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Coup de gueule

Cahiers Libres - il y a 8 heures 25 min

Nos enfants auraient pu en être. Face aux drames des abus sexuels, nous sommes écoeurés. Au sens étymologique du terme, notre cœur nous est retiré. Et nous sommes secs, comme dévitalisés. Il n’y a rien à relativiser. D’autres institutions dérapent ? Il y a un complot contre l’Eglise ? Arrêtons de réagir comme des groupies serviles et boutiquières. Nous ne parlons pas d’un parti politique ou d’une PME, nous parlons de notre Eglise. Bien sûr, nous savons qu’à peine 1 % des prêtres dérapent. C’est pourtant beaucoup trop et c’est insupportable. Obtenir rageusement la démission d’un prélat ne changera rien. Nous sommes sur une autre économie. La faute est avérée et il est temps de faire repentance et de réparer. Commençons par pleurer avec les victimes. Murées dans leurs souffrances, elles hurlent quand elles le peuvent encore. N’oublions jamais que nos enfants auraient pu en être. Les entrailles des mères saignent, les tripes des pères sont retournées. Oubliée la doucereuse miséricorde, une colère sourde monte.

Il est temps qu’en responsabilité, nous parvenions enfin à nommer ces actes commis par des profanateurs qui profitent de leurs statuts pour souiller et pervertir ceux qui en confiance, leur offrent leur vulnérabilité. Beau cadeau pour des innocents qui attendent réconfort spirituel et consolation en ce monde inapaisé. Ces sacrilèges représentent les actes les plus christianophobes qui soient. Et nous hurlons quand nous apprenons que les prédateurs continuent à célébrer l’eucharistie, à prêcher, à confesser et pervers séducteurs, à se déployer au milieu de fidèles énamourés. Nous touchons là au cœur du mystère de la radicalité du mal.

Messieurs les évêques, prêtres et religieux. Vous êtes sonnés comme nous. Nous savons que vos confrères coupables vous ont désormais placés au cœur du soupçon. Continuez à nettoyer. Ecoutez aussi notre colère. Comment parler à nos enfants, à nos adolescents de ces drames ? Face à ces ravages, entendez le désarroi et le sentiment de trahison des parents qui essaient laborieusement, en ramant à contre-courant, de transmettre leur amour de l’Eglise à leurs enfants. Ils sont heureux d’en promouvoir et d’en défendre le magistère. Inlassablement, ils s’emploient à exalter la grandeur du sacerdoce, en valorisant et célébrant leurs prêtres. Ces temps-ci, ils sont un peu perdus.

Un combat est désormais engagé et nous étions pourtant prévenu.

Dès novembre 2005, le grand Benoît XVI avait appelé à faire le ménage dans les séminaires, en amont de la chaîne. Avec lucidité, il prédisait dans notre vieille Europe la reconfiguration d’une Eglise qui perdrait de sa belle splendeur sociale, pour se refonder autour de minorités créatives et missionnaires. Aujourd’hui, le Pape François toujours tonique, nous invite opportunément à combattre le cléricalisme. Son appel sonne juste. Les atermoiements dans la communication ecclésiale autour de ces drames ont consterné. Cette période pourrait être salutaire pour restaurer enfin,  justice et vérité et prévenir pour l’avenir. Elle permettra enfin de dénoncer cette tentation temporelle de gérer et protéger une corporation enfermée dans son propre écosystème, déconnecté du réel. Le temps de la mutation pourrait arriver plus tôt que prévu. L’institution humaine est bien faible et faillible, elle est à bout de souffle ; mais nous savons que l’Eglise du Christ ressuscité est immortelle. Là se trouve notre consolation.

Arnaud Bouthéon

Ce papier Coup de gueule a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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le kt c s1pa

David Lerouge - mardi 03/05/2016 - 11:30

Ah tiens, ce n'était pas un mythe finalement... #collector (mais fourni sans les stencils, je suis déçu)... Lire le kt c s1pa

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Etre volontaire à l’Arche

Blog jeunes cathos - lundi 02/05/2016 - 15:10

Des volontaires de service civique s’engagent à l'Arche pendant une période de 6 mois à 2 ans. Une aventure unique !

