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Le Carême, c'est comme.... (2015#1)

Zabou the terrible - vendredi 27/02/2015 - 19:40

... Retrouver, par la conversion, les couleurs originelles, plus vives, de notre Foi !

(N.B : Non, je n'ai pas d'actions chez Converses mais leurs chaussures m'inspirent irrémédiablement !!!)

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Évangéliser dans le contexte de la sécularisation

Theologeek - vendredi 27/02/2015 - 14:08

Quelle est la tâche de l’Église dans une société sécularisée? Comment envisager l’évangélisation dans un tel contexte? « Evangelism in the Context of Secularisation » est article de Lesslie Newbigin, paru en hollandais en 1990 dans Kerk en Theologie1 et republié en 1994 dans A Word in Season: perspectives on Christian World Missions2. Ce qui suit est un résumé / traduction / paraphrase de l’article.3

La sécularisation

L’idée que le progrès et la science moderne allait éliminer progressivement toute croyance religieuse a été largement abandonnée. Le siècle passé a été le témoin d’une grande croissance de nombreuses spiritualités en Occident: traditions orientales, résurrection d’anciennes religions païennes, l’énorme popularité de l’astrologie, etc.

Mais laissant de côtés ces mouvements qui apparaissent comme religieux dans le sens où ils affirment des réalités qui ne peuvent pas être soumises à l’investigation des sciences empiriques, il est clair qu’il y a même dans les sociétés les plus sécularisées des forces qui ont un caractère religieux dans le sens où elles ont un statut de dogme, qui exige une adhésion totale. De nombreux chrétiens ont accueillis à bras ouvert la sécularisation comme une forme de libération rendue possible par l’Évangile, comme un espace libre de tout contrôle religieux ou idéologique, qui laisse la place à l’individu d’exercer en toute liberté sa propre rationalité et moralité.

Pourtant, les dogmes ne disparaissent pas simplement parce qu’on bannit le terme. Il est évident que les enfants des écoles occidentales sont amenés à accepter certaines croyances à propos des origines et de l’histoire humaines façonnées par certaines hypothèses. On apprend, non pas dans les classes d’éducation religieuse, mais de science, histoire ou littérature, que la vie humaine peut être comprise et gérée de manière satisfaisante sans référence aucune à Dieu. Et ceci est enseigné non comme une croyance, mais comme un fait. On apprend que ce dont les humains ont besoin pour bien vivre est le corpus de connaissance fiable produit par les sciences, et non pas les révélation et grâce offertes par Dieu. Tel est le dogme qui contrôle la vie publique, bien distinct des opinions que les individus sont libres de choisir pour eux.

Mais ce dogme est insuffisant pour satisfaire les aspirations humaines. S’il n’y a pas de réponses aux questions qui nous intéressent — pourquoi tel événement m’est arrivé? À quoi sert la vie humaine? — les gens se tournent vers l’astrologie, les plaisirs immédiats du divertissement, de la drogue, du sexe et de la violence gratuite. Nous avons besoins d’idoles pour remplir l’espace vacant crée par l’abandon du Dieu vivant. Au final, notre société n’est pas séculière, mais païenne, une société dans laquelle hommes et femmes donnent leur allégeance à des non-dieux.

La société sécularisée n’est donc pas un espace neutre et libre dans lequel nous pouvons projeter le message chrétien. C’est un territoire occupés par d’autres dieux. Nous avons à faire à des principautés et pouvoirs.

Qu’est-ce que l’évangélisation dans un tel contexte?

Pour nos contemporains acquis au dogme de la sécularisation, l’Église est une association volontaire de gens qui veulent promouvoir certaines valeurs pour eux-mêmes et la société. Ces valeurs sont affaire de choix personnel, pas des faits que tout le monde doit accepter. Et donc le succès de ces valeurs dépend du nombre de ses adhérents. L’évangélisation est l’effort de l’Église de répondre à son déclin en recrutant de nouveaux membres. Il en découle une certaine anxiété pélagienne: il est impératif que nous réussissions, sinon nous sommes perdus.

Au contraire, jamais dans ses lettre Paul n’appelle l’Église à un devoir d’évangéliser. L’Évangile est une réalité tellement puissante qu’il ne peut se taire à son propos: « Malheur à moi si je n’évangélise! » (1 Cor 9, 16) Et il semble considérer que cette réaction est partagée par les fidèles. Pourquoi cela?

