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Notre-Dame de la rue : « soutenir les plus démunis comme ceux qui les accompagnent »

Cahiers Libres - vendredi 02/12/2016 - 09:00

Notre-Dame de la rue est une chaîne de prières à destination des plus démunis comme de toutes les personnes qui les accompagnent. Composée en l’an 2000, par Bernard de la Croix-Vaubois et traduite en 25 langues, elle relie plus de 200 groupes religieux et laïques présents dans 45 pays et répartis sur les cinq continents. Rencontre avec Romain Fortunier (au centre sur la photo), président de l’association.

“Nous étions tous les invités du Seigneur !”

Vous avez participé au pèlerinage Fratello 2016, qui a réuni au mois de novembre à Rome des personnes en situation de précarité. Qu’êtes-allé-vous chercher là-bas ?

Nous cherchions tout d’abord à vivre une expérience particulièrement intense de communion avec Dieu et entre pèlerins. En nous rendant à Rome, nous espérions également montrer que la foi soulève vraiment des montagnes. Si rien n’est impossible à Dieu, alors on doit pouvoir organiser la rencontre du Pape avec des personnes sans-abris de Versailles ! Nous sommes ainsi partis avec deux accompagnateurs et trois personnes en situation de précarité. Parmi elles, deux hommes dormant dans la rue depuis quelques années et une femme bénéficiant d’un toit mais pas de revenus suffisants pour vivre de manière autonome. Tous fréquentent le parvis de l’église afin de solliciter la générosité des paroissiens à la sortie des Messes. Mais dans une autre perspective, je considère que nous étions tous les cinq les invités du Seigneur.

 

Que retenez-vous de ce voyage ?

Une formidable aventure humaine de trois jours remplie de moments d’émotions et de grâces. Ce grand rassemblement organisé par l’Église nous révèle également le sens des paroles de Saint-Paul dans son épître aux Galates : « il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus ». Ainsi, seule l’unité réalisée dans le Christ permet de dépasser les différences culturelles, sexuelles ou sociales.

 

Et des rencontres avec le Saint Père ?

Le Pape François s’est montré très proche des pèlerins venus le rencontrer. Par ses mots et ses gestes d’affection, il a semblé vouloir toucher le cœur de chacune des personnes présentes. À travers la proximité affichée par le Souverain Pontife, nous réalisons que Dieu n’est pas un être inaccessible. En Jésus, Dieu s’est incarné et nous permet de vivre une relation personnelle et filiale avec lui.

“Nous avons naturellement choisi de placer notre association sous la protection de celle qui est infiniment mère”

« Les pauvres sont nos maîtres », disait saint Vincent de Paul. Que nous apprennent-ils ?

Les personnes que je côtoie dans la rue ont besoin des autres pour satisfaire leurs besoins les plus essentiels. En effet, privés de ressources suffisantes, les pauvres doivent fréquemment solliciter les autres pour boire, manger et se vêtir… Dans notre vie spirituelle, nous devons également prendre conscience que livrés à nous-mêmes, nous sommes totalement démunis. Nous devons donc mendier auprès du Seigneur afin qu’il nous comble de son amour, de sa grâce et de ses bienfaits. Rappelons-nous également que dans son sermon sur la montagne, le Seigneur déclare « heureux les pauvres de cœur car le royaume des cieux est à eux » (Matthieu, 5-3).

 

Quel sens donnez-vous au patronage de votre association par Notre-Dame ?

Notre-Dame tient une place unique dans l’histoire du salut, à la fois mère de Dieu, mais aussi de tous les hommes quand le Christ la confie à l’apôtre Jean au pied de la croix. Pour soutenir les plus démunis comme ceux qui les accompagnent, nous avons naturellement choisi de placer notre association sous la protection de celle qui est infiniment mère. L’évangile nous enseigne par ailleurs que le Christ vient au monde dans une mangeoire car Marie et Joseph n’ont pas trouvé de place dans la salle commune. Dans cette idée, « Notre-Dame de la rue » se fait proche des personnes qui y vivent et qui plus largement se sentent à l’écart.

 

Comment l’Eglise peut-elle davantage ouvrir ses portes aux pauvres, pour reprendre l’expression d’Etienne Villemain, responsable de l’association Lazare ?

Les portes de l’Église qu’il convient d’ouvrir davantage renvoient sans doute à celles de nos cœurs, en commençant par le mien. Si nous désirons sincèrement faire la conversion de nos cœurs et prendre le Christ pour modèle alors ces changements espérés se produiront. Saint Jean Paul II nous exhortait d’ailleurs à ne pas avoir peur et à ouvrir toutes grandes les portes au Christ.

  « Mais priez, mes enfants ! Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ! »                                                                                                       

Vous intervenez dans les établissements scolaires pour présenter votre mission. Comment la présentez-vous aux élèves ?

Les présentations se fondent sur des situations et réalités vécues. Chaque élève a déjà rencontré furtivement des personnes vivant dans la misère et s’est demandé que faire ? Nous regrettons souvent alors notre manque de temps, de moyens et nous pouvons nous sentir impuissants. Pourtant la prière est un moyen très simple mais extrêmement puissant pour demander la lumière et la protection de Dieu dans nos vies et celles des personnes que nous croisons. Après avoir placé la prière à la source de nos actions, nous pouvons ensuite les présenter et souligner qu’elles ne restent pas sans fruits.

Comment reçoivent-ils ce message ?

Les élèves se sentent concernés par la situation des personnes vivant dans la rue et sont prêts à s’engager dans des actions ponctuelles comme les maraudes par exemple. La principale difficulté consiste à leur faire prendre conscience de l’importance et de la centralité de la prière. J’ai d’ailleurs envie de rappeler les paroles de la Vierge Marie prononcées à Pontmain en 1871 alors que la guerre faisait rage dans notre pays : « Mais priez, mes enfants ! Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher ».