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Crédential d’un pèlerin agnostique  

Cahiers Libres - lundi 02/05/2016 - 09:48

La moitié de mes ascendants étaient luthériens et je n’échappe sans doute pas à mon hérédité. Catholique, je suis conscient des « carences » sacramentelles de nos frères qui se privent de la présence réelle du Christ dans le pain et le vin consacrés, et du pardon que Dieu donne dans son infinie Miséricorde par la médiation du prêtre. Je témoigne néanmoins d’une certaine défiance, sans doute héritée, envers le culte des saints. J’admets volontiers l’exemplarité de leurs vies ou la fécondité de leurs pensées et les enseignements qu’un chrétien peut en tirer. Je crois sincèrement qu’ils peuvent intercéder pour ceux qui les prient : en cela, ils sont des intercesseurs entre nous et Dieu. Mais je ne suis pas capable de les vénérer, ni eux, ni leurs reliques. J’ai jusqu’à présent réservé mes adorations à Dieu, présent dans l’Eucharistie, et me suis discrètement éclipsé lors des ostensions auxquelles j’aurais pu participer, avec parfois le soupçon, bien peu charitable, de voir chez mes frères et sœurs un fantôme de paganisme, un zeste d’idolâtrie. Confiteor.

Nonobstant mon scepticisme quant au culte des reliques, j’admets bien volontiers que des constats soient troublants. Pour les reliques de la Passion (le Linceul de Turin, le Suaire d’Oviedo, la Tunique d’Argenteuil), il y a la présence sur les trois objets d’un sang du même groupe sanguin rare (AB). N’étant pas hématologue, je ne peux que m’interroger : est-il possible de déterminer dans un intervalle de probabilité suffisamment restreint le groupe sanguin d’une trace de sang coagulé des siècles avant l’analyse qui en faîte ? Admettons-le pour la suite du raisonnement. La probabilité pour que 3 « faussaires » agissant en parallèle des siècles avant la découverte et la classification des groupes sanguins soient capables d’user pour leurs trois « forgeries » du sang d’un et un seul groupe rare (4 % de la population) se calcule en élevant la probabilité d’appartenance à ce groupe à la puissance du nombre d’occurrences, soit 4%3, soit une très faible probabilité de 0,0064 %. La conclusion la plus évidente est que si « faussaire » il y a, il est vraisemblablement unique pour les 3 icônes ou reliques, et qu’il s’est servi du même sang pour fabriquer ses 3 « faux ». Cela invalide cependant les résultats divergents (mais certes controversé) fournis par la datation au carbone 14 de chacun de ses objets.

Si nous poursuivons cette modeste incursion sur le terrain de la science et des probabilités, des miracles eucharistiques ont procuré l’occasion d’analyser le pain ou le vin consacrés chimiquement transformés en corps et en sang humain. Là encore, les analyses effectuées convergent vers un sang de groupe AB, ayant appartenu à une personne torturée avant sa mort, sans que la science puisse apporter la moindre explication quant à la conservation « hors norme » de ces chairs et de ce sang. Et la probabilité pour que le groupe AB soit identifié dans ces 6 occurrences passe à 4%6 soit 0,000 000 410 %. Mais le propre d’un miracle est de défier la nature et la façon scientifique de l’appréhender.

Je suis donc parti à Argenteuil dans un état d’esprit mitigé où curiosité et piété se mêlaient, et aussi motivé par l’effet d’aubaine qu’il faut savoir saisir. Ma seule ambition était de parcourir un bout de chemin de méditation sur la Passion, si possible en communion avec d’autres pèlerins.

Pas de miracle ni de conversion pour ce qui me concerne. Je suis revenu avec le même agnosticisme troublé quant à l’authenticité de la Tunique, et la même incapacité à vénérer des objets autres que le corps et le sang du Christ présents dans l’Eucharistie. Et je demeure persuadé que l’Église a raison d’être aussi prudente dans son discours sur ce sujet des reliques de la Passion : laisser à chacun le choix de croire ou de ne pas croire, se borner à souligner ce que ces objets nous disent des souffrances de Jésus, Dieu fait homme, pour notre rédemption. Elles restent pour moi de simples icônes, des représentations qui auraient la même « fonction », le même « rôle » (j’abhorre ces mots dans ce contexte) que le Membra Jesu Nostri de Dietrich Buxtehude ou Die Sieben Worte Jesu Christi Am Kreuz de Heinrich Schütz qui savent si bien me plonger dans ce drame effarant de la Passion. Ce sera pour d’autres un calvaire breton, le Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi, une Passion de Johan Sebastian Bach ou de Heinrich Schütz, le retable d’Issenheim peint par Matthias Grünewald, le Christ Jaune de Paul Gauguin, la perspective du Christ de Saint Jean de la Croix revisitée par Salvador Dali ou la représentation tourmentée qu’en a fait El Greco, ou encore la Pietà de Michelangelo Buonarroti, …  Merci de complétez cette liste avec l’œuvre qui vous tient le plus à cœur. Et pour conclure sur le chapitre de l’authenticité, la seule que je trouve primordiale, c’est celle des Évangiles. Ils donnent le meilleur accès au mystère de la Passion.

Rémy Mahoudeaux

 

Ce papier Crédential d’un pèlerin agnostique   a initialement été publié sur les Cahiers libres.

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