La première évangélisation du Nouveau Testament est l’annonce par Jésus que le Royaume de Dieu s’est approché. Il ne s’agit pas d’une nouvelle ecclésiale, mais mondiale, publique. Ce n’est pas une question de « valeur », mais de « fait ». C’est une grande nouvelle, qui exige une réponse immédiate. Les gens accourent, mais il semble que le Règne de Dieu ne soit pas ce qui était attendu. Il y a du rejet, trahison, condamnation, et finalement mort. Désespoir et suicide. Mais ce qui semblait la fin devient le nouveau commencement: le tombeau est vide, Jésus est ressuscité, la mort est vaincue — Dieu règne après tout ! En résulte une explosion de joie qui ne peut être gardée secrète: tout le monde doit l’entendre. Il n’y a pas besoin d’appeler les gens à évangéliser: si ces choses sont vraiment vraies, elles doivent être annoncées!

Au contraire, beaucoup de nos communautés se sont confortablement installées dans la société. L’Évangile a été domestiqué par notre culture. Nous avons accepté, silencieusement, le dogme qui contrôle la vie publique. L’histoire « réelle » est celle qui est enseignée à l’école, à savoir l’interprétation de l’histoire depuis notre temps et place dans l’histoire. La Bible est un des petits éléments de cette histoire. Son but, s’il en est un, est la création demain d’une société un peu meilleure que celle d’aujourd’hui, ou l’accomplissement de mes ambitions personnelles avant que je ne décline dans la sénilité. Cette histoire passe à côté du but véritable. Le sens de l’histoire a été raconté une fois pour toute dans les événements que le Nouveau Testament raconte. Si, fidèles à nos meilleures traditions, nous adhérons à cette histoire comme notre histoire, alors nous vivons en décalage par rapport à la société. Et ce décalage posera des questions, tout comme la plupart des prédications du livre des Actes sont des réponses à des interrogations.

« Il semble que si l’Église vit fidèlement selon la véritable histoire, le dialogue sera initié non par l’Église, mais par celui ou celle qui sent la présence d’une nouvelle réalité, et qui veut en savoir plus sur son secret. »

La manifestation d’une réalité nouvelle

Comment cette nouvelle réalité sera rendue visible? Il semble qu’il y ait trois éléments principaux: une vie partagée, des actions, et des paroles.

Premièrement, une vie partagée dont le cœur est la louange du Dieu Trinitaire, créateur et sauveur. La première réponse des disciples après la résurrection de Jésus est qu’ils retournent à Jérusalem, plein de joie, et loue constamment Dieu dans le temple (Luc 24, 51). Au sein des souffrances et horreurs du monde, une communauté qui vit selon l’histoire racontée par Dieu déborde d’espérance, de joie et de louange. Une communauté qui vit joyeusement de l’amour de Dieu devient une communauté de laquelle un amour véritable déborde sur les voisins. Une telle communauté est la principale herméneutique de l’Évangile.

Deuxièmement, la présence d’une nouvelle réalité sera rendue visible par des actes. L’annonce du Royaume par Jésus était immédiatement suivie d’actes de guérisons et libérations. Ces actions sont mues par la seule compassion, sans conditions. C’est l’amour de Dieu en action. Dans une communauté remplie de l’Esprit, ces actions découlent naturellement. Et avant tout, il s’agit des gestes des membres dans leur tâches quotidiennes. Même si l’Église entreprend de telles actions de guérison et libération en tant qu’Église, elles sont secondaires par rapport aux actes des membres individuels. Il s’agit d’actions qui découlent de la vie nouvelle en Christ, pas de moyens d’attirer des nouveaux membres, ou de justifier l’Église aux yeux de la société. Il ne s’agit pas non plus de l’Église qui s’alligne sur le programme de paix et justice de la société, sans quoi elle ne devient plus qu’un des nombreux agents de la société, au lieu d’être signe et avant goût de la réalité nouvelle, pointant vers Jésus crucifié et ressuscité en qui seul nous trouvons la paix et la justice de Dieu.

Finalement, la présence de la nouvelle réalité est attestée par des paroles. L’Église doit parler, annoncer, prêcher. Jésus prêchait et a enseigné à ses disciples de prêcher. Les actions ne sont pas suffisantes, elles ne sont pas explicites. La prédication est une explication des actions, et les actions sont le témoignage que la prédication est vraie. Les paroles sont vides si elles ne viennent pas d’une communauté qui témoigne en action, mais elles sont nécessaires pour raconter l’histoire dans laquelle Jésus tient la place centrale.

