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Edito : Soyons des Saints, même en politique

Cahiers Libres - mardi 05/05/2015 - 13:00

« Si le Seigneur t’appelle à cette vocation, vas-y, fais de la politique, cela te fera souffrir, peut-être cela te fera-t-il pécher, mais le Seigneur est avec toi. Demande pardon et va de l’avant. »  Pape François

Nous sommes tous appelés à la Sainteté. Tous. Même toi. Même moi. Même lui. Et je suis même sur qu’IL a très envie que François Hollande soit saint. Et pour ceux qui douteraient de l’appel à la sainteté, il suffit de relire un peu Lumen Gentium : “L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état” (Lumen Gentium 40). Car oui, tous sont appelés à la sainteté : “Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait” (Mt 5, 48). Tous, même les politiques donc.

Mais la politique salit, corrompt, c’est bien connu. C’est sûrement pour ça que bien des catholiques s’en tiennent éloignés. Mais le pape nous rassure : « Faire de la politique est important, la petite comme la grande ! On peut devenir saint en faisant de la politique. » C’est une chose de le dire, c’en est une autre de le faire.

Car la politique, c’est aussi faire des compromis, affronter des adversaires qui ne jouent pas toujours selon les règles. Dès lors, se posent la question de la fin et des moyens. Quand on veut défendre ce qu’on estime bon, beau et vrai, on est parfois tenté de faire des compromis qui frôlent la compromission. Et la tentation est alors grande de déconnecter complètement la politique du rapport au Christ. En politique, on prendrait sa part nécessaire de mal, et en religion, il s’agirait de s’en défaire.

Mais c’est une attitude schizophrène. Car sans chercher l’avènement d’une Chrétienté politique, on peut s’interroger sur la nécessite d’une unité de vie. Et le discernement n’est pas évident. Encore un motif possible de découragement. Mais encore une fois « Un catholique ne peut se contenter de regarder du balcon » dit le pape. Et on peut s’investir en politique avec l’espoir de ne pas se salir les mains, et tout faire pour. C’est une exigence forte, mais suivre le Christ c’est exigeant. C’est possible, comme il est possible de vivre sa vie en espérant ne pas pécher. Il faut discerner.

Et c’est là où ce que dit le pape, sans être révolutionnaire, donne des indications pratiques sur la conduite à tenir. Il distingue la grande et la petite politique. Nous ne sommes pas tous appelés à faire campagne pour acquérir des responsabilités, mais nous sommes tous appelés à ajouter une pierre à l’édifice. Dans une association, par de petites bonnes actions tournées vers le bien commun, on pose déjà des actes politiques. Participer à la vie de la cité, dans tous ces aspects, c’est déjà un acte politique. Il ne faut pas dénigrer cette politique là, elle est d’ailleurs plus simple à assumer et sûrement moins au prises avec des dilemmes moraux.

Servir la soupe aux plus démunis, donner des cours de langue à des étrangers, ce sont des actes politiques. Parce qu’on refuse de laisser les choses se faire sans agir. S’investir dans le conseil municipal, quel que soit la taille de la ville, c’est aussi un moyen de sanctification, parce qu’on tente d’aller vers le bien commun à un échelon local. Prendre une cause et la défendre, s’y investir en donnant du temps, c’est un acte politique. Que ce soit la cause des chrétiens d’Orient, l’habitat des oiseaux nicheurs ou la préservation de patrimoine oublié, c’est de la politique.

Quant à la grande politique, celle des élections et des débats télévisés, il ne faut pas non plus s’en séparer. Car si les catholiques n’y vont pas, d’autres iront à leur place. Et là encore, le pape rappelle que le fait d’avoir les mains sales n’est pas une fatalité. Sur le chemin de la sainteté, bien des Saints sont tombés. Mais ils se sont toujours relevés. Par la grâce des sacrements, nous pouvons avoir la certitude que nous sommes pardonnés. Et alors nous pouvons nous relever.

Faire les choses à notre mesure, prendre les moyens d’agir selon notre conscience, ne pas tourner le dos à l’unité de vie. Et avancer, se relever quand on tombe. Vivre en Chrétiens, en fait. Se tenir éloigné de la politique c’est, pour paraphraser Peguy, “avoir les mains pures, mais ne pas avoir de mains”. A quoi servent ces mains si on ne peut s’en servir ?

Alors pour devenir des saints, prenons le risque de la politique, si nous y sommes appelés. Peut-être qu’il faudra mettre les mains dans le cambouis, peut-être que des mains en seront salies, mais il faudra se relever, et ne pas s’y noyer. Sans cela, qui relevera la politique elle-même ?

Fol Bavard

Ce papier Edito : Soyons des Saints, même en politique a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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11 janvier : la marche des zombies

koztoujours - mardi 05/05/2015 - 12:05

Je devrai peut-être à Emmanuel Todd la résolution de la tension interne qui m’habite depuis des mois : catholique, réactionnaire, autoritaire, blanc, un peu con, à défaut d’être Charlie, je serais pleinement dans l’esprit du 11 janvier.

