoutons-le<a class="see-footnote" id="footnoteref2_guy7xxd" title="Familiaris Consortio, 31" href="#footnote2_guy7xxd">2</a> : (gras et italique ajout&eacute;)</p> <blockquote><p>C'est pourquoi, avec les P&egrave;res du Synode, je me sens le devoir d'adresser aux th&eacute;ologiens un app&egrave;l <em>pressant </em>afin qu'unissant leurs forces pour collaborer avec le Magist&egrave;re hi&eacute;rarchique, ils fassent leur possible pour mettre toujours mieux en lumi&egrave;re les <strong>fondements bibliques, les motivations &eacute;thiques et les raisons personnalistes qui sous-tendent cette doctrine</strong>. Il sera ainsi possible, dans le cadre d'un expos&eacute; ordonn&eacute;, de rendre la doctrine de l'Eglise concernant cet important chapitre <em>vraiment accessible &agrave; tous les hommes de bonne volont&eacute;, et d'en favoriser la compr&eacute;hension de fa&ccedil;on toujours plus claire et plus approfondie</em>: de cette mani&egrave;re le dessein de Dieu pourra &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; toujours plus pleinement pour le salut de l'homme et la gloire du Cr&eacute;ateur. </p></blockquote> <blockquote><p>A cet &eacute;gard, l'effort coordonn&eacute; des th&eacute;ologiens, inspir&eacute; par une adh&eacute;sion convaincue au Magist&egrave;re qui est l'unique guide authentique du peuple de Dieu, <strong>pr&eacute;sente une urgence particuli&egrave;re qui vient aussi du lien profond existant entre la doctrine catholique sur ce point et la vision de l'homme propos&eacute;e par l'Eglise: des doutes ou des erreurs dans le domaine conjugal ou familial entra&icirc;nent un grave obscurcissement de la v&eacute;rit&eacute; int&eacute;grale sur l'homme</strong>, qui se trouve d&eacute;j&agrave; dans une situation culturelle si souvent confuse et contradictoire. L'&eacute;clairage et l'approfondissement que les th&eacute;ologiens sont appel&eacute;s &agrave; apporter <em>en accomplissement de leur t&acirc;che sp&eacute;cifique sont d'une valeur incomparable et constituent un service singulier, et combien m&eacute;ritoire, rendu &agrave; la famille et &agrave; l'humanit&eacute;</em>. </p></blockquote> <p>&nbsp;</p> <h4>Le besoin &quot;pressant&quot; d'une &eacute;thique personnaliste</h4> <p>A cause de trop nombreuses formulations l&eacute;galistes de la th&eacute;ologie morale dans l'&Eacute;glise et un d&eacute;dain pour les questions li&eacute;es &agrave; la sexualit&eacute; dans les &eacute;glises, beaucoup r&eacute;cusent &agrave; Rome sa l&eacute;gitimit&eacute;dans ce domaine.</p> <p>Il est &eacute;vident, si l'on a lu les pages pr&eacute;c&eacute;dentes, que si la sexualit&eacute; est li&eacute;e &agrave; notre identit&eacute; profonde en tant que cr&eacute;atures d&eacute;sir&eacute;es par Dieu tels que nous sommes, alors la th&eacute;ologiea son mot &agrave; dire sur la sexualit&eacute;.</p> <p>Toutefois, ne nions pas une responsabilti&eacute; qui est n&ocirc;tre : le l&eacute;galisme en mati&egrave;re de sexualit&eacute; est pr&eacute;cis&eacute;ment l'une des raisons pour lesquelles l'unique question qui agite beaucoup de nos contemporains, lorsqu'il s'agit de sexualit&eacute;, est &quot;<em>jusqu'o&ugrave; puis-je aller avant d'enfreindre la loi</em> ?&quot; alors que d'autres questions beaucoup plus essentielles - &quot;<em>Qu'est qu'&ecirc;tre humain ? Qu'est ce qu'une personne ?