5 points sur l’évangélisation

1. L’Évangélisation n’est pas l’effort des croyants pour lutter contre la décroissance de l’Église.

C’est le partage de la bonne nouvelle que Dieu règne — bonne nouvelle pour ceux qui l’acceptent, mauvaise nouvelle pour ceux qui la rejette. L’évangélisation doit être libérée de l’anxiété pélagienne que tout dépend de nos efforts. Dieu règne, son règne est révélé et rendu efficace dans l’incarnation, le ministère, la mort et la résurrection du Christ. Plus l’on comprend ce fait, plus l’on devient confiant pour partager cette réalité.

2. L’évangélisation dans la société sécularisée s’appuie sur la communauté locale.

Il y a de nombreuses autres formes: évangélisation de masse à la Billy Graham, littérature, télévision, cours et formations, etc. Ces choses sont auxiliaires. Certaines peuvent être importantes, mais elles restent auxiliaires. La communauté est le lieu où l’histoire est racontée, méditée, appliquée aux événements contemporains pour qu’ils soient réellement compris. En partageant les sacrements, nous sommes insérés efficacement dans cette histoire, dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus.

3. Une tâche fondamentale est de former les membres à devenir agents du Royaume dans les différents domaines de la vie publique dans laquelle ils sont insérés.

Ce travail à la frontière est difficile, sans cesse nouveau, et les membres de la communauté doivent être mis en marche pour être capables de penser et discuter la manière dont leur foi chrétienne affecte leur vie quotidienne dans la société. À cet endroit se trouve l’interface entre l’Église et le monde, à cet endroit se joue la confrontation entre l’ancienne et la nouvelle création. En vivant à la lumière de la véritable histoire, des différences de comportement doivent apparaître, et des questions jailliront. « Pourquoi est-ce que tu fais cela? Pourquoi est-ce que tu te comportes ainsi? » Ici commence l’évangélisation.

Pour l’instant, ce genre de confrontation est relativement rare, parce que les Églises ont accepté que la foi est une affaire privée, pour laisser le secteur publique contrôlé par une autre histoire.

4. Les membres doivent donc être formés à participer à ce dialogue.

Chacun doit être équipé pour rendre compte de sa foi, expliquer l’histoire chrétienne et son importance pour la vie de tous les jours. Cette explication ne sera pas complète sans une invitation à venir et voir, à faire partie de la communauté qui vit selon cette autre histoire, et apprendre ce que cela change. Ici se trouve l’appel à la conversion, qui n’est pas uniquement une conversion de la volonté ou du cœur, mais aussi une conversion de la pensée, un appel à voir les choses d’un œil radicalement différent, y compris les choses de la vie de tous les jours.

5. Vers une société chrétienne?4

L’évangélisation n’est pas juste une conversion individuelle, pas juste un moyen de croissance d’Église, pas juste prêcher et agir pour changer la société. Et ce n’est certainement pas un moyen de ressusciter la chrétienté en Europe, avec l’Église en position de pouvoir. Mais l’évangélisation pourrait mener à quelque chose de différent: une Europe qui soit une « société chrétienne », pas dans le sens où elle est dirigée par l’Église, ni dans le sens où tout le monde est chrétien. Une « société chrétienne » serait une société qui, après que des chrétiens aient pris sérieusement à bras le corps les conséquence (bonnes et mauvaises) de la modernité et leur ait confronté l’histoire chrétienne, serait telle que ceux qui occupent des positions d’excellence dans tous les domaines seraient façonnés dans leur vie publique par l’histoire chrétienne. Une société dans laquelle la véritable histoire ait une place dans le domaine publique.

Que ceci soit le projet de Dieu ou non pour notre continent, notre tâche est la même. Dieu nous a confié une bonne nouvelle, la nouvelle qu’il règne. Cette nouvelle doit devenir le point de départ de toute pensée, et notre évangélisation un débordement de cette foi joyeuse. Qui sait, peut-être Dieu a-t-il en réserve pour notre pauvre vielle Europe sécularisée une naissance nouvelle au 21e siècle?