Je lis en effet que, selon le sociologue, ce sont les anciens bastions du catholicisme qui se sont le plus mobilisés, aiguillonnés en cela par les « valeurs » qu’il portait, à savoir l’autorité, la tradition, l’entre-soi et le rejet de l’égalité… tout en s’étant totalement dépris de la religion. Il en conclut à l’imposture, puisque la motivation véritable de cette mobilisation ne serait pas l’attachement aux valeurs républicaines mais le soutien, par rejet de l’islam, à un hebdomadaire lui-même islamophobe. Sans aller jusque-là, l‘hypothèse selon laquelle l’invocation de la laïcité serait le cache-sexe républicain d’un refus de l’islam ou, à tout le moins, de certains traits de l’islam hystérisés chez les radicaux, ne serait pas pour me déplaire. Et l’émoi causé par une telle position dans le landerneau consensualiste a évidemment quelque chose de très plaisant. Il faut pourtant, même à contrecœur, modérer la jouissance ressentie à emmerder le monde. Elle ne peut servir à elle seule de boussole pour la vérité.

Le catholique que je suis ne peut en effet cacher l’étonnement qui est le sien devant cette nouvelle mise en cause. Depuis quatre mois, nous avons vu passer le laïcisme militant, amalgamant les chrétiens à la violence islamiste qu’il ne faut pas en revanche amalgamer à l’islam, et même la prétention que le christianisme comporterait les mêmes incitations à la violence que l’on pourrait trouver dans l’islam. En revanche, l’idée que le catholicisme, même inconscient, soit le terreau majeur des saloperies du moment n’avait encore guère été soulevée.

Il y a ainsi quelque chose d’étrange dans la démarche d’Emmanuel Todd. Peut-être est-ce la menace qui guette tout théoricien : celle de vouloir présenter une explication globale du monde, à partir de facteurs ponctuels d’explication, celle de s’enfermer jusqu’à l’absurde dans ses propres catégories ? On dit trivialement que, lorsque l’on n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous.

En l’occurrence, je peux entendre l’évocation d’un « catholicisme zombie« , issue de ses travaux précédents menés avec Hervé Le Bras. Je n’ai aucune peine, bien au contraire, à imaginer que persiste dans notre pays sécularisé une imprégnation des valeurs chrétiennes, en particulier dans certains de ses territoires. Sans surprise, je m’émeus davantage de ce que l’on prétend rattacher au catholicisme.

Ainsi tout particulièrement du rejet de l’égalité comme valeur du catholicisme. Cette imputation est la plus irrecevable. L’Epître de Saint Paul aux Galates contredit sans conteste cette idée : « il n’y a plus ni Juif ni Grec; il n’y a plus ni esclave ni homme libre; il n’y a plus ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). Tous ceux qui ont « revêtu le Christ » sont ainsi fondamentalement égaux. Et si les chrétiens s’adressent à Dieu en « osant dire » Notre Père, c’est qu’ils sont tous fils et filles de Dieu et, par conséquent, tous frères.

Ainsi encore de l’entre-soi. Le catholicisme comme entre-soi est un oxymore. Le catholicisme est universalité et plus encore, il est une foi en un Dieu d’amour et l’amour ne peut que vous envoyer vers l’autre. Et comment oublier encore cette exhortation du Christ : « allez, de toutes les nations faites des disciples ! » (Mt 28, 19) ?

Bien sûr, Emmanuel Todd se situe sur un autre plan : non pas la doctrine mais la traduction sociologique. N’allons pas trop vite et ne négligeons pas, déjà, toutes les études d’opinion qui soulignent que, plus le catholique est pratiquant, moins il vote Front National. Ceci mis à part, je connais aussi, dans la population catholique, une tentation de l’entre-soi, probablement même accentuée ces dernières années et, si cela peut faire plaisir, un goût de l’autorité. Mais, précisément, ces tentations ne sont pas catholiques. Et c’est là que se noue mon incompréhension : il semble bien qu’Emmanuel Todd aboutisse à des catégories doublement hors-sol, qui conduisent à l’absurde. Ainsi, pour le suivre, faut-il d’abord comprendre que les soutiens à Charlie empruntaient au catholicisme, ceux-là même qui se sont fait forts ensuite d’enjoindre les catholiques au silence, et de dénoncer #LesReligions. Il faut accepter l’idée que les manifestants de ces régions qui ne sont plus catholiques réagissent à partir de leur substrat de valeurs catholiques. Et il faudrait enfin considérer comme empreintes de catholicisme des valeurs qui en sont la négation. Avec tout le respect que j’ai pour la sociologie, et l’amour pour mon frère Todd, Emmanuel pousse le bouchon dans les orties : on ne peut pas continuer de teinter de catholicisme, même à titre de référence sociologique, ce qui en est à ce point détaché.