 

Une statue de Notre-Dame de la rue pérégrine actuellement en France avant de s’envoler l’an prochain pour le Liban, rejoindre la Syrie et s’établir à Jérusalem. Pourquoi cette destination ?

Ce parcours de la statue de Notre-Dame de la rue qui prendra fin à Jérusalem renvoie à notre propre pèlerinage sur la terre. Les Saintes Écritures et notamment le livre de l’Exode évoquent notre passage ici-bas comme un exil que nous vivons dans l’espérance de parvenir in fine à la terre promise. Cette terre promise s’apparente à la Jérusalem céleste telle que décrite dans le livre de l’Apocalypse selon Saint-Jean.

 

Quelle importance revêt cette étape syrienne à vos yeux, au regard du contexte actuel du pays ?

L’Église catholique est souvent désignée comme le corps mystique du Christ. Ainsi, lorsqu’un membre de ce corps souffre, tous les autres participent à cette souffrance. Cette étape syrienne est donc particulièrement importante pour témoigner de notre soutien et compassion envers nos frères d’Orient.

Ce papier Notre-Dame de la rue : « soutenir les plus démunis comme ceux qui les accompagnent » a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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Et si d'Avent(ure) priant(e)

Zabou the terrible - mercredi 30/11/2016 - 23:36

Avent. 

Silence d’attente

Qui affute et apaise le cœur encombré,

Pour qu’il soit vif, aux aguets, tourné vers Toi.

 

Chaleur réconfortante,

De ce temps juste avec Toi :

A prendre pour moi

Comme à prendre pour tous ceux qui, dans le froid, ne le peuvent pas. 

Oraison et intercession. 

 

Silence d’écoute de Ta parole,

Silence qui s’allonge de la lectio,

Pour aimer et pour agir,

Un peu, ou moins mal,

Ici et dehors.

 

Silence de la prière,

A écouter ce silence intérieur et ce qui s’y murmure,

Silence de préparation,

Silence pour être agi(s) par Toi,

Silence de veille : 

Prière simple de l’Avent.

 

Et si les frimas n'étaient qu'une invitation à aller au plus intime de nous-mêmes ? 

Et si le froit de l'hiver s'installant n'était nullement une invitation à un repli mais plutôt à retrouver , après avoir servi nos frères, l'interior intimo meo, bref, Celui qui est plus intime à moi-même que moi-même ? 

Et si l'Avent était bien un moment privilégié où Tu nous glissais au coeur ces "je t'aime, tu sais" dont Tu as le secret ? 

 

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Pour tous nos frères d’Alep

koztoujours - mercredi 30/11/2016 - 14:13

Je sais d’habitude ce que je vais écrire avant de commencer un billet. Je ne sais pas quoi dire en commençant celui-ci. A-t-il seulement un intérêt ? Y-a-t-il seulement des mots ? Pouvons-nous regarder en face cette réalité simple : à l’heure où j’écris, dans le calme de cette journée hivernale, quand mes enfants s’occupent à leurs activités d’enfants, que l’un fait sa sieste, d’autres enfants vivent le même temps, la même seconde et le même monde, et courent sous les bombes, ils tremblent, crient, meurent ? Je vois ces images sur les réseaux. Cet enfant au sol la tête dans une mare de sang. Cet autre, qui semble indemne sauf sa jambe en angle droit. Et cette petit Syrienne qui twitte son quotidien. Et leurs pères, leurs mères.

Comment pouvons-nous seulement humainement vivre avec la conscience que coexistent la vie la plus paisible et l’horreur la plus totale ?

Envie de crier quand je vois certains de nos débats, et cette réalité qui se déroule sans fin, ou plutôt jusqu’à ce que leur fin arrive, qui nous permettra de passer à autre chose, un autre sujet, d’oublier celui-là. Je n’ai pas envie d’écrire un grand texte, d’écrire un beau texte. Je voudrais même qu’il soit mal écrit, sale brut et sans effet, qu’il pue comme la mort mais qu’il dise seulement ma douleur de frère.

Nous ne devrions pas nous blinder, nous ne devrions pas savoir qu’ainsi va le monde et qu’il y a toujours eu des guerres, nous devrions nous foutre qu’Assad ou que Poutine et simplement voir des frères qui vivent un enfer. Je me fous que ce soit ingénu, je me fous d’être naïf, et j’emmerde ceux qui le diront et ceux qui le penseront. Je ne veux pas être silencieux seulement parce que je ne peux rien faire.

Je veux juste te dire que de toi, je ne me fous pas, dire ce que je peux, faire un tant soit peu, élever une prière, tendre une main par l’esprit, à travers la mer, pour vous, nos frères.

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Marie l'attente les braises au coeur

Zabou the terrible - mardi 29/11/2016 - 23:16

En rentrant ce soir, j'ai installé rapidement les premiers santons de ma crèche : il s'agissait de poser en quelque sorte mon cadre de prière pour l'Avent. 

En attendant Jésus, j'aime bien mettre une petit bougie à Sa place : elle sera remplacée par le santon de Celui qui est Lumière et Vie. 

Petite veilleuse comme une flammèche de joie d'Avent, cette joie toute spéciale, cette joie un peu cachée, qui s'emmitoufle mais qui brûle fort au coeur et qui n'attend que notre disponibilité pour prendre feu ! 

 

Il y a déjà là Marie aussi, comme toute paisible en attendant l'Avènement.

J'aime la regarder, prier par son intercession ces jours-ci : elle est comme une invitation à préparer nos coeurs à accueillir, à prendre feu, à porter le feu hors de ce cadre, pour devenir lumière du monde... 

 

(Non, ce n'est pas ma crèche !)

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