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“Jeûnez pour Dieu” – Le Carême selon saint Augustin

Cahiers Libres - vendredi 27/02/2015 - 10:00

A l’approche de la fête de Pâques, le Seigneur exige trois choses de son peuple: le jeûne, les œuvres de miséricorde et la foi du saint baptême. Ces pratiques, sans être excessives, sont tellement agréables à Dieu qu’il les prescrit dans sa miséricorde, comme il les prescrit également dans sa colère.

En effet, le Seigneur dit aux prêtres: «Sanctifiez les jeûnes, annoncez la guérison, rassemblez les vieillards et tous les habitants de la terre, dans la maison du Seigneur votre Dieu; priez le Seigneur, et il vous exaucera 1». L’Évangéliste nous prouve également que Dieu commande les œuvres de miséricorde: «Donnez et il vous sera donné 2». Quant à la foi du baptême nous lisons: «Dans le dernier grand jour de fête, Jésus se tenait debout et criait à haute voix: Que celui qui a soif vienne à moi et qu’il boive 3». Ailleurs: «Celui qui aura bu de l’eau que je donne n’aura plus soif éternellement 4». Or, je vois que, à l’exception d’un petit nombre, personne n’a soif du baptême, quoiqu’on soit dévoré par de grandes fièvres, et par les feux les plus ardents. Ce n’est point sans raison que Dieu, dans tout le cours de l’année, exige le jeûne, l’aumône et la foi de ceux qui refusent encore de croire. Ce n’est pas sans raison qu’il confère aux malades qui en sont dignes ce baptême qu’ils ont refusé à Pâques, sous le vain prétexte qu’ils étaient joyeux, sains et vigoureux. L’Apôtre n’a-t-il pas dit: «Voici que plusieurs d’entre vous sont infirmes et malades, et plongés dans un profond sommeil. Que si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions point jugés; mais en nous jugeant le Seigneur nous châtie pour nous épargner le malheur d’être condamnés avec ce monde 5?» Rien n’est plus pénible que la souffrance, rien n’est plus cruel que la maladie, rien n’est plus doux que la santé; mais pour le salut, rien n’est plus utile que le jeûne. Toutefois la prescription en est dure; mais ne regarde-t-on pas comme très-salutaires les remèdes qu’un médecin prescrit pour détruire la maladie? Ô opiniâtre mortalité! n’est-ce pas elle cependant qui sert à prouver l’utilité du jeûne? Accomplissez pour Dieu les jeûnes que vous imposent les évêques, si vous ne voulez pas qu’ils vous soient imposés par les médecins, selon cette parole de Salomon: «Ne vous flattez pas de sagesse à vos propres yeux, mais craignez le Seigneur, et abstenez-vous de tout ce qui est mal. Alors vous jouirez de la santé dans votre corps et de la vigueur dans vos ossements 6». Jeûnez pour Dieu, puisque vous avez la santé, si vous ne voulez pas jeûner sous les étreintes de la fièvre.

Parlons d’abord du baptême. «Jésus», dit l’Évangile, «criait à haute voix: Que celui qui a soif vienne à moi et qu’il boive». Le Fils de Dieu nous appelle et il est méprisé, dédaigné; il invite les peuples à la grâce, et on se joue de ses instances. Il presse chacun de nous d’implorer sa clémence. Il nous prépare une source très-pure et unit la foi du saint baptême au sacrement de sa passion. Il nous appelle tous à la foi, mais par amour pour leur propre péché des malheureux refusent la grâce qui leur est offerte. Mais vienne pour eux un commencement de correction, un commencement de rénovation, et ils se voient contraints de vouloir ce qu’auparavant ils ont refusé. Ils réclament à grands cris ce qu’ils ont négligé de recevoir lorsque Jésus-Christ les appelait. C’est alors que les voisins ou les parents du malade accourent vers nous en disant: Serviteurs de Dieu, bâtez vos pas, venez au secours, sauvez ceux qui vont mourir. Le trouble nous saisit, nous accourons; la crainte est encore plus vive pour nous que pour eux; celui qui ne reçoit pas pour vivre, reçoit du moins pour ne pas mourir. Écoutons l’apôtre saint Paul: «Que font ceux qui sont baptisés pour leurs morts, si les morts ne ressuscitent pas? Pourquoi donc sont-ils baptisés? Pourquoi sommes-nous en danger à chaque heure, mourant chaque jour? C’est ainsi que je jouirai de votre gloire que je possède dans le Seigneur. Si, contraint par les hommes, j’ai combattu les bêtes féroces à Éphèse, quel avantage m’en restera si les morts ne ressuscitent pas? Mangeons et buvons, car nous mourrons demain. Ne vous laissez point séduire; les conversations mauvaises corrompent les bonnes mœurs 7».