Au demeurant, si je suis disposé à entendre les critiques qui me sont apportées en tant que catholique, je me permets tout de même d’interroger fraternellement ceux qui me les adressent : l’entre-soi, l’autorité, la tradition, le rejet de l’égalité seraient-ils vraiment propres aux catholiques ? Allons… Au demeurant, si l’entre-soi et le rejet de l’égalité peuvent difficilement être sauvés, l’autorité et la tradition ne sont pas mauvaises en elles-mêmes. Si Emmanuel Todd et d’autres en distinguent des traductions néfastes, comment oublier alors le mot célèbre de Chesterton : « le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elle vagabondent toutes seules » ? Je n’ose imaginer que les attentats de janvier, les polémiques qui s’ensuivent, et les travaux d’Emmanuel Todd, militent délibérément pour une restauration des vertus chrétiennes dans leur compagnonnage solidaire, une reconnexion des valeurs à la foi chrétienne, une conversion au catholicisme des catholiques sociologiques eux-mêmes, bref un retour au christianisme pour que la France cesse d’être zombie mais, à dire vrai, cette idée ne me paraîtrait pas saugrenue.

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Donnez du son à un âne

David Lerouge - lundi 04/05/2015 - 16:26

J’ai coupé mes radios. Les tombereaux de nouvelles me coupaient de la Bonne Nouvelle, ou plutôt suramassaient leur putrides effluves par dessus la bonne odeur de l’Esprit, me donnant envie d’oublier de sentir. Et les chroniques partisanes dévidaient leur fil sans m’éveiller même un sourire.  J’ai coupé mes radios pendant le carême, et je ne les... Lire Donnez du son à un âne

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Jésuite en mission à l’île Maurice

Blog jeunes cathos - lundi 04/05/2015 - 15:14

Annoncer l'Évangile en milieu populaire ou « l’inculturation en île Maurice » : Romain, religieux jésuite depuis huit ans, est à l'île Maurice pour deux ans. Il y découvre la vitalité de la foi populaire qui le déplace et l'interpelle.

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Un évêque aux JMJ

Blog jeunes cathos - lundi 04/05/2015 - 14:13

Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, s'est rendu aux JMJ une dizaine de fois. Il nous partage son expérience. Une interview réalisée par l'équipe communication des JMJ de Cracovie.

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Je veux pouvoir courir vers la croix

Cahiers Libres - dimanche 03/05/2015 - 09:00

Mon Doux Jésus, je veux vous aimer. Me blottir contre Vous, comme l’oiseau sous la pluie cherchant refuge. Répondre à l’appel de la croix, étendre mes bras pour accueillir votre Amour comme vous avez accueilli toute l’Humanité. Mon imperfection, je vous l’offre car c’est d’un seul élan que je me jette à vos pieds pour implorer votre Pardon. S’il faut pouvoir pour aimer se donner entièrement, je vous offre mon cœur, mon esprit, mon âme et mon corps. Qu’ils chantent à l’unisson un chant de joie, se sachant tous aimés.

Croire est un acte de courage car, c’est accepter de tout laisser au pied de la croix. Il faut pouvoir oublier rien qu’un instant son orgueil pour pouvoir tout confier. Quand vous donnez à Dieu la moitié de votre personne, vous n’avez rien donné. Pour aimer, il faut tout accepter et s’offrir tout entier à la miséricorde et à la volonté divine. Dieu vous a aimé en premier alors n’ayez plus peur. Il n’attend que la réponse à son cri d’Amour vers ses créatures. C’est chaque jour que la création se poursuit. Tant qu’il restera un homme sur terre qui chantera ses louanges, Dieu aura de l’Espoir pour l’Homme. On ne peut véritablement aimer sans Espérance. On apprend à espérer à la hauteur de ce que l’on ose placer dans l’Amour.

Mon Doux Jésus, je veux vous aimer. A l’heure de mon dernier jour sur terre, je veux pouvoir courir vers la croix, dans vos bras. Donnez-moi de percer certains mystères car ce monde a tellement besoin de redécouvrir ce qu’est l’Amour. Donnez-moi assez de force pour ne jamais renier votre Espérance malgré mes défaillances, mes imperfections. Si je pèche c’est par manque d’Amour alors embrasez mon cœur et mon âme d’encore plus d’attentions. Ce que je ne peux vous donner, offrez le moi. Non pas par orgueil mais, par confiance en Vous. Donnez-moi la grâce d’éveiller les âmes à la beauté de se savoir aimé. Je veux vivre rien qu’une éternité car elle seule suffira à Vous dire combien je Vous aime. Je veux « espérer contre toute espérance ».

Christophe R.

Ce papier Je veux pouvoir courir vers la croix a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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