&nbsp;Que signifie aimer ?&nbsp;Pourquoi Dieu nous a t-il fait homme et femme ?&nbsp;Pourquoi nous a t-il fait sexu&eacute;s, d'ailleurs ?&nbsp;Comment puis-je aimer l'autre en respectant le myst&egrave;re que Dieu a mis en elle/lui ?</em>&quot;</p> <p>Que les anciens se rassurent : l'enseignement de l'&Eacute;glise sur la sexualit&eacute; n'a pas chang&eacute;... mais une prise de conscience a eu lieu : les questions li&eacute;es &agrave; la morale sexuelle sont li&eacute;es au contenu et &agrave; la qualit&eacute; de l'exp&eacute;rience subjective<a class="see-footnote" id="footnoteref3_s1by6mq" title="TDC&nbsp;60,1" href="#footnote3_s1by6mq">3</a> de la personne, de comment elle vit sa corpor&eacute;it&eacute; et la relation &agrave; l'autre. L'enseignement traditionnel n'est ainsi pas aboli, mais accompli, ou plus exactement, <em>incarn&eacute;</em>.&nbsp;</p> <h5>La norme personnaliste :</h5> <p>Le Pape, une fois encore, a une foi profonde dans le fait que l'exp&eacute;rience individuelle de ce qui donne le bonheur rejoint le bien objectif. Il ne veut pas forcer quiconque &agrave; &eacute;couter, ce qui serait nier la libert&eacute; de la personne, mais il a confiance que la V&eacute;rit&eacute; r&eacute;sonne dans les coeurs.</p> <p>Cette confiance dans l'exp&eacute;rience int&eacute;rieure comme source de l'&eacute;thique suppose que la personne soit la norme : tout d'abord, <em>une personne ne peut &ecirc;tre utilis&eacute;e comme un moyen, quelle que soit la fin</em> ; ensuite, <em>l'unique r&eacute;ponse ad&eacute;quate face &agrave; une personne est l'amour</em>.</p> <p>Dans cette optique, l'oppos&eacute; de l'<em>amour </em>n'est pas la <em>haine</em>, mais l'<em>utilisation </em>de la personne comme un objet.&nbsp;Une telle utilisation de la personne se cache souvent sous des apparences d'amour. La soi-disant &quot;<em>lib&eacute;ration sexuelle</em>&quot; qui pr&ocirc;ne l'utilitarisme a d&eacute;j&agrave; fait des ravages...&nbsp;mais alors que toujours plus de gens font l'exp&eacute;rience quotidienne des blessures que provoque cette parodie de lib&eacute;ration sexuelle, leur coeur ressent toujours plus le besoin de trouver le <em>vrai </em>Amour.</p> <p>Les fondements d'une nouvelle r&eacute;volution sexuelle sont jet&eacute;s... elle commence comme celle qui a abouti &agrave; la chute de l'URSS : discr&egrave;tement, dans les coeurs, la parole de v&eacute;rit&eacute; proclam&eacute;e par ce Pape polonais est accueillie et germe !</p> <p>&nbsp;</p> <ul class="footnotes"><li class="footnote" id="footnote1_s92t6f4"><a class="footnote-label" href="#footnoteref1_s92t6f4">1.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_25071968_humanae-vitae_fr.html">Humanae Vitae</a>, 7</li> <li class="footnote" id="footnote2_guy7xxd"><a class="footnote-label" href="#footnoteref2_guy7xxd">2.</a> <a href="http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio_fr.html">Familiaris Consortio</a>, 31</li> <li class="footnote" id="footnote3_s1by6mq"><a class="footnote-label" href="#footnoteref3_s1by6mq">3.</a> <a href="http://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-060-corps-humain-dans-oeuvres-dart#1">TDC&nbsp;60,1</a></li> </ul> anthropologie encyclique humanae vitae personnalisme rationalisme vision totale Fri, 21 Aug 2009 22:21:49 +0000 Incarnare 23 at http://www.theologieducorps.fr