Isaïe dans un langage énergique, apostrophe les hommes qui négligent le jeûne «Vous dites: mangeons et buvons, car nous mourrons demain. Ce péché ne vous sera pas remis jusqu’à ce que vous mouriez 8». Si vous désespérez de vivre, servez Dieu pendant que vous vivez; car vous mourrez demain. Vous êtes pressé par la brièveté du temps, et plus la foi de Dieu s’impose à vous dans sa nécessité, plus, chaque jour, vous mettez votre vie en opposition avec la foi. Ô homme! si vous étiez immortel, que feriez-vous donc, puisque dans le moment même que la mort vous menace vous méprisez les préceptes de Dieu? Goûtez de toute sorte de nourritures, chargez votre corps d’aliments et dormez. Donnez libre cours à votre intempérance, insultez Dieu dans les bienfaits dont il vous comble pour vous nourrir et vous vêtir. Pendant que le peuple jeûne, vous faites des festins; quand le peuple fera des festins, vous jeûnerez. C’est un Prophète qui a dit: «L’un a faim, et l’autre est dans l’ivresse 9». Il condamne les caprices de votre estomac, ses plaintes et les vices engendrés par la bonne chère; la privation de ces excès est pour vous une souffrance; comment donc l’Apôtre vous excuserait-il, lui qui condamne à manger des légumes celui qui n’usait de viande qu’en vue de Dieu ou pour ménager son estomac? «Que celui qui est faible», dit-il, «mange des légumes 10»; et ailleurs: «Ce n’est pas la viande qui nous donne du prix devant Dieu 11».

La loi prescrit ce que le prêtre commande. Elle prescrit les jeûnes, qui sont toujours le meilleur remède aux maladies et à l’embarras des affaires. Celui qui ne jeûne pas en temps opportun, jeûnera dans les moments les plus défavorables. La loi de la miséricorde réclame la partie refusée aux pauvres. Elle réclame les gains impies opérés par un méchant au détriment d’un pauvre débile. Elle exige chaque jour que ceux qui doivent être baptisés rendent compte du nombre des années qu’ils ont perdues, et l’obligation qui pesait sur un jour continue à peser sur l’année tout entière. C’est donc en vain que vous essayez de vous soustraire à votre devoir par indévotion; ce devoir reste pour vous obligatoire pendant toute l’année. La nécessité vous impose ce qu’a repoussé le dérèglement de votre volonté.

Saint Augustin d’Hippone, Père et Docteur de l’Eglise
Sermon pour le Carême

  1. Jl 1,14
  2. Lc 6,38
  3. Jn 7,37
  4. Jn 4,13
  5. 1Co 11,30-32
  6. Pr 3,7-8
  7. 1Co 15,29-33
  8. Is 22,13-14
  9. 1Co 11,21
  10. Rm 14,2
  11. 1Co 8,8

Ce papier “Jeûnez pour Dieu” – Le Carême selon saint Augustin a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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Soeur Agathe, une vie consacrée pour chanter Dieu

Blog jeunes cathos - jeudi 26/02/2015 - 11:22
Sœur Agathe Dutrey, bénédictine apostolique, sortait en avril dernier son premier album de musique "Je te cherche mon Dieu". Elle revient aujourd'hui avec nous sur son chemin de vie consacrée.
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Volontaires au Tchad : se laisser surprendre !

Blog jeunes cathos - mercredi 25/02/2015 - 20:15
Henry et Marie-Marthe sont pour deux ans en coopération au Tchad dans un centre hospitalier de la capitale, N'Djamena. Une aventure qui apporte bien des surprises !
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Ne pas avoir peur

Cahiers Libres - mercredi 25/02/2015 - 20:00

Il faut, pour combattre ses peurs, apprendre à espérer. Il faut de ce courage qui ne vient pas de nous mais, qui nous est donné. Vous aurez beau lutter, peu importe vos audaces, si Dieu n’est pas présent vos peurs vous rattraperont.

L’existence s’attache à de maigres réalités. L’éternité, quant à elle, nous dépasse car elle nous est offerte. La peur s’immisce partout : dans nos actes comme dans nos pensées. Elle est l’œuvre du Mal, parfois de nous-même et non du Père aimé. Tous les Saints ont douté, ont ressenti à un moment de leur existence l’angoisse de l’abandon, de la souffrance et de la mort. S’abandonnant à Dieu, ils avaient compris que la plus grande grâce qui nous était donnée, fut simplement le fait de pouvoir vivre. Alors, pour remercier Dieu de cet agréable présent, ils eurent le courage de vivre. Vivre d’Amour, d’Espérance et de Foi pour offrir aux autres ce que chaque jour, Dieu leur apportait.

Etre chrétien, c’est ne pas avoir peur de s’ériger en exemple. C’est montrer comment vivre et, laisser Dieu vivre en soi. L’ennemi rôde peut être mais en rien il n’est victorieux. Nous avons nos guides qui nous disent leurs courages et, Dieu nous prenant à sa charge.

Il faut pour vivre les derniers rêves qu’ils nous restent se conduire en artistes et non en condamnés. C’est tout un art que d’être chrétien chaque jour, chaque heure.

Nous aimons à redire ce qui nous a été dit : « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même ». Pour se donner soi-même, il faut cette liberté qui s’acquiert dans les combats du quotidien. Combats gagnés si nous acceptons de voir nos peurs en face et, de les confier au Seigneur.

Christophe R.

Ce papier Ne pas avoir peur a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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A la découverte de l’Eglise arménienne

Blog jeunes cathos - mercredi 25/02/2015 - 11:33
A l'occasion du centenaire du génocide arménien (1915 - 2015), Antiokia, le groupe de jeunes de l’Oeuvre d’Orient, propose de découvrir l’Église arménienne.
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Le carême : une bonne occasion de se taire ?

Cahiers Libres - mercredi 25/02/2015 - 10:00
Se garder des paroles oiseuses : essentiel ou hypocrite ?

Nous sommes en carême ! En plein désert ! C’est désert, un désert ! On a beau s’époumoner, personne ne vous répond ! L’écho de vos paroles vous revient sans accusé de réception identifiable. Mais à quoi bon, si ce temps de jeûne est censé être propice au silence, au mutisme ?

Parler moins. La langue n’est-elle pas l’organe que le péché affectionne le plus ? C’est Saint Jacques qui l’affirme :

« La langue est un petit membre, mais elle peut se vanter de grandes choses. Voyez quel petit feu embrase une grande forêt ! La langue aussi est un feu, le monde de l’iniquité. La langue se comporte parmi nos membres comme celui qui infecte le corps tout entier et enflamme le cycle de l’existence, enflammée qu’elle est par la géhenne. Bêtes sauvages et oiseaux, reptiles et animaux marins de toute espèce sont domptés et ont été domptés par l’espèce humaine, mais la langue, aucun des hommes ne peut la dompter : fléau sans repos, remplie qu’elle est d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur et Père, et par elle nous maudissons les hommes qui ont été faits à l’image de Dieu ! » (Jc 3,6-9).

C’est entendu, il faut réfréner notre penchant à jacasser. Car à force de parler, on finit tôt ou tard par médire, par propager des rumeurs, quand ce n’est pas calomnier ! Si le carême est un temps de désert, il aura au moins cette vertu.

Mais il ne suffit pas de se taire, il est nécessaire également de ne pas donner à l’autre l’occasion de pécher. Nous ne sommes pas seulement responsables de nous-mêmes, mais aussi de nos frères. Est-ce à dire qu’il faille fuir les discussions, les dialogues ? Non, bien sûr. Mais l’oreille, comme la langue, doit apprendre la chasteté. Si une conversation dérape, ne nous bouchons pas les oreilles, comme des hypocrites, en nous disant : « Mon Dieu, je ne suis pour rien dans les propos infâmes tenus par X ! Merci de ne pas me les compter, de ne pas les porter sur mon ardoise ! ».

Non, la bonne attitude dans ce cas consiste plutôt à avertir notre interlocuteur que son propos est déplacé. Tans pis si nous passons pour des rabat-joie, d’insupportables censeurs ! Le livre du Lévitique nous le demande explicitement : « Tu devras réprimander ton compatriote. » Pas facile, ça ! Nous voulons tellement être aimés !  Mais le carême est le carême : nous ne sommes pas dans le désert pour nous faire plaisir ! Toutefois, pas de panique : il existe toujours une bonne manière de reprendre son frère sans poser en moraliste sourcilleux, ou en tartuffe drapé dans une dignité factice.

L’intériorité tire également bénéfice du silence. Il représente une période de latence durant laquelle le recueillement de l’esprit prépare la parole à surgir comme une rosée sur une terre matinale. De même que le carême précède la joie pascale, de même la méditation silencieuse est la meilleure condition d’ensemencement du verbe avant son extériorisation. En attendant de la prononcer, l’homme doit accueillir la parole, lui offrir l’hospitalité au plus profond de lui-même.

Cependant, se garder des paroles oiseuses, est-ce possible sans devenir un anachorète, sans se couper de la compagnie des hommes ? A chacun de voir, selon sa situation, sa profession, sa vie familiale. Si le carême dope notre ingéniosité dans ce domaine, tant mieux. L’ascèse chrétienne ne consiste pas en un catalogue de recettes, ou d’actions permises ou défendues. On peut prendre un café, en terrasse ou au boulot, avec un(e) ami(e), tout en échangeant des propos intelligents ! Mais si ! La réalité n’est pas condamnée à singer la fiction. Nous avons le droit de ne pas reproduire dans nos existences l’inanité de la télé-réalité.

Le carême n’est plus visible ! Doit-on le taire ?

Jeûner de bavardage ne signifie pas cependant fermer les yeux sur tout. Par exemple, est-il normal que les médias se désintéressent complètement du carême, alors qu’elles saluent avec force articles et reportages l’entrée en ramadan de nos compatriotes musulmans ?  Certes, nous sommes passés d’un christianisme sociologique et d’appartenance, à un christianisme de conviction,  nous explique-t-on. La démarche serait maintenant individuelle, dénuée de la pression des regards extérieurs.

C’est bien beau, ce constat sociologique, mais cela ne fait rien à cette donnée : jeûner tout seul, dans son coin, n’est pas évident. La force du ramadan ne réside-t-elle pas dans sa dimension collective ? Les chrétiens forment un peuple. Si nous montons vers Pâques de manières différentes, chacun à son rythme, ne serait-il pas possible toutefois d’entreprendre cette démarche ensemble ?

Au-delà de cet aspect de la pratique du carême, reste cette question : pourquoi le temps spirituel le plus important de l’année a-t-il disparu des radars médiatiques ? Cette question concerne davantage que la sociologie des religions. Beaucoup de chrétiens, isolés, se demandent s’il existe encore un capitaine dans le bateau « Eglise » en France.

Non seulement nous ne devons plus nous taire au sujet de la foi qui nous anime, qui nous entraîne, mais il devient également irresponsable de garder le silence plus longtemps sur ce point précis : le carême n’a plus d’existence sociale en dehors des chrétiens convaincus. Et les autres ? Comment leur proposer de marcher avec nous dans notre montée vers Jérusalem, si les mots « carême », jeûne », « Pâques », n’évoquent plus rien pour eux ? Une question qu’il vaut la peine de se poser.

Un des trois piliers du carême est le partage, l’aumône (avec le jeûne et la prière). Pourquoi ne pas « partager » le carême ? Ce qui suppose de lui assurer une certaine visibilité. Non afin de nous pavaner, de nous pousser du col, nous vanter de notre humilité, d’exposer en pleine lumière nos mines d’ermites fourbus par les privations, mais de porter à la connaissance des pauvres que c’est maintenant le moment favorable, le temps de revenir à Dieu.

Ce sont en effet les plus faibles qui pâtissent le plus de  l’occultation de ce temps de grâce que le Seigneur nous propose. C’est le carême qu’il s’agit de (re)mettre en valeur, non ceux qui tentent, cahin-caha, de suivre Jésus en direction de la ville sainte (d’ailleurs, que le pratiquions ou non laisse la plupart des gens indifférents – tant cette pratique est malheureusement « exculturée »).

Le carême ne doit pas servir de prétexte à occulter les sujets qui fâchent. Nous avons beau être « enfouis » durant quarante jours, les problèmes, eux, ne le sont pas – notamment celui de la déchristianisation. Ils demeurent, et attendent que nous les abordions à bras le corps. Le carême n’a jamais consisté à mettre notre lucidité en veilleuse.

Jean-Michel Castaing

Ce papier Le carême : une bonne occasion de se taire